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La vraie langue celtique et Le Cromleck de Rennes-les-Bains

Henri Boudet
© France-Spiritualités™






CHAPITRE PREMIER
LANGUE CELTIQUE

III - Dialecte languedocien et les Tectosages

      Il est donc certain, par ces quelques exemples, que des mots celtiques se retrouvent dans le langage des descendans des Celtes en Bretagne et en Languedoc ; aussi nous n'hésiterons pas à faire l'épreuve du dialecte languedocien, pour tacher de découvrir la vraie langue celtique parlée par nos ancêtres. Néanmoins, il doit paraître bizarre que nous choisissions le dialecte languedocien plutôt que le breton pour nous mettre sur la voie ; nous invoquerons pour cela une sérieuse raison historique, et, en examinant de près les émigrations des Volkes Tectosages, on se convaincra pleinement de la justesse de ce choix. A une époque fort indécise et que les historiens croient pouvoir déterminer, cependant, comme étant le quatrième siècle avant Jésus Christ, deux tribus que l'on dit appartenir aux Belges, les Volkes Tectosages et les Volkes Aré- [13 / 3] comiques traversèrent la Gaule et vinrent s'établir dans le Midi Gaulois entre la Garonne, les Pyrénées et le Rhône. Les Tectosages firent de Toulouse leur capitale et les Arécomiques se placèrent à l'Est des Cévennes avec Nîmes comme point central de leur domination. Vers l'année 281 avant Jésus-Christ, une forte émigration de Tectosages se dirigea vers le Danube pour rejoindre leurs frères, aussi Tectosages, qui possédaient les rives du fleuve.

      Mettons maintenant en regard de ces faits les indications fournies par Jules César.

      « Bien avant, il fut un temps où les Gaulois surpassaient les Germains en valeur guerrière et ils leur ont fait la guerre jusque chez eux : les champs ne suffisaient plus à nourrir une population trop nombreuse. Ils envoyèrent des colonies au-delà du Rhin. C'est donc dans les terres de la Germanie les plus fertiles, autour de la forêt Hercynie, que les Volkes Tectosages se sont établis après les avoir conquises. Ce peuple jusqu'à présent occupe ce même territoire. » (6)

      Au temps où César écrivait ces lignes, les Volkes Tectosages étaient donc établis en maîtres [14] incontestés sur la rive droite du Rhin et autour de la forêt Hercynie, c'est-à-dire, au Nord de cette immense forêt, depuis le Rhin jusqu'à l'Oder et peut-être même au delà ; et de plus, ils possédaient la rive gauche du Danube qui coule au Sud de la même forêt. César ne fixe point l'époque des conquêtes des Tectosages ; mais la chose la plus importante à observer, c'est que les pays situés sur la rive droite du Rhin et conquis sur les Germains, leur ont toujours appartenu.

      Après Jules César, les auteurs ne font plus mention des Tectosages. Il semblent disparaître du monde, tant le silence s'est fait profond autour de leur nom. Nous les retrouverons cependant bientôt, en prenant pour guide l'étymologie de Volkes Tectosages et nous pourrons suivre encore la longue trace de leurs expéditions guerrières.

      Volkes (Volcae) dérive des verbes to vault (vâult), voltiger, faire des sauts et to cow (kaou), intimider ; Tectosages est produit par les deux autres verbes to take to (téke to), se plaire à..., et to sack, piller, saccager. En réunissant les quatre verbes constituant les deux appellations, nous constatons dans leurs significations diverses, que les Volkes Tectosages effrayaient les ennemis par la rapidité de leurs évolutions dans le combat et se plaisaient à dévaster et à piller. [15]

      Ne laissons point passer inaperçue cette allure bondissante, traditionnelle parmi les voltigeurs des anciennes armée Françaises, et conservée encore dans nos régiments de zouaves et chasseurs à pied, car les Volkes sont ancêtres des Franks, comme on pourra s'en assurer lorsque nous parlerons des tribus Frankes.

      Les mouvements guerriers des Volkes se distinguaient donc par une célérité portant avec elle l'effroi, ordinairement couronnée par la victoire et suivie de la dévastation et du pillage. En résumant le nom des Volkes Tectosages, nous voyons en eux de rapides et effrayants pillards.

      Cette appellation n'avait rien que de glorieux pour ce peuple ; car le pillage, c'était la guerre, et on sait que les Cimmériens l'aimaient avec passion. Aussi cette signification honorable du terme Pillard s'est-elle conservée intacte dans le pays occupé par eux au Midi de la France. Lorsqu'un enfant montre une intelligence vive, une âme pleine d'énergie, et lorsque cet esprit énergique est servi par un corps dont les membres sont agiles et nerveux, les parents en parlent avec orgueil et l'appellent « un Pillard ». Ils vont même plus loin dans la signification de ce mot ; si on les interroge sur le nombre de leurs enfants, ils répondent, sans hésitation, qu'ils ont « un, deux ou trois Pillards ». [16]

      L'histoire, avons-nous dit, après César, ne parle plus des Volkes Tectosages, et ce silence est d'autant plus extraordinaire que le peuple qui avait envoyé des colonies au delà du Rhin, autour de la forêt Hercynie, sur les bords du Danube et jusqu'en Asie ne pouvait perdre si rapidement les traditions de son génie aventureux. Toujours avides d'expéditions guerrières, ils reparaissaient avec éclat sous le nom de Saxons. Ils déclaraient ainsi ouvertement et à la face des nations, qu'ils étaient bien les fils, les descendans directs des Tectosages, – to sack, piller, – son, fils descendant. Ils est remarquable que les historiens les appellent toujours les Saxons pillards. Ce qualificatif était en réalité leur véritable nom, et, d'une manière inconsciente, ces historiens expliquent, par le terme de pillards, le sens exact de Saxons.

      Vers l'année 446 après Jésus-christ, le chef des Bretons de l'île de Bretagne, Wor-Tigern, demanda du secours aux Saxons pour le délivrer des Pictes et des Scots qui cherchaient à l'opprimer. Les Saxons se hâtèrent de voler dans l'île de Bretagne sous la conduite des deux frères Hengis et Horsa, et, après avoir battu les Pictes et s'être rendus les maîtres de l'île, ils exterminèrent les Bretons leurs alliés. Les Angles, – to angle, pêcher à la ligne, – qui vivaient sur les bords de la mer Baltique, vinrent prendre avec [17] leurs frères Saxons leur part du pillage et, après avoir forcé la plus grande partie des Bretons échappés au massacre de se réfugier en Armorique, ils fondèrent le royaume AngloSaxon connu sous le nom d'Angleterre.

      Les Tectosages, suivant les historiens, étaient de race Kimrique, et les CimbresKimbo, fourchu, – to harry, dévaster – les dévastateurs fourchus, allusion aux cornes d'urus dont les guerriers ornaient leur tête, – les Cimbres disons-nous, appartenaient à la famille celtique : ils devaient donc, Cimbres et Tectosages, parler le langage de leur famille.

      La possession de l'île de Bretagne par les Tectosages a exercé sur eux une influence favorable à la conservation de leur langage et de leurs mœurs. L'isolement les a préservés des altérations profondes subies par les langues des autres peuples de l'Europe, tout en leur laissant la liberté la plus entière pour les colonisations lointaines, qui sont un trait spécial de leur caractère.


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(6)  Lib. VI. 24. de bello gallico.




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