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La vraie langue celtique et Le Cromleck de Rennes-les-Bains

Henri Boudet
© France-Spiritualités™






CHAPITRE PREMIER
LANGUE CELTIQUE

II - Langue celtique

D'après ce rapide exposé, on voit que les historiens font intervenir dans la possession des Gaules, d'abord les Gals, puis les Kimris et [6] enfin les Belges, dont ils font descendre, sans aucune certitude, les Volkes Tectosages et Arécomiques.

      On pourrait se demander pourquoi les historiens modernes nomment Gals ou Gaëls les premiers habitants de la Gaule, lorsque Jules César (3) nous avertit que les Gaulois, dans leur propre langue, s'appelaient Celtae et dans la langue latine Galli. Ces deux appellations sembleraient donc être synonymes et posséder une signification unique, et c'est bien là ce que prouve d'une manière péremptoire M. l'abbé Bouisset, dans son mémoire sur les trois collèges druidiques de Lacaune. Le terme Celtae – Kell – avait pour ces peuples un sens très positif désignant l'homme fait, et l'expression Galli, d'après les explications lumineuses de M. l'abbé Bouisset, renfermerait la même idée.

      Dans la mythologie grecque, les Gaulois étaient les sujets de Galatès, fils d'Hercule. La réputation guerrière de Galatès fut immense, ainsi que celle de sa force et de ses vertus. Nous ne dédaignerons pas de recueillir, au milieu des allégories de la mythologie, ces détails en apparence fort secondaires, mais en réalité d'une utilité considérable.

      A l'époque où César porta la guerre dans les Gaules, il nous la montre occupée par trois peuples : les Belges, les Aquitains et les Celtes. « Ils diffèrent tous, dit-il, par le langage. Cependant cette différence ne devaient pas être bien profonde. Dans un mémoire sur l'origine des langues celtique et française, Duclos, né à Dinan en 1704, secrétaire perpétuel de l'Académie Française, s'exprime ainsi : « A défaut de monuments, c'est-à-dire d'ouvrages écrits, nous n'avons d'autre lumières sur la langue celtique que le témoignage de quelques historiens, desquels il ressort que la langue celtique était commune à toutes les Gaules. Les Gaules étaient divisées en plusieurs états (civitates), les états en pays (pagi) qui tous se gouvernaient par des lois particulières, et ces états formaient ensemble un corps de république, qui n'avait qu'un même intérêt dans les affaires générales. Ils formaient les assemblées civiles ou militaires ; celles-ci appelées comitia armata, ressemblaient à l'arrière-ban. Donc, nécessité d'une langue commune pour que les députés pussent conférer, délibérer et former sur le champ des résolutions qui devaient être connues des assistants ; et nous ne voyons dans aucun auteur qu'ils eussent besoin d'interprètes. Nous voyons, d'ailleurs, que les Druides, faisant à la fois fonction de prêtres et de juges, avaient coutume de s'assembler, une fois l'année, auprès de Chartres, pour rendre la justice aux particuliers, qui venaient de toutes parts les consulter. Il fallait donc qu'il y eut une langue générale et que celle des Druides fut familière à tous les Gaulois...

      Il y avait aussi plusieurs nations, dont la langue devait avoir beaucoup de rapports avec la Gaulois. Il y a apparence que les Gaulois et les Germains ne devaient point différer beaucoup ces peuples ayant la même origine celtique ; des Germains étaient venus s'établir dans les Gaules et des Gaulois étaient réciproquement passé dans le Germanie, où ils avaient occupé de vastes contrées... »

      Ces pensées judicieuses conduisent l'auteur du mémoire à affirmer que les différences de langage observées par César étaient seulement des différences dialectiques. Nous ne le suivrons pas dans ces considérations fort justes sur l'altération considérable produite dans la langue celtique par l'établissement en Gaule de la famille latine. Nous faisons remarquer néanmoins, que s'il avait tiré de ses prémices une conséquence rigoureuse, il aurait été amené à conclure, que la langue celtique a dû conserver une intégrité parfaite dans une contrée, dont les Romains n'auront jamais foulé le sol.

      Il est bien avéré que les Gaulois n'ont point laissé de monuments écrits, parce qu'ils avaient peut-être plus de confiance dans les traditions, et il n'y a pas lieu d'être étonnés de cette manière d'agir, si l'on fait attention à la tenacité des traditions chez un certain peuple de l'Europe, que nous désignerons plus loin avec clarté. Cependant, il n'est pas admissible, que la nation celte n'ait point laissé aux siècles futurs le souvenir de ses mœurs, de sa religion et de son industrie. Cette histoire des Gaulois n'est point écrite dans les livres ; elle est gravée sur le sol même qu'ils occupaient. Ils ont donné aux tribus, aux terrains, aux montagnes, aux fleuves de la Gaule des noms que le temps lui-même n'a pu effacer. Là est renfermée leur véritable histoire.

      Ces appellations possèdent certainement un sens précis, plein de révélations intéressantes, quoique toutes les langues semblent impuissantes à expliquer ces énigmes.

      La décomposition de ces noms propres de lieux, d'hommes, de tribus, a préoccupé sérieusement bon nombre d'esprits : on s'est efforcé de rechercher cette langue, qui a rempli notre sol de dénominations indélébiles, dont la signification inconnue jette à notre légitime curiosité un défi incessant.

      Sir William Jones, fondateur de la Société asiatique de Calcutta, avait remarqué tout d'abord une certaine affinité entre le sanscrit, le grec et le latin. Ils devaient donc avoir une origine commune et, sans oser l'affirmer, il a soupçonné que le celtique et le gothique provenaient de la même source que le sanscrit.

      La grammaire comparée des langues européennes de François Bopp a expliqué ensuite, comment les lois grammaticales permettent de découvrir dans le sanscrit, le persan, le grec, le latin et le gothique, non plus une simple affinité, mais une réelle communauté d'origine.

      Tout récemment encore, « M. Tregear a lu devant la société philosophique de Wellington, une étude sur les Maori en Asie. Il a cité la langue Hindostani moderne et la Persane en regard de la langue Maori, faisant voir nombre d'accords remarquables entre elles. Les mots cités étaient en eux-mêmes pleins d'histoire et ont fourni la preuve du grand espace de temps écoulé, depuis que les Maori ont habité l'Inde.

      Partant des langues de l'Europe, l'orateur a fait voir que des centaines de mots semblables à ceux de la langue Maori se trouvent dans les langues grecque, latine, lithuanienne, celte, etc., etc. Mais la partie la plus intéressante de son étude était celle qui constatait l'identité du Maori et de l'Anglais, en ne tenant pas compte des mots Anglo-Maori, mots fabriqués des deux langues, depuis la conquête du pays par l'Angleterre. » (4)

      Toutes ces observations successives ont conduit à penser que la langue sanscrite donnera peut-être la clef de langue celtique, et on l'a cru avec d'autant plus de raison, que les Celtes sont venus de l'Asie, berceau du genre humain.

      Nous pouvons observer que les dialectes parlés dans la France, l'Irlande et l'Ecosse devraient nous donner cette clef plus facilement encore que le sanscrit ; car l'altération du langage n'empêche pas, même aujourd'hui, de retrouver les mêmes termes celtiques dans les dialectes irlandais, écossais, gallois breton et languedocien. On pourrait faire des citations nombreuses ; mais nous nous bornerons à quelques-unes.

      La pellicule du blé moulu et passé au blutoir se nomme, en dialecte languedocien, brén ; en breton bren; en gallois bran ; en irlandais et écossais bran. La bruyère, si commune dans les Landes de la Gaule, s'appelle, en languedocien brugo ; en breton bruk et brug ; en gallois grug et brwg. Le verbe français nettoyer se traduit en languedocien par scura ; en écossais par sguradh ; en irlandais par sguradh. Le nom français de l'aune, essence d'arbres, se dit en languedocien bergné ; en breton et en gallois gwern ; en écossais et irlandais fearn. (5)


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(3)  De bello gallico. lib. 1.

(4)  The advocate, 5 sept. 1885, journal de Melbourne, Australie.

(5)  Les noms bretons, irlandais, écossais et gallois sont pris de l'ouvrage de M. A. de Chevallet : Origine et formation de la langue française. Ier Vol.




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