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Prophète Samuel

(XIème siècle avant J.-C., selon la Bible)
Prophète, et onzième et dernier juge des Hébreux
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"I Samuel", dans la Bible Louis Segond  l  "II Samuel", dans la Bible Louis Segond

Biographie universelle ancienne et moderne

      Samuel (que Dieu a exaucé) (1), juge et prophète d'Israël, naquit dans la petite ville de Ramatha (ou Ramathaïm Sophim), sur la montagne d'Ephraïm, vers l'an 1155 avant J.-C. Son père se nommait Elcana et sa mère Anne. Ils étaient l'un et l'autre de la tribu de Lévi. Anne avait été longtemps stérile, mais, par la pureté de son cœur et par ses prières, elle obtint du Seigneur la cessation de son opprobre et le titre de mère. Quand elle eut sevré son fils aîné, elle le présenta au grand prêtre Héli pour servir devant le Seigneur, et manifesta sa reconnaissance par le sublime cantique rapporté dans le deuxième chapitre du premier livre des Rois. Après le sacrifice d'usage, les parents de Samuel retournèrent à Ramatha, laissant l'enfant à Silo, où, vêtu d'un éphod de lin, dit l'Ecriture, il remplissait les fonctions lévitiques que sa jeunesse lui permettait. Cependant la parole du Seigneur était alors rare et précieuse, et l'on ne connaissait guère de visions et de prophéties ; les yeux d'Héli s'étaient obscurcis, et ses fils ne cessaient, par leur turpitude, d'éloigner les Hébreux d'offrir des holocaustes. Une nuit, lorsque la lampe n'était pas encore éteinte et que Samuel se fut endormi dans sa chambre ordinaire, le Seigneur l'appela. Le jeune lévite s'imagina que c'était la voix d'Héli et courut recevoir ses ordres. Le grand prêtre lui dit qu'il ne l'avait point appelé et qu'il pouvait se rendormir. Le Seigneur se fit entendre une seconde fois ; même démarche de la part de Samuel, même réponse de la part d'Héli. Mais à la troisième fois, le grand prêtre crut reconnaître une révélation divine, et dit à Samuel : Allez et dormez ; si l'on vous appelle encore, répondez : « Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur vous écoute ». Samuel retourna dans sa chambre et s'endormit. Le Seigneur l'appela, comme il l'avait fait les autres fois, Samuel ! Samuel ! L'enfant répondit : « Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur vous écoute ». Alors le Seigneur lui dit : « Je vais faire une chose dans Israël que nul ne pourra entendre sans être frappé d'un profond étonnement. J'accomplirai tout ce que j'ai annoncé contre Héli et contre sa maison : je commencerai et j'achèverai. Je lui avais prédit que j'exercerais mon jugement contre sa famille, parce que, sachant que ses fils se conduisaient d'une manière indigne, il ne les a point punis. C'est pourquoi j'ai juré que cette iniquité ne sera jamais expiée, ni par des victimes ni par des présents ». Samuel raconta, le lendemain matin, à Héli ce qui s'était passé et lui répéta les menaces du Seigneur. A dater de cette époque, on s'aperçut que le Seigneur était avec lui, et nulle de ses paroles ne manqua d'être vérifiée.

      Après les désastres de la maison d'Héli, Samuel, à l'âge de quarante ans, fut établi juge d'Israël. Cependant les Hébreux, voulant retourner au Dieu de leurs pères, consultèrent Samuel, qui leur conseilla de renoncer aux idoles et de recourir aux jeûnes et aux sacrifices pour se purifier des impuretés qu'ils avaient contractées. Le peuple obéit ; Samuel prit un agneau qui têtait encore, et qui était sans défaut, et l'offrit en holocauste. Ce sacrifice, offert à Masphath, où Samuel se trouvait alors, fléchit la colère du Seigneur, qui humilia les Philistins et donna la victoire aux Hébreux. Samuel résidait ordinairement à Ramatha, sa patrie, mais il allait tous les ans à Béthel, à Galgala, à Masphath, et y rendait la justice à Israël. Parvenu à un âge avancé, il se déchargea de la judicature sur ses deux fils, Joël et Abia, qu'il établit à Bersabée. Ceux-ci ne marchèrent point dans ses voies : ils se laissèrent corrompre par l'avarice, reçurent des présents et jugèrent injustement. Tous les anciens d'Israël, affligés d'une si criante iniquité, s'assemblèrent, vinrent trouver Samuel à Ramatha et lui dirent : « Voilà que vous êtes devenu vieux, et vos enfants ne marchent pas sur vos traces : donnez-nous un roi, comme en ont toutes les nations, afin qu'il nous juge et qu'il nous commande. » Cette proposition déplut à Samuel ; il s'adressa au Seigneur, qui lui répondit : « Ecoutez leur voix dans tout ce qu'ils vous disent ; ce n'est pas vous qu'ils rejettent, c'est moi : depuis la sortie d'Egypte, ils n'ont cessé d'en agir ainsi. Ils m'ont abandonné pour servir des dieux étrangers, et maintenant ils vous traitent de même. Faites ce qu'ils vous demandent ; mais auparavant déclarez-leur quel sera le droit du roi qui régnera sur eux. » Samuel rapporta au peuple toutes les paroles du Seigneur, et il ajouta : « Voici ques seront les droits du roi qui vous gouvernera : il prendra vos enfants pour conduire ses chariots. Il s'en fera des gens de cheval et les fera courir devant son char. Il en fera ses officiers pour commander les uns mille hommes et les autres cinquante. Il prendra les uns pour labourer ses champs et pour recueillir ses blés, et les autres pour lui faire des armes et des chariots. Il se fera de vos filles des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères. ll prendra aussi ce qu'il y aura de meilleur dans vos champs, dans vos vignes et dans vos plants d'oliviers, et il le donnera à ses serviteurs. Il vous fera payer la dîme de vos blés et du produit de vos vignes, pour avoir de quoi donner à ses eunuques et à ses officiers. Il prendra vos serviteurs, vos servantes et les jeunes gens les plus forts, avec vos ânes, et il les fera travailler pour lui. Il prendra aussi la dîme de vos troupeaux et vous serez ses serviteurs. Vous crierez alors contre votre roi que vous aurez élu, et le Seigneur ne vous exaucera point, parce que c'est vous-mêmes qui avez demandé d'avoir un roi. » Le peuple ne voulut point écouter le discours de Samuel, et il s'obstina de plus en plus à demander un roi qui le jugeât et qui combattît avec lui.

      Vers le même temps, le Seigneur conduisit Saül à Ramatha. Samuel le logea dans sa maison, et, le lendemain, il prit une petite fiole d'huile, qu'il répandit sur la tête de Saül et le sacra roi d'Israël. Après cela, il fit assembler tout le peuple devant le Seigneur, à Masphath, pour procéder à l'élection d'un roi par le sort. Saül fut désigné de cette manière, et tout le peuple cria : Vive le roi ! Samuel prononça ensuite la loi du royaume, l'écrivit sur un rouleau et la déposa devant le Seigneur. Ce trait de la vie de Samuel a donné lieu à des contestations très vives. Le ministre Jurieu l'expliquait dans un sens favorable à ses opinions. Le grand Bossuet lui répondit dans ses Avertissements aux protestants, où il ne fit que développer les principes qu'il avait déjà posés dans sa Politique tirée de l'Ecriture sainte. Plus récemment, Volney a publié une Histoire de Samuel, inventeur du sacre des rois, Paris, 1820, in-8°. L'auteur ne voit dans la conduite du voyant Samuel qu'un trait de machiavélisme sacerdotal.

      Après que Saül eut remporté une victoire éclatante sur les Ammonites, Samuel dit au peuple : « Venez ; allons à Galgala et y renouvelons l'élection du roi ». Tout le peuple alla donc à Galgala, et il y proclama de nouveau Saül pour roi, en présence du Seigneur. Alors Samuel dit au peuple d'Israël : « Vous voyez que je me suis rendu à tout ce que vous m'avez demandé et que je vous ai donné un roi. Pour moi, je suis vieux et déjà tout blanc, et mes enfants sont avec vous. Déclarez devant le Seigneur et devant son oint si j'ai pris le bœuf ou l'âne de personne, si j'ai usé de violence ou de concussion, si j'ai reçu des présents de qui que ce soit, et je vous satisferai présentement ». Tous répondirent : « Vous ne nous avez point opprimés, ni par fraude ni par violence, et vous n'avez rien pris de personne. » Samuel rappela ensuite aux Hébreux les bienfaits du Seigneur et le pacte qu'ils avaient fait avec lui, les exhortant à le renouveler en sa présence ; ce qui fut exécuté au milieu des éclairs et des tonnerres, comme sur le mont Sinaï.

      Saül ne tarda pas à se rendre coupable de désobéissance à la loi du Seigneur, en offrant lui-même l'holocauste à Galgala. Samuel arriva dans le même temps et annonça à ce prince que son règne ne subsisterait point et que le Seigneur choisirait un autre roi selon son cœur, et il se rendit à Gabaa. Cependant, lorsque Saül eut défait les Amalécites, Samuel alla le trouver pour le reconnaître de nouveau et pour lui ordonner, de la part du Seigneur, de marcher contre les restes d'Amalec, de les tailler en pièces et de détruire sans pitié tout ce qui appartenait à ce peuple maudit. Saül n'épargna ni femmes ni enfants, seulement il prit le roi Agag et l'emmena dans sa tente. Aussitôt Samuel, suivant les ordres du Seigneur, se rendit à Galgala, où Saül offrait un sacrifice d'actions de grâces ; il lui reprocha son infidélité et lui déclara qu'il était irrévocablement réprouvé. Il commanda aussi qu'on lui présentât le roi d'Amalec. Quand ce prince fut en sa présence, Samuel lui dit : « Comme votre épée a ravi les enfants à tant de mères, ainsi votre mère parmi les femmes sera sans enfants. » Et il le coupa en morceaux devant le Seigneur.

      Samuel, continue l'Ecriture, s'en retourna ensuite à Ramatha ; et, depuis ce jour, il ne vit plus Saül, mais il le pleurait sans cesse, parce que le Seigneur se repentait de l'avoir établi roi sur Israël. Un jour, le Seigneur lui dit : « Jusqu'à quand pleurerez-vous Saül, puisque je l'ai rejeté et que je ne veux plus qu'il règne ? Emplissez d'huile la corne que vous avez et venez, afin que je vous envoie à Isaï de Bethléhem, car je me suis choisi un roi parmi ses enfants. » Samuel résista quelque temps ; mais enfin il obéit à la volonté du Seigneur et se rendit à Bethléhem, où il sacra David à côté de ses frères, et puis repartit pour Ramatha. Il paraît que David allait souvent consulter Samuel et qu'il en recevait des avis pleins de sagesse.

      Ce grand homme mourut à Ramatha, où il fut enterré par le peuple d'lsraël, qui le regretta beaucoup, en l'an 1057 avant J.-C. Il était âgé de plus de 98 ans. Il y avait peu de temps que Samuel était mort lorsque Saül alla trouver la pythonisse d'Endor pour évoquer l'ombre de ce prophète, qui, en effet, sortit de sa tombe et lui fit cette accablante réponse : « Le Seigneur vous traitera connue je vous l'ai dit de sa part. Il déchirera votre royaume et l'arrachera de vos mains pour le donner à David, votre gendre. Demain, vous serez avec moi, vous et vos fils ; et le Seigneur abandonnera aux Philistins le camp d'Israël. » Le corps de Samuel fut transféré à Constantinople, sous l'empereur Arcadius, avec des honneurs infinis. La fête de ce prophète se célèbre le 20 août, dans l'Eglise latine. (Voyez Baillet, Vies des saints de l'Ancien Testament.) On lit dans l'Ecclésiaste, chapitre 46, un éloge de ce grand prophète, qui est comme le sommaire de sa vie : « Samuel a été aimé du Seigneur son Dieu : il a institué un gouvernement nouveau, et il a sauvé les princes de son peuple. Il a jugé l'assemblée d'Israël selon la loi : il a paru un vrai prophète dans sa foi, et il a été reconnu fidèle dans ses paroles. Il a invoqué le Tout-Puissant, en lui offrant un agneau sans tache, lorsque ses ennemis l'attaquaient de tous côtés. Alors le Tout-Puissant tonna du haut des cieux et fit entendre sa voix avec un grand bruit. Samuel tailla en pièces les princes de Tyr et tous les chefs des Philistins. Avant la fin de sa vie, il prit aussi à témoin le Seigneur et son Christ, en protestant qu'il n'avait jamais rien pris de qui que ce soit, et il ne se trouva personne qui pût l'accuser. Il a prophétisé même après sa mort : « il parla au roi et lui prédit la fin de sa vie, et, sortant de la terre, il haussa la voix pour prédire la ruine du peuple et la peine due à son impiété. »

      On attribue à Samuel : Schophetim (Bible Louis Segond">Le Livre des Juges), en vingt-et-un chapitres. C'est le sentiment d'un grand nombre de critiques et de commentateurs : Jahn n'en est pas éloigné (Introduct. in lib. vet. fœd., page 220). Bible Louis Segond">Ruth, en quatre chapitres. Voyez son article. Bible Louis Segond">Samuel, ou le Premier livre des Rois, jusqu'au chapitre 24. C'est l'opinion la plus générale et la plus accréditée. Newton et beaucoup d'autres la croient fondée sur le verset 29 du chapitre 29 du premier livre des Paralipomènes. On lui a aussi attribué un Livre du droit du royaume et quelques autres pièces apocryphes, sur lesquelles on peut consulter Fabricius, Cod. pseudepigr. Vet. Testamenti, t. 1.

________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ (1)  Tel est le sens littéral du texte.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 37 - Pages 591-595)



Dictionnaire M. Bescherelle

Onzième et dernier juge des Hébreux, né 1139 ans av. J.-C., d'Elcana et d'Anca, de la tribu de Lévi. Sa mère, qui le mit au monde après une longue stérilité, le consacra à Dieu. Vers l'an 1116, établi juge d'Israël, il délivra son peuple du joug des Philistins. Il sacra Saül roi d'Israël, puis David en la place de ce prince, et mourut à Ramatha en 1061 av. J.-C. On lui attribue le livre des Juges, celui de Ruth et le premier des Rois. Il commence la chaîne des prophètes, qui à partir de lui continue sans interruption jusqu'à Malachie.  M. Bescherelle, aîné, Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française - Volume II (G-Z) (1856), pp. 1260-1261.


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