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Caïn

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Biographie Universelle Ancienne et Moderne

      Caïn, premier fils d'Adam et d'Eve, dont le nom hébreu, Canah, signifie posséder, parce que sa mère, vivement pénétrée de la promesse que d'elle naîtrait celui qui devait écraser la tête du serpent séducteur, et croyant que cette promesse allait avoir son accomplissement dans ce premier-né, s'écria, dans le ravissement de sa joie, en le mettant au monde : «Voilà que je possède maintenant un fils ». Pour rectifier ce qui a été dit dans les articles Adam et Abel, on observera qu'il n'y a rien de certain sur l'époque précise de la naissance de Caïn ; qu'elle a dû être très rapprochée de la création, puisque ce fut aussitôt après avoir créé le père et la mère du genre humain que Dieu institua le mariage, et qu'il leur dit : « Croissez et multipliez », mais postérieurement à leur expulsion du Paradis terrestre, car il serait impossible autrement d'expliquer comment Caïn et Abel auraient pu contracter en naissant le péché originel.

      Caïn se livra à la culture de la terre, et c'est du fruit de ce travail qu'il fit au Seigneur l'offrande à laquelle fut préférée celle d'Abel. Moïse et saint Paul indiquent les raisons de cette préférence, l'un en disant qu'Abel offrit ce qu'il y avait de meilleur parmi les premiers-nés de son troupeau, qualité qui ne marque point dans l'offrande de Caïn ; l'autre, en nous apprenant que celle d'Abel fut plus abondante ou meilleure, et qu'elle fut animée d'une foi vive. On ne sait pas au juste par quel signe Dieu fit connaître la préférence donnée à l'offrande d'Abel. es Juifs, autorisés par divers événéments semblables de l'histoire sainte, conjecturent que ce fut par un feu du ciel qui la consuma, sans toucher à celle de son frère. On ignore également quel fut l'effet de cette préférence de la part de Dieu. L'opinion la plus générale et la plus conforme à l'analogie de la foi, c'est que le droit d'aînesse fut transféré de l'aîné au cadet, et, par conséquent, l'auguste prérogative de voir naître de sa postérité le Messie réparateur. Cette préférence mit le trouble dans le cœur de Caïn et l'agitation dans tous ses sens. La tristesse et l'abattement parurent sur son visage. Dieu, touché de son désespoir, chercha à le faire rentrer en lui-même par ces paroles de consolation : « Le droit d'aînesse, il est vrai, vous élevait au-dessus de votre frère, qui vous était soumis. La perte que vous en avez faite ne doit point vous ôter tout espoir : si vous pratiquez le bien, vous n'en serez pas moins récompensé ; mais si, persistant dans les noirs projets qui roulent dans votre pensée, vous faites le mal, votre crime sera toujours présent à votre esprit, et vos remords ne vous laisseront pas un moment de repos ». Caïn, sourd à cette voix, attira son frère dans un lieu écarté, lui chercha querelle, et se souilla par le premier meurtre qui ait ensanglanté la terre. Le Seigneur, dont ce crime semblait devoir provoquer une vengeance éclatante, se contenta de lui dire : « Caïn, où est Abel, votre frère ? » Caïn, au lieu de s'avouer coupable et de recourir à la miséricorde de Dieu, crut pouvoir se soustraire à cette question importune par la réponse évasive qu'il n'en savait rien ; qu'il n'était pas chargé de la garde de son frère. Alors le Seigneur prononça contre lui cet arrêt terrible qui devait retentir dans toutes les générations : « Quel crime affreux avez-vous commis ? La voix du sang de votre frère s'est élevée jusque à moi ; elle ne peut être apaisée que par une punition exemplaire. Vous serez proscrit de cette terre abreuvée de sang innocent, condamné à une vie errante et vagabonde. Le champ que vous cultivez à la sueur de votre front ne vous rendra point le fruit de vos travaux ; et, poursuivi sans relâche par le plus épouvantable souvenir, vous ne croirez voir dand tous les hommes que des vengeurs de votre fratricide. » Cet arrêt foudroyant fit enfin comprendre à Caïn toute l'énormité de son crime ; il se reconnut indigne du pardon, ne vit autour de lui que les horreurs de la mort, et crut qu'il serait la victime du premier homme qu'il rencontrerait. Dieu le rassura encore contre cette crainte, en lui dénonçant la sévère punition de quiconque oserait attenter à sa vie, et lui confirma cette promesse rassurante par un signe ; c'est-à-dire, suivant l'opinion la plus autorisée, par un miracle, qui ne devait plus laisser subsister de crainte à cet égard dans son esprit. Cet événement doit être placé dans la 129ème année d'Adam, puisque, selon l'Ecriture sainte, c'est en l'année 130 que naquit Seth, destiné à remplacer Abel dans la famille des pères du genre humain. Cette époque certaine fournit la réponse au système de Lapeyrère et aux difficultés de Bayle, en faveur des préadamites : ces deux auteurs prétendent en conclure l'existence de l'arrêt prononcé par le Seigneur contre Caïn. (Voyez là-dessus Crouzas, Examen du pyrrhonisme, et une bonne dissertation sur l'article Caïn de Bayle, dans les Mémoires de Trévoux, de mai 1758.)

      Caïn, après avoir longtemps erré, se retira dans la terre du Nord, à l'orient d'Eden. Sa famille s'étant prodigieusement multipliée, il y construisit des cabanes, dont on a fait une ville appelée Henoch, du nom de son fils. On ne sait point l'époque de sa mort. Suivant une ancienne tradition, il fut tué par Lamech, son neveu ; mais cette tradition n'est nullement certaine. Josèphe, sur l'autorité de qui on ne peut guère compter, dit que Caïn commit toutes sortes de déprédations ; qu'il s'adonna au libertinage ; qu'il substitua le luxe à l'antique simplicité des mœurs ; qu'il établit le premier le droit de propriété, en séparant les héritages par des haies, et qu'il fut l'inventeur des poids et mesures.

      Il sortit, au milieu de second siècle, du sein des Valentiniens, selon saint Irénée, ou de celui des Nicolaïtes, selon saint Epiphane, une secte de Caïnites, qui affectaient pour Caïn une vénération toute particulière. On les appela Judaïtes, parce que, dans leur culte, ils associèrent Judas à Caïn. Ils reconnaissaient une vertu supérieure à celle du Créateur, qu'ils nommaient sagesse ; mettaient la perfection de la raison à commettre sans pudeur toutes sortes d'infamies ; prétendaient que chaque action infâme avait son ange tutélaire, qu'ils invoquaient en s'y livrant. Ces sectaires avaient un Evangile de Judas, un livre apocryphe de l'Ascension de saint Paul, et d'autres écrits remplis de choses horribles. Une femme, nommée Quintille, qui avait ajouté des pratiques encore plus abominables à celles des Caïnites, pervertit en Afrique beaucoup de monde. On croit que ce furent ses prédications qui engagèrent Tertullien à écrire son traité de Baptismo.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 6 - Pages 363-364)



Dom Antoine-Joseph Pernéty

      Nom que les Philosophes ont donné à leur matière en putréfaction et parvenue au noir, peut-être à cause de la malédiction que Dieu prononça contre lui, au sujet du meurtre qu'il avait commis envers son frère Abel, ou parce que les désordres de ses descendants furent la cause du déluge, qui fit périr presque tout le genre humain. Ce déluge est figuré par la dissolution de la matière, et ses effets par la putréfaction.  Dom Antoine-Joseph Pernety, Dictionnaire mytho-hermétique, Edition de 1758 - Français modernisé par France-Spiritualités.




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