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La vraie langue celtique et Le Cromleck de Rennes-les-Bains

Henri Boudet
© France-Spiritualités™






CHAPITRE VII
CROMLECK DE RENNES-LES-BAINS

VII - Fontaine de Notre-Dame de Marceille

      Nous avons le bonheur de posséder dans nos contrées, à un kilomètre au nord de Limoux, un sanctuaire dédié à la Sainte Vierge, assidûment visité, et entouré d'une vénération qui ne s'est jamais démentie. Fort rapproché des bords de la rivière d'Aude aux eaux tranquilles, et placé sur un coteau dominant la vallée, ce sanctuaire frappe aisément le regard qui se fixe avec complaisance sur ce lieu béni, où la douce Mère du Sauveur distribue ses consolations et ses secours à tous les adorateurs de son Fils, accourant près d'elle pour demander et supplier. Les supplications n'ont jamais été vaines, et les ex-voto suspendus autour de l'image vénérée, témoignent assez de la joie et de la reconnaissance des infortunés qui ont obtenu les faveurs sollicitées.

      Le sanctuaire est gardé par les enfants de saint Vincent de Paul, le saint dont le cœur appartenait aux orphelins et aux malheureux, et sous la [277] direction de ces pieux et savants missionnaires, dignes héritiers des vertus et de la charité de leur bienheureux fondateur, le temple privilégié a vu une foule, plus considérable que jamais, s'agenouiller et prier dans l'enceinte sacrée.

      A peu de distance, vers le haut de la rampe (99) bordée d'arbres verts conduisant au sanctuaire, une fontaine laisse tomber goutte à goutte son eau limpide dans un bassin de marbre. Par les grandes pluies, la goutte d'eau continue de tomber avec uniformité, et les temps de grande sécheresse ne la tarissent point. Les innombrables chrétiens qui vont rendre hommage à la Sainte Vierge, s'arrêtent un instant à la fontaine, et après avoir fait une prière, puisent quelques gouttes de cette eau dont ils mouillent leurs paupières.

      Pourquoi agissent-ils ainsi ? La plupart l'ignorent ; mais la mère de famille enseigne à ses fils, et ceux ci transmettent à leurs enfants la pieuse pratique en usage à la fontaine de Notre-Dame de Marceille. C'est ainsi qu'on désigne la fontaine ; les vieux chroniqueurs, cependant, l'ont connue sous le nom de fontaine de Notre-Dame de Marsilla.

      Au temps de l'occupation première des Gaules, [278] cette fontaine, coulant goutte à goutte, avait dû rendre le terrain boueux, et par suite, rempli de joncs et de cette graminée que l'on retrouve dans tous les sols humides : c'était là ce que les Celtes appelaient le haum-moor, terme qu'ils ont écrit sur tous les points du pays gaulois, partout où se présentait à leurs yeux un terrain plus ou moins marécageux. La petite source, sans nom comme toutes celles dont l'eau trop rare pour former un faible ruisseau, suffisait à peine à faire un terrain de haum-moor, retraçait toutefois à leur esprit une signification précise et vénérable.

      Plus tard, quand les Gaulois, perdant peu à peu leurs pures croyances sous l'influence désastreuse des étrangers, furent tombés dans le culte idolâtrique, ils commencèrent à adorer ce qui autrefois était simplement en vénération, les fontaines surtout, qui réalisaient à leurs yeux obscurcis les attributs d'une Providence bienfaisante.

      Les premiers missionnaires chrétiens, comprenant la difficulté défaire disparaître du cœur du peuple cette vénération idolâtrique pour les fontaines, firent ce qu'ils avaient déjà fait pour les ménirs sur lesquels ils avaient gravé le signe de la Rédemption. Ils placèrent auprès des sources, des croix, des statues de la Sainte Vierge, [279] cherchant ainsi à rendre la pureté aux croyances en éclairant les esprits.

      La fontaine de Marceille dût, comme les autres, être ornée d'une statue de la Sainte Vierge. Est-ce celle qui, perdue au milieu des tourmentes des invasions Sarrasines, a été plus tard retrouvée et placée avec honneur dans le sanctuaire destiné à la recevoir ? Cela nous parait fort probable. Cette image de la Sainte Vierge, tenant sur ses bras son divin Fils et sculptée dans un bois noir, indique sa provenance orientale : sa position auprès d'une fontaine, et c'est bien dans un champ voisin de la petite source qu'on l'a retrouvée, nous désigne les premiers temps du Christianisme dans les Gaules. Ces probabilités prennent une forme encore plus grave, si nous cherchons à pénétrer le sens du nom de Notre-Dame de Marceille ou Marsilla.

      Les nouveaux chrétiens, se confiant en la tendresse de la Mère du Seigneur Jésus, seront venus demander, à genoux aux pieds de son image placée auprès de la fontaine, la guérison ou l'adoucissement de leurs souffrances corporelles, et ces Gaulois, auront exprimé dans le mot Marsilla la somme des faveurs les plus ordinaires obtenues de la bonté de la Sainte Vierge : elle était pour eux Notre-Dame de Marsilla, ou des yeux gâtés, endommagés et fermés par la mala [280] die – to mar, gâter, endommager, – to seel (sil), fermer les yeux –. L'ignorance de la prononciation des mots celtiques a pu seule conduire, dans la suite des temps, à dire marseel, (Marceille) pour Marsil.

      Nous pourrions citer encore le nom d'un autre sanctuaire de nos contrées, situé près de Caunes et appelé Notre-Dame du Cros. Là aussi, au-dessus de la magnifique fontaine qui jaillit au pied de la montagne, on avait marqué une croixcross, croix –. Une statue de la Sainte Vierge a, plus tard, remplacé la croix auprès de la fontaine, et le sanctuaire bâti à peu de distance, a reçu le nom de Notre-Dame du Cros ou Notre-Dame de la Croix.


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(99)  Cette rampe porte le nom de Voie Sacrée.




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