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La vraie langue celtique et Le Cromleck de Rennes-les-Bains

Henri Boudet
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CHAPITRE VI
LES VOLKES TECTOSAGES ET LE LANGUEDOC

I - Les Volkes Tectosages et Arécomiques - Les Belges - La Garonne - Toulouse - La Gironde

      Suivant plusieurs historiens, le quatrième siècle avant notre ère avait vu les Volkes Tectosages et Arécomiques se fixer dans le midi de la Gaule. Guillaume de Catel, dans son histoire du Languedoc, dit que les Tectosages étaient déjà établis dans le sud de la Gaule avant le quatrième siècle ; car il suppose l'armée de Sigovèse, vers l'année 587 avant Jésus-Christ, formée en grande partie de Tectosages, tandis que l'armée de Bellovèze en marche vers l'Italie, renfermait des Bituriges, des Edues, des Arvernes et des guerriers appartenant aux autres tribus de la Gaules centrale. Cette assertion ne manque pas de fondement et il est fort probable que César fait allusion à cette première expédition, en écrivant dans ses commentaires : « Bien avant, il fut un temps où les Gaulois surpassaient les Germains en valeur guerrière et leur firent la guerre jusque chez eux : les champs ne suffisant plus à nourrir une population trop nombreuse, ils envoyèrent des colonies au-delà du Rhin. C'est donc dans les terres de la Germanie les plus fertiles, autour de la forêt Hercynie, que les Volkes Tectosages s'établirent après les avoir conquises. Ce peuple jusqu'à ce temps occupe ce même territoire. » (82)

      Jules César nous montre ainsi les Tectosages fixés au-delà du Rhin d'abord, puis autour de la forêt Hercynie, c'est-à-dire, possédant aussi les rives du Danube. Vers l'année 281 avant Jésus-Christ, les Tectosages du midi de la Gaule, emmenant avec eux d'autres tribus, se présentèrent à leur frères des bords du Danube, et les entraînèrent vers la Macédoine, l'Epire, la Thrace et la Grèce. Cette dernière expédition, conduite par les Tectosages de Toulouse, alliés avec les Tectosages du Danube et les Gaulois Sordiques ou à longue épéesword (sôrd), épée, – to eke (ike), allonger –, placés aussi dans la région danubienne, porte à deux les principales migrations des Tectosages effectuées depuis leur établissement dans le midi gaulois. Dans la première migration vers le nord, César les a représentés possédant, sans esprit de retour, les pays conquis sur les Germains : dans la seconde expédition vers la Macédoine, une partie de ces Tectosages, insatiables d'aventures, passèrent en Asie et y fondèrent avec leurs alliés une Gaule nouvelle, la Galatie ; une autre partie des Tectosages retournèrent vers leur pays natal, et rapportèrent, disent les historiens, jusque dans Toulouse l'or de Delphes et les dépouilles de la Grèce.

      Les Volkes paraissent, d'après cela, avoir conquis le midi de la Gaule, longtemps avant que les Belges aient envahi le nord gaulois ; ce qui arriva pour ces derniers, dans le courrant du quatrième siècle avant notre ère. Ils ne seraient donc pas une tribu belge, quoique appartenant, comme les Belges, à la famille Cimmérienne.

      Le nom des Belges ne donne aucune indication précise sur leur origine, mais il définit leur tactique guerrière. Ils savaient allier une grande prudence à un courage remarquable, et dit César, « seuls parmi les Gaulois, ils avaient repoussé victorieusement les attaques des Teutons et des Cimbres (sans doute de Volkes fixés au-delà du Rhin), de sorte qu'ils avaient d'eux-mêmes et de leur capacité dans l'art militaire une très haute opinion. » (83)

      L'art de la science guerrière, parmi les Belges, consistait surtout en un choix judicieux de leurs camps retranchés, qu'ils savaient fortifier de manière à les rendre inexpugnables. On a retrouvé des restes de ces enceintes fortifiées, que M. Louis Figuier croit être contemporaines de l'âge de la pierre. (84)

      « Pour trouver, dit-il, les témoignages encore debout des guerres des hommes de l'âge de la pierre, il faut nous transporter dans la partie de l'Europe qui forme aujourd'hui la Belgique. Oui, à l'âge de la pierre, par delà toute tradition écrite, les peuples de cette contrée guerroyaient déjà, soit entre eux, soit contre d'autres peuples venus du dehors. On en a la preuve par les enceintes fortifiées ou camps retranchés, qui ont été découverts par MM. Hamour et Himelette. Ces camps sont ceux de Furfooz, de Pont-de-Bonn, de Simon, de Jemelle, de l'Hastedon et de Poilvache.

      Ces divers camps présentent des caractères communs. Ils sont généralement établis en surplomb de vallées escarpées, sur un massif de rochers, formant une sorte de promontoire, qui est relié au reste du pays par un étroit passage. Un large fossé était creusé dans cette langue de terre, et le camp tout entier était entouré d'une épaisse muraille de pierres, simplement assemblées les unes contre les autres, sans aucun mortier ni ciment. Au camp de l'Hastedon, près de Namur, cette muraille, qui était encore bien conservée au moment de sa découverte, mesurait trois mètres de largeur, sur une hauteur à peu près égale. Lorsqu'ils étaient attaqués, les hommes, réunis dans l'enceinte, faisaient pleuvoir sur les assaillants des pierres empruntées à leur mur, lequel devenait ainsi tout à la fois un ouvrage de défense et d'attaque.

      Ces positions retranchées étaient si bien choisies que la plupart continuèrent à être occupées pendant le siècle suivant. Nous citerons en exemple celle de Poilvache. Après avoir été citadelle romaine, elle se transforma, au moyen âge, en un château fort, qui fut détruit seulement au quinzième siècle.

      Les camps de l'Hastedon et de Furfooz ont également été utilisés par les Romains.

      « Dans toute l'enceinte de ces anciens camps, on a trouvé des silex taillés et des débris de poterie, toutes choses qui suffiraient pour attester la présence de l'homme primitif. Les énormes murailles de ces mêmes camps indiquent en même temps qu'il a vécu, sur les points désignés, en agglomérations déjà nombreuses. »

      La construction de ces camps, indiquait, chez les Belges, le choix raisonné de leur tactique, et il était impossible que leur nom n'en portât point une trace sérieuse : aussi en désassemblant les syllabes qui composent Belgae, on y trouve des hommes sachant, à la guerre, entourer leurs positions d'un mur ou d'une palissade, qui put les mettre à l'abri d'une surprise de l'ennemi, et l'effrayer par la difficulté ou l'impossibilité d'enlever de vive force leurs retranchements, – to pale (péle), entourer, palissader, – to cow (kaou), intimider, effrayer, – Pelkaou –.

      Les Volkes Tectosages ne conduisaient pas une guerre de cette sorte. Leur ordre de bataille, était parfait, si l'on en croit les Arécomiques, array (arré), ordre de bataille, – to come (keume), devenir, – to eke (ike), perfectionner –. Dédaignant l'abri d'un retranchement, ils fondaient sur l'ennemi, rapides comme la foudre, reformaient leurs rangs avec aisance, évoluaient sans souci du danger et comme assurés de la victoire. On est heureux de retrouver dans ce peuple, souche des Francks, la furia qui a rendu les armées françaises si redoutables.

      Cette dissemblance dans le génie guerrier nous engage fortement à ne point considérer les Volkes Tectosages et Arécomiques comme deux tribus Belges, quoique le verbe to cow, effrayer, entre également dans la composition de Belgae et de Volcae.

      Les Tectosages et les Arécomikes se partagèrent le midi de la Gaule, les premiers s'étendant depuis Bésiers jusqu'au Rhône avec Nemausus (Nîmes) pour ville principale. Nemausus, en celtique, signifie : maison de renom, – name (nème), renom, célébrité, – house (haouce), maison –. Quelle était donc cette maison renommée ? La maison carrée de Nîmes est citée encore de nos jours comme un monument remarquable. Mais comment cette maison a-t-elle pu devenir célèbre par cette unique et simple qualité d'être carrée ? C'est sans doute parce que, les Habitations gauloises affectant la forme ronde, une maison carrée construite dans la ville a excité un étonnement général et déterminé l'appellation de Nemausus. Peut être aussi toutes les maisons de la cité avaient-elles la forme carrée.

      Les Tectosages avaient placé le siège de leur domination à Tolosa (Toulouse), qui existait déjà et était, probablement, la ville la plus grande et la plus considérable de la Gaule méridionale. La Garonne, navigable sur un grand parcours, prêtait son service aux embarcations gauloises, qu'on [194 - 14a] était cependant obligé de remorquer, pour les faire arriver jusqu'à Tolosa, devenu un centre commercial pour le Midi. On employait comme remorqueurs de magnifiques taureaux du pays, les chevaux étant aux yeux des Gaulois des bêtes trop précieuses pour servir à pareil usage. Aussi bien, le taureau, plus fort que le cheval, était-il plus propre à entraîner des embarcations souvent engagées dans le limon du fleuve, – to tow (), remorquer, – to low (), beugler, mugir, – ooze (ouze), vase, limon, – towlowooze.

      La petite ville de Tolosa, dans le Guipuscoa, entouré de l'Oria, la plus forte rivière de cette province après la Deva, voyait aussi de légères embarcations Cantabres, remorquées par des taureaux, arriver jusqu'au pied de ses habitations.

      La Garonne, Garumna, prend sa source dans les Pyrénées espagnoles. Cette contrée était occupée par la tribu des Garumnites, dont le fleuve Garumna a tiré son nom. Les montagnes des Garumnites nourrissaient de véritables troupeaux de chamois : l'espèce pyrénéenne est connue dans la région sous le nom d'isard. Cette appellation, tout à fait celtique, a trait à un détail important de la vie de ces animaux. Lorsque le troupeau pâture, deux ou trois vieux mâles se postent en sentinelles sur les éminences dominant le pâturage, et à la première apparence de danger, ils avertissent par un sifflement aigu : aussitôt le troupeau entier s'élance vers les hauteurs avec la rapidité de l'éclair, – to hiss, siffler, – hart, un cerf. – Les isards sont couverts d'un poil laineux d'un brun foncé en hiver et d'un brun fauve en été. Chassés avec ardeur, les isards ont gagné les lieux les plus inaccessibles des Pyrénées, pour échapper à la poursuite des Garumnites et de leurs descendans, – gare (guère), laine grossière, – rum (reum) singulier, drôle, bizarre, – neat (nit), bêtes à cornes.

      La description de l'espèce animale, renfermée dans Garumnites, se rapporte moins à l'isard qu'au bouquetin. Les poils de celui-ci sont un peu plus longs : les cornes recourbées en arrière sont surtout remarquables : elles sont composées de nombreux anneaux, et la longueur totale en est si considérable chez les vieux mâles, que les extrémités atteignent l'origine de la queue, lorsque leur tête est relevée.

      Les bouquetins ont disparu des Pyrénées, et ils sont en petit nombre dans les Alpes.

      Sur la fin de son parcours et après avoir reçu la Dordogne, la Garonne prend le nom de Gironde. Quoique les anciens auteurs désignent ce fleuve par le nom unique de Garumna, nous voyons cependant les géographes modernes, se fiant aux traditions locales, l'appeler aussi Gironde avant qu'il se jette à la mer. La première partie de ce nom, – to sheer (chir), lancer, rouler, – indique clairement, par ce terme de marine, que les vaisseaux Bordelais ont joué un rôle important dans la composition de Gironde, et la seconde partie dérivant de to undam (eundam), lâcher une écluse, cette appellation nous montrerait sur le bord du fleuve un véritable chantier de construction de navires gaulois, et leur lancement dans les eaux d'un bassin fermé par une écluse.


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(82)  César, de bell. gall., lib. VI. 24.

(83)  César, de Bell. Gall., lit II. 4.

(84)  L'homme primitif, par M. Louis Figuier.




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