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Les bijoux Rose-Croix (1760-1890)

(extrait)
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Nous vous proposons ci-dessous un chapitre de l'ouvrage Les bijoux Rose-Croix (1760-1890), de Robert Vanloo et Philippe Klein. Cet extrait est reproduit avec l'aimable autorisation des auteurs et des Editions Dervy. Toute reproduction sous quelque forme que ce soit strictement interdite.

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      Si plusieurs livres ont été consacrés à la préparation spirituelle du futur Rose-Croix – dont les plus connus sont ceux d'Armand Bédarride Le Livre d'Instruction du Rose-Croix et d'Umberto Triaca Le Nouveau Livre du Rose-Croix – ou à une lecture du grade à la lumière « des évolutions idéologiques et scientifiques récentes » comme en témoigne le petit livre de Georges Lerbet sur Le Rose-Croix franc-maçon, aucun ouvrage ne s'est encore vraiment attaché à une description du seul bijou Rose-Croix. A cet égard, rappelons à l'attention des lecteurs profanes que des expositions d'objets maçonniques sont régulièrement organisées, celles-ci étant le plus souvent ouvertes au public. On y découvre, notamment, des objets anciens ayant eu vocation à être utilisés directement au sein de la loge tels que cordon, tablier, bijou du grade, etc., ou destinés à commémorer la qualité maçonnique de leur propriétaire tels que vaisselle et autres objets divers.

      Le bijou du Chevalier Rose-Croix constitue à lui seul un motif de collection : non seulement son symbolisme est des plus inspirants, comme nous le verrons, mais il a aussi souvent une qualité esthétique remarquable.

      Consacrer un ouvrage à ce seul joyau du grade aurait pu sembler une gageure impossible, s'il n'avait existé en Europe une magnifique collection, celle de Daniel Guéguen, patiemment rassemblée au fil des ans. Cette collection est en effet imposante par la quantité, la qualité, et la variété des bijoux qui la composent.

      Les bijoux Rose-Croix se composent en général des éléments suivants :

            - un compas doré ouvert sur un arc représentant une partie de cercle sur lequel figure le mot de passe du degré selon le chiffre de l'Ordre ;

            - une couronne triple surmontant ce compas avec trois séries de pointes arrangées normalement selon l'ordre trois-cinq-sept ;

            - une croix entre les branches du compas prenant appui sur l'arc de cercle où apparaît au centre une rose épanouie ;

            - en bas un pélican qui se déchire les entrailles afin de nourrir ses petits ;

            - et, à l'opposé ou au verso, un aigle dont les ailes sont déployées. [...]

      On sait que la rose a été considérée, depuis l'antiquité, comme la reine des fleurs. Elle emplissait les temples, les palais et les demeures, compagne d'une vie heureuse, calme et bucolique. C'est de cette époque lointaine que date l'expression "être couché" ou "vivre sur des roses".

      Le parfum, subtil et suave à la fois, et la beauté de la fleur inspirèrent écrivains et poètes. Pour beaucoup, une telle fleur ne pouvait être que d'origine divine et surnaturelle, et elle en vint ainsi à représenter la fragilité de la vie et l'instabilité de ce monde où nous vivons. Certes, associée à Aphrodite, puis à Vénus, la rose devint aussi le symbole de l'amour, mais un amour sublimé et spiritualisé.

      A ce sujet, on ne saurait évoquer la rose sans parler du célèbre Roman de la Rose écrit au XIIIème siècle par Guillaume de Lorris, que beaucoup considèrent seulement comme un roman courtois. Pourtant, par delà l'histoire amoureuse, le caractère hermétique du roman ne peut laisser planer aucun doute sur la relation existant, selon l'auteur, entre la rose et la nécessaire transformation de l'humanité terrestre déchue.

      Le Prologue de l'œuvre n'affirme-t-il pas clairement : « On peut entendre par la rose l'estat de grâce qui semblablement est difficile à avoir, non pas de la part de celui qui la donne, car c'est bien le Tout-Puissant, mais de la partie du pécheur qui est toujours empêché et éloigné du collateur dicelle. Cette manière de rose spirituelle tant bien spirant et réfragant pouvons aux roses figurer par la vertu desquelles retourna en sa première forme le grand Apulée, selon que sont écrits au Livre de l'Ane doré, quand il eut trouvé le chapelet de fleurs de rosier pendant au sistre de Cérés, déesse des Blés, car tout ainsi que ledit Apulée avait été transmué en âne retrouva sa première figure d'homme sensé et raisonnable, pareillement le pécheur humain fait et converti en bête brute par irraisonnable similitude reprend son état premier d'innocence par la grâce de Dieu qui lui est conférée lorsqu'il trouve le chapelet de roses. »

      Puis, l'auteur de montrer de quelle façon le rosier constitue "la béatifique vision de l'essence de Dieu". On ne saurait, dès lors, s'étonner de l'association faite depuis le Moyen-Age entre le Christ – parfois aussi appelé dans certaines traductions de la Bible le "lis des vallées" ou "rose de Sharôn" – et la fleur au "souverain bien infini" [...]

      La croix est reconnue comme un symbole aussi ancien que l'humanité elle-même : c'est l'ombre reflétée de l'homme quand il fait face au soleil, les bras ouverts, en signe d'adoration. Elle est donc – et de très de loin – antérieure au christianisme, même si elle en est devenue le principal emblème.

      De toute façon, comme le disait à juste titre Eugène Goblet d'Alviella dans son analyse du degré maçonnique Rose-Croix : « Nos symboles religieux ne sont pas des professions de foi ; ce sont des souvenirs et aussi des hommages à ce qu'il y a de vrai, de beau et de fécond au sein de toutes les religions. »

      Il n'en reste pas moins que l'union de la rose et de la croix, telle qu'on peut la comprendre des premiers textes rosicruciens, recèle un sens essentiellement christique.

      En effet, de même que la croix chrétienne des origines était le plus souvent représentée en rouge (comme celle des Croisés et des Templiers) en mémoire du sang versé par le Christ au Golgotha, de même la rose des Rose-Croix apparaît rougie de ce même sang pour symboliser le cœur de Jésus « suintant sang et eau », ainsi que la victoire sur la mort.




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