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Padre Pio, la plus grande énigme vivante

article de Janine Reigner (1956)
© France-Spiritualités™



Cet article a paru originellement dans le N°38 de la revue Initiation & Science (avril-juin 1956). Il a été ressaisi et corrigé par France-Spiritualités.

      Le vent des Pouilles souffle sec entre Adriatique et Apennins. Le village repose, ses demeures tournées vers le large... Un Saint peut-être vit ici.

      Avant l'aube, dès trois heures chaque matin, qu'il pleuve ou qu'il gèle, San-Giovanni-Rotondo sort de la torpeur nocturne. Les lumières s'allument aux fenêtres et une demi-heure plus tard les portes grincent et s'entrouvrent. Des femmes, la tête couverte d'un châle, quelques hommes sortent et bientôt c'est tout le village qui s'écoule d'un seul jet le long de l'unique route, celle qui mène à l'Eglise Notre-Dame-des-Grâces.

      Serrant leurs missels entre leurs mains, hâtant le pas, tous n'ont qu'une pensée pour l'instant : se présenter devant l'église avant qu'on ouvre le portail et entrer en tête pour avoir une bonne place. C'est à dire, être plus près de Padre Pio, voir son visage et ses mains, le toucher peut-être... La chapelle est attenante au couvent des Capucins, dont le jardin laisse voir, par dessus les murs blancs, ses lauriers, ses ifs et ses cyprès.

      Bientôt, le Père Pio, Padre Pio da Pietrelcina, va quitter sa cellule pour venir célébrer sa messe matinale.

      Dans l'ombre, tous les visages sont tournés vers le couloir qui donne accès au couvent. La foule fanatique ne peut contenir son impatience. Des cris étouffés, des murmures, des bribes de prières s'en échappent. Des retardataires essaient de se frayer un passage vers l'autel de Saint-François où va se dire la messe, poussant et heurtant ceux qui sont déjà assis ou agenouillés. Protestations véhémentes, bousculades, brouhahas de chaises, un enfant hurle, un autre lui répond aussitôt... Eh bien ! Nous sommes dans l'Italie du Sud où la dévotion n'a jamais été discrète.

      Mais, silencieux, glissant dans leurs sandales, en robe de bure marron, les Capucins sont entrés. Padre Pio, le Stigmatisé, revêtu de son surplis, entre le dernier et s'approche de l'Autel. A présent, les yeux des fidèles ne le quitteront plus :

      – Nous le regardons, disent-ils et nous savons que, lui, voit Jésus !

      Court et trapu, le Père, en vêtements ordinaires, ne se distinguerait sans doute pas d'un autre paysan italien d'une soixantaine d'années. Il est né non loin d'ici, à Pietrelcina, dans un pays qui fait les hommes rudes et résistants. Cependant, à mieux l'étudier, on est frappé par son regard paisible et lointain, avec parfois une expression douloureuse. L'œil reste fixe, même quand le reste de la figure s'anime, un œil qui voit sans regarder... L'impression se confirme pendant qu'il officie. Il est tout ensemble présent et absent, atteint d'une sorte d' « automatisme », comme de mouvements intérieurs, de ces mouvements immobiles, bien connus des mystiques orientaux. En lui, « quelque chose » bouge, même en dehors du moindre geste. Parfois, sa voix se casse et s'arrête. On dirait qu'elle va entrer en lui...

      Ce n'est que pour dire la messe que le Père Pio se présente en public, les mains nues. Autrement, il porte des mitaines juste assez larges pour cacher ses plaies. A la lumière des cierges, la paume apparaît entièrement striée de violet jusqu'à la première phalange des doigts. Les cicatrices dévorent aussi le dessus de la main, moins visibles à cause de la manche rabattue. Elles forment un lacis de croûtes, de traces profondes mélangées de sang coagulé et de sang frais. Pour la première fois, il est donné à ceux qui viennent jusqu'à San-Giovanni, de voir les mains d'un homme marquées par les stigmates du Christ en croix !


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Portrait de Padre Pio da Pietrelcina      C'est la première fois dans l'histoire de l'Eglise qu'un prêtre présente les stigmates (François d'Assises, fondateur de l'ordre auquel appartient le Père, et grand stigmatisé lui-même, comme on sait, n'était pas prêtre).

      Pour un groupe de dévôts de plus en plus nombreux, Padre Pio est déjà un Saint, doué de tous les Pouvoirs, nossédant entre autres le don de guérison. Nous verrons les légendes qui courent à son sujet...

      Pour les chercheurs, les médecins de toutes confessions et ceux qui n'en ont pas, il s'agit évidemment d'un « cas » à peu près unique. Le Père Pio ne s'est jamais dérobé à l'observation clinique et nous possédons à son sujet de précieuses notes, émanant de médecins appelés par lui en consultation.

      Tous ceux qui s'intéressent, sans préjugés, aux phénomènes étranges, ont, en faisant le voyage de San-Giovanni, la possibilité d'approcher cet être « signé » par le destin, leur contemporain, en connaissance de cause. Pour une fois, les contes et les racontars sont remplacés par les rapports des médecins qui l'ont soigné et des malades qu'il a guéris. Le merveilleux et l'observation scientifique se côtoient et parfois se confondent. La légende ne nous vient plus du fond des âges, mais elle est en train de se former, sous nos yeux, à quelques pas de nous...

      Quant à l'Eglise, suivant sa prudence habituelle, elle ne s'est pas prononcée. Padre Pio est pour elle un religieux comme les autres, vivant la règle de son Ordre, obéissant à son Supérieur.

      Pour le monde, le Père Pio est né Francesco Forgione, le 25 mai 1887.

      Peut-être le prénom qu'il reçut au baptême amorçait-il sa consécration au mystique d'Assise ? Dès l'âge de cinq ans, il promettait fidélité à Dieu et à saint François.

      La famille était pauvre. Les paysans des Pouilles le sont presque toujours. Mais le père, un fermier qui ne savait pas lire, devina la vocation de son fils et l'encouragea. Jamais il n'y eut pour le jeune Francesco le moindre doute. Il porterait la robe de bure. On se priva pour lui acheter des livres et l'envoyer à l'école.

      En 1902, il peut commencer son noviciat dans l'Ordre qu'il a choisi. Très vite, il se fait remarquer par son zèle pieux, mais sa santé qui n'est pas bonne pose un problème aux siens. On ne sait s'il pourra continuer dans l'étroite voie franciscaine. Il continue et en 1910, il est ordonné prêtre.

      Un jour de 1915, alors qu'il avait quitté son couvent de la ville voisine, pour s'installer quelques jours chez ses parents où il revenait toujours avec plaisir, sa mère le vit dans le jardin agitant ses deux mains en l'air.

      – Que fais-tu ? s'écria-t-elle.

      – Je souffre, répondit-il. C'est comme si je m'étais brûlé.

      Premier symptôme auquel personne ne prêta alors attention. Le matin, à la messe, on avait célébré les stigmates de François d'Assise.

      L'année suivante, les portes du couvent de San Giovanni-Rotondo se refermaient sur Padre Pio. C'est là, dans la chapelle, le 20 septembre 1918, qu'il reçut les stigmates, telles qu'il les porte depuis bientôt quarante ans. Il était seul. Un Père qui passait dans le couloir le vit chanceler et s'écrouler en poussant un cri. Se précipitant, il le trouva inanimé, les bras en croix, au pied du crucifix. Aussitôt, il l'emporta dans sa cellule, où le blessé reprit peu à peu connaissance.

      Du sang coulait et on croyait qu'il s'était blessé en tombant. Le médecin du bourg fut appelé qui diagnostiqua des plaies superficielles et ordonna un traitement léger. Le traitement ne produisit aucun effet. Les plaies continuaient à saigner. Il fallut bientôt se rendre à l'évidence. Ce n'est pas dans une maison de Saint-François que l'on pouvait longtemps se leurrer sur la nature du phénomène. Le corps du Père Pio, comme celui du Christ portait cinq plaies, et aux mêmes endroits : deux aux mains, deux aux pieds et une au côté gauche.


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      Depuis, les plus grands spécialistes italiens se sont succédés au chevet du Père Pio. Ils ont essayé de le « soigner ». En toute bonne foi, le Capucin se soumettait à leurs prescriptions, mais rien n'y fit. Son cas exaspérait et passionnait les médecins, car il s'agissait de lésions superficielles de la peau (et non de perforations, comme on le dit parfois, autour de lui, avec un autel et essayer d'en ramasser. Elles les conservent comme des reliques ! En prenant soin que Padre Pio n'en sache rien...

      Quant à la plaie du côté, elle est beaucoup plus importante, puisqu'elle n'aurait pas moins de sept centimètres de diamètre. Chaque jour, il s'en écoule de quoi remplir une tasse de sang. La science a été impuissante – et depuis 40 ans – répétons-le, à tarir ce flux.

      Faut-il admettre que c'est l'excès de sa dévotion pour la Croix qui, chez le Père Pio, se déverse ainsi ? On sait aujourd'hui qu'une grande émotion peut s'inscrire en signes visibles sur l'épiderme, comme elle peut aussi, en profondeur, léser un organe interne. Toutefois, le cas du Père reste à peu près unique. L'homme ne présente aucun trouble psychique, aucune déficience nerveuse ainsi que cela arrive chez la plupart des sujets stigmatisés. Sa personne respire l'équilibre, la simplicité. Ses paroles sont marquées au coin du plus pur bon sens, voire d'un humour plein de finesse. A un médecin sceptique qui l'interrogeait :

      – Pourquoi vos plaies sont-elles aux mains et non aux bras ? il répliqua

      – C'est à vous de me l'expliquer, vous qui êtes un homme de science !

      Loin d'être « en deça » de l'humanité moyenne, il apparaît « au-delà », dans les manifestations de la vie quotidienne, et surtout dans l'exercice de son sacerdoce. Mais d'autres êtres, des hommes, des femmes sont de grands mystiques ; pourtant, ils n'ont pas reçu le don de stigmates. Pourquoi Padre Pio ? C'est là le prodige, certains pensent le Miracle....


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      Ceux-là en ont déduit que Padre Pio était appelé à jouer un rôle de première importance dans la Chrétienté. L'Eglise connaît au XXème siècle plus d'une difficulté. Quelques-uns de ses dogmes sont ébranlés ; des fidèles se détournent d'elle. Dieu aurait alors suscité Padre Pio.... Ne nous attardons pas plus longtemps sur ce terrain. Nous avons voulu seulement signaler un courant d'idées. Il règne à San-Giovanni une étrange atmosphère de haute piété comme de sentimentalisme exalté. L'humble Capucin n'a sûrement pas voulu tout ce qui se dit et se fait en son nom. L'adoration qui le cerne et l'étouffe lui est pénible. Il n'a jamais eu une très bonne santé, mais aucun homme ne peut vivre tant d'années avec des plaies ouvertes sans souffrir. Parfois ses pieds blessés ont peine à le porter. On répète dans son entourage qu'il souffre plus pour aller de l'autel au confessionnal que pour sortir de sa chambre et marcher au dehors. C'est que lorsque ayant achevé sa messe, il franchit les quelques mètres qui le séparent de son confessionnal, il est assailli par la foule des fanatiques en délire qui se ruent sur ses pas, implorant sa bénédiction.


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      L'atmosphère est particulièrement intense pendant que le Père officie. Lui-même a maintes fois affirmé que les grâces arrivent pendant sa messe. Plongé dans la récitation des textes liturgiques, il ignore le déclic d'un appareil photographique ou l'éclair de magnésium, de même qu'il est sourd aux cris des enfants, parfois des petits malades qu'on espère voir guérir et qu'on a traînés à demi-endormis, ou aux aboiements des chiens qu'il est difficile d'empêcher de se glisser dans la chapelle. (Les Bêtes, infailliblement attirées par la qualité spirituelle des hommes...) De rares fois cependant, l'agitation du lieu tire le Père de son oraison et les assistants médusés sont témoins de l'explosion d'un tempérament quasi napolitain. Nul n'est parfait et bien peu d'individus, du reste, résisteraient à l'incessante pression à laquelle il est soumis. Les jeunes novices du couvent ont dû s'instaurer en quelque sorte ses gardes du corps, puisque dévôts, malades, curieux, et même adversaires sont à l'affût de cet homme qui vit dans une ambiance surnaturelle.

      Aux signes extraordinaires qu'il présente, on prétend qu'il s'en ajoute d'autres. Des reporters venus d'Amérique, attendent, caméra au poing, qu'il se dirige vers l'autel de Saint-François sans toucher terre. Cela se serait déjà produit....

      Car le Père Pio est doué de tous les pouvoirs supra-humains, ces pouvoirs qui, pas plus que les stigmates, ne prouvent la réalité d'une croyance, mais attestent l'entière emprise de cette croyance, quelle qu'elle soit, sur une âme... Lévitation, bilocation, glossolalie, divinations, apparitions, don des larmes provoquées, émissions d'effluves parfumées, et bien sûr guérison par imposition des mains, tout y est.


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      Un villageois raconta un soir qu'il avait eu la joie de rencontrer Padre Pio dans l'après-midi. Il l'avait salué et le Père lui avait rendu son « Bongiorno ».

      – Mais, objecta-t-on, le Père n'a pas quitté sa cellule de trois jours.

      L'homme persista à affirmer, s'entêta et, ayant fait un pari, alla s'informer au couvent. C'était vrai. Padre Pio, en prières, n'était pas sorti.

      De tels faits s'étant renouvelés plusieurs fois, on en a conclu au don de bilocation du Père Pio. Ou bien s'agit-il d'hallucinations ? Volontaires ? Involontaires ?

      Le Père ne s'exprime qu'en italien, et encore dans un patois du sud, pittoresque, mais facilitant peu les relations internationales ! Pourtant, si des étrangers lui parlent dans leur langue, il leur répond. Et jamais à côté. Toujours avec justesse. Don des langues et divination se rejoignent ici.

      Au sujet du pouvoir qu'aurait le Père de se manifester au loin à ceux à qui il désire communiquer un message, les histoires sont nombreuses. Voici celle qui arriva à Mlle Maria V, une infirmière suisse, et qu'elle narre elle-même.

      « L'année dernière, j'habitais Paris où je travaillais. J'avais entendu parler de Padre Pio, je l'admirais, mais sans penser particulièrement à lui. Or, un jour, me trouvant seule chez moi, j'eus l'impression que ma chambre était envahie par des effluves fleuries. L'air fut bientôt rempli par une odeur de jasmin, douce bien que très pénétrante. D'où pouvait-elle venir ? Portes et fenêtres étaient fermées, car on était en plein hiver. Subitement, sans savoir pourquoi, je songe à Padre Pio. Son image s'imposa à moi... Padre Pio m'appelle, me dis-je. Je dois aller à lui. Je n'avais aucune raison de quitter Paris où mon travail, dans une famille, me plaisait. Je ne bougeai donc pas. Il fallut qu'un autre jour, dans un endroit public cette fois, les effluves parfumées reviennent à moi, pour que je comprenne. Padre Pio me demandait de venir vers lui. Je savais qu'on venait d'ouvrir un grand hôpital à San Giovanni et qu'on recrutait du personnel. Je posai donc ma candidature, je fus agréée, j'ai tout quitté... et me voici ici. »

      L'étrange aventure de Maria V. n'aurait pas tant d'intérêt si elle demeurait un cas isolé. Mais, bien d'autres personnes, en différents points du monde, malades ou non, ont déclaré s'être senties submergées par des effluves odorantes et avoir eu conscience de recevoir un message émanant de San-Giovanni. Il s'est même créé parmi les dévôts un « langage » des effluves. D'encens, elles signifient protection. De jasmin ou de roses : Venez à moi : D'iode : Attention ! On vous avertit que la voie que vous suivez est mauvaise.

      La certitude que le Père Pio lit dans les âmes sans se tromper est basée sur d'innombrables faits. Quand il refuse bénédiction ou communion, c'est toujours à des pêcheurs impénitents, à des gens qui sont venus à lui avec des intentions malveillantes. (Oui ! Nous sommes au pays de Don Camillo et la politique se souvient parfois de San Giovanni...)

      Une jeune fille lui demanda un jour de bénir un livre de piété. Il lui avait été confié par une amie qui n'avait pu se déplacer, mais qui l'avait suppliée d'obtenir du Père qu'il bénisse toutes les images du livre et embrasse la dernière. Caprice de malade, que la jeune fille n'osa pas exposer. Elle se contenta de tendre le livre, sans rien ajouter. Le Capucin le prit en mains, le feuilleta lentement de manière à en toucher chaque page et... il baisa la dernière, disant :

      – Comme cela, votre amie sera contente !

      Une autre fois, un juge de Venise vint au couvent, accompagné de ses deux filles. Toutes deux étaient fiancées, mais le choix de la cadette ne plaisait pas aux parents. On avait décidé de s'en remettre à Padre Pio. Dès les premiers mots du juge, celui-ci interrompit :

      – Le choix de votre cadette est bon. Je n'en dirai pas autant de celui de votre ainée !

      Surprise de la famille. Mais l'avenir devait montrer que le Père avait vu juste.

      Cette anecdote prouve qu'on vient le consulter pour toutes sortes d'affaires. Du moins, qu'on venait, étant donné qu'il est de moins en moins aisé d'avoir un entretien avec lui, sans recommandation spéciale. L'afflux des pélerins, la santé du Père, ont rendu nécessaires certaines mesures de filtrage. Des malades même doivent attendre, et parfois se contenter d'une rapide bénédiction, entre deux portes, dans le couloir qui mène de la chapelle aux cellules des moines. Mais qu'importe, puisqu'ils affirment qu'après, ils se sentent mieux, ou même qu'ils sont guéris !

      Les histoires comme celle de la riche dame de Gênes qui était atteinte de sept maladies graves à la fois, ne sont pas rares. Cette dame, malade depuis une vingtaine d'années, s'écria un jour :

      – Padre Pio, faites que je guérisse !

      Et la guérison vint. Elle se rendit alors à San Giovanni. Dans l'église, elle passa à côté du Père qu'elle ne connaissait pas. Lui non plus ne la connaissait pas et pourtant il tendit les bras vers elle et lui parla. Depuis, la « miraculée » revient chaque année à San Giovanni dont elle est à présent une grande bienfaitrice.

      Il semble que le Père qui lit si bien dans les cœurs, lise aussi... dans les estomacs. On l'entendit un matin dire à un autre Capucin qui s'apprêtait à donner la communion à une pénitente :

      – N'en faites rien ! Elle n'est pas à jeun.

      Avec ses propres pénitents, il agit de même si besoin est.

      Il serait injuste de ne pas souligner que le Père Pio se comporte avec la plus grande humilité à l'égard de ses dons. Il assiste les malades qui viennent à lui, mais il leur conseille aussi de consulter le médecin. Parfois, il les envoie à un praticien qu'il désigne lui-même. Voilà qui mérite d'être signalé à une époque où tant de prétendus guérisseurs « mystiques » se permettent d'assurer que leur seule intervention suffit à rendre la santé.

      Le Père Pio est si bien persuadé de la nécessité d'une double directive, religieuse et médicale, dans l'œuvre de guérison, qu'il a suscité à San-Giovanni la création d'un hôpital, lequel s'élève aujourd'hui tout à côté du monastère. Les donations qui lui avaient été faites ont été affectées à cette construction. La légende du Père Pio aboutit à un grandiose et magnifique hôpital moderne, frappant contraste avec le vieux couvent rustique de Saint-François.

      La bourgade de San-Giovanni, au fond des Pouilles, est en passe de devenir un des plus importants centres hospitaliers et touristiques d'Europe. Elle est déjà un lieu de frénétique exaltation religieuse. Sans doute est-il difficile d'admettre tout ce qui s'y passe. Encore plus de l'expliquer, tant la présence d'un être de la qualité mystique de Padre Pio, en Occident et en ces temps, constitue un phénomène étrange.

Janine Reigner


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