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Les Grands Initiés

Edouard Schuré
© France-Spiritualités™






LIVRE VIII
JÉSUS – LA MISSION DU CHRIST


II – MARIE – PREMIER DÉVELOPPEMENT DE JÉSUS

Jéhoshoua, que nous appelons Jésus de son nom hellénisé, naquit probablement à Nazareth (126). Ce fut certainement dans ce coin perdu de la Galilée que s'écoula son enfance et que s'accomplit le premier le plus grand des mystères chrétiens : l'éclosion de l'âme du Christ. Il était fils de Myriam que nous appelons Marie, femme du charpentier Joseph, une Galiléenne de noble souche, affiliée aux Esséniens.

      La légende a enveloppé la naissance de Jésus d'un tissu de merveilles. Si la légende abrite bien des superstitions, parfois aussi elle recouvre des vérités psychiques peu connues, parce qu'elles sont au-dessus de la perception commune. Un fait semble ressortir de l'histoire légendaire de Marie, c'est que Jésus fut un enfant consacré à une mission prophétique par le désir de sa mère, avant sa naissance. On rapporte la même chose de plusieurs héros et prophètes de l'Ancien Testament. Ces fils voués à Dieu par leur mère s'appelaient Nazariens. A cet égard, il est intéressant de relire l'histoire de Samson et celle de Samuel. Un ange annonce à la mère de Samson qu'elle va être enceinte, qu'elle enfantera un fils, que le rasoir ne passera pas sur sa tête « parce que l'enfant sera nazarien dès le sein de sa mère ; et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins (127) ». La mère de Samuel demanda elle-même son enfant à Dieu. « Anna, femme d'Elkana était stérile. Elle fit un vœu et dit : Eternel des armées célestes ! si tu donnes un enfant mâle à ta servante, je le donnerai à l'Eternel pour tous les jours de sa vie, et aucun rasoir ne passera sur sa tête... Alors Elkana connut sa femme... Quelque temps après, Anna ayant conçu enfanta un fils et le nomma Samuel, parce que, dit-elle, je l'ai demandé à l'Eternel (128). » Or SAM-U-EL signifie, d'après les racines sémitiques primitives : Splendeur intérieure de Dieu. La mère, se sentant comme illuminée par celui qu'elle incarnait, le considérait comme l'essence éthérée du Seigneur.

      Ces passages sont extrêmement importants, parce qu'ils nous font pénétrer dans la tradition ésotérique constante et vivante en Israël, et par elle dans le sens véritable de la légende chrétienne. Elkana, le mari, est bien le père terrestre de Samuel selon la chair ; mais l'Eternel est son père céleste selon l'Esprit. Le langage figuratif du monothéisme judaïque recouvre ici la doctrine de la préexistence de l'âme. La femme initiée fait appel à une âme supérieure, pour la recevoir dans son sein et mettre au monde un prophète. Cette doctrine, très voilée chez les Juifs, complètement absente de leur culte officiel, faisait partie de la tradition secrète des initiés. Elle perce chez les prophètes. Jérémie l'affirme en ces termes : « La parole de l'Eternel me fut donc adressée et il me dit : Avant que je te formasse dans le sein de ta mère, je t'ai connu ; avant que tu fusses sorti de son sein, je t'ai sanctifié et t'ai établi prophète pour les nations (129). » Jésus dira de même aux Pharisiens scandalisés : « En vérité je vous dis : avant qu'Abraham fût, j'étais (130). »

      De tout cela que faut-il retenir pour Marie, mère de Jésus ? Il semble que, dans les premières communautés chrétiennes, Jésus ait été considéré comme un fils de Marie et de Joseph, puisque Matthieu nous donne l'arbre généalogique de Joseph, afin de prouver que Jésus descend de David. Là, sans doute, comme chez quelques sectes gnostiques, on voyait en Jésus un fils donné par l'Eternel dans le même sens que Samuel. Plus tard, la légende préoccupée de montrer l'origine surnaturelle du Christ fila son voile d'or et d'azur : l'histoire de Joseph et de Marie, l'Annonciation et jusqu'à l'enfance de Marie dans le temple (131).

      Si nous essayons de dégager le sens ésotérique de la tradition juive et de la légende chrétienne, nous dirons : l'action providentielle, ou pour parler plus clairement, l'influx du monde spirituel, qui concourt à la naissance de chaque homme quel qu'il soit, est plus puissant et plus visible à la naissance de tous les hommes de génie, dont l'apparition ne s'explique nullement par la seule loi de l'atavisme physique. Cet influx atteint sa plus grande intensité, lorsqu'il s'agit d'un de ces divins prophètes, destinés à changer la face du monde. L'âme élue pour une mission divine vient d'un monde divin ; elle vient librement, consciemment ; mais pour qu'elle entre en scène dans la vie terrestre, il faut un vase choisi, il faut l'appel d'une mère d'élite, qui, par l'attitude de son être moral, par le désir de son âme et la pureté de sa vie, pressente, attire, incarne dans son sang et dans sa chair l'âme du rédempteur, destiné à devenir aux yeux des hommes un fils de Dieu. – Telle est la vérité profonde que recouvre l'antique idée de la Vierge-Mère. Le génie indou l'avait déjà exprimée dans la légende de Krishna. Les Evangiles de Matthieu et de Luc l'ont rendu avec une simplicité, une poésie plus admirables encore.

      « Pour l'âme qui vient du ciel, la naissance est une mort », avait dit Empédocle, cinq cents ans avant le Christ. Quelque sublime que soit un esprit, une fois englouti dans la chair, il perd temporairement le souvenir de tout son passé ; une fois saisi dans l'engrenage de la vie corporelle, le développement de sa conscience terrestre est soumis aux lois du monde où il s'incarne. Il tombe sous la force des éléments. Plus haute fut son origine, plus grand sera l'effort pour recouvrir ses puissances endormies, ses innéités célestes, et prendre conscience de sa mission.

      Les âmes profondes et tendres ont besoin de silence et de paix pour éclore. Jésus grandit dans le calme de la Galilée. Ses premières impressions furent douces, austères et sereines. Le vallon natal ressemblait à un coin de ciel tombé dans un pli de montagne. Le bourg de Nazareth n'a guère changé dans le cours des siècles (132). Ses maisons étagées sous le roc ressemblent, au dire des voyageurs, à des cubes blancs semés dans une forêt de grenadiers, de figuiers et de vignes, que traversent de grands vols de colombes. Autour de ce nid de fraîcheur et de verdure, circule l'air vif des montagnes ; sur les hauteurs, s'ouvre l'horizon libre et lumineux de la Galilée. Ajoutez à ce cadre grandiose l'intérieur grave d'une famille pieuse et patriarcale. La force de l'éducation juive résida de tout temps dans l'unité de la loi et de la foi, ainsi que dans la puissante organisation de la famille, dominée par l'idée nationale et religieuse. La maison paternelle était pour l'enfant une sorte de temple. Au lieu des fresques riantes, faunes et nymphes, qui ornaient l'atrium des maisons grecques, telles qu'on pouvait en voir à Séphoris et à Tibériade, on ne voyait dans les maisons juives que des passages de la loi et des prophètes, dont les bandes rigides s'étalaient au-dessus des portes et sur les murs en caractères chaldaïque Mais l'union du père et de la mère dans l'amour des enfants échauffait et illuminait la nudité de cet intérieur d'une vie toute spirituelle. C'est là que Jésus reçut son premier enseignement, c'est là que, par la bouche du père et de la mère, il apprit d'abord à connaître les Ecritures. Dès ses premières années, la longue, l'étrange destinée du peuple de Dieu se déroula devant ses yeux, avec les fêtes périodiques qu'on célébrait en famille par la lecture, le chant et la prière. A la fête des Tabernacles, une cabane de branches de myrte et d'olivier se dressait dans la cour ou sur le toit de la maison, en souvenir du temps immémorial des patriarches nomades. On allumait le chandelier à sept branches, puis on ouvrait les rouleaux de papyrus et on lisait les saintes histoires. Pour l'âme enfantine, l'Eternel était présent, non seulement dans le ciel étoilé, mais encore dans ce chandelier qui reflétait sa gloire, dans le verbe du père comme dans l'amour silencieux de la mère. Ainsi, les grands jours d'Israël bercèrent l'enfance de Jésus, jours de joie et de deuil, de triomphe et d'exil, d'afflictions sans nombre et d'espérance éternelle. Aux questions ardentes, incisives de l'enfant, le père se taisait. Mais la mère, levant de dessous ses longs cils ses grands yeux de Syrienne rêveuse, et rencontrant le regard interrogateur de son fils, lui disait : « La parole de Dieu ne vit que dans ses prophètes. Un jour, les sages Esséniens, les solitaires du mont Carmel et de la Mer Morte te répondront. »

      On se figure aussi l'enfant Jésus mêlé à ses compagnons, exerçant sur eux le singulier prestige que donne l'intelligence précoce, unie au sentiment de la justice et à la sympathie active. On le suit à la synagogue, où il entendait discuter les Scribes et les Pharisiens, où lui-même devait exercer sa puissance dialectique. On le voit rebuté de bonne heure par la sècheresse de ces docteurs de la loi qui tourmentaient la lettre jusqu'à en expurger l'esprit. On le voit encore côtoyant la vie païenne, la devinant et l'embrassant du regard, en visitant l'opulente Séphoris, capitale de la Galilée, résidence d'Antipas, dominée par son acropole et gardée par des mercenaires d'Hérode, Gaulois, Thraces, barbares de tous pays. Peut-être même, dans un de ces voyages si fréquents chez les familles juives, vint-il jusqu'à une des villes phéniciennes, véritables fourmilières humaines grouillant au bord de la mer. Il aperçut de loin des temples bas aux colonnes trapues, entourés de bosquets noirs d'où s'échappait, au son des flûtes pleureuses, le chant des prêtresses d'Astarté. Leur cri de volupté, aigu comme la douleur, éveilla dans son cœur étonné un long frémissement d'angoisse et de pitié. Alors le fils de Marie regagnait ses chères montagnes avec un sentiment de délivrance. Il montait sur le rochet de Nazareth et interrogeait le vaste horizon de la Galilée et de la Samarie. Il regardait le Carmel, Gelboé, le Thabor, les monts Sichem, vieux témoins des patriarches et des prophètes. « Les hauts lieux » se déployaient en cercle ; ils se dressaient dans l'immensité du ciel comme des autels hardis attendant le feu et l'encens. Attendaient-ils quelqu'un ?

      Mais quelque puissantes que fussent les impressions du monde environnant sur l'âme de Jésus, elles pâlissaient toutes devant la vérité souveraine, inénarrable, de son monde intérieur. Cette vérité s'épanouissait au fond de lui-même comme une fleur lumineuse émergeant d'une eau sombre. Cela ressemblait à une clarté croissante qui se faisait en lui, lorsqu'il était seul et qu'il se recueillait. Alors les hommes et les choses, proches ou lointaines, lui apparaissaient comme transparentes dans leur essence intime. Il lisait les pensées, il voyait les âmes. Puis, il apercevait dans son souvenir, comme à travers un voile léger, des êtres divinement beaux et radieux penchés sur lui ou rassemblés dans l'adoration d'une lumière éblouissante. Des visions merveilleuses hantaient son sommeil ou s'interposaient entre lui et la réalité, par un véritable dédoublement de sa conscience. Au sommet de ces extases, qui l'entraînaient de zone en zone, comme vers d'autres cieux, il se sentait parfois attiré par une lumière fulgurante, puis immergé dans un soleil incandescent. Il gardait de ces ravissements une tendresse ineffable, une force singulière. Comme alors il se trouvait réconcilié avec tous les êtres, en harmonie avec l'univers ! Quelle était donc cette lumière mystérieuse, mais plus familière et plus vivante que l'autre, qui jaillissait du fond de lui-même pour l'emporter aux plus lointains espaces, dont les premiers effluves l'avaient inondé par les grands yeux de sa mère, et qui maintenant l'unissait à toutes les âmes par de secrètes vibrations ? N'était-ce pas la source des âmes et des mondes ?

      – Il la nomma : le Père Céleste (133).

      Ce sentiment originaire d'unité avec Dieu dans la lumière de l'Amour, voilà la primitive, la grande révélation de Jésus. Une voix intérieure lui disait de la renfermer au plus profond de lui-même ; mais elle devait éclairer toute sa vie. Elle lui donna une certitude invincible. Elle le rendit doux et indomptable. Elle fit de sa pensée un bouclier de diamant, de son verbe un glaive de lumière.

      Cette vie mystique profondément cachée s'unissait, du reste, chez l'adolescent, à une complète lucidité dans les choses de la vie réelle. Luc nous le représente à l'âge de douze ans, « croissant en force, en grâce et en sagesse. » La conscience religieuse fut en Jésus la chose innée, absolument indépendante du monde extérieur. Sa conscience prophétique et messianique, ne put s'éveiller qu'au choc du dehors, au spectacle de son temps, enfin, par une initiation spéciale et une longue élaboration intérieure. Des traces s'en retrouvent dans les Evangiles et ailleurs.

      La première grande commotion lui vint par ce premier voyage à Jérusalem avec ses parents, dont Luc a parlé. Cette ville, orgueil d'Israël, était devenue le centre des aspirations juives. Ses malheurs n'avaient fait qu'exalter les esprits. On eût dit que plus il s'y entassait de tombeaux et plus il s'en dégageait d'espérance. Sous les Séleucides, sous les Macchabées, par Pompée, enfin par Hérode, Jérusalem avait subi des sièges effroyables. Le sang avait coulé à torrents : les légions romaines avaient fait un carnage du peuple dans les rues ; des crucifixions en masse avaient souillé les collines de scènes infernales. Après tant d'horreurs, après l'humiliation de l'occupation romaine, après avoir décimé le sanhédrin et réduit le pontife à n'être qu'un esclave tremblant, Hérode, comme par ironie, avait rebâti le temple plus magnifiquement, que Salomon. Iéroushalaïm n'en restait pas moins la ville sainte. Isaïe, que Jésus lisait de préférence, ne l'avait-il pas nommée « la fiancée devant laquelle se prosterneront les peuples ? » Il avait dit : « On appellera tes murailles : Salut ! et tes portes : Louange ! et les nations marcheront à la splendeur qui se lèvera sur toi ! (134) » Voir Jérusalem et le temple de Jéhovah était le rêve de tous les Juifs, surtout depuis que la Judée était devenue province romaine. Ils y venaient de la Pérée, de la Galilée, d'Alexandrie, et de Babylone. En route, dans le désert, sous les palmes, près des puits, on chantait des psaumes, on soupirait après les parvis de l'Eternel, on cherchait des yeux la colline de Sion.

      Un étrange sentiment d'oppression dut envahir l'âme de Jésus, lorsqu'il aperçut, dans son premier pèlerinage, la cité avec ses murs formidables, assise sur la montagne comme une sombre forteresse ; lorsqu'il vit l'amphithéâtre romain d'Hérode à ses portes ; la tour Antonia dominant le temple ; des légionnaires romains, la lance au poing, le surveillant de haut. Il monta les marches du temple. Il admira la splendeur de ces portiques de marbre, où les Pharisiens se promenaient en costumes somptueux. Il traversa la cour des gentils, la cour des femmes. Il s'approcha avec la foule des Israélites de la porte Nicanor et de la balustrade de trois coudées, derrière laquelle on voyait des prêtres en habits sacerdotaux, violets et pourpres, reluisants d'or et de pierreries, officier devant le sanctuaire, immoler des boucs et de taureaux, et asperger le peuple de leur sang en prononçant une bénédiction. Cela ne ressemblait pas au temple de ses rêves, ni au ciel de son cœur.

      Puis il redescendit dans les quartiers populaires de la ville basse. Il vit des mendiants pâlis par la faim, des faces angoissées qui gardaient le reflet des dernières guerres civiles, des supplices, des crucifixions. Sortant par une des portes de la cité, il se mit à errer dans ces vallées pierreuses, dans ces ravins lugubres où sont les carrières, les piscines, les tombeaux des rois, et qui font à Jérusalem une ceinture sépulcrale. Là, il vit des fous sortir des cavernes et pousser des blasphèmes contre les vivants et les morts. Puis, descendant par un large escalier à la fontaine de Siloé profonde comme une citerne, il vit au bord d'une eau jaunâtre se traîner des lépreux, des paralytiques, des malheureux couverts de toutes sortes d'ulcères. Un besoin irrésistible le forçait à regarder au fond de leurs yeux, à en boire toute la douleur. Les uns lui demandaient secours ; d'autres étaient ternes et sans espoir ; d'autres, hébétés, paraissaient ne plus souffrir. Mais combien de temps avait-il fallu pour qu'ils devinssent ainsi ?

      Alors Jésus se dit : A quoi bon ce temple, ces prêtres, ces hymnes, ces sacrifices, puisqu'ils ne peuvent remédier à toutes ces douleurs ? Et soudain, comme un torrent grossi de larmes sans fin, il sentit affluer à son cœur les douleurs de ces âmes, de cette ville, de ce peuple, de toute l'humanité. Il comprit que c'en était fait d'un bonheur qu'il ne pouvait communiquer aux autres. Ces regards, ces regards désespérés ne devaient plus sortir de sa mémoire. Sombre fiancée, la Souffrance humaine marchait à ses côtés et lui disait : Je ne te quitterai plus !

      Il s'en alla saisi de tristesse et d'angoisse, et tandis qu'il regagnait les cimes lumineuses de la Galilée, ce cri profond sortit de son cœur : – Père céleste !... Je veux savoir ! Je veux guérir ! Je veux sauver !


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(126)  Il ne serait nullement impossible que Jésus fût né à Bethléhem par un circonstance fortuite. Mais cette tradition semble faire partie du cycle de légendes postérieures sur la sainte famille et l'enfance du Christ.

(127)  Juges, XIII, 3-5.

(128)  Samuel, liv. I, chap. I, 11-20.

(129)  Jérémie, I. 4.

(130)  Jean, Ev. VIII, 58.

(131)  Evangile apocryphe de Marie et de l'enfance du Sauveur, publié par Tischendorff.

(132)  Tout le monde se souvient des descriptions magistrales de la Galilée de M. Renan, dans sa Vie de Jésus, et de celles non moins remarquables de M. E. Melchior de Vogüé, Voyage en Syrie et en Palestine.

(133)  Les annales mystiques de tous les temps démontrent que des vérités morales ou spirituelles d'un ordre supérieur ont été perçues par certaines âmes d'élite, sans raisonnement, par la contemplation interne et sous forme de vision. Phénomène psychique encore mal connu de la science moderne, mais fait incontestable. Catherine de Sienne, fille d'un pauvre teinturier, eut dès l'âge de quatre ans des visions extrêmement remarquables (Voir sa Vie, par Madame Albana Mignaty, chez Fischbacher). Swedenborg, homme de science, d'esprit rassis, observateur et raisonneur, commença à l'âge de quarante ans, et en parfaite santé, d'avoir des visions qui n'avaient aucun rapport avec sa vie précédente (Vie de Swedenborg, par Matter, chez Perrin). Je ne prétends pas mettre ces phénomènes exactement sur la même ligne que ceux qui se passèrent dans la conscience de Jésus, mais simplement établir l'universalité d'une perception interne, indépendante des sens corporels.

(134)  Isaïe, 3 et 16.




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