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Adam

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Dictionnaire M. Bescherelle

[En hébreu, terre]
Nom du premier homme, père de toute la race humaine, suivant l'autorité de Moïse et celle de Jésus-Christ. Formé le sixième jour de la création, mort à l'âge de 930 ans ; eut d'Eve, entre autres enfants, Caïn, Abel et Seth.

Il n'est pas de la côte d'Adam / Il se croit de la côte d'Adam : Locution proverbiale
Il n'est pas, il se croit de haute origine.

Je ne le connais ni d'Eve ni d'Adam : Locution proverbiale
Il m'est tout à fait inconnu.

Adam : Théologie catholique
L'homme, l'humanité.

Le vieil Adam : Théologie catholique
L'homme en état de péché.

Le nouvel Adam : Théologie catholique
L'homme en état de grâce, et aussi quelquefois Jésus-Christ.  M. Bescherelle, aîné, Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française - Volume I (A-F) (1856), p. 64.



Dom Antoine-Joseph Pernéty

      Adam est un nom que les Philosophes ont donné à leur magistère lorsqu'il est parfait au rouge, parce que leur matière étant la quintessence de l'Univers et la première matière de tous les individus de la Nature, elle a un parfait rapport avec Adam, dans lequel Dieu ramassa la plus pure substance de tous les êtres, et que d'ailleurs Adam, qui signifie rouge, exprime la couleur et les qualités du magistère.  Dom Antoine-Joseph Pernety, Dictionnaire mytho-hermétique, Edition de 1758 - Français modernisé par France-Spiritualités.



Martines de Pasqually

      Adam était donc, dans son premier état de gloire, le véritable émule du Créateur, puisqu'il lisait dans le Créateur lorsqu'il opérait ses pensées divines face à face de lui. Il lui fit donc concevoir les trois principes qui composent l'univers qu'il avait créé, et pour cet effet, il lui dit : « Commande à tous les animaux actifs et passifs. Ils t'obéiront. » La créature obéit à ce que lui dit le Créateur, et Adam vit par là que sa puissance était grande. Voilà positivement comme il apprit à connaître avec sécurité une partie du tout composant l'univers, après qu'il eut opéré sur ce que nous appelons le particulier, qui est composé de tout être créé actif et passif habitant la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste, qui est appelé mystérieusement ciel de Saturne au-dessus duquel est le sur-céleste.

      Après cette opération, le Créateur dit à sa créature : « Commande au général ou à toute la terre, et elle t'obéira », ce que la créature fit. Elle vit que sa vertu était grande. Il connut, après cette opération, avec certitude, le second tout composant l'univers. Après ces deux opérations, le Créateur dit à la créature : « Commande à l'univers créé, et tous ses habitants spirituels t'obéiront. » Adam exécuta encore la parole de l'Eternel ; et ce fut par cette troisième opération qu'il apprit à connaître la création universelle.

      Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d'homme-Dieu de la terre universelle, parce qu'il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. Je ferai observer que, par le moyen des trois opérations que l'homme fit au gré du Créateur, il reçut pour lors les lois, préceptes et commandements. A la première opération, il reçut la loi, à la seconde, le précepte, et à la troisième, le commandement. Ces trois genres d'opération, que le premier homme fit au gré du Créateur, nous font bien voir clairement, non seulement les bornes de puissance, de vertu et de force qu'il avait données à Adam, mais encore celles dans lesquelles il avait borné les premiers esprits créés avant lui.

      Le Créateur, ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force et puissance, qui étaient innées en lui, desquelles il pourrait user à sa volonté, se retira de lui, pour le laisser agir selon son libre-arbitre, qu'il avait donné à sa créature par l'émancipation qu'il avait faite d'elle, en la détachant d'une manière distincte de son immensité divine. Et cela pour qu'elle eût la faculté de la jouissance particulière personnelle, présente et future, pour une éternité impassive, pourvu toutefois que la créature agît selon la volonté du Créateur.

      Cette créature que nous nommons Adam, étant livrée à son libre-arbitre, sous la réflexion de sa grande puissance manifestée par la grande force et vertu de ses trois premières opérations, envisagea son travail presque aussi grand que celui de Créateur, et ne pouvant pas de son chef approfondir parfaitement ces trois grandes opérations premières avec celles de son Créateur, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre exprès de lui-même, avant qu'il fût laissé libre de ses volontés sur tout ce qui était à sa domination et en son pouvoir.

      Les réflexions d'Adam, ainsi que la pensée qu'il avait conçue de lire dans la puissance infinie du Créateur, ne tardèrent pas d'un instant d'être connues des premiers esprits créés, puisque, de l'instant qu'Adam eut imaginé cette pensée, un des principaux esprits pervers, que nous appelons mauvais intellects ou démons, apparut à Adam sous la plus belle forme de gloire apparente et, s'étant approché, lui dit : « Que désires-tu connaître de plus du Créateur ? N'a-t-il pas mis en toi toute vertu et puissance égales à lui ? Agis et opère, en ta qualité d'être libre, toute volonté innée en toi, soit sur lui, soit sur toute la création universelle qu'il a soumise à ta puissance et à ton commandement. Tu apprendras pour lors à être convaincu que ta puissance ne diffère en rien de celle du Créateur. Tu apprendras encore à connaître que tu es non seulement créature particulière, mais encore créateur, comme te l'a dit le Créateur qu'il devait naître de toi une postérité de Dieu. C'est du Créateur que je tiens toutes ces choses, et c'est pour lui et en son nom que je te parle.

      A ce propos de l'esprit démoniaque, Adam resta dans l'inaction et sentit naître en lui un trouble violent, qui le mit dans une extase. Et, dans cet état, l'esprit malin lui suggéra toute sa puissance démoniaque, qui fit par ce moyen retenir impression de sa volonté à Adam, qui, revenu à son extase spirituelle animale, consentit à opérer la science démoniaque contre celle du Créateur et contre celle que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être créé inférieur à lui. Adam, prévenu et persuadé de la pensée démoniaque, la préféra à la science particulière spirituelle qu'il avait entièrement rejetée, pour ne faire usage que de celle que l'esprit malin lui avait suggérée.

      Adam opéra donc la pensée démoniaque, en faisant une quatrième opération, dans laquelle il usa de toutes les paroles puissantes que le Créateur lui avait transmises pour ses trois premières opérations, quoiqu'il eût entièrement rejeté les règles de ces mêmes opérations. Il fit usage, de préférence, de celles que le démon lui avait enseignées, comme aussi du plan convenable qu'il devait opérer pour attaquer l'immutabilité du Créateur, suivant ce que les esprits pervers avaient conçu d'opérer pour devancer le Créateur, au préjudice des lois que l'Eternel leur avait prescrites pour leur servir de bornes dans toutes les opérations spirituelles divines. Ces premiers esprits ne devaient rien concevoir ni entendre en matière de création, n'étant que créatures, ainsi qu'Adam qui ne devait pas plus aspirer à cette ambition, qui lui fut suggérée mal à propos par le démon, de vouloir tendre à la création des êtres spirituels.  Martines de Pasqually, Traité de la réintégration des êtres créés dans leurs primitives propriétés, vertus et puissances spirituelles divines

      J'entrerai présentement dans l'explication de la prévarication d'Adam, ou du premier être maçon mineur créé après les premiers êtres spirituels et prévaricateurs avant lui. Je dirai, pour cet effet, que la prévarication du premier maçon créé est une répétition de celle des premiers esprits. Elle est telle parce que l'inspiration de sa prévarication, quoique partant de sa propre volonté, ne vient point immédiatement de sa pensée, cette pensée lui ayant été suggérée par ces premiers esprits prévaricateurs. La force de la prévarication d'Adam est encore plus grande et plus considérable que celle des premiers esprits. Elle est telle, non seulement parce qu'Adam a retenu impression du conseil des démons qui l'ont fait déterminer à contracter sa volonté mauvaise en faveur de leurs conseils démoniaques, mais encore il s'est porté à mettre en usage toute sa volonté, vertu et puissance divine contre le Créateur, ce que ces premiers esprits n'avaient pas eu le temps de faire, leur pensée et volonté mauvaise ayant été lues par le Créateur, qui abattit tout aussitôt leur vouloir à ce sujet. On demandera pourquoi le Créateur n'a pas usé de son pouvoir contre la mauvaise volonté et l'opération inique d'Adam, ainsi qu'il avait fait contre celle des premiers esprits pervers. Je répondrai à cela que, comme le Créateur avait créé l'homme, ou le mineur, pour être l'instrument duquel il se servirait pour l'entière punition des premiers esprits, il laissa subsister les lois d'ordre qu'il avait données à l'un et à l'autre de ces deux êtres créés, et les vit opérer selon leur libre-arbitre, suivant leur pensée, désir et volonté innés en eux. Le Créateur, étant un être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels, comme aussi dans ce qu'il promet et refuse, de même que dans les récompenses et les peines qu'il inflige à sa créature, suivant qu'elle sait qu'elle le mérite par ses actions, laissa agir ces deux êtres créés à leur propre volonté, n'étant point au Créateur de lire dans les causes secondes, comme je l'ai déjà dit, et encore moins de les empêcher et arrêter. Il ne le pourrait sans sortir de son immutabilité et déroger par là de sa propre existence d'être nécessaire et à sa puissance divine, comme je vais le faire entendre à mon disciple.  Martines de Pasqually, Traité de la réintégration des êtres créés dans leurs primitives propriétés, vertus et puissances spirituelles divines

      Je reviendrai à la prévarication d'Adam et je dirai qu'ayant été créé par le Créateur pour être destiné à produire une postérité de Dieu et non une postérité de matière, comme il l'a opérée de sa propre volonté, il n'est pas surprenant qu'un pareil forfait de sa part soit punissable de génération en génération pour un temps immémorial. Si vous connaissiez le genre de prévarication d'Adam et le fruit qu'il reçut de cette même prévarication, vous ne seriez point étonné de la peine que le Créateur nous a infligée en naissant, et rendue réversible sur notre postérité jusque la fin des siècles. Voici le principe de l'opération mauvaise du premier homme. Adam fut créé le dernier de toutes les créatures quelconques et au centre de la création universelle générale et particulière. Il le créa libre, en créant avec lui la loi qui devait le contenir dans ses bornes de puissance spirituelle, ainsi qu'il avait fait aux premiers esprits pervers. Adam, dans ce premier état de gloire, conçut très bien qu'il était quelque chose de plus que tout être créé. Il sentait encore qu'il avait en lui une puissance au-dessus de tous les êtres angéliques, relativement à l'emploi auquel le Créateur l'avait destiné. Il devait agir avec supériorité à tous êtres. Adam ayant réfléchi sur son premier état et ne pouvant rien définir ni agir par lui-même sur les choses qui n'étaient point de sa puissance, ainsi que je l'ai dit ailleurs, effectua sa volonté, suivant la pensée que lui avaient fait naître les principaux chefs démoniaques, et opéra sur cette même pensée, au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement, « paradis terrestre », et que nous appellerons mystérieusement « terre élevée au-dessus de tout sens ». Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la sagesse, et ce fut à ce Moria où le temple de Salomon a été construit et qui figure réellement la création du premier homme. Pour se convaincre de cette vérité, l'on doit observer que le temple de Salomon fut positivement construit sans le secours d'outils composés de métaux, pour faire voir à tous les hommes que le Créateur n'emploie point dans ses opérations le physique matériel.  Martines de Pasqually, Traité de la réintégration des êtres créés dans leurs primitives propriétés, vertus et puissances spirituelles divines

      Adam avait en lui un acte de création de postérité de forme spirituelle, c'est-à-dire de forme corporelle glorieuse semblable à celle qu'il avait avant sa prévarication. Cette forme glorieuse aurait été impassible, et toute la gloire de cette création aurait été donnée à lui directement par le Créateur. Le Créateur, ayant joint son opération divine à celle de son mineur spirituel, ils n'auraient fait à tous les deux qu'une seule opération. La volonté du premier homme ayant été celle du Créateur, à peine la pensée du Créateur des formes glorieuses aurait opéré, que la pensée spirituelle divine aurait agi en remplissant immédiatement l'opération du mineur, d'un être aussi parfait que lui. C'était dans ce grand œuvre qu'Adam se serait vu renaître avec satisfaction, puisqu'il aurait été le vrai créateur d'une postérité de Dieu, mais Adam n'agit point comme je viens de le dire, il agit à l'opposé et je vais vous l'expliquer.

      Adam, étant induit en erreur par ceux en qui il avait mis toute sa confiance, par les vives sollicitations qu'ils lui faisaient à chaque instant et par le faux plan d'opération apparente divine qu'ils lui avaient tracé, par les conseils que ces mêmes esprits démoniaques lui donneraient en disant : « Tu as inné en toi le verbe de création en tout genre, tu es professeur de toute valeur, poids et mesure, nombre et puissance de création divine. Pourquoi n'opères-tu pas ce qui est inné en toi devant ceux qui sont hors de toi, qui te rendront toute la justice qui t'est due ? Nous n'ignorons pas que tout être créé t'est soumis de par le Créateur : opère donc en créateur des créatures » ;

      Adam, rempli de l'orgueil de son conseil, traça six circonférences en similitude de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra six actes des pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de création, qu'il exécuta physiquement selon son conseil, au préjudice du Créateur et du sien. Il manifesta sa puissance orgueilleuse, sa puissance spirituelle, en présence de son mauvais conseil, qui fut, ainsi que lui, surpris du peu de succès qu'il retira de son opération qu'il croyait être égale à celle de son Créateur. Mais il s'en fallut de beaucoup, car, au lieu d'avoir opéré une création de forme glorieuse, il créa une forme ténébreuse tout opposée à la sienne. Il créa donc une femme de matière, au lieu d'en créer une pure et naturelle, telle qu'il était en son pouvoir s'il avait opéré à la volonté du Créateur. Mais que devint Adam après son opération ? Que fit-il après avoir réfléchi sur sa créature impure et privée d'être pensif et spirituel ? Que comprit-il du fruit inique de ces opérations, qu'il vit si imparfait ? Il vit son crime orgueilleux, il vit donc que son forfait de prévarication qui avait fait opérer la création de sa propre prison, qui le contiendrait plus étroitement dans les bornes ténébreuses, en privation spirituelle divine jusqu'à la fin des siècles de cet univers. En qui faisons-nous consister cette prison ? Au changement de forme glorieuse en celui de forme matérielle apparente et passive. Me demandera-t-on si la forme corporelle de gloire dans laquelle Adam fut créé par le Créateur était la même que nous avons à présent ? Je répondrai qu'elle ne différait en rien de celle que les hommes ont aujourd'hui. Me demandera-t-on encore quelle était cette forme de matière qu'Adam a créée et de quel usage elle a été à Adam pour que le Créateur ait été si fortement courroucé contre lui ? Je répondrai que la grande colère que Dieu eut contre l'homme fut de voir Adam, ou son mineur spirituel, se souiller par sa prévarication dans une forme de matière impure et passive. Me demandera-t-on : « Mais de quel usage a donc servi à Adam cette forme corporelle de matière qu'il a créée ? » Je réponds qu'elle lui a servi à faire naître une postérité d'homme, et non de Dieu. Elle est appelée une postérité d'homme, en ce que l'homme ayant créé la forme passive, il a dégradé la forme impassive que le Créateur lui avait donnée pour qu'il fît émaner d'elle toutes celles dans lesquelles le Créateur avait inséré des mineurs spirituels, pour être une vrai postérité de Dieu, qui aurait subsisté sans bornes et sans fin. Cette société aurait été immortelle et impassive, parce que l'opération du mineur premier aurait été celle du Créateur ; de cette façon la volonté des deux opérations n'aurait été qu'une en deux substances : celle du corps glorieux donnée à Adam, et celle du mineur spirituel donnée au Créateur divin. On peut me demander encore pourquoi le Créateur a laissé subsister le fruit provenant de la prévarication d'Adam et pourquoi ne l'a-t-il point anéanti, puisqu'il maudit non seulement toute la terre, mais encore le premier homme. Je dirai que le Créateur, voulant molester le premier homme de génération en génération pour un temps immémorial, laissa subsister l'ouvrage inique de son premier mineur créé, afin qu'il eût toujours devant lui, pendant son temps de privation, l'horreur de son crime, et pour que le crime du premier homme ne s'effaçât point de dessous ses cieux. Le Créateur le laissa perpétuer jusqu'à la dernière postérité d'Adam, pour qu'elle ne puisse alléguer de cause d'ignorance de la prévarication du premier père temporel des hommes, et pour qu'ils apprennent par là que ces peines, souffrances et misères présentes, que cette même postérité endure et endurera jusqu'à la fin des siècles, ne vient point du Créateur divin, mais de leur premier père, créateur de matière impure et passive. Je ferai observer que le mot de matière impure, dont je me sers ici, ne doit être entendu que parce qu'Adam opéré cette forme contre la volonté de son Créateur.

      L'on me demandera : « Mais nous ne savons point comment s'est fait le changement de forme glorieuse qu'Adam avait dans son premier état de justice de sa perfection, et nous ignorons si le Créateur a donné à Adam le corps de matière qu'il eut après sa prévarication. » Je répondrai : Dès qu'Adam eut achevé l'accomplissement de sa volonté prévaricante, le Créateur par sa toute-puissance changea aussitôt la forme glorieuse d'Adam en forme de matière passive semblable à celle que son opération horrible lui avait produite, en le précipitant dans les abîmes de la matière d'où il avait tiré le fruit de sa prévarication et vint ensuite habiter sur la terre comme le reste des animaux, tandis qu'il régnait auparavant sur elle comme homme-Dieu, et l'habitait sans être confondu avec elle.

      Ce fut après cet exemple frappant qu'Adam reconnut plus vivement la force de son crime. Il ne tarda pas un instant à gémir sur sa faute et à demander pardon à Dieu de son offense criminelle. Ce fut dans l'instant de sa retraite, de sa contrition et de ses lamentations, qu'il invoqua le Créateur divin en ces termes :

      « Père de charité et de miséricorde, père vivifiant et de vie éternelle, père, Dieu des cieux, des dieux et de la terre ; Dieu fort et très fort, Dieu de justice, de peine et de récompense, Eternel tout-puissant, Dieu vengeur et rémunérateur, Dieu de paix, de clémence et de compassion charitable, Dieu des esprits bons et mauvais, Dieu fort du sabbat, Dieu de réconciliation de tout être créé, Dieu éternel et tout-puissant des régions célestes et terrestres, Dieu invincible existant nécessairement sans principe et sans fin, Dieu de paix et de satisfaction, Dieu de domination et de puissance sur tout être créé, Dieu qui navre et récompense quand il lui plaît, Dieu quadruplement fort des révolutions des armées célestes et terrestres de cet univers, Dieu, principal chef des privations spirituelles éternelles, Dieu magnifique de toute contemplation des êtres créés et des récompenses inaltérables, Dieu, père sans borne de miséricorde en faveur de sa faible créature et envers celui qui gémit devant toi de l'abomination de son crime, n'étant pas cause seconde de sa prévarication, homme en toi, et l'assujettis à jamais sous ton immuable loi ; bénis-le pour une bonne fois, pour qu'à l'avenir il devienne inébranlable de ta loi ; bénis aussi l'ouvrage fait de la main de ton premier homme, pour qu'il ne succombe ainsi que moi à la plus vive sollicitation de ceux qui sont les auteurs de ma juste punition et de celle de l'ouvrage de ma propre volonté. »

      Je ferai observer à mon disciple par cette invocation qu'Adam fit au Créateur pour obtenir sa réconciliation, que c'est positivement Adam qui, le premier, a donné cette connaissance exacte à sa postérité des différentes vertus, puissances et propriétés qui étaient innées dans le Créateur que cette postérité apprit par là qu'elle n'était créée que pour combattre pour la plus grande gloire du Créateur, et qu'elle lui rendit le culte pour lequel elle a été perpétuée dans la création. Je ferai encore observer que le culte que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle n'est pas le même de son premier mineur créé, lorsqu'il était dans son premier état de gloire ; ce premier culte n'étant qu'à une fin, parce qu'il devait être tout spirituel, et celui que le Créateur exige de sa créature temporelle, postérité d'Adam, est à deux fins, l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voilà ce qui causa la prévarication d'Adam notre premier père temporel, dans cette vie de larmes et de misères.

      Je ne suis point encore certain, me direz-vous, du genre de prévarication de notre premier père. Elle ne saurait échapper à notre vue physique animale, spirituelle passive, et éternelle sans heurter de front les sentiments et toutes les vertus immenses et infinies qui sont adhérentes et innées entre elles-mêmes. Je dirai donc à ce sujet, pour vous bien faire concevoir le genre de prévarication, qu'il faut remonter au premier principe du conseil et de la sollicitation des premiers esprits maudits au premier homme-Dieu créé, que nous nommons Adam ou homme-Roux, qui signifie « homme-Dieu créé très fort en sagesse, vertu et puissance ». Ces trois choses innées dans le premier maçon spirituel créé sont la pensée, l'image et la ressemblance du Créateur. Ces trois choses très saintes sont avec sécurité innées avec le premier maçon créé, c'est ce que je puis vous assurer. Je vous dirai encore, pour que vous soyez bien convaincu du genre de prévarication d'Adam, qu'il faut que vous sachiez d'où est dérivée son opération impure, le fruit de son opération et sa réconciliation. Il faut premièrement que vous observiez que le premier acte de pensée qu'Adam eut, n'est point venu de lui, comme je l'ai déjà dit, mais sa volonté est directe de lui dans sa qualité d'être libre.

      Adam, ayant tout adopté relativement à son mauvais conseil, mit en usage sa volonté pure, simple, spirituelle divine, au gré de ses iniques conseillers démoniaques, et il agit ainsi qu'il lui avait été dit. Je vous ferai encore observer avant d'entrer dans le détail que vous me demandez, touchant le genre de prévarication d'Adam, qu'il faut connaître ce qui peut engendrer la pensée bonne et mauvaise. La pensée parvient à l'homme d'un être supérieur à lui. Si la pensée est sainte, elle provient d'un esprit divin ; si elle est mauvaise, elle provient d'un des démons. Or donc, toutes nos volontés et opérations dans ce monde ne sont mises en action par l'homme, que conformément à la conception de sa pensée.  Martines de Pasqually, Traité de la réintégration des êtres créés dans leurs primitives propriétés, vertus et puissances spirituelles divines

      Lorsqu'Adam était dans son premier état de gloire, il n'avait pas besoin d'intellect bon et mauvais, puisqu'il lisait dans son Créateur, étant face à face de lui. Il lisait également dans la volonté du prince des démons. Adam ne pouvait pas, pour lors, être susceptible de recevoir aucune volonté des esprits bons et mauvais, étant entièrement pensant à la Divinité. Mais, lorsqu'Adam fut laissé seul à sa propre vertu, puissance et volonté libre, il se rendit susceptible de communication bonne ou mauvaise, ainsi que le Christ nous le prouve lui-même par la propre volonté démoniaque qui fut opérée visiblement contre lui sur la montagne du Tabor, où l'esprit démoniaque tenta le Messias en nature sous une forme humaine apparente. Je dirai donc que c'est intellect mauvais qui fait opérer la volonté mauvaise du mineur contre celle du Créateur, ainsi qu'Adam fit, lorsqu'il prévariqua par une opération tout opposée à celle qui étant innée en lui sous sa vertu et puissance spirituelle divine.

      Je vais donc entrer dans le vrai détail du genre de prévarication d'Adam, ainsi que vous le désirez, avec la même certitude qu'il m'a été donné et enseigné par un de mes fidèles amis et protecteurs de la vérité et de la sagesse. Adam, premier homme-Dieu de toute la terre et de tout être créé qui l'habite, fit réellement une opération terrible, en créant une forme à son image et ressemblance de forme corporelle. Toutefois, cette forme ne fut point glorieuse, elle ne put être que forme de matière apparente et même très imparfaite, relativement à l'imperfection de l'acte de sa volonté. Cette opération imparfaite aurait été eut-être moins punie du Créateur, si Adam n'avait pas abusé injustement de la grande puissance que le Créateur avait mise en lui et de laquelle l'Eternel lui avait promis avec serment qu'il agirait avec lui dans toutes les opérations qu'il ferait en son nom, et qu'il lui ferait sentir la certitude de sa promesse immuable, dans quelque circonstance où il eût besoin de son secours et de son appui pour consommer et couronner ses œuvres. C'est de cette promesse immuable qu'il est parti pour manifester sa puissance, que le Créateur lui avait donnée, soit envers tout être spirituel créé et tout être, à créer pour lui un corps imparfait, en faveur duquel Adam renouvela au Créateur la promesse immuable qu'il lui avait faite de venir couronner ses oeuvres. Il lui fit commandement, par son immutabilité divine, qu'il eût à remplir la parole qu'il lui avait prononcée par sa propre et pure volonté de Créateur, en faveur de la création matérielle. Dieu, étant pris par la force de son serment et de son immutabilité, ne put éviter d'accomplir sa promesse sans dégénérer de sa toute-puissance Créateur, suivant la parole immuable qu'il lui avait donnée de joindre son opération spirituelle à l'opération temporelle d'Adam. Ainsi, le Créateur suivit l'opération d'Adam, quoique contraire à sa volonté. Il se comporta envers Adam, comme il le désirait, et lui accorda le couronnement de son premier ouvrage, en renfermant dans cette forme de matière un être mineur que ce misérable Adam a assujetti dans une prison de ténèbres y a rendu par ce moyen cet être mineur pensif et pensant susceptible de misère et de privations éternelle ou limitée.
Le mot de "pensif" est une jonction intellectuelle à l'être mineur qui, de sa nature relativement à son émanation divine, est un être pensant entièrement dans l'immensité du Créateur, et la jonction intellectuelle qui est survenue intimement à cet être mineur pensant a fait dégénérer cet être premier à l'assujettissement d'être toujours pensif, par les notions intellectuelles qu'il reçoit, bonnes ou mauvaises, de la part de bons et mauvais esprits, et de n'être que par temps pensant par sa jonction entière avec l'esprit.

      Il ne faut point être surpris si le premier homme que nous nommons Adam est devenu après sa prévarication un être pensif. La chose est toute claire, ainsi que je l'ai déjà dit ci-dessus. Il doit être encore moins surprenant à sa postérité, que tous les êtres créés après lui mineurs soient tels qu'il est devenu à la fin de sa prévarication. Rien ne prouve mieux ce que je dis à ce sujet que les différentes façons de penser, d'agir et d'opérer parmi la postérité de ce premier père temporel. L'on peut se convaincre de cette vérité par les différentes nations, langues, cultes divins et matériels, les révolutions de la terre et de tous les corps qui l'environnent, qui varient et qui varieront constamment autant et comme la postérité générale et particulière d'Adam jusqu'à la fin des siècles, relativement aux lieux de ténèbres qu'ils habitent, et cela par la communication de cet être intellectuel dont l'homme est environné ; ce qui fait que cette postérité d'être pensant devenu pensif se méfie de l'inspiration bonne ou mauvaise qu'elle reçoit, soit du bon ou du mauvais esprit. Ce qui peut encore se prouver par l'exacte et intime communication que les hommes ont toujours eue par le passé et qu'ils auront jusqu'à la fin des siècles en s'instruisant les uns ou autres de la pensée qu'ils ont conçue, soit tendant au spirituel ou au matériel. Rien ne prouve mieux l'incertitude, l'inconstance et le doute que cette ostérité a de sa défiance d'elle-même, et cela à cause de son avancement prématuré.

      Je ferai observer à mon disciple qu'il y a eu des mineurs créés par la seule opération et volonté divine, et, quoique la forme que ces mineurs créés destinés pour la manifestation de la gloire de l'Eternel ait été un émané de la postérité d'Adam, le mineur qui était inséré dans cette forme était vraiment un pur être pensant, et il n'y avait en lui aucun être pensif. Et pourquoi cela ? Parce que l'Eternel lui manifestait sa volonté propre par la vision d'un de ses députés, qui lui annonçait sans aucun mystère ce qu'il devait faire conformément à sa volonté. Autre chose est inspiration intellectuelle et autre chose est l'opération visuelle de l'esprit ; ce que j'ai dit ci-dessus en parlant des mineurs que Dieu créa après Adam pour se servir d'eux pour manifester sa gloire dans le premier temps de la postérité d'Adam. Héli, que nous appelons le Christ, et que nous reconnaissons avec certitude pour un être pensant, réconcilia Adam avec le Créateur. Enoch réconcilia la postérité première d'Adam sous la postérité de Seth. Noé réconcilia la seconde postérité d'Adam en réconciliant la sienne, et ensuite réconcilia la terre avec le reste réconcilié avec Dieu. Melchisédech confirma toutes ces premières réconciliations en bénissant les oeuvres d'Abraham et de ses trois cents serviteurs, ce qui fait réellement allusion à la bénédiction que Dieu donna aux trois enfants de Noé : Sem, Cham et Japhet. En y comprenant le père de ces trois enfants, ils firent le nombre parfait de quatre, lequel nombre vient en parallèle de celui d'Abraham, dont lui est un, que l'on joint avec le nombre de trois cents, les additionnant ensemble forment le nombre de quatre.  Martines de Pasqually, Traité de la réintégration des êtres créés dans leurs primitives propriétés, vertus et puissances spirituelles divines




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