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Mythologie grecque et romaine

Pierre Commelin
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LES DIEUX DE LA PATRIE, DE LA FAMILLE, DE LA VIE HUMAINE

Dieux autochtones ou indigètes

      Chez les peuples de l'antiquité, certaines familles, certaines peuplades se considéraient comme issues du sol même, et, à ce titre, s'attribuaient une sorte de supériorité parmi toutes les autres. Des nations tout entières avaient même cette prétention parmi les peuples. Ainsi les Egyptiens s'appelaient "la race par excellence", c'est-à-dire les "hommes vraiment hommes" et enfants de la terre fécondée par le divin fleuve du Nil. En Grèce, on comptait aussi des autochtones, c'est-à-dire des habitants non venus d'ailleurs, mais descendants de ces familles originairement, à une époque préhistorique, sorties du sol national ; l'Italie enfin avait également ses indigènes, selon la tradition.
      Le monde divin étant constitué ou imaginé d'après la société humaine prise pour modèle, on ne saurait s'étonner de trouver en Grèce des dieux Autochtones ni, non plus, des dieux Indigètes en Italie.
      Ces dieux étaient invoqués sous la dénomination de "dieux des pères ou de la patrie". Telle était Minerve à Athènes ; tels étaient surtout, à Rome, Picus, Faunus, Vesta, Romulus.


Les Telchines

      Les Telchines, fils du Soleil et de Minerve, habitèrent longtemps l'île de Rhodes. Comme les Cabires, avec lesquels ils ont plus d'un trait de ressemblance, ils se livraient à la métallurgie et à la magie. On prétendait que ces magiciens, en arrosant la terre avec de l'eau du Styx, la frappaient de stérilité et provoquaient la peste. Pour cette raison, les Grecs les nommaient Destructeurs. Ovide raconte qu'à la fin Jupiter les ensevelit sous les flots, et les changea en rochers. Ils n'en étaient pas moins honorés dans l'île de Rhodes où leur culte, d'un caractère mystérieux, devint célèbre.
      Les Dactyles idéens, c'est-à-dire du mont Ida en Crète, avaient, dit-on, enseigné les cérémonies théurgiques des mystères à Orphée qui les porta en Grèce, ainsi que l'usage du fer. Comme les Telchines, ils étaient fils du Soleil et de Minerve selon les uns, de Saturne et d'Alciope selon d'autres. On les dit même fils de Jupiter et de la nymphe Ida, parce que, ce dieu ayant ordonné à ses nourrices de jeter derrière elles un peu de poussière prise de la montagne, il en résulta les Dactyles. C'étaient des hommes industrieux ; en qualité de prêtres, ils offraient à Rhéa ou la Terre des sacrifices dans lesquels ils portaient des couronnes de chêne. Après leur mort, ils furent honorés comme des dieux protecteurs ou dieux Lares. On les appelait les Doigts du mont Ida, parce que sans doute ils avaient leurs forges dans cette montagne.


Les Cabires

      Dans certaines îles de la Grèce, le culte des divinités archaïques, antérieures à la religion nationale, s'était perpétué et maintenu, pendant de longs siècles, à côté du culte pour ainsi dire officiel. Jusqu'à la conquête de la Grèce, et même jusqu'aux derniers jours de la République romaine, ces divinités préhistoriques avaient encore, sinon des ministres, du moins un certain nombre de fidèles adorateurs.
      L'initiation aux mystères de ces divinités, les plus anciennes du monde mythologique, était une faveur toujours recherchée. La suprématie des dieux de l'Olympe n'avait altéré ni le souvenir de ces puissances mystérieuses ni le sentiment de leur grandeur.
      Dans cette classe, on doit ranger les Cabires de Samothrace, les Telchines de Rhodes, les Dactyles, les Curètes, les Corybantes de Crète. Il est bien difficile, sinon impossible, de donner des détails précis sur l'origine, le caractère et le culte de ces dieux. Les auteurs ne sont pas d'accord entre eux sur tous ces points. Du reste, les initiés aux mystères étant astreints à garder un silence absolu sur leurs croyances et leurs pratiques religieuses, on conçoit qu'il ne s'est commis que de rares indiscrétions. Dans l'antiquité même, on en était réduit sur ce sujet à de simples conjectures.
      Les Cabires étaient fils de Vulcain : c'était là l'opinion la plus générale, bien que quelques auteurs les disent fils de Jupiter ou de Proserpine. Ils exploitaient les mines de fer, et en particulier celles de Samothrace, mais travaillaient tous les métaux. Peut-être leur culte était-il venu d'Egypte, puisque, à Memphis, ils avaient un temple ; cependant, on le fait venir plutôt de Phrygie. En Samothrace, ils établirent ces mystères fameux dont la connaissance était l'objet des vœux de quiconque s'était distingué par son courage et ses vertus. Cadmus, Orphée, Hercule, Castor, Pollux, Ulysse, Agamemnon, Enée, si l'on en croit la fable, s'y firent initier ; du moins, dans les temps historiques, Philippe, père d'Alexandre, aspira et parvint à l'honneur de cette initiation.
      Les Pélasges, à l'époque de leur migration en Grèce, apportèrent ces fêtes mystérieuses à Athènes. Lycus, sorti de cette dernière ville, et devenu plus tard roi de Messénie, les établit à Thèbes ; ses successeurs les firent célébrer dans leurs Etats.
      Enée fit connaître à l'Italie le culte des Cabires ; Albe le reçut, et Rome éleva dans le Cirque trois autels à ces dieux qu'on invoquait dans les infortunes domestiques, dans les tempêtes et surtout dans les funérailles, sans jamais les désigner par leur propre nom. On les appelait seulement d'un terme général : "Dieux puissants" ou "Dieux associés". Quelques auteurs ont prétendu, mais sans preuve, que c'étaient Pluton, Proserpine et Mercure, divinités infernales ou présidant à la mort. Le culte des Cabires étant bien antérieur à celui de ces dieux, on ne doit retenir de cette supposition que le caractère funèbre de ces puissances mystérieuses et divines. Dans les initiations, le postulant était soumis à des épreuves effrayantes mais non dangereuses ; puis on le revêtait d'habits magnifiques, on le faisait asseoir sur un trône éclairé de mille lumières ; on lui mettait sur le front une couronne d'olivier, une ceinture de pourpre autour des reins, et les autres initiés exécutaient des danses symboliques sous ses yeux.
      D'autres auteurs ont prétendu que les Cabires, à l'origine, n'étaient que d'habiles magiciens qui se chargeaient d'expier les crimes des hommes au moyen de certaines formalités ou cérémonies. Ils voyaient venir à eux les grands coupables, et les renvoyaient absous et rassurés. Ces Cabires morts, on en aurait fait des dieux, et leurs cérémonies d'expiation seraient devenues le fond de leurs mystères.
      Sur une médaille de Trajan, un dieu Cabire est représenté : il a la tête couverte d'un bonnet qui se termine en pointe ; d'une main, il tient une branche de cyprès, et de l'autre une équerre. Il porte un manteau déployé sur ses épaules, et il est chaussé du cothurne.
      A Thèbes, à Lemnos, et surtout à Samothrace, les Cabiries, ou fêtes solennelles en l'honneur des Cabires, se célébraient la nuit.br>

Corybantes - Curètes - Galles

      Les Corybantes et les Curètes, issus de la Phrygie, établirent et pratiquèrent en Crète le culte de Cybèle. Ayant concouru à sauver Jupiter de la gloutonnerie de Saturne et à l'élever, ils reçurent les honneurs divins. Ils avaient même une sorte de suprématie sur les Dactyles et autres divinités secondaires de la Crète. Eux aussi étaient considérés comme des puissances tutélaires.
      Leurs successeurs qu'on appelait, comme eux, Corybantes, Curètes, Galles, étaient les prêtres spécialement chargés du culte de Cybèle. Ils s'abstenaient de manger du pain, solennisaient leurs fêtes avec un grand tumulte et des danses frénétiques ; au son de la flûte, au bruit des tambours, ils tombaient dans un délire que l'on considérait comme prophétique ou inspiré.


Les Dieux pénates

      Les peuples, dans leurs migrations, n'oubliaient pas d'apporter avec eux, non seulement le culte de leur pays d'origine, mais surtout les statues antiques, vénérées par leurs ancêtres. Ces idoles devenaient une sorte de talisman dans les nouveaux Etats ou les nouvelles cités, et c'est ce qu'on appelait les dieux Pénates. Les petites bourgades, les simples hameaux, les humbles maisons avaient les leurs, comme les grandes villes et les vastes Etats. Troie eut son Palladium, statue de Minerve, protectrice et gardienne de ses destinées ; Rome eut ses Pénates.
      Le culte de ces dieux est originaire de Phrygie et de Samothrace. Tarquin l'Ancien, instruit dans la religion des Cabires, éleva un temple unique à trois divinités samothraciennes qui plus tard s'appelèrent les Pénates des Romains.
      Les familles se choisissaient librement leurs Pénates, parmi les grands dieux ou les grands hommes déifiés. Ces dieux, qu'il importe de ne pas confondre avec les dieux Lares, se transmettaient comme un héritage, de père en fils. Dans chaque habitation, on leur réservait une place, au moins un réduit, souvent un autel et parfois un sanctuaire.


Les Dieux Lares

      En général, tous les dieux qui étaient choisis pour patrons et protecteurs d'un lieu public ou particulier, tous les dieux dont les Etats, les cités, les maisons éprouvaient la protection, en quelque genre que ce fût, étaient appelés "Lares". On distinguait donc plusieurs sortes de dieux Lares, outre ceux des maisons qu'on appelait domestiques ou familiers. Ceux-ci, gardiens de la famille, avaient leurs statues en petit modèle auprès du foyer ; on en prenait un soin extrême ; certains jours, on les entourait de fleurs, on leur mettait des couronnes et on leur adressait de fréquentes prières. Cependant, il arrivait quelquefois qu'on perdait tout respect à leur égard, comme, par exemple, à la mort de quelques personnes chères : alors, on les accusait de n'avoir pas veillé à leur conservation, de s'être laissé surprendre par les génies malfaisants.
      Les Lares publics présidaient aux édifices, aux carrefours, aux places de la ville, aux chemins, aux champs : ils étaient même chargés d'éloigner les ennemis. A Rome, les Lares avaient leur temple dans le Champ-de-Mars. Janus, Apollon, Diane, Mercure étaient réputés dieux Lares des Romains. Le culte des dieux Lares est venu, paraît-il, de ce que l'on avait coutume primitivement d'enterrer les corps dans les maisons. Le peuple crédule s'imagina que leurs âmes y demeuraient aussi, et il les honora bientôt comme des génies favorables et propices. Plus tard, quand la coutume se fut introduite d'enterrer les morts le long des grands chemins, on regarda aussi les Lares comme dieux protecteurs des routes.
      Il convient d'ajouter que les Lares ne pouvaient être que les âmes des bons ; on donnait le nom de "Lémures" aux âmes des méchants. Les Lémures, génies malfaisants et inquiets, apparaissaient, disait-on, sous la forme de fantômes, et se faisaient un malin plaisir d'effrayer et de tourmenter les vivants. On les appelait aussi "Larves".


Les Génies

      Outre les divinités tutélaires, désignées par les noms de "Pénates" et de "Lares", les empires, les provinces, les villes, les campagnes, tous les lieux en un mot avaient leur génie protecteur, et chaque homme avait le sien. Chacun, le jour anniversaire de sa naissance, sacrifiait à son génie. On lui offrait du vin, des fleurs, de l'encens ; mais on n'égorgeait pas de victime dans ces sortes de sacrifices.
      Les Lares et les Pénates étaient des divinités spécialement honorées par les Romains, bien que les Grecs invoquent souvent aussi les dieux du foyer domestique. Mais ces deux peuples croyaient également aux Génies, aux bons qui protègent et portent au bien, ainsi qu'aux mauvais qui nuisent et portent au mal.
      Le bon Génie est représenté sous la figure d'un beau jeune homme, couronné de fleurs ou d'épis de blé ; le mauvais Génie sous les traits d'un vieillard à la barbe longue, aux cheveux courts, et portant sur la main un hibou, oiseau de mauvais augure.


La Fortune

      Une autre divinité qui préside à tous les événements, à la vie des hommes et à celle des peuples, c'est la Fortune. Elle distribue les biens et les maux suivant son caprice. Les poètes se sont plu à la dépeindre chauve, aveugle, debout, avec des ailes aux deux pieds, l'un sur une roue qui tourne, et l'autre en l'air. On l'a représentée encore avec un soleil et un croissant sur la tête parce qu'elle préside, comme ces deux astres, à tout ce qui se passe sur la terre. On lui a donné parfois un gouvernail pour exprimer l'empire du hasard. Elle est suivie de la Puissance et de Plutus, dieu aveugle de la Richesse, mais aussi de la Servitude et de la Pauvreté.
      La déesse Fortune avait un temple à Antium, Beaucoup de médailles la montrent avec des attributs divers et appropriés aux surnoms qu'on lui donne, tels que Fortune dorée, permanente, complaisante, victorieuse. A Egine, elle avait une statue tenant dans ses mains une corne d'abondance ; auprès d'elle était un Cupidon ailé.
      La Mauvaise Fortune est exprimée sous la figure d'une femme exposée sur un navire sans mât et sans gouvernail, et dont les voiles sont déchirées par la violence des vents.
      Tous les efforts, tous les vœux, toutes les prières de l'homme ne tendaient qu'à conjurer les traits de la Fortune ; et, dans chaque condition, chaque circonstance de la vie, il trouve près de lui quelque divinité qui se fait son auxiliaire.
      Au moment où sa mère le met au monde, elle est assistée et secourue par Junon ou sa fille Ilithyie, la belle fileuse. Il grandit, se développe, mais il lui faut de la santé. C'est d'abord Esculape et ensuite Hygiée qui la lui procureront.


Esculape, en grec Asclépios

Esculape et Hygiée      Esculape, fils d'Apollon et de Coronis, fille unique de Phlégyas, roi de Béotie, naquit sur le mont Titthion, du côté d'Epidaure, dans le Péloponèse. Comme le mot "coronis" en grec veut dire "corneille", on publia qu'Esculape était né d'un œuf de cet oiseau, sous la figure d'un serpent. On ajoute que Phlégyas, irrité contre Apollon qui avait rendu sa fille mère d'Esculape, mit le feu au temple de Delphes et qu'il en est éternellement puni dans la Tartare où un gros rocher, suspendu au-dessus de sa tête, menace à chaque instant de l'écraser dans sa chute.
      Selon d'autres, Coronis fut tuée par Diane, ou par Apollon dans un accès de jalousie, et son corps était déjà placé sur le bûcher funèbre, quand Mercure ou Apollon lui-même vint mettre Esculape au jour. L'enfant, confié d'abord à une nourrice nommée Trygone, passa bientôt à l'école du centaure Chiron où il fit des progrès rapides dans la connaissance des simples et dans la composition des remèdes ; il pratiqua avec tant d'habileté et de succès l'art de guérir les blessures et les maladies qu'il fut considéré comme le dieu de la chirurgie et de la médecine.
      Il accompagna Hercule et Jason dans l'expédition de la Colchide, et rendit de grands services aux Argonautes. Peu content de guérir les malades, il ressuscita même les morts. On a vu, dans la fable d'Apollon, comment fut punie cette témérité. Esculape semblant usurper ainsi les droits de la divinité suprême, maîtresse de la vie des hommes, Jupiter l'extermina d'un coup de foudre. Mais, après sa mort, on ne laissa pas de lui rendre les honneurs divins.
      Certain auteur prétend qu'il formait dans le ciel la constellation qu'on appelait "le Serpentaire". Suivant Pausanias, ses descendants régnèrent dans une partie de la Messénie, et ce fut de là que Machaon et Podalire, ses deux fils, partirent pour la guerre de Troie.
      Son culte fut établi d'abord à Epidaure, lieu de sa naissance ; de là, il se répandit bientôt dans toute la Grèce. On l'honorait à Epidaure sous la forme d'un serpent.
      Une statue d'or et d'ivoire, ouvrage de Trasymède de Paros, le représentait sous la figure d'un homme assis sur un trône, ayant un bâton d'une main, et appuyant l'autre sur la tête d'un serpent, avec un chien couché près de lui.
      Le coq, le serpent, la tortue, symboles de la vigilance et de la prudence nécessaires aux médecins, lui étaient spécialement consacrés. On nourrissait des couleuvres privées dans le temple d'Epidaure, et l'on prétendait même que c'était sous cette figure qu'il se laissait voir ; du moins, les Romains crurent qu'il était venu chez eux sous cette forme, lorsqu'ils envoyèrent une ambassade à Epidaure pour implorer la protection du dieu contre la peste qui désolait leur ville.
      Athènes et Rome célébraient solennellement les fêtes appelées "Epidauries" ou "Esculapies" en l'honneur de ce dieu. Dans ses statues, Esculape est le plus souvent représenté sous les traits d'un homme grave, avec de la barbe, et portant une couronne de laurier ; il tient d'une main une patère, de l'autre un bâton entortillé d'un serpent.
      Tout n'est que prodige dans cette fable. Si, par exemple, Apollon perça de ses flèches la mère d'Esculape, c'est que le corbeau avait faussement incriminé Coronis d'avoir d'autres amours. Bientôt, le dieu se reprocha d'avoir prêté l'oreille à cette calomnie, et se vengea du corbeau en changeant en noir son plumage blanc jusqu'alors.


Hygiée

      Hygiée, nom qui en grec signifie "santé", appartenait doublement à la famille d'Apollon, et par son père Esculape, et par sa mère Lampétie, fille d'Apollon et de Clymène.
      Les Grecs l'honoraient comme une déesse puissante, chargée de veiller sur la santé des êtres vivants. Non seulement les hommes, mais tous les animaux étaient l'objet de ses soins attentifs et de ses salutaires inspirations. C'est elle qui suggérait mystérieusement aux uns et aux autres le choix des aliments nécessaires à leur existence, les remèdes appropriés à leurs maux ; elle personnifiait en quelque sorte l'instinct de la vie, et, en soutenant les forces des mortels, en prévenant même la maladie, évitait à son père la peine d'intervenir continuellement par sa science toute-puissante, afin d'alléger ou de guérir la douleur.
      Dans un temple d'Esculape, à Sicyone, elle avait une statue couverte d'un voile, à laquelle les femmes de cette ville dédiaient leur chevelure. D'anciens monuments la représentent couronnée de laurier, et tenant un sceptre de la main droite, comme reine de la médecine. Sur son sein est un dragon à plusieurs replis, qui avance la tête pour boire dans une coupe qu'elle tient de la main gauche.


Hymen ou Hyménée

      Le dieu Hymen ou Hyménée, fils de Bacchus et de Vénus, présidait au mariage. Certains poètes le font naître de la muse Uranie, d'autres de la muse Calliope et d'Apollon. Quelle que soit sa généalogie, ce dieu joue un grand rôle dans la vie humaine, et son culte était partout en honneur. Les Athéniens l'invoquaient toujours dans les cérémonies du mariage, et, dans des fêtes solennelles, ils l'appelaient par un chant de triomphe : «Hyménée, Hymen ! Ô Hymen, Hyménée ! »
      On le représentait sous la figure d'un jeune homme blond couronné de fleurs, surtout de marjolaine, tenant de la main droite un flambeau, et de la gauche un voile de couleur jaune, cette couleur étant même, à Rome, particulièrement affectée aux noces. Ainsi, dans les mariages romains, le voile de la jeune épousée était d'un jaune éclatant. Parfois ce dieu, couronné de roses, porte un vêtement blanc et brodé de fleurs ; certains mythologues lui donnent un anneau d'or, un joug et des entraves aux pieds, allégorie rendue plus transparente encore par deux flambeaux qui n'ont qu'une même flamme et que l'on place dans ses mains ou auprès de lui.


Comus et Momus

      Comus, dieu de la joie et de la bonne chère, présidait aux festins, aux danses nocturnes, au libertinage. On le représentait jeune, ayant de l'embonpoint, la face illuminée par le vin, la tête couronnée de roses, tenant un flambeau de la main droite et s'appuyant de la gauche sur un pieu. Il était assez souvent accompagné de Momus, dieu de la raillerie, des malicieuses critiques et des bons mots. Ce dieu est représenté levant son masque, et tenant à la main une marotte, symbole de la folie.


Morphée

      Si, après ses travaux auxquels les grands dieux président, l'homme voulait se livrer au repos, Morphée, fils du Sommeil et de la Nuit, une plante de pavot à la main, arrivait porté sur ses ailes de papillon : il le touchait à peine de la tige de cette plante et cela suffisait pour l'endormir.
      Le Sommeil, père des Songes et frère de la Mort, avait sa demeure paisible dans l'île de Lemnos, selon Homère, ou, selon Ovide, dans le pays des Cimmériens. Ce dieu qui se glisse si mystérieusement dans notre être, nous faisant oublier nos chagrins, nos fatigues, et réparant nos forces, reposait lui-même, sous les traits d'un enfant ou d'un éphèbe, au fond d'une grotte silencieuse et impénétrable à la lumière du jour. D'une main il tenait une dent, de l'autre une corne d'abondance ; et les Songes, ses enfants, dormaient dispersés çà et là sur des pavots autour de son lit.
      Nuit et jour, la vie humaine tout entière se passait donc dans la société et sous les regards des dieux. Après la mort, on se retrouvait aux Enfers parmi d'autres divinités.




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