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Mythologie grecque et romaine

Pierre Commelin
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LES DIEUX SUB-OLYMPIENS

      Les divinités dont nous nous sommes occupé jusqu'ici règnent avec ou auprès de Jupiter dans l'Olympe, au-dessus des nuages et des astres. Mais, entre l'Olympe et la surface de la terre, il existe un vaste espace, région éthérée ou aérienne, que l'imagination des poètes anciens avait peuplée de divinités encore puissantes, quoique secondaires. Comme il n'est pas un point dans cet univers où l'on n'aperçoive le mouvement et la vie, il n'en est pas un non plus qui soit privé de ses dieux. L'inter­vention divine semble partout nécessaire : pas un astre ne luit dans le ciel, pas un nuage ne voile la lumière du jour, pas un souffle n'agite l'atmosphère sans qu'une divinité ne préside à ces phénomènes. Chargés de fonctions spéciales, serviteurs attitrés des grandes puissances olympiennes, ces dieux secondaires s'acquittent de leur ministère d'une façon sensible, dans les sphères où évolue le monde terrestre. Les principaux sont l'Aurore, le Soleil, la Lune, les Astres, le Feu et les Vents.



L’Aurore, en grec Eos

      L'Aurore était fille de Titan et de la Terre, ou selon Hésiode, de Théia et d'Hypérion, sœur du Soleil et de la Lune. Cette déesse ouvrait les portes du jour. Après avoir attelé les chevaux au char du Soleil, elle le précédait sur le sien. Ayant épousé Persès, fils d'un Titan, elle eut pour enfants les Vents, les Astres et Lucifer.
      Amoureuse du jeune Tithon, fils de Laomédon et frère de Priam, elle l'enleva, l'épousa, et en eut deux fils dont la mort lui fut si sensible que ses larmes abondantes produisirent la rosée du matin, l'un Memnon, roi d'Ethiopie, l'autre Hermathion.
      Son second époux fut Céphale, qu'elle enleva à Procris, fille d'Erechtée, roi d'Athènes, et en eut un fils. Depuis, elle enleva Orion et beaucoup d'autres.
      Les anciens la représentent vêtue d'une robe de safran, ou d'un jaune pâle, une verge ou une torche à la main, sortant d'un palais de vermeil, et montée sur un char de même métal ayant des reflets de feu.
      Homère lui donne deux chevaux, qu'il nomme Lampos et Phaéton, et la dépeint avec un grand voile sombre rejeté en arrière, et ouvrant de ses doigts de rose la barrière du Jour. D'autres poètes lui donnent des chevaux blancs ou même Pégase pour monture.
      Quelquefois, on la représente sous la figure d'une jeune nymphe couronnée de fleurs, et montée sur un char tiré par Pégase. De la main gauche, elle tient un flambeau, et de l'autre elle répand une pluie de roses. Dans une peinture antique, elle chasse de sa présence la Nuit et le Sommeil.


Hypérion

      Hypérion, fils d'Uranus et frère de Saturne, épousa Théia, selon Hésiode, et fut père du Soleil et de la Lune. Selon d'autres poètes, il épousa Basilée, sa sœur, dont il eut un fils et une fille, Hélios et Séléné, tous deux remarquables par leur beauté et leur vertu, ce qui attira sur Hypérion la jalousie des autres Titans. Ceux-ci, ayant conspiré entre eux, convinrent de tuer Hypérion et de noyer ses enfants.
      Souvent, Hypérion est pris pour le Soleil lui-même dans Homère et d'autres poètes.


Le Soleil, en grec Hèlios

      Le Soleil ou Hélios, fils d'Hypérion et de Basilée, fut noyé dans l'Eridan par les Titans, ses oncles. Basilée, cherchant le long du fleuve le corps de son fils, s'endormit de lassitude, et vit en songe Hélène qui lui dit de ne pas s'affliger de sa mort, qu'il était mis au rang des dieux, et que ce qui s'appelait autrefois, dans le ciel, le feu sacré, s'appellerait désormais Hélios ou le Soleil.
      Les Grecs et les Romains l'appellent très souvent Phébus et Apollon. Cependant, les anciens poètes font ordinairement une distinction entre Apollon et le Soleil, et, reconnaissent en eux deux divinités différentes. Ainsi Homère, dans l'adultère de Mars et de Vénus, dit qu'Apollon assista à ce spectacle, comme ignorant le fait ; et que le Soleil, instruit de toute l'intrigue, en avait donné connaissance à Vulcain.
      Hélios s'éprit d'un vif amour pour Rhodos, fille de Neptune et de Vénus, et nymphe de l'île à laquelle il donna son nom. Il eut de cette nymphe sept fils, les Héliaques, qui se partagèrent l’île de Rhodes. Celte île fut consacrée au Soleil, et ses habitants, qui se disaient descendants des Héliaques, se vouèrent particulièrement à son culte.
      Ce dieu aima encore et épousa Perséis ou Persa, fille de Téthys et de l'Océan ; il en eut Éétés, Persé, Circé et Pasiphaé.
      Le culte du Soleil était répandu dans tout le monde ancien. Les Grecs l'adoraient et juraient, au nom de cet astre, entière fidélité à leurs engagements. Sur une monta­gne près de Corinthe, il y avait plusieurs autels consacrés au Soleil, et, après les guerres médiques, les habitants de Trézène dédièrent un autel à Hèlios libérateur.
      Chez les Égyptiens, le Soleil était l'image même de la divinité. Une ville tout entière lui était consacrée, Héliopolis.
      Ovide s'est plu à faire la description du palais du Soleil : c'est un séjour de cristal, de diamant, de pierres et de métaux précieux, tout resplendissant de lumière : le dieu siège sur un trône plus riche et plus brillant encore que le reste du palais : telle est la lumière qui étincelle et jaillit de toutes parts, que l'œil d'un mortel n'en saurait soutenir l'éclat.
      Hèlios, dans son appareil de splendeur, monte le matin sur son char attelé de chevaux qui ne respirent que le feu et l'impatience, et il s’élance dans le ciel par sa route accoutumée, dès que l'Aurore lui a ouvert les portes du Jour. S'il lui arrive parfois d'ètre en retard, c'est, disent les poètes, qu'il s'est oublié dans la couche de Thétis, fille de Nérée, la plus belle des nymphes de la mer. Le soir, il descend au sein des ondes afin de goûter un repos bien mérité, pendant que ses chevaux répareront aussi leurs forces, afin de recommencer bientôt après leur course quotidienne avec une nouvelle ardeur.
      On le représente d'ordinaire sous les traits d'un jeune homme à la chevelure blonde, au visage brillant et empourpré : il est couronné de rayons, et parcourt le Zodiaque sur un char tiré par quatre chevaux.
      Les anciens le représentaient encore par un œil ouvert sur le monde.


Phaéton et les Héliades

      Phaéton était fils d'Apollon, c'est-à-dire du Soleil et de Clymène, fille de l'Océan. Ayant eu un différend avec Epaphus, fils de Jupiter et d'Io, qui lui reprocha de n'être pas fils du Soleil, comme il s'en vantait, il alla se plaindre à sa mère. Celle-ci le renvoya au Soleil lui-mème pour apprendre de sa propre bouche la vérité sur sa naissance. Phaéton se rendit donc au palais du Soleil et expliqua à ce dieu le sujet de sa venue. Ensuite il le conjura de lui accorder une faveur qui attesterait sa véritable origine et qu'il allait lui demander. Sans attendre que Phaéton s'expliquât davantage, et n'écoutant que son amour paternel, le Soleil jura par le Styx de ne lui rien refuser. Alors le jeune téméraire lui demanda la permission d'éclairer le monde pendant un jour seulement, en conduisant son char.
      Le Soleil, engagé par un serment irrévocable, fit tous ses efforts pour détourner son fils d'une entreprise si difficile, mais inutilement. Phaéton, avec l'obstination d'un enfant qui ne connaît pas le danger, persiste dans sa demande, et monte sur le char. Les chevaux du Soleil s'aperçoivent bientôt du changement de conducteur, et se détournent de la route ordinaire tantôt, montant trop haut, ils menacent le ciel d'un embrasement inévitable ; tantôt, descendant trop bas, ils tarissent les rivières et brûlent les montagnes.
      La Terre, desséchée jusqu'aux entrailles, porte ses plaintes à Jupiter qui, pour prévenir le bouleversement de l'univers, lance sa foudre sur le fils du Soleil, et le précipite dans l'Eridan.
      Les Héliades, ses sœurs, filles aussi du Soleil et de Clymène, se nommaient Lampétie, Phaétuse et Phœbé. La mort de leur frère leur causa une si vive douleur qu'elles le pleurèrent quatre mois entiers. Les dieux les changèrent en peupliers, et leur larmes en grains d'ambre.


La Lune, en grec Séléné

      La Lune ou Séléné, fille d'Hypérion et de Théia. avant appris que son frère Hèlios, qu'elle aimait tendrement, avait été noyé dans l'Eridan, se précipita du haut de son palais. Mais les dieux, touchés de sa piété fraternelle, la placèrent dans le ciel, et la changèrent en astre. Pindare l'appelle l'œil de la nuit, et Horace la reine du silence.
      Le même que les poètes confondent souvent Apollon, Phébus et le Soleil dans la même personnalité, de même ils ont identifié très souvent Artémis et Séléné, Diane et la Lune.
      La plus grande divinité sidérale, après le Soleil, c'était la Lune. Son culte, sous mille formes diverses, était répandu chez tous les peuples.
      Les magiciennes de Thessalie prétendaient avoir un grand commerce avec la Lune. Elles se vantaient de pouvoir, par leurs enchantements, ou la délivrer du dragon qui cherchait à la dévorer, ce qui se faisait au bruit des chaudrons, à l'époque des éclipses, ou la faire descendre à leur gré sur la terre.
      Le lundi, jour de la semaine, lui est consacré (Lunæ dies).


Les Astres

      Les Astres, ces feux éternels dont la voûte céleste est parsemée, avaient reçu des poètes une origine sacrée ou divine. Beaucoup d'entre eux étaient l'objet d'un culte spécial ou d'une particulière vénération. Tous parfois étaient invoqués ou pris à témoins par les mortels dans les circonstances critiques. Les héros, les grands hommes ne semblaient aspirer qu'à s'élever jusqu'à eux par le mérite et l'éclat de leurs belles actions. Aller vers les astres, c'était se frayer la route vers l'immortalité, acquérir des titres d'une gloire impérissable, en un mot se placer au rang et dans le séjour des dieux.
      Les Astres, disait-on, étaient les enfants du titan Astréus et d'Héribée ou de l'Aurore. Avec leur père, ils avaient voulu escalader l'Olympe. Jupiter avec sa foudre avait dispersé leur infinie multitude dans l'espace, et ils demeurèrent attachés au ciel.
      Mais, dans ce ciel primitif et étoilé, un grand nombre d'astres viennent successivement prendre place. Les mortels, frappés de leurs évolutions ou de leur éclatante lumière, en firent des êtres divins, et la fable a popularisé leur personnification.


Lucifer, en grec Eosphoros ou Phosphoros

      La planète Vénus, appelée communément "étoile du berger" précède à l'est le lever du soleil, et se montre à l'occident, dès le crépuscule. Etoile du matin, elle se nomme Lucifer, et prend le nom de Vesper quand elle devient étoile du soir. Bien que personnifiant la même planète, Lucifer et Vesper ont dans le monde sidéral chacun leur histoire respective.
      Lucifer, fils de Jupiter et de l'Aurore, est le chef ou le conducteur de tous les astres. C'est lui qui prend soin des coursiers et du char du Soleil, lui qui les attèle et les détèle avec les Heures. On le reconnaît à ses chevaux blancs dans la voûte azurée, lorsqu'il annonce aux mortels l'arrivée de l'Aurore, sa mère.
      Les chevaux de main lui étaient consacrés.


Vesper, en grec Hespéros

      Vesper ou Hespéros brille le soir à l'occident avec tout l'éclat dont resplendit Lucifer aux premières lueurs du jour. Frère de Japet et frère d'Atlas, Vesper habitait avec son frère une contrée située à l'ouest du monde et nommée Hespéritis. En Grèce, le mont Œta lui était consacré.
      On appelle Hespérie l'Italie et l'Espagne ; la première, parce que Vesper, chassé par son frère, s'y retira ; et la seconde, parce que ce pays est le plus occidental de l'Europe, le plus sensiblement rapproché de Vesper.


Orion

      La légende d'Orion est diversement racontée par les poètes. Selon les uns, il était le fils d'un paysan de Béotie appelé Hyriéus, qui eut l'honneur de loger dans sa cabane Jupiter, Neptune et Mercure. En récompense de l'hospitalité qu'ils avaient reçue, les dieux firent miraculeusement naître de la peau d'une génisse l'enfant nommé Orion.
      Mais, selon Homère, Orion était fils de Neptune et d'Euryalé, fille de Minos. Il se rendit célèbre par son amour pour l'astronomie qu'il avait apprise d'Atlas, et par sa passion pour la chasse. Remarquable par sa beauté, il était d'une taille si avantageuse qu'on en a fait un géant qui, marchant dans la mer, dépassait les flots de toute la tête. Ce fut dans le temps qu'il la traversait ainsi, que Diane, apercevant cette tête, sans distinguer ce que c'était, voulut faire preuve de son adresse, en présence d'Apollon qui l'en avait défiée. Elle tira si juste qu'Orion fut atteint de ses flèches meurtrières.
      On raconte aussi qu'Orion, devenu habile dans l'art de Vulcain, fit un palais souterrain pour Neptune, et que l'Aurore, que Vénus avait rendue amoureuse de lui, l'enleva et le porta à Délos. Il y perdit la vie par la jalousie, suivant Homère, et, selon d'autres, par la vengeance de Diane, qui fit sortir de terre un scorpion dont il reçut la mort. Sa faute était d'avoir voulu forcer la déesse à jouer au disque avec lui, et d'avoir osé toucher son voile d'une main impure. Diane, affligée d'avoir ôté la vie au bel Orion, obtint de Jupiter qu'il fût placé dans le ciel, où il forme la plus brillante des constellations. Dans sa vie céleste, Orion n'a pas renoncé au plaisir de la chasse, et souvent, par les nuits claires, quand les vents et les flots restent silencieux, l'immortel et infatigable chasseur parcourt avec sa meute les espaces éthérés. Alors encore Diane le suit, et l'enveloppe de ses rayons, et les étoiles chassées par lui pâlissent devant son éclat.


Sirius ou la Canicule, la Vierge et le Bouvier

      La constellation du Chien ou de la Canicule se trouve à l'occident de l'Hémisphère boréal, dans le voisinage d'Orion. La plus brillante étoile de cette constellation se nomme Sirius. Les anciens en redoutaient si fort les influences, qu'ils lui offraient des sacrifices pour en conjurer les effets. Selon les uns, Sirius n'était que le chien d'Orion, le fidèle et ardent compagnon du chasseur ; selon d'autres, c'était le chien donné par Jupiter pour être le gardien d'Europe, ou encore celui que Minos donna à Procris, fille d'Erechtée, roi d'Athènes, lorsqu'elle épousa le fils d'Éole, Céphale.
      Enfin on raconte qu'Icarius d'Athènes, ami de Bacchus, ayant été tué par des ber­gers de l'Attique, auxquels il avait fait boire du vin, sa fille Érigone ne pouvait se consoler. Accompagnée de Mœra, sa chienne, elle découvrit l'endroit où son père était enterré, et se pendit de désespoir. Jupiter, ému de sa piété filiale, la plaça dans le ciel, où elle est devenue la constellation de la Vierge. Quant à Mœra, sa chienne sagace et fidèle, Jupiter la plaça dans la constellation de la Canicule.
      Icarius ne fut pas non plus oublié par Jupiter : il eut sa place au ciel. Le maître des dieux fit de lui la constellation du Bouvier (Bootès), près de la Grande Ourse, et qui paraît suivre le Chariot. On l'appelle aussi Arcturus.


La Grande Ourse et la Petite Ourse

      Calisto, fille de Lycaon, roi d'Arcadie, était une des nymphes favorites de Diane. Jupiter, sous la forme de cette déesse, la rendit mère d'Arcas. Diane s'en étant aperçue la chassa de sa compagnie. Junon poussa plus loin la vengeance et la métamorphosa en ourse.
      Cependant, Arcas étant devenu grand, des chasseurs le présentèrent à Lycaon, son aïeul, qui le reçut avec joie, et l'associa à son royaume. Le jeune prince donna son nom à l'Arcadie, et apprit à ses sujets à semer le blé, à faire du pain, à fabriquer de la toile, à filer la laine, toutes choses qu'il avait apprises lui-même de Triptolème, favori de Cérès et d'Aristée, fils d'Apollon.
      Lycaon ayant été changé en loup par Jupiter à cause de sa cruauté, Arcas eut seul le royaume. Mais, non content de gouverner son peuple, il se livrait éperdument au plaisir de la chasse. Un jour ce jeune homme, en parcourant les montagnes, rencontra sa mère sous la forme d'une ourse. Calisto, qui reconnaissait son fils sans en être connue, s'arrêta pour le contempler. Arcas prépara son arc, et il allait la percer de ses flèches, lorsque Jupiter, pour prévenir ce parricide, le changea lui-même en ours. Le dieu les transporta tous les deux dans le ciel, où ils forment les constellations de la Grande Ourse et de la Petite Ourse.
      A la vue de ces nouveaux astres, l'implacable Junon entra de nouveau en fureur, et pria les dieux de la mer de ne leur permettre jamais de se coucher dans l'Océan. Ainsi ces deux constellations, placées près du pôle nord, demeurent toujours au-dessus de notre horizon. A cause de leur configuration, les Grecs et les Romains les désignaient assez souvent comme aujourd'hui par les noms de Grand et de Petit Chariot.


Les Pléiades

      Les Pléiades, filles d'Atlas et de Pléione, fille elle-même de l'Océan et de Téthys, étaient au nombre de sept : Maïa, Electre, Taygète, Astérope, Mérope, Alcyone et Céléno.
      Maïa fut aimée de Jupiter, dont elle eut Mercure. Ce dieu lui donna aussi à nourrir Arcas, fils de Calisto, ce qui lui attira le ressentiment de Junon.
      Ovide dérive de son nom celui du mois de mai. On sacrifiait à Maïa une truie pleine, victime offerte encore à Cybèle ou à la Terre.
      Electre, aimée aussi de Jupiter, fut la mère de Dardanus. Elle le mit au monde en Arcadie. Mais il passa plus tard en Phrygie, où il épousa la fille du roi Teucer ; puis il bâtit, au pied du mont Ida, une ville qu'il appela Dardanie, et qui devint la célèbre Troie. On dit que, depuis la ruine de Troie, Électre ne voulut plus paraître dans la compagnie de ses sœurs, parce que, en effet, cette étoile des Pléiades est presque invisible.
      Taygète eut de Jupiter Taygétus, qui donna son nom à la montagne d'Arcadie.
      Astérope n'a pas de postérité connue, mais fut l'épouse d'un Titan.
      Mérope épousa Sisyphe, fils d'Eole et petit-fils d'Hellen. Sisyphe bâtit la ville d'Éphyre qui, dans la suite, fut nommée Corinthe. Du mariage de Mérope et de Sisyphe naquit Glaucus qui fut le père de Bellérophon. Ce qu'on raconte d'Electre qui, par honte ou chagrin, retire sa lumière, est attribué aussi à Mérope. Honteuse, dit-on, d'avoir épousé un simple mortel, tandis que toutes ses sœurs avaient épousé des dieux, cette Pléiade se cache autant qu'elle peut, et c'est elle, ajoute-t-on, et non pas Electre, qu'on aperçoit indistinctement.
      Alcyone eut de Neptune Glaucus, le dieu marin.
      Céléno eut aussi de Neptune Lycus, roi des Mariandyniens, qui fit un accueil hospitalier aux Argonautes et les fit guider par son fils jusqu'au Thermodon, fleuve de Thrace sur les bords duquel habitaient les Amazones.
      Les Pléiades forment le signe de leur nom dans la constellation du Taureau. Elles furent métamorphosées en étoiles, parce que leur père avait voulu lire dans les secrets des dieux. Elles paraissent au mois de mai, temps favorable à la navigation. Leur nom est dérivé du mot grec qui signifie naviguer. Les Latins les appelaient aussi Vergilies, c'est-à-dire Printanières, ou étoiles du printemps.


Les Hyades

      Les Hyades, ou les Pluvieuses, ainsi nommées du mot grec qui signifie pleuvoir, étaient filles d'Atlas, comme les Pléiades. Ethra, leur mère, était issue de Téthys et de l'Océan. Sur leur nombre, les poètes ne sont pas d'accord : on en compte ordinairement sept : Ambrosie, Eudore, Phœsyle, Coronis, Polyxo, Phœo, Dioné.
      Leur frère Hyas ayant été déchiré par une lionne, elles pleurèrent sa mort avec des regrets si vifs que les dieux, touchés de compassion, les transportèrent au ciel. Devenues un groupe d'étoiles, elles sont placées dans la constellation du Taureau, où elles pleurent encore, c'est-à-dire que leur apparition concorde avec une période de mauvais temps et de pluie.


Galaxie ou Voie lactée

      Les Grecs donnaient le nom de Galaxie à cette large bande lumineuse qu’on aperçoit la nuit dans un ciel sans nuages, et qui, de sa blancheur, a pris le nom de Voie lactée. C'est par là que l'on se rend au palais de Jupiter, et que les héros entrent dans le ciel : à droite et à gauche sont les habitations des dieux les plus puissants.
      La Voie lactée, amas prodigieux d'étoiles ou de nébuleuses qui font une longue trace du nord au midi, a son origine dans la fable. Junon, par le conseil de Minerve, ayant donné le sein à Hercule qu'elle avait trouvé dans un champ, où Alcmène, sa mère, l'avait exposé, le héros enfant aspira le lait avec tant de force qu'il en rejaillit une grande quantité, ce qui forma la Voie lactée.


Les signes du Zodiaque

      Le Zodiaque (mot dérivé du grec Zôdion, petit animal) est l'espace du ciel que le soleil semble parcourir durant l'année. Il est divisé en douze parties, où sont douze constellations qu'on nomme les douze signes du Zodiaque, et dont voici les noms : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, l'Ecrevisse, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons. La disposition des astres, dans ces diverses constellations, évoqua d'abord l'idée de ces différents signes, et chacun d'eux a trouvé plus tard sa place dans la Mythologie.
      Le Bélier, premier des douze signes, est, dit-on, le bélier à la toison d'or, immolé à Jupiter et transporté au firmament.
      Le Taureau est l'animal sous la forme duquel Jupiter enleva Europe, ou, selon certains poètes, c'est Io que Jupiter emporta au ciel, après l'avoir métamorphosée en génisse.
      Les Gémeaux représentent vraisemblablement Castor et Pollux.
      L’Ecrevisse (ou le Cancer) fut l'animal que Junon envoya contre Hercule, lorsqu'il combattit l'hydre de Lerne, et dont il fut mordu au pied ; mais il la tua et Junon la mit au nombre des signes du Zodiaque.
      La constellation du Lion représente le lion de la forêt de Némée, étouffé par Hercule.
      La Vierge, suivant les uns, c'est Erigone, fille d'Icarius, modèle de piété filiale ; suivant d'autres, c'est Astrée ou la Justice, fille de Thémis et de Jupiter. Elle descendit du ciel durant l'âge d'or, mais les crimes des hommes l'ayant forcée de quitter succes­sivement les villes, puis les campagnes, elle retourna au ciel.
      La Balance, symbole de l'Equité, représente la balance même de la Justice ou d'Astrée.
      Le huitième signe du Zodiaque est le Scorpion qui, par ordre de Diane, piqua vivement au talon le fier Orion.
      Le Sagittaire, moitié homme, moitié cheval, tenant un arc et tirant une flèche, est Chiron le Centaure, selon les uns ; mais, selon d'autres, c'est Crocus, fils d'Euphémé, nourrice des Muses. C'était, paraît-il, un des plus intrépides chasseurs du Parnasse ; après sa mort, à la prière des Muses, il fut placé parmi les astres.
      Le Capricorne, c'est la fameuse chèvre Amalthée, laquelle allaita Jupiter. Elle est au rang des astres avec ses deux chevreaux.
      Le Verseau, en latin Aquarius, c'est Ganymède enlevé au ciel par Jupiter ; selon d'autres, c'est Aristée, fils d'Apollon et de Cyrène, père d'Actéon dévoré par ses chiens.
      Les Poissons, qui forment le douzième signe du Zodiaque, sont ceux qui portèrent sur leur dos Vénus et l'Amour. Fuyant la persécution du géant Typhon ou Typhoé, Vénus, accompagnée de son fils Cupidon, fut portée au delà de l'Euphrate par deux poissons, qui, pour cela, furent placés dans le ciel.
      D'autres poètes prétendent que cette constellation représente les dauphins qui menèrent Amphitrite à Neptune, et que, par reconnaissance, celui-ci obtint de Jupiter une place pour eux dans le Zodiaque.


Le Feu, Prométhée, Pandore, Epiméthée

      Le culte du feu, chez tous les peuples de l'antiquité, suivit de près celui qu'on rendit au Soleil et à Jupiter, c'est-à-dire à l'astre dont les rayons bienfaisants réchauffent et éclairent le monde, et à la foudre qui déchire la nue, frappe la terre, consume la nature vivante et répand au loin la consternation et l'effroi. Evidemment les premiers hommes, dont les regards se portaient avec crainte et admiration vers les feux célestes, ne tardèrent pas non plus à remarquer avec étonnement les feux de la terre. Pouvaient-ils ne pas admirer la flamme des volcans, les phosphorescences, les gaz lumineux, les feux follets des marécages, l'incandescence produite par le frottement rapide de deux morceaux de bois, l'étincelle qui jaillit du choc de deux cailloux ?
      Cependant, le feu ne leur semblait pas être fait pour leur usage, c'était un élément dont la divinité avait le secret, et qu'elle s'était réservé comme un privilège précieux. Comment capter ces foyers de chaleur et de lumière placés à une telle hauteur au-dessus de leur tête, ou enfouis si mystérieusement sous leurs pieds ?
      Celui qui le premier leur procurerait le feu ne pouvait donc être à leurs yeux un simple mortel, mais plutôt un Titan, un émule hardi et heureux de la divinité, ou, pour mieux dire, un véritable dieu. Tel fut Prométhée.
      Fils de Japet et de l'Océanide Clymène, ou, selon d'autres, de la Néréide Asia, ou encore de Thémis, sœur aînée de Saturne, Prométhée, dont le nom en grec signifie "prévoyant", ne fut pas seulement un dieu industrieux, mais plutôt un créateur. Il remarqua que, parmi toutes les créatures vivantes, il n'y en avait pas encore une seule capable de découvrir, d'étudier, d'utiliser les forces de la nature ; de commander aux autres êtres, d'établir entre eux l'ordre et l'harmonie, de communiquer par la pensée avec les dieux, d'embrasser par son intelligence non seulement le monde visible, mais encore les principes et l'essence de toutes choses : et du limon de la terre il forma l'homme.
      Minerve, admirant la beauté de son ouvrage, offrit à Prométhée tout ce qui pouvait contribuer à sa perfection. Avec reconnaissance, Prométhée accepta l'offre de la déesse, mais ajouta que, pour choisir ce qu'il conviendrait le mieux à l'œuvre qu'il avait créée, il lui fallait voir lui-même les régions célestes. Minerve le ravit au ciel, et il n'en descendit qu'après avoir dérobé aux dieux, pour le donner à l'homme, le feu, élément indispensable à l'industrie humaine. Ce feu divin qu'il apporta sur la terre, Prométhée le prit, dit-on, au char du Soleil, et le dissimula dans la tige d'une férule, bâton creux.
      Irrité d'un si audacieux attentat, Jupiter ordonna à Vulcain de forger une femme qui fût douée de toutes les perfections, et de la présenter à l'assemblée des dieux. Minerve la revêtit d'une robe d'une blancheur éblouissante, lui couvrit la tête d'un voile et de guirlandes de fleurs qu'elle surmonta d'une couronne d'or. En cet état, Vulcain l'amena lui-même. Tous les dieux admirèrent cette nouvelle créature, et chacun voulut lui faire son présent. Minerve lui apprit les arts qui conviennent à son sexe, entre autres l'art de faire de la toile. Vénus répandit le charme autour d'elle avec le désir inquiet et les soins fatigants. Les Grâces et la déesse de la Persuasion ornèrent sa gorge de colliers d'or. Mercure lui donna la parole avec l'art d'engager les cœurs par des discours insinuants. Enfin, tous les dieux lui ayant fait des présents, elle en reçut le nom de Pandore (du grec pan, "tout", et doron, "don"). Pour Jupiter, il lui remit une boîte bien close, et lui ordonna de la porter à Prométhée.
      Celui-ci, se défiant de quelque piège, ne voulut recevoir ni Pandore, ni la boîte, et recommanda même à son frère, Epiméthée, de ne rien recevoir de la part de Jupiter. Mais Epiméthée, dont le nom en grec signifie "qui réfléchit trop tard", ne jugeait des closes qu'après l'événement. A l'aspect de Pandore, toutes les recommandations fraternelles furent oubliées, et il la prit pour épouse. La boîte fatale fut ouverte et laissa échapper tous les maux et tous les crimes, qui depuis se sont répandus dans l'Univers. Epiméthée voulut la refermer ; mais il n'était plus temps. Il n’y retint que l'Espérance qui était près de s'envoler, et qui demeura dans la boîte hermétiquement refermée.
      Jupiter, enfin, outré de ce que Prométhée n'avait pas été dupe de cet artifice, ordonna à Mercure de le conduire sur le mont Caucase, et de l'attacher à un rocher, où un aigle, fils de Typhon et d'Échidna, devait lui dévorer éternellement le foie. D'autres disent que ce supplice ne devait durer que trente mille ans.
      Suivant Hésiode, Jupiter n'emprunta pas le ministère de Mercure, mais attacha lui-même sa malheureuse victime, non à un rocher mais à une colonne. Il le fit cependant délivrer par Hercule, voici pour quels motifs et dans quelles conditions.
      Depuis sa punition, Prométhée ayant empêché, par ses avis, Jupiter de faire la cour à Thétis, parce que l'enfant qu'il aurait d'elle le détrônerait un jour, le maître des dieux, par reconnaissance, consentit qu'Hercule allât le délivrer. Mais, pour ne pas violer son serment de ne jamais souffrir qu'on le déliât, il ordonna que Prométhée porterait toujours au doigt une bague de fer, à laquelle serait attaché un fragment de la roche du Caucase, afin qu'il fût vrai, en quelque sorte, que Prométhée restait toujours lié à cette chaîne.
      Dans Eschyle, c'est Vulcain, qui, en sa qualité de forgeron des dieux, enchaîne Prométhée sur le Caucase, mais ce n'est qu'en gémissant qu'il obéit à l'ordre de Jupiter, car il lui en coûte d'user de violence envers un dieu qui est de sa race.
      Chez les Athéniens, la fable de Prométhée était populaire ; on se plaisait à raconter même aux enfants les malices ingénieuses faites par ce dieu à Jupiter. N'eut-il pas, en effet, l'idée de mettre à l'épreuve la sagacité du maître de l'Olympe, et de voir s'il méritait réellement les honneurs divins ? Dans un sacrifice, il fit tuer deux bœufs, et remplit l'une des deux peaux de la chair et l'autre des os de ces victimes. Jupiter fut dupe, et choisit la dernière ; mais il ne se montra que plus impitoyable dans sa vengeance.
      A Athènes, Prométhée avait ses autels dans l'Académie, à côté de ceux qui étaient consacrés aux Muses, aux Grâces, à l'Amour, à Hercule, etc. On ne pouvait oublier que Minerve, protectrice de la ville, avait été la seule des divinités de l'Olympe à admirer le génie de Prométhée et à l'aider dans son œuvre. A la fête solennelle des Lampes, aux Lampadophories, les Athéniens associaient aux mêmes honneurs Prométhée qui avait dérobé le feu au ciel, Vulcain, maître industrieux des feux de la terre, et Minerve qui avait donné l'huile d'olive. A l’occasion de cette fête, les temples, les monuments publics, les rues, les carrefours étaient illuminés ; on instituait des jeux et des courses au flambeau comme pour la fête de Cérès. La jeunesse athénienne se rassemblait le soir près de l'autel de Prométhée, à la clarté du feu qui brûlait encore. A un signal donné, on allumait une lampe que les prétendants au prix de la course devaient porter sans l'éteindre, en courant â toutes jambes, d'un bout du Céramique à l'autre.
      Le feu étant considéré comme un élément divin, il était naturel qu'il eût sa place dans tous les cultes et sur presque tous les autels. Un feu sacré brûlait dans les temples d'Apollon, à Athènes et à Delphes, dans celui de Cérès, à Mantinée, de Minerve et même de Jupiter. Dans les prytanées de toutes les villes grecques, on entretenait des lampes qu'on ne laissait jamais éteindre. A l'imitation des Grecs, les Romains adoptèrent le culte du feu, qu'ils confièrent aux soins des Vestales.
      Le jour des noces, à Rome, avait lieu une cérémonie curieuse et symbolique. On ordonnait à la nouvelle mariée de toucher au feu et à l'eau. « Pourquoi ? observe Plutarque. Est-ce parce que, entre les éléments dont sont composés tous les corps naturels, l'un de ces deux, à savoir le feu, est le mâle, et l'eau, la femelle, l'un étant le principe de mouvement, l'autre la propriété de substance et de matière ? Ou n'est-ce pas plutôt parce que le feu purifie, que l'eau nettoie, et qu'il faut que la femme demeure pure et sans tache toute sa vie ? »


Les Vents

      Les hauteurs célestes, région éthérée où sont fixés les astres, jouissent d'une paix éternelle. Mais au-dessous d'elles, bien au-dessous, dans la région des nuages et le voisinage de la terre, sévissent les bruyantes tempêtes, les orages et les vents.
      Les Vents, divinités poétiques, sont enfants du Ciel et de la Terre ; Hésiode les dit fils des géants Typhée, Astréus et Perséus ; mais il en excepte les vents favorables, savoir : Notus, Borée et Zéphyre qu'il fait enfants des dieux.
      Homère et Virgile établissent le séjour des Vents dans les îles Eoliennes, entre la Sicile et l'Italie, et leur donnent pour roi Éole, qui les retient dans de profondes cavernes. Nuit et jour, ces prisonniers redoutables murmurent et rugissent derrière les portes de leur prison. Si leur roi ne les retenait pas, ils s'échapperaient tous avec violence, et, dans leur fureur, ils emporteraient ou balayeraient à travers l'espace et les terres et les mers, et même la voûte du ciel.
      Mais le tout-puissant Jupiter a prévu et prévenu un tel malheur. Non seulement les Vents sont enfermés dans des cavernes, mais il a eu soin de placer encore sur eux une masse énorme de montagnes et de rochers. Du sommet de ces montagnes, Eole règne sur ses terribles sujets. Cependant, tout dieu qu'il est, il reste subordonné au grand Jupiter : il n'a le droit de déchaîner les Vents ou de les rappeler dans leur repaire que sur l'ordre ou avec l'assentiment de son souverain maître. S'il lui arrive de se soustraire à l'obéissance, il en résulte de graves désordres ou de déplorables désastres.
      Dans l'Odyssée, il commet l'imprudence d'enfermer une partie des Vents dans des outres qu'il remet à Ulysse. Les outres sont ouvertes par les compagnons du héros, une tempête se déchaîne, et les navires sont submergés.
      Dans l'Enéide, Eole, pour complaire à Junon, entr'ouvre d'un coup de lance le flanc de la montagne sur laquelle repose son trône. Aussitôt qu'ils trouvent cette issue, les Vents s'échappent et bouleversent la mer. Mais Éole n'a pas lieu de s'applaudir : Neptune, qui dédaigne de châtier les Vents, les renvoie à leur maître en des termes pleins de mépris, et les charge eux-mêmes de rappeler à Eole son insubordination.
      Afin de désarmer ou de se concilier les Vents, ces terribles puissances de l'air, on leur adressait des vœux, on leur offrait des sacrifices.
      On leur avait élevé à Athènes un temple octogone à chaque angle duquel était la figure d'un des Vents, correspondante au point du ciel d'où il souffle. Ces huit Vents étaient le Solanus, l'Eurus, l'Auster, l'Africus, le Zéphyre, Corus, le Septentrion et l'Aquilon. Sur le sommet pyramidal de ce temple était un Triton de bronze mobile, et dont la baguette indiquait toujours le Vent qui soufflait. Les Romains reconnaissaient quatre Vents principaux, savoir : Eurus, Borée, Notus ou Auster et Zephyrus. Les autres étaient Eurunotus, Vulturne, Subsolanus, Cœcias, Corus, Africus, Libonotus, etc. En général, les poètes anciens et modernes représentent les Vents comme des génies turbulents, inquiets et volages ; cependant, les quatre Vents principaux ont leur fable distincte et un caractère particulier.
      Eurus est le fils favori de l'Aurore ; il vient de l'Orient, et enfourche avec fierté les chevaux de sa mère. Horace le peint comme un vent impétueux, et Valérius Flaccus comme un dieu échevelé, et tout en désordre à la suite des tempêtes qu'il a excitées. Les modernes lui prêtent une physionomie plus calme et plus douce. Ils le représentent sous les traits d'un jeune homme ailé, qui va semant des fleurs de chaque main partout où il passe. Derrière lui est un soleil levant, et il a le teint bronzé d'un Asiatique.
      Borée, vent du nord, réside en Thrace, et les poètes lui attribuent parfois la royauté de l'air. Il enleva la belle Chloris, fille d'Arcturus, et la transporta sur le mont Niphate ou le Caucase. Il en eut un fils, Hyrpace. Mais il s'éprit surtout d'Orithyie, fille d'Erechtée, roi d'Athènes ; n'ayant pu l'obtenir de son père, il se couvrit d'un épais nuage, et enleva cette princesse au milieu d'un tourbillon de poussière.
      Métamorphosé en cheval, il donna naissance à douze poulains d'une telle vitesse, qu'ils couraient sur les champs de blé sans en courber les épis, et sur les flots sans y tremper les pieds. Il avait un temple à Athènes, sur les bords de l'Ilissus, et, chaque année, les Athéniens célébraient des fêtes en son honneur, les Boréasmes.
      L'Aquilon, vent froid et violent, est quelquefois confondu avec Borée. On le représente sous la figure d'un vieillard aux cheveux blancs et en désordre.
      Notus, ou Auster, est le vent chaud et orageux qui souffle du midi. Ovide le peint d'une taille haute, vieux, avec des cheveux blancs, un air sombre et des nuées autour de la tête, tandis que l'eau dégoutte de toutes parts de ses vêtements. Juvénal le représente assis dans la caverne d'Éole, séchant ses ailes après la tempête. Les moder­nes l'ont personnifié sous les traits d'un homme ailé, robuste et entièrement nu. Il marche sur des nuages, souffle avec des joues enflées, pour désigner sa violence, et tient en main un arrosoir, pour annoncer qu'il amène ordinairement la pluie.
      Zéphyre était réellement le vent d'occident. Les poètes grecs et latins l'ont célébré, parce qu'il porte la fraîcheur dans les climats brûlants qu'ils habitaient. Cette remarque faite, le Zéphyre, tel que les poètes l'ont personnifié, est une des plus riantes allégories de la fable. Son souffle, à la fois doux et puissant, rend la vie à la nature. Les Grecs lui donnaient pour femme Chloris, et les Latins la déesse Flore.
      Les poètes le peignent sous la forme d'un jeune homme à la physionomie douce et sereine : on lui donne des ailes de papillon et une couronne composée de toutes sortes de fleurs. Il était représenté glissant à travers l'espace avec une grâce et une légèreté aériennes, et tenant à la main une corbeille remplie des plus belles fleurs du printemps.


La Tempête

      Les Romains avaient déifié la Tempête. Elle peut être considérée comme une nymphe de l'air. Marcellus lui avait fait bâtir un petit temple à Rome, hors de la porte Capène.
      On trouve sur d'anciens monuments des sacrifices à la Tempête. On la représente le visage irrité, dans une altitude furibonde, et assise sur des nuages orageux parmi lesquels sont plusieurs vents qui soufflent dans des directions opposées. Elle répand à pleines mains la grêle qui brise des arbres et détruit des moissons. On lui sacrifiait un taureau noir.




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