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Mythologie grecque et romaine

Pierre Commelin
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HÉROS TROYENS DE LA GUERRE DE TROIE

Priam

      Priam, fils de Laomédon, petit-fils d'Illus, arrière-petit-fils de Tros, ayant pris le parti d'Hercule contre son père qui lui avait manqué de foi, reçut du héros la couronne pour prix de son équité.

      Ce prince rebâtit Troie, qu'Hercule avait ruinée, et étendit les limites de son royaume, qui devint très florissant. Mais sa vieillesse fut attristée par le siège de Troie, la ruine de la ville et la perte de ses enfants. Il fut tué dans son palais, au milieu de ses dieux, par Pyrrhus.

      Il ne lui servit à rien d'embrasser l'autel de Jupiter-protecteur : le fils d'Achille l'en arracha brutalement, et lui passa son épée au travers du corps.

      De plusieurs femmes, il eut un grand nombre d'enfants ; d'Hécube, il eut Hector, Pâris, Déiphobe, Hélénus, Politès, Antiphus, Hipponoüs, Polydore, Troïle, Créuse, Laodice, Polyxène et Cassandre. Homère le représente comme un prince équitable, mais d'une aveugle faiblesse pour son fils Pâris, ravisseur d'Hélène et cause de tous ses malheurs.



Hécube

      Hécube, fille de Dymas ou de Cissée, roi de Thrace, sœur de Théano et épouse de Priam, eut, dit Homère, cinquante fils. Elle eut la douleur de les voir presque tous périr pendant le siège ou après la ruine de Troie. Elle n'évita elle-même la mort que pour devenir l'esclave du vainqueur. On la chercha longtemps sans la trouver ; mais enfin, Ulysse la surprit parmi les tombeaux de ses enfants, et en fit son esclave.

      Avant de partir, elle avala les cendres d'Hector pour les soustraire à ses ennemis, et vit périr Astyanax, son petit-fils, dont elle dut encore conduire les funérailles. Selon quelques poètes, elle vit aussi immoler sa fille Polyxène sur le tombeau d'Achille.

      Conduite chez Polymnestor, roi de Thrace, à qui Priam avait confié Polydore, le plus jeune de ses fils, avec de grands trésors, elle trouve le corps de son malheureux fils sur le rivage, s'introduit dans le palais du meurtrier, et l'attire au milieu des femmes troyennes, qui lui crèvent les yeux avec leurs aiguilles, tandis qu'elle-même tue les deux enfants du roi. Les gardes et le peuple furieux poursuivent les Troyennes à coups de pierres. Hécube mord de rage celles qu'on lui lance, et, métamorphosée en chienne, elle remplit la Thrace de hurlements qui touchent de compassion non seulement les Grecs, mais Junon elle-même, la plus cruelle ennemie des Troyens.



Théano

      Théano, fille de Cissée, sœur d'Hécube et femme d'Anténor, était grande-prêtresse de Minerve à Troie. Lorsque Hécube et les femmes troyennes vinrent implorer le secours de la déesse, la belle Théano, dit Homère, mit les offrandes sur les genoux de Minerve, et les accompagna de prières qui furent rejetées.

      Suivant une tradition, ce fut elle qui livra le Palladium aux Grecs.



Anténor

      Anténor, prince troyen, mari de Théano et beau-frère de Priam, eut une florissante famille, dix-neuf fils, dit-on, parmi lesquels on compte : Archiloque, tué dans un combat par Ajax, fils de Télamon ; Anthée, que Pâris tua par méprise ; Laodocus, sous la ressemblance duquel Minerve conseilla à Pandare de lancer une flèche, pour empêcher le combat singulier de Pâris et de Ménélas ; enfin, Atamante, Achélaüs, etc...

      Il fut accusé d'avoir trahi sa patrie, non seulement parce qu'il reçut chez lui les ambassadeurs venus pour redemander Hélène, mais aussi parce que, ayant reconnu dans Troie Ulysse déguisé, il ne le découvrit pas aux Troyens.

      Après la prise de cette ville, il s'embarqua avec ceux de son parti, vint aborder en Italie sur les côtes des Vénètes, et fonda une ville de son nom, qui depuis fut appelée Padoue.



Hector

      Hector, fils de Priam et d'Hécube, époux d'Andromaque, père d'Astyanax, le plus fort et le plus vaillant des Troyens, défendit énergiquement sa patrie contre l'armée des Grecs. Il sortit avec gloire de plusieurs combats contre les plus redoutables guerriers, tels qu'Ajax, Diomède, etc...

      Les oracles avaient prédit que l'empire de Priam ne pourrait être détruit tant que vivrait le courageux Hector. Durant la retraite d'Achille, il porta le feu jusque dans les vaisseaux ennemis et tua Patrocle qui voulait s'opposer à ses progrès. Le désir de la vengeance rappelle Achille au combat. A la vue de ce terrible guerrier, Hécube et Priam tremblent pour les jours de leur fils et lui font les plus vives instances pour le dissuader d'engager le combat ; mais il est inexorable, et, lié par son destin, il attend son rival.

      Apollon l'abandonne. Minerve, sous la figure de son frère Déiphobe, le trompe et le livre à la mort. Après lui avoir ôté la vie, Achille l'expose à la lâche fureur des Grecs, attache à son char le cadavre du vaincu et le traîne indignement plusieurs fois autour de la ville. Enfin, Apollon reproche aux dieux leur injustice. Thétis et Iris sont chargées par Jupiter, l'une de disposer Achille à rendre le corps, et l'autre d'ordonner à Priam de lui porter des présents capables d'apaiser sa colère. Priam vient en suppliant baiser la main sanglante du meurtrier de son fils, et s'humilier à ses genoux.

      Le corps est rendu ; et Apollon, qui a protégé Hector de son vivant, à la prière de Vénus, prend le même soin de lui après sa mort, et empêche qu'il ne soit défiguré par les mauvais traitements d'Achille.

      Sur les médailles, on voit Hector monté sur un char tiré par deux chevaux ; d'une main, il tient une pique, et de l'autre le Palladium.



Andromaque

      Andromaque, fille d'Eétion, roi de Cilicie, fut la femme d'Hector. Privée de son époux, tué en combat singulier par Achille, elle vit bientôt réduire en cendres la ville dont Hector était le principal appui, et échut en partage au fils de son meurtrier, à Pyrrhus, qui l'emmena en Epire et l'épousa.

      Enfin, elle eut pour troisième époux Hélénus, frère de son premier mari, et devenu roi d'Epire. Bien que montée avec lui sur le trône, elle ne laissait pas de se livrer à la tristesse, ne pouvant oublier son cher Hector auquel elle fit construire sur une terre étrangère un magnifique monument.

      De son premier époux, elle eut Astyanax ; elle eut Molossus, Piélus et Pergamus du second, et Cestrinus du dernier.

      On cite Andromaque comme le modèle des épouses et des mères. Son caractère et ses malheurs ont inspiré de grands poètes, par exemple Euripide, Virgile, Racine, après Homère, le plus grand de tous.



Pâris

      Pâris, nommé aussi Alexandre, était fils de Priam, roi de Troie, et d'Hécube. Avant sa naissance, les devins consultés annoncèrent que l'enfant qu'on attendait causerait un jour l'embrasement de Troie. Sur cette prédiction, dès que Pâris fut né, Priam le donna à un de ses domestiques pour s'en défaire. Hécube, plus tendre, le déroba, et le confia à des bergers du mont Ida, en les priant d’en avoir soin.

      Bientôt le jeune pasteur se distingua par sa bonne mine, par son esprit et par son adresse, et se fit aimer de la nymphe Œnone qu'il épousa.

      Aux noces de Thétis et de Pélée, la Discorde ayant jeté sur la table la fatale pomme d'or, avec l'inscription, A la plus belle, Junon, Minerve et Vénus la disputèrent et demandèrent des juges. L'affaire était délicate, et Jupiter, craignant de compromettre son jugement, envoya les trois déesses, sous la conduite de Mercure, sur le mont Ida, pour y subir le jugement de Pâris.

      La pomme avant été adjugée à Vénus, Junon et Minerve, confondant leur ressentiment, jurèrent de se venger, et travaillèrent de concert à la ruine des Troyens.

      Sur ces entrefaites, Pâris, à l'occasion de jeux funèbres où il avait remporté le prix, se fit reconnaître de Priam en lui montrant les langes avec lesquels il avait été exposé. Ce roi, ne croyant plus à l'oracle, le reçut avec joie, et le fit conduire au palais. Dans la suite, il l'envoya en Grèce, sous prétexte de sacrifier à Apollon, mais, en réalité, pour recueillir la succession de sa tante Hésione. Dans ce voyage, il devint amoureux d'Hélène et l'enleva.

      Durant la traversée de Grèce en Asie, Nérée lui prédit les malheurs qui seraient la suite de cet enlèvement.

      Pendant le siège de Troie, il combattit contre Ménélas, fut sauvé par Vénus, et refusa de rendre Hélène, aux termes de la convention qui avail précédé le combat, blessa Diomède, Machaon, fils d'Esculape, Antiloque, fils de Nestor, Palamède, et tua Achille.

      Pâris était remarquable par sa beauté ; mais il ne laissait pas d'être prompt, hardi et vaillant, si du moins on s'en rapporle à Homère. Cependant son frère Hector et les capitaines grecs lui reprochent parfois sa beauté, et lui disent qu'il est plus propre aux jeux de l'Amour qu'à ceux de Mars.



Polyxène

      Polyxène, fille de Priam et d'Hécube, fut aimée d'Achille qui la vit pendant une trève. Il la fit demander en mariage à Hector. Le prince troyen la lui promit, s'il voulait trahir le parti des Grecs ; mais une condition si honteuse ne put qu'exciter l'indignation d'Achille, sans cependant diminuer son amour. Lorsque Priam alla réclamer le corps de son fils, il mena avec lui la princesse, pour être plus favorablemeut reçu.

      En effet, on dit que le prince grec renouvela sa demande, et consentit même à aller secrètement épouser Polyxène, en présence de sa famille, dans un temple d’Apollon qui était entre la ville et le camp des Grecs. Pâris et Déiphobe, son frère, s'y rendirent avec Priam, et, dans le moment où Déiphobe tenait Achille embrassé, Paris lui porta un coup mortel.

      Polyxène, au désespoir de la mort d'un prince qu'elle aimait, et d'en être la cause innocente, se retira au camp des Grecs où elle fut reçue avec honneur par Agamemnon.

      Sur la fin malheureuse de cette princesse, il y a deux versions bien différentes. Selon les uns, s’étant dérobée pendant la nuit, elle se rendit sur le tombeau de son époux et se perça le sein.

      Une autre tradition plus connue rapporte que Polyxène fut immolée par les Grecs sur le tombeau d'Achille. C’est celle qu'ont suivie Euripide dans sa tragédie d'Hécube, et Ovide dans ses Métamorphoses.



Laocoon

      Laocoon, fils de Priam et d'Hécube, selon les uns, ou frère d’Anchise, selon les autres, exerçait dans la ville de Troie les fonctions de prêtre de Neptune et d'Apollon.

      Fatigués d'un siège et d’une suite de combats qui duraient depuis dix ans, les Grecs eurent recours à un stratagème pour pénétrer dans Troie, si bien défendue. Ils construisirent, suivant les leçons de Pallas-Minerve, un cheval énorme, avec des planches de sapin, artistement jointes ensemble, et ils publièrent que c'était une offrande qu'ils consacraient à cette déesse, pour obtenir un heureux retour dans leur pays. Ils remplirent de soldats les flancs de cet énorme cheval, et feignirent de s'éloigner. Les Troyens, voyant ce colosse sous leurs murs, se proposèrent de le faire entrer dans leur ville et de le placer dans leur citadelle.

      En apprenant ce dessein, Laocoon accourt presque en fureur, s'efforce de dissuader ses concitoyens, leur représente comme une ruse ou une machine de guerre ce colosse abandonné par les Grecs, et lance un javelot contre les flancs du cheval. Les Troyens, dans leur aveugle confiance, regardèrent cette action comme une impiété. Ils en furent plus persuadés encore lorsque deux affreux serpents, venus de la rner, allèrent droit à l'autel ou sacrifiait Laocoon, se jetèrent sur ses deux fils, Antiphate et Tymbræus, les enveloppèrent de leurs anneaux, saisirent Laocoon lui-même qui venait au secours de ses enfants, et ne lachèrent leurs trois victimes qu'après les avoir étoufféees et lacérées de leurs morsures immondes.

      Les Troyens donc font entrer dans leur ville le colosse fatal, et le placent dans le temple de Minerve. La nuit suivante, pendant que la ville entière était plongée dans un profond sommeil, un traître, transfuge de l'armée grecque, nommé Sinon, ouvre les flancs du cheval, en fait sortir les soldats, et alors Troie est prise et livrée aux flammes.

      L'épisode de Laocoon, un des plus beaux passages de L'Enéide, de Virgile, a inspiré le chef-d'œuvre de sculpture bien connu dont le Louvre possède une reproduction. Il est attribué à trois excellents artistes de Rhodes : Polydore, Athénodore et Agésandre, qui le taillèrent, de concert, dans un seul bloc de marbre. Il fut trouvé à Rome dans les bains de Titus, en 1506.



Hélénus

      Hélénus, fils de Priam et d'Hécube, le plus éclairé des devins de la Troade, et le seul des fils de ce roi qui survécut à la ruine de sa patrie, formé dans l'art de la divination par Cassandre, sa sœur, prédisait l'avenir par le trépied, par le laurier jeté dans le feu, par l'astrologie, et enfin par l'inspection du vol des oiseaux et l'intelligence de leur langage.

      Vers la fin du siège de Troie, outré de n'avoir pu obtenir Hélène en mariage, il se retira sur le mont Ida. Ulysse, de l'avis de Calchas, le surprit de nuit et l'emmena prisonnier au camp des Grecs. C'est alors que ce devin leur apprit que jamais ils ne détruiraient la ville de Troie sans la présence et le concours de Philoctète.

      Etant devenu esclave de Pyrrhus, fils d'Achille, il sut gagner son amitié par des prédictions utiles à ce prince. En reconnaissance, Pyrrhus non seulement céda à Hélénus la veuve d'Hector pour épouse, mais encore le laissa pour son successeur au royaume d'Epire. Le propre fils de Pyrrhus, Molossus, ne régna qu'après la mort d'Hélénus, et en partageant encore ses Etats avec Cestrinus, fils de ce prince.



Cassandre

      Cassandre, fille de Priam et d'Hécube, fut aimée d'Apollon, qui lui accorda le don de prophétie. Ensuite, le dieu s'en repentit, et, ne pouvant lui ôter le don de prédire, décrédita ses prédictions, et la fit passer pour folle. Ses pronostics, ses avertissements ne firent que la rendre odieuse.

      Ayant prédit des revers à Priam, à Pâris, à toute la ville, elle fut enfermée dans une tour où elle ne cessait de déplorer les malheurs de sa patrie. Ses cris et ses larmes redoublèrent lorsqu'elle apprit le départ de Pâris pour la Grèce, mais on ne fit que rire de ses menaces. Elle s'opposa, mais sans succès, à l'entrée du cheval de bois dans la ville.

      La nuit de la prise de Troie, Cassandre se réfugia dans le temple de Pallas-Minerve, où Ajax, fils d'Oïlée, se porta envers elle aux derniers outrages. Agamemnon, à qui elle échut en partage, touché de son mérite et de sa beauté, l'emmena en Grèce. En vain prévint-elle ce prince du sort qui lui était réservé ; sa prédiction eut l'effet accoutumé, et Clytemnestre la fit massacrer avec les deux jumeaux que Cassandre avait eus de son mari.

      Mycènes et Amyclée prétendirent chacune avoir son tombeau. Leuctres lui bâtit un temple et lui consacra une statue sous le nom d'Alexandra.



Anchise

      Anchise, descendant de Tros, le fondateur de Troie, par Assacarus et Capys, eut la rare fortune de plaire à une déesse, et Vénus lui annonça qu'elle lui donnerait un fils qui serait élevé par les nymphes jusqu'à l'âge de 5 ans, âge auquel elle le remettrait entre ses mains. Ce fils devait être Enée.

      Anchise ne put taire son bonheur ; Jupiter, pour le punir de son indiscrétion, le frappa de la foudre, qui cependant ne lui fit qu'une insignifiante blessure. Après la prise de Troie, il eut de la peine à se décider à quitter la ville. Un coup de tonnerre, qu'il prit pour un augure favorable, le détermina.

      Enée le porta jusqu'aux vaisseaux, où il s'embarqua avec ses dieux pénates et ce qu'il avait de plus précieux. Il vécut jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, et fut enterré sur le mont Ida selon Homère, et, suivant Virgile, à Drépane, en Sicile, où il mourut et où son fils lui éleva un tombeau.



Sarpédon

      Fils de Jupiter et de Laodamie, fille de Bellérophon, Sarpédon règnait dans cette partie de la Lycie que le Xanthe arrose, et rendait ses Etats florissants par sa justice autant que par sa valeur. Il vint au secours de Priam avec de nombreuses troupes, et fut un des plus intrépides défenseurs de Troie.

      Il était d’une taille gigantesque. Un jour il s'avance contre Patrocle qui faisait fuir les Troyens, et veut le combattre. Jupiter, voyant son fils près de succomber sous les efforts de son adversaire, est touché de compassion : il sait que la destinée a condamné Sarpédon à mourir en ce moment ; il délibère pourtant s'il ne l'arrachera pas à la mort, éludant, pour cette fois, les décrets du Destin. Sur les remontrances de Junon, il se détermine à céder ; mais, en même temps, il fait tomber sur la terre une pluie de sang, pour honorer la mort d'un fils aussi cher.

      Après que Sarpédon eut été tué, les Grecs ne purent emporter que ses armes sur leurs vaisseaux. Apollon, par l'ordre de Jupiter, vint lui-même enlever le corps du guerrier sur le champ de bataille, le lava dans les eaux du Scamandre, le parfuma d'ambroisie, le revêtit d'habits immortels, et le remit entre les mains du Sommeil et de la Mort qui le portèrent promptement en Lycie, au milieu de son peuple.




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