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Les Grands Initiés

Edouard Schuré
© France-Spiritualités™






LIVRE III
HERMÈS – LES MYSTÈRES DE L'ÉGYPTE


V – OSIRIS – LA VISION D'HERMÈS (44)

« Un jour Hermès s'endormit après avoir réfléchi à l'origine des choses. Une lourde torpeur s'empara de son corps ; mais à mesure que son corps s'engourdissait, son esprit montait dans les espaces. Alors il lui sembla qu'un être immense, sans forme déterminée, l'appelait par son nom. – Qui es-tu ? dit Hermès effrayé. – Je suis Osiris, l'Intelligence souveraine, et je puis dévoiler toute chose. – Que désires-tu ? – Contempler la source des êtres, ô divin Osiris, et connaître Dieu. – Tu seras satisfait.

      Aussitôt Hermès se sentit inondé d'une lumière délicieuse. Dans ses ondes diaphanes passaient les formes ravissantes de tous les êtres. Mais tout à coup des ténèbres effrayantes et de forme sinueuse descendirent sur lui. Hermès fut plongé dans un chaos humide plein de fumée et d'un lugubre mugissement. Alors une voix s'éleva de l'abîme. C'était le cri de la lumière. Aussitôt un feu subtil s'élança des profondeurs humides et gagna les hauteurs éthérées. Hermès monta avec lui et se revit dans les espaces. Le chaos se débrouillait dans l'abîme ; des chœurs d'astres s'épandaient sur sa tête ; et la voix de la lumière emplissait l'infini.

      – As-tu compris ce que tu as vu ? dit Osiris à Hermès enchaîné dans son rêve et suspendu entre terre et ciel. – Non, dit Hermès. – Eh bien, tu vas l'apprendre. Tu viens de voir ce qui est de toute éternité. La lumière que tu as vue d'abord, c'est l'intelligence divine qui contient toute chose en puissance et renferme les modèles de tous les êtres. Les ténèbres où tu as été plongé ensuite, c'est le monde matériel où vivent les hommes de la terre. Mais le feu que tu as vu jaillir des profondeurs, c'est le Verbe divin. Dieu est le Père, le Verbe est le Fils, leur union c'est la Vie. – Quel sens merveilleux s'est ouvert en moi ? dit Hermès. Je ne vois plus avec les yeux du corps, mais avec ceux de l'esprit. Comment cela se fait-il ? – Enfant de la poussière, répondit Osiris, c'est parce que le Verbe est en toi. Ce qui en toi entend, voit, agit, est le Verbe lui- même, le feu sacré, la parole créatrice !

      – Puisqu'il en est ainsi, dit Hermès, fais-moi voir la vie des mondes, le chemin des âmes, d'où vient l'homme et où il retourne. – Qu'il soit fait selon ton désir.

      Hermès redevint plus lourd qu'une pierre et tomba à travers les espaces comme un aérolithe. Enfin il se vit au sommet d'une montagne. Il faisait nuit ; la terre était sombre et nue ; ses membres lui semblaient pesants comme du fer. – Lève les yeux et regarde ! dit la voix d'Osiris.

      Alors Hermès vit un spectacle merveilleux. L'espace infini, le ciel étoilé l'enveloppait de sept sphères lumineuses. D'un seul regard Hermès aperçut les sept cieux étagés sur sa tête comme sept globes transparents et concentriques, dont il occupait le centre sidéral. Le dernier avait pour ceinture la voie lactée. Dans chaque sphère roulait une planète accompagnée d'un génie de forme, de signe et de lumière différents. Tandis qu'Hermès ébloui contemplait leur floraison éparse et leurs mouvements majestueux, la voix lui dit :

      – Regarde, écoute et comprends. Tu vois les sept sphères de toute vie. A travers elles s'accomplit la chute des âmes et leur ascension. Les sept Génies sont les sept rayons du Verbe-Lumière. Chacun d'eux commande à une sphère de l'Esprit, à une phase de la vie des âmes. Le plus rapproché de toi est le Génie de la Lune à l'inquiétant sourire et couronné d'une faucille d'argent. Il préside aux naissances et aux morts. Il dégage les âmes des corps et les attire dans son rayon. – Au-dessus de lui, le pâle Mercure montre le chemin aux âmes descendantes ou montantes avec son caducée qui contient la Science. – Plus haut, la brillante Vénus tient le miroir de l'Amour, où les âmes tour à tour s'oublient et se reconnaissent. – Au-dessus d'elle le Génie du Soleil élève le flambeau triomphal de l'éternelle Beauté. – Plus haut encore, Mars brandit le glaive de la Justice. – Trônant sur la sphère azurée, Jupiter tient le sceptre de la puissance suprême qui est l'intelligence divine. – Aux limites du monde, sous les signes du zodiaque, Saturne porte le globe de la sagesse universelle (45).

      – Je vois, dit Hermès, les sept régions qui comprennent le monde visible et invisible ; je vois les sept rayons du Verbe-Lumière, du Dieu unique qui le traverse et les gouverne par eux. Mais, ô mon maître, comment s'accomplit le voyage des hommes à travers tous ces mondes ?

      – Vois-tu, dit Osiris, une semence lumineuse tomber des régions de la voie lactée dans la septième sphère ? Ce sont des germes d'âmes. Elles vivent comme des vapeurs légères dans la région de Saturne, heureuses, sans souci, et ne sachant pas leur bonheur. Mais en tombant de sphère en sphère, elles revêtent des enveloppes toujours plus lourdes. Dans chaque incarnation, elles acquièrent un nouveau sens corporel, conforme au milieu qu'elles habitent. Leur énergie vitale augmente ; mais à mesure qu'elles entrent en des corps plus épais, elles perdent le souvenir de leur origine céleste. Ainsi s'accomplit la chute des âmes qui viennent du divin Ether. De plus en plus captivées par la matière, de plus en plus enivrées par la vie, elles se précipitent comme une pluie de feu, avec des frissons de volupté, à travers les régions de la Douleur, de l'Amour et de la Mort, jusque dans leur prison terrestre, où tu gémis toi-même retenu par le centre igné de la terre, et où la vie divine te paraît un vain rêve.

      – Les âmes peuvent-elles mourir ? demanda Hermès.

      – Oui, répondit la voix d'Osiris, beaucoup périssent dans la descente fatale. L'âme est fille du ciel et son voyage est une épreuve. Si dans son amour effréné de la matière, elle perd le souvenir de son origine, l'étincelle divine qui était en elle et qui aurait pu devenir plus brillante qu'une étoile, retourne à la région éthérée, atome sans vie – et l'âme se désagrège dans le tourbillon des éléments grossiers.

      A ces mots d'Osiris, Hermès frissonna. Car une tempête rugissante l'enveloppa d'un nuage noir. Les sept sphères disparurent sous d'épaisses vapeurs. Il y vit des spectres humains poussant des cris étranges, emportés et déchirés par des fantômes de monstres et d'animaux, au milieu de gémissements et de blasphèmes sans nom.

      – Tel est, dit Osiris, le destin des âmes irrémédiablement basses et méchantes. Leur torture ne finit qu'avec leur destruction qui est la perte de toute conscience. Mais vois, les vapeurs se dissipent, les sept sphères reparaissent sous le firmament. Regarde de ce côté. Vois-tu cet essaim d'âmes qui essaye de remonter vers la région lunaire ? Les unes sont rabattues vers la terre comme des tourbillons d'oiseaux sous les coups de la tempête. Les autres atteignent à grands coups d'ailes la sphère supérieure qui les entraîne dans sa rotation. Une fois parvenues là, elles recouvrent la vue des choses divines. Mais cette fois-ci, elles ne se contentent pas de les refléter dans le songe d'un bonheur impuissant. Elles s'en imprègnent avec la lucidité de la conscience éclairée par la douleur, avec l'énergie de la volonté acquise dans la lutte. Elles deviennent lumineuses, car elles possèdent le divin en elles-mêmes et le rayonnent dans leurs actes. Raffermis donc ton âme, ô Hermès, et rassérène ton esprit obscurci en contemplant ces vols lointains d'âmes qui remontent les sept sphères et s'y éparpillent comme des gerbes d'étincelles. Car toi aussi tu peux les suivre ; il suffit de vouloir pour s'élever. Vois comme elles essaiment et décrivent des chœurs divins. Chacune se range sous son génie préféré. Les plus belles vivent dans la région solaire, les plus puissantes s'élèvent jusqu'à Saturne. Quelques-unes remontent jusqu'au Père, parmi les puissances, puissances elles-mêmes. Car là où tout finit, tout commence éternellement ; et les sept sphères disent ensemble : « Sagesse ! Amour! Justice ! Beauté ! Splendeur ! Science ! Immortalité ! »

      « Voilà, disait l'hiérophante, ce qu'a vu l'antique Hermès et ce que ses successeurs nous ont transmis. Les paroles du sage sont comme les sept notes de la lyre qui contiennent toute la musique avec les nombres et les lois de l'univers. La vision d'Hermès ressemble au ciel étoilé dont les profondeurs insondables sont parsemées de constellations. Pour l'enfant, ce n'est qu'une voûte aux clous d'or ; pour le sage c'est l'espace sans bornes où tournent les mondes avec leurs rythmes et leurs cadences merveilleuses. Cette vision renferme les nombres éternels, les signes évocateurs et les clefs magiques. Plus tu apprendras à la contempler et à la comprendre, et plus tu verras s'étendre ses limites. Car la même loi organique gouverne tous les mondes. » Et le prophète du temple commentait le texte sacré. Il expliquait que la doctrine du Verbe-Lumière représente la divinité à l'état statique dans son équilibre parfait. Il démontrait sa triple nature, qui est à la fois intelligence, force et matière ; esprit, âme et corps ; lumière, verbe et vie. L'essence, la manifestation et la substance sont trois termes qui se supposent réciproquement. Leur union constitue le principe divin et intellectuel par excellence, la loi de l'unité ternaire, qui du haut en has domine la création.

      Ayant ainsi conduit son disciple au centre idéal de l'univers, au principe générateur de l'Etre, le maître l'épanouissait dans le temps et dans l'espace, le secouait en floraisons multiples. Car la seconde partie de la vision représente la divinité à l'état dynamique, c'est-à-dire en évolution active, en d'autres termes : l'univers visible et invisible, le ciel vivant. Les sept sphères rattachées à sept planètes symbolisaient sept principes, sept états différents de la matière et de l'esprit, sept mondes divers que chaque homme et chaque humanité sont forcés de traverser dans leur évolution à travers un système solaire. Les sept Génies, ou les sept Dieux cosmogoniques signifiaient les esprits supérieurs et dirigeants de toutes les sphères, issus eux-mêmes de l'inéluctable évolution. Chaque grand Dieu était donc pour un initié antique le symbole et le patron de légions d'esprits qui reproduisaient son type sous mille variantes et qui, de leur sphère, pouvaient exercer une action sur l'homme et sur les choses terrestres. Les sept Génies de la vision d'Hermès sont les sept Dévas de l'Inde, les sept Amshapands de la Perse, sept grands Anges de la Chaldée, les sept Séphiroths (46) de la Kabbale, les sept Archanges de l'Apocalypse chrétienne. Et le grand septénaire qui embrasse l'univers ne vibre pas seulement dans les sept couleurs de l'arc-en-ciel, dans les sept notes de la gamme ; il se manifeste encore dans la constitution de l'homme qui est triple par essence, mais septuple par son évolution. (47)

      « Ainsi, disait l'hiérophante en terminant, tu as pénétré jusqu'au seuil du grand arcane. La vie divine t'est apparue sous les fantômes de la réalité. Hermès t'a fait connaître le ciel invisible, la lumière d'Osiris, le Dieu caché de l'univers qui respire par des millions d'âmes, en anime les globes errants et les corps en travail. A toi maintenant de t'y diriger et de choisir ta route pour monter à l'Esprit pur. Car tu appartiens désormais aux ressuscités vivants. Souviens-toi qu'il y a deux clefs principales de la science. Voici la première : « Le dehors est comme le dedans des choses ; le petit est comme le grand ; il n'y a qu'une seule loi et celui qui travaille est Un. Rien n'est petit, rien n'est grand dans l'économie divine ». Voici la seconde : « Les hommes sont des dieux mortels et les dieux sont des hommes immortels. » Heureux celui qui comprend ces paroles, car il possède la clef de toute chose. Souviens-toi que la loi du mystère recouvre la grande vérité. La totale connaissance ne peut être révélée qu'à nos frères qui ont traversé les mêmes épreuves que nous. Il faut mesurer la vérité selon les intelligences, la voiler aux faibles qu'elle rendrait fous, la cacher aux méchants qui ne peuvent en saisir que des fragments dont ils feraient des armes de destruction. Renferme-la dans ton cœur et qu'elle parle par ton œuvre. La science sera ta force, la foi ton épée et le silence ton armure infrangible. »

      Les révélations du prophète d'Ammon-Râ, qui ouvraient au nouvel initié de si vastes horizons sur lui-même et sur l'univers, produisaient sans doute une impression profonde, lorsqu'elles étaient dites sur l'observatoire d'un temple de Thèbes, dans le calme lucide d'une nuit égyptienne. Les pylônes, les toits et les terrasses blanches des temples dormaient à ses pieds, entre les massifs noirs des nopals et des tamariniers. A distance, de grands monolithes, statues colossales des Dieux, étaient assis comme des juges incorruptibles sur leur lac silencieux. Trois pyramides, figures géométriques du tétragramme et du septénaire sacré, se perdaient à l'horizon, espaçant leurs triangles dans le gris léger de l'air. L'insondable firmament fourmillait d'étoiles. De quels yeux nouveaux il regardait ces astres qu'on lui peignait comme des demeures futures ! Lorsque enfin l'esquif doré de la lune émergeait du miroir sombre du Nil, qui se perdait à l'horizon comme un long serpent bleuâtre, le néophyte croyait voir la barque d'Isis qui navigue sur le fleuve des âmes et les emporte vers le soleil d'Osiris. Il se souvenait du Livre des morts et le sens de tous ces symboles se dévoilait maintenant à son esprit. Après ce qu'il avait vu et appris, il pouvait se croire dans le royaume crépusculaire de l'Amenti, mystérieux interrègne entre la vie terrestre et la vie céleste, où les défunts d'abord sans yeux et sans parole retrouvent peu à peu le regard et la voix. Lui aussi allait entreprendre le grand voyage, le voyage de l'infini, à travers les mondes et les existences. Déjà Hermès l'avait absous et jugé digne. Il lui avait dit le mot de la grande énigme : « Une seule âme, la grande âme du Tout a enfanté, en se partageant, toutes les âmes qui se démènent dans l'univers. » Armé du grand secret, il montait dans la barque d'Isis. Elle partait. Soulevée dans les espaces éthérés, elle flottait dans les régions intersidérales. Déjà les larges rayons d'une immense aurore perçaient les voiles azurés des horizons célestes, déjà le chœur des esprits glorieux, des Akhimou-Sèkou qui sont parvenus à l'éternel repos, chantait : « Lève-toi, Ra Hermakouti ! Soleil des esprits ! Ceux qui sont dans ta barque sont en exaltation ! Ils poussent des exclamations dans la barque des millions d'années. Le grand cycle divin est comblé de joie en rendant gloire à la grande barque sacrée. Des réjouissances se font dans la chapelle mystérieuse. Ô lève-toi, Ammon-Ra Hermakouti ! Soleil qui se crée lui-même ! Et l'initié répondait par ces orgueilleuses paroles. « J'ai atteint le pays de la vérité et de la justification. Je ressuscite comme un Dieu vivant et je rayonne dans le chœur des Dieux qui habitent le ciel, car je suis de leur race. »

      De si fières pensées, de si audacieuses espérances pouvaient hanter l'esprit de l'adepte, dans la nuit qui suivait la cérémonie mystique de la résurrection. Le lendemain, dans les avenues du temple, sous la lumière aveuglante, cette nuit ne lui semblait plus qu'un rêve, mais quel rêve inoubliable, que ce premier voyage dans l'impalpable et dans l'invisible ! De nouveau il lisait l'inscription de la statue d'Isis : « Aucun mortel n'a soulevé mon voile. » Un coin du voile s'était soulevé toutefois, mais pour retomber ensuite, et il s'était réveillé sur la terre des tombeaux. Ah ! qu'il était loin du terme rêvé ! Car il est long le voyage sur la barque des millions d'années ! Du moins il avait entrevu le but final. Sa vision de l'autre monde ne fût-elle qu'un songe, une ébauche enfantine de son imagination encore épaissie par les fumées de la terre, pouvait-il douter de cette autre conscience qu'il avait senti éclore en lui, de ce double mystérieux, de ce moi céleste qui lui était apparu dans sa beauté astrale comme une forme vivante et qui lui avait parlé dans son sommeil ? Etait-ce une âme-sœur, était-ce son génie ou n'était-ce qu'un reflet de son esprit intime, un pressentiment de son être futur ? Merveille et mystère. A coup sûr, c'était une réalité, et si cette âme n'était que la sienne, c'était la vraie. Pour la retrouver que ne ferait-il ? Il vivrait des millions d'années, qu'il n'oublierait pas cette heure divine où il avait vu son autre moi pur et rayonnant ! (48)

      L'initiation était terminée. L'adepte était consacré prêtre d'Osiris. Egyptien, il restait attaché au temple ; étranger, on lui permettait quelquefois de retourner dans son pays pour y fonder un culte ou y accomplir une mission. Mais avant de partir, il promettait solennellement par un serment redoutable de garder un silence absolu sur les secrets du temple. Jamais il ne devait trahir à personne ce qu'il avait vu ou entendu, ni révéler la doctrine d'Osiris que sous le triple voile des symboles mythologiques ou des mystères. S'il violait ce serment, une mort fatale l'atteignait tôt ou tard, si loin qu'il fût. Mais le silence était devenu le bouclier de sa force.

      Revenu aux plages de l'Ionie, dans sa ville turbulente, sous le choc des passions furieuses, dans cette multitude des hommes qui vivent comme des insensés en s'ignorant eux-mêmes, – souvent il repensait à l'Egypte, aux pyramides, au temple d'Ammon-Ra. Alors, le rêve de la crypte lui revenait. Et comme, là- bas, le lotus se balance sur les flots du Nil, ainsi toujours cette vision blanche surnageait au-dessus du fleuve fangeux et troublant de cette vie. Aux heures choisies, il entendait sa voix, et c'était la voix de la lumière. Réveillant dans son être une musique intime, elle lui disait : « L'âme est une lumière voilée. Quand on la néglige, elle s'obscurcit et s'éteint, mais quand on y verse l'huile sainte de l'amour, elle s'allume comme une lampe immortelle. »


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(44)  La vision d'Hermès se trouve en tête des livres d'Hermès Trismégiste sous le nom de Poimandrès. L'antique tradition égyptienne ne nous est parvenue que sous une forme alexandrine légèrement altérée. J'ai tenté de reconstituer ce fragment capital de la doctrine hermétique dans le sens de la haute initiation et de la synthèse ésotérique qu'il représente.

(45)  Il va sans dire que ces Dieux portaient d'autres noms dans la langue égyptienne. Mais les sept Dieux cosmogoniques se correspondent dans toutes les mythologies par leur sens et leurs attributions. Ils ont leur racine commune dans l'antique tradition ésotérique. La tradition occidentale ayant adopté les noms latins, nous les conservons pour plus de clarté.

(46)  Il y a dix Séphiroths dans la Kabbale. Les trois premiers représentent le ternaire divin, les sept autres l'évolution de l'univers.

(47)  Nous donnerons ici les termes égyptiens de cette constitution septénaire de l'homme qui se retrouve dans la Kabbale : Chat corps matériel, Anck force vitale, Ka double éthéré ou corps astral, Hati âme animale, Bai âme rationnelle, Cheybi âme spirituelle, Kou esprit divin. – On trouvera le développement de ces idées fondamentales de la doctrine ésotérique au livre d'Orphée et surtout dans celui de Pythagore.

(48)  Dans la doctrine égyptienne, l'homme n'était considéré comme n'ayant conscience dans cette vie que de l'âme animale et de l'âme rationnelle, appelées hati et baï. La partie supérieure de son être, l'âme spirituelle et l'esprit divin, cheybi et kou, existent en lui à l'état de germe inconscient, et se développent après cette vie, lorsqu'il devient lui-même un Osiris.




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