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Jean Calvin, né Jean Cauvin

(10 juillet 1509, à Noyon - 27 mai 1564, à Genève)
Second chef de la Réforme
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Jean Calvin, second chef de la réforme au XVIème siècle, naquit à Noyon, le 10 juillet 1509. Son père, Gérard Cauvin, était tonnelier. Il le destina de bonne heure à l'état ecclésiastique. Nous apprenons de Calvin lui-même, dans une épitre qu'il adressa à Claude d'Hangest, abbé de St-Eloi de Noyon, en lui dédiant son premier ouvrage, que c'est à la famille de cet abbé qu'il eut la principale obligation de ses premières études et l'éducation libérale qu'il reçut : de plebe homuncío... domi vestræ puer educatus, primam vitæ et litterarum disciplinam familiæ vestræ nobilissimæ acceptam refero. Il avait à peine douze ans, lorsqu'il fut pourvu d'un bénéfice simple dans la cahédrale de Noyon. Six ans après, il fut nommé à une cure qu'il quitta bientôt pour une autre. Ainsi, par un abus qui n'était pas rare alors, les protecteurs de Calvin lui avaient déjà fait conférer plusieurs bénéfices avant qu'il eut atteint l'âge de vingt ans, et il jouissait du titre et des revenus d'une cure, quoiqu'absent et sans être engagé dans les ordres. Pendant qu'il continuait ses études à Paris, il fit connaissance avec Pierre Robert Olivetan, né comme lui à Noyon, mais plus âgé de quelques années. C'est de lui qu'il reçut les premières semences de la doctrine nouvelle qui commençait à se répandre en France. Il fut détourné par là de la vocation qt laquelle semblait devoir l'attacher la possession anticipée de ses bénéfices. Il abandonna l'étude de la théologie, pour aller suivre d'abord à Orléans et ensuite à Bourges des leçons de droit. Il fit de grands progrès dans cette science, et étudia en même temps la langue grecque sous le professeur Melchior Volmar, qui fortifia le penchant qu'Olivetan lui avait donné pour les nouveautés. Il revint à Paris en 1552, et ce ne fut qu'alors qu'il se démit de ses bénéfices. Il publia la même année un commentaire latin sur les deux livres de Sénèque de Clementia. Quelques personnes ont cru voir dans le choix de ce sujet une intention marquée d'adoucir le sort de ceux qu'on persécutait pour les nouvelles opinions ; il est impossible, en lisant ce petit écrit, d'y apercevoir un tel but. Ce sont de simples remarques, grammaticales ou littéraires, sur le texte, et plus souvent encore une glose destinée à l'amplifier, sans y chercher aucune application aux circonstances. Son nom de Cauvin, latinisé dans le titre de ce commentaire (Johannis Calvini... Commentarius), fut dès lors changé en celui de Calvin, qu'il porta toujours depuis, et qu'il a rendu si célèbre.

      Dans l'année suivante 1553, un des amis de Calvin, Michel Cop, recteur de l'université, ayant prononcé une harangue pleine de la doctrine des nouveaux réformateurs, fut recherché et poursuivi. Calvin, soupçonné d'avoir eu grande part à la composition de ce discours, fut enveloppé dans les mêmes recherches. Il logeait alors au collège de Fortet. On vint pour l'y saisir, mais on ne l'y trouva pas. Force de s'enfuir de Paris, après avoir erré pendant quelque temps et changé souvent d'asile, il se retira en Saintonge, et y passa plusieurs mois caché dans la maison de Louis Dutillet, chanoine d'Angoulême. C'était un frère de Dutillet, greffier en chef du parlement de Paris, recommandable par ses connaissances et son amour pour les lettres. Là, il continua paisiblement ses études, et commença, à ce qu'on croit, à rassembler les matériaux de son ouvrage de l'Institution chrétienne, publié environ deux ans après. Plusieurs auteurs ont écrit que, pendant son séjour chez le chanoine Dutillet, il sortit plus d'une fois de sa retraite pour aller prêcher la nouvelle doctrine dans les environs, et même à Poitiers, où il eut de très grands succès.

      Il se rendit ensuite à Nérac, auprès de Marguerite, reine de Navarre. La cour de cette princesse servait alors de refuge à plusieurs savants que leur penchant pour les nouvelles opinions avait forcés à éloigner de France. Marguerite était sœur de François Ier, et, comme lui, elle aimait les lettres et ceux qui les cultiveient. Sans avoir encore aucune inclination décidée pour les idées des réformateurs, elle recevait avec empressement ceux qui travaillaient à les répandre, parce qu'ils étaient, pour la plupart, des hommes distingués par leurs connaissances ou leurs talents. Calvin fut très bien accueilli chez la reine de Navarre ; et c'est là qu'il connut pour la première fois plusieurs hommes qui, dans la suite, servirent utilement son parti.

      Il retourna de là à Paris. Bientôt il fut obligé d'en sortir de nouveau et même de quitter la France, en 1534. Il se retira à Bâle, où il s'occupa principalement de la composition de son Institution chrétienne. Il raconte lui-même quelle fut l'occasion et quel était le but de cet ouvrage. Les supplices de ceux qu'on brûlait en France pour cause de religion avaient excité partout au dehors une grande indignation. François Ier, qui avait intérêt de ménager les princes protestants d'Allemagne, voulut détruire ou atténuer auprès d'eux le mauvais effet des persécutions qu'éprouvaient dans son royaume les partisans de la réforme. Pour y parvenir, il fit répandre différents écrits, dans lesquels on assurait que les hommes traités en France avec une si impitoyable rigueur n'étaient pas des sectateurs de la réforme adoptée dans plusieurs parties de Phllemagne, mais des anabaptistes, non moins ennemis de tout ordre politique que de la religion elle-même. Calvin résolut d'exposer la doctrine de ceux qu'on poursuivait en France, et de montrer qu'ils n'étaient ni des anabaptistes, ni des séditieux. Dans ce dessein, il publia l'Institution chrétienne comme leur confession de foi. Aucun ouvrage plus étendu et plus méthodique n'avait encore paru depuis le commencement de la réforme. Calvin s'y éloigna bien plus que les réformés d'Allemagne des opinions professées par les catholiques. Il serait sans doute difficile d'expliquer ici assez brièvement, et avec une clarté suffisante, comment il alla plus loin que Luther sur la matière du libre arbitre, de la justice imputative et du mérite des bonnes œuvres ; mais ce qui est plus aisé à saisir que ces subtilités théologiques, ce qui frappa alors tous les esprits, ce sont les conclusions hardies qu'il tirait de ses principes. ll n'attaqua pas seulement la primauté du siège de Rome, comme on l'avait fait avant lui, mais l'autorité même des conciles généraux ; il ne reconnaît pas plus le caractère d'évêque et de prêtre que celui de chef visible de l'Eglise ; il n'admet d'autres vœux que ceux du baptême, d'autres sacrements que ceux du baptême et de la cène, et ne veut pas même qu'on regarde ceux-là comme indispensablement nécessaires au salut. Il traite la messe d'impiété, et les honneurs rendus au saints, de véritable idolâtrie. Cet ouvrage écrit en latin, mais dont il donna, peu d'années après, une traduction française, fut imprimé à Bâle, in-fol. Cette première édition porte la date de 1536 ; mais elle est de la fin de 1535. L'Institution chrétienne reçut presqu'à chaque année des corrections et des développements considérables dans les éditions nombreuses qu'il en donna. La plus complète de toutes celles qui ont été publiées de son vivant est celle de Robert Estienne, Genève, 1559. Dans toutes, on trouve à la tête de l'ouvrage une préface adressée au roi de France, Præfatio ad christianissimum regem, qua hic ei liber pro confessione fidei offertur. C'est au nom des Français persécutés en exécution des édits de François Ier, qu'il s'adresse à ce prince, et qu'il lui fait une peinture vive et éloquente des maux qu'ils avaient à souffrir.

      Cette réclamation n'eut aucun effet, et ne fit pas éteindre les bûchers allumés en France de toutes parts. Ce n'est pas pourtant que François Ier ou ses conseillers fussent emportés par un excès de zèle pour la conservation de la religion catholique. Ce prince, engagé dans des guerres continuelles, se crut toujours obligé de chercher des alliances pour lui-même, et de susciter des ennemis à ceux contre qui il avait à combattre. Le besoin de ménager Rome, et l'espoir que le titre de défenseur de la foi lui procurerait de nouveaux amis, dictèrent presque tous ses édits. Ligué contre Charles-Quint avec les protestants d'Allemagne, il se voyait accusé de favoriser par là l'établissement de la réforme, et, pour répondre aux inductions qu'on tirait de son alliance avec des protestants étrangers, ll devint cruel et persécuteur envers ceux de ses Etats. Ses discours et sa conduite privée démentaient sans cesse cette rigueur politique, et laissaient paraître son attachement pour les principaux novateurs, parce qu'ils étaient hommes de lettres. Il semble même qu'il avait d'abord été favorable à l'introduction de la réforme, et avait protégé ses partisans contre les recherches et l'action des tribunaux. (Voyez Berquin.)

      Calvin, en quittant Bâle, après la publication de son ouvrage, était venu à Ferrare, où il fut reçu avec beaucoup de distinction par la duchesse Renée de France, fille de Louis XII, et épouse d'Hercule d'Este. Cette princesse, qui dès lors se montrait très favorable aux réformés, embrasse dans la suite leurs opinions avec beaucoup de zèle. Calvin s'arrêta peu de temps à Ferrare, et se rendit successivement dans quelques autres villes d'Italie pour y prêcher sa doctrine. C'est vers ce temps, suivant un passage de Muratori, qu'il fut contraint de sortir à la hâte de la cité d'Aost, où il fut découvert cherchant à répandre les nouvelles opinions. Cet historien ajoute qu'il s'enfuit de là à Genève ; mais cette partie de son récit ne s'accorde en rien avec ceux des autres écrivains. On ne peut douter que Calvin, obligé de fuir d'Italie, ne soit revenu à Paris vers le milieu de l'année 1536. Ne pouvant y séjourner avec sécurité, il prit le parti de retourner à Bâle, et suivit, pour s'y rendre, la route de Genève. Il y avait alors un an que la réforme était établie dans cette ville, par un décret des magistrats, auquel l'assemblée générale des citoyens avait donné son adhésion. Cette révolution, commencée par des motifs purement politiques, avait ensuite été achevée par les prédications de Farel.

      Après avoir été pendant près de deux ans secondé par Viret, Farel se trouvait depuis plusieurs mois chargé seul de tous les soins de nouvelle Eglise. Ne pouvant suffire à ce travail, il deamandait qu'on rappelât Viret auprès de lui. C'est dans ces circonstances qu'il vit arriver Calvin à Genève. Les écrivains protestants disent qu'il le retint avec autorité, sans vouloir permettre qu'il continuât sa route, et que Calvin, obéissant aux instances de Farel, comme à un ordre du ciel, ne songea qu'à consommer et consolider avec lui l'établissement de la réforme à Genève. Si le hasard seul fit que Calvin passa par Genève en voulant se rendre à Bâle, s'il eut besoin, pour s'y arrêter, d'être pressé par Farel, il faut avouer que la plus mûre réflexion ne lui aurait pas conseillé un autre parti ni fait choisir une résidence plus conforme à son caractère et à ses projets. Il y a tout lieu de croire que Calvin nourrissait depuis plusieurs années le désir d'étendre la réforme, de lui donner un nouveau tour, selon l'expression de Bossuet, et d'en devenir le chef dans son pays. Dejà, en publiant l'Institution chrétienne, il avait présenté sa propre doctrine comme celle de tous les Français persécutés, et s'était rendu leur organe, comme s'il eût reçu d'eux une mission expresse. Sa prudence un peu timide ne lui permettant pas de rester en France, et d'y écrire ou d'y prêcher librement, où pouvait-il trouver un établissement plus sûr à la fois et plus favorable au succès de ses vues ? La ville de Genève touchait aux frontières de la France ; on y parlait notre langue ; on n'y avait pas d'autres habitudes que les nôtres ; il était facile de répandre de là toute espèce d'écrits, d'entretenir des correspondances dans nos diverses provinces, et d'y envoyer les hommes les plus propres à s'emparer des esprits et de l'opinion. Après quelques agitations, la nouvelle doctrine se trouvait universellement adoptée à Genève. Jusqu'à l'établissement de la réforme, l'autorité y avait été légalement partagée entre l'évêque et les magistrats municipaux. L'exercice de ces deux pouvoirs rivaux se trouvait encore contrarié par les prétentions ou les attaques du duc de Savoie ; mais, dans ce moment, le peuple et ses magistrats étaient restés maîtres sans obstacle comme sans partage. L'évêque avait depuis longtemps quitté la ville, et ne songeait plus à y rentrer ; les prêtres, les religieux, tous les citoyens qui étaient demeurés fidèles à la religion catholique, avaient fui pour ne plus revenir. Charles, duc de Savoie, s'était, à la vérité, avancé avec quelques troupes pour essayer de réduire la ville de Genève, et d'y rétablir l'ancien culte ; mais François Ier, aveuglé par ses ressentiments contre ce prince et par l'espoir d'une conquête facile, avait fait marcher une armée contre lui, et l'avait forcé à se retirer au delà des Alpes. Les Bernois, les Valaisans, les Fribourgeois, sous le prétexte de défendre les Genevois leurs alliés, avaient aussi pris les armes contre le duc de Savoie, et s'étaient emparés des diverses parties de ses domaines qui se trouvaient à leur convenance ; tout le reste était tombé au pouvoir du roi de France. Ainsi les Genevois, délivrés de ce voisin dangereux, certains de l'alliance des cantons suisses et de la protection de François Ier, devenu chez eux le plus solide appui de la réforme qu'il persécutait si violemment dans ses propres Etats, n'avaient désormais rien à redouter, et Calvin pouvait chez eux se livrer avec sécurité à l'accomplissement de ses desseins.

      Peu de temps après son arrivée, il fut chargé de donner des leçons de théologie, ainsi qu'on le voit par les registres du conseil à la date du mois de septembre 1536. C'est la première fois qu'il est fait mention de lui dans les actes publics de Genève. Laissant à Farel le soin de la prédication, il s'adonna presque uniquement à l'enseignement. Non contents d'avoir changé le culte et réformé la doctrine, Calvin et Farel voulurent aussi réformer les mœurs des habitants de Genève. Cette entreprise, à laquelle ils associèrent un autre prédicateur aussi zélé, mais moins habile qu'eux, leur suscita un grand nombre d'ennemis puissants. Une faction se forma contre eux, et parvint enfin à les écarter. Voici quelle en fut l'occasion. L'Eglise de Genève se servait de pain levé dans la communion, et avait ôté des temples les fonts baptismaux ; elle avait aussi aboli toutes les fêtes, hors le dimanche. Ces innovations n'étant point adoptées en Suisse, et ayant même été improuvées dans un synode à Lausanne, les magistrats de Genève enjoignirent à Farel et à Calvin de se conformer aux usages pratiqués à Berne et à la décision du synode. Ils s'y refusèrent, et on saisit avidement ce prétexte pour les éloigner. Ils reçurent l'ordre de sortir dans trois jours de la ville. C'&tait au mois d'avril 1538, un peu moins de deux ans après l'arrivée de Calvin à Genève. Il se retira d'abord à Berne. Le conseil de cette ville écrivit aux magistrats de Genève pour les engager à rappeler Calvin. Le synode de Zurich leur adressa de semblables instances. Tout fut inutile ; le parti opposé à Calvin étant devenu plus fort après son départ, fit confirmer la sentence de son bannissement, dans une assemblée générale des citoyens, tenue le 28 mai suivant. Calvin se rendit de Berne à Strasbourg. Cette ville était une des premières où la réforme de Luther s'était établie ; Bucer, qui l'y avait introduite, y dominait depuis dix ans. Il accueillit très bien Calvin, et le fit nommer professeur de théologie Calvin eut aussi la permission d'établir une église française, qui devint bientôt très importante par le grand nombre de réfugiés qu'il y attira. Quoiqu'il fût traité avec une grande distinction à Strasbourg, ses regards ne cessaient de se tourner vers Genève. Peu de temps après qu'il en fut sorti, le cardinal Sadolet écrivit au conseil et aux habitants de cette ville pour les presser de rentrer dans le sein de l'Eglise. Calvin adressa à ce sujet deux lettres aux Genevois, et chercha à les confirmer dans les principes qu'ils avaient adoptés, et à combattre l'effet des exhortations du cardinal.

      Pendant son séjour, à Strasbourg, Calvin composa et publia en français, en 1540, son Traité de la sainte cène. Cette question de la cène avait, dès le commencement de la réforme, cause d'étranges divisions entre les réformés. Luther, conservant aux paroles Ceci est mon corps, leur sens littéral, croyait que Jésus-Christ est substantiellement présent dans le sacrement de la cène : il niait seulement que le pain, après la consécration, devint une simple apparence de pain, et fût réellement le corps de Jésus-Christ, comme le disent les catholiques. Carlostad ayant soutenu que notre cène n'était qu'une figure et une commémoration de celle de Jésus-Christ avec ses disciples, Luther s'emporta avec excès contre lui, et publia à ce sujet un grand nombre d'écrits. Zwingle défendit l'opinion de Carlostad, qui fut embrassée par toutes les églises de Suisse, par celle de Strasbourg, et même dans plusieurs parties de l'Allemagne. Cette querelle sur le sens littéral et le sens figuré devint une guerre civile qui coûta beaucoup de sang aux deux partis. Calvin n'écrivit sur cette question qu'après les grands troubles qu'elle avait excités. Il présenta une troisième opinion. Il nia que le corps de Jésus-Christ qui est au ciel pût être substantiellement présent sur la terre, comme le disaient les partisans de Luther et du sens littéral ; mais il n'en soutint pas moins que, dans la cène, l'homme est nourri de la propre substance de Jésus-Christ, qui, du haut du ciel, nous y fait participer, à peu près comme le soleil, malgré sa distance prodigieuse, nous communique, quand il nous éclaire, la substance même de ses rayons. Ainsi, selon lui, la cène n'était pas une simple figure destinée à conserver le souvenir de la cène de Jésus-Christ, mais une cène réelle, où Jésus-Christ se donne véritablement à nous. En osant s'élever, dans cette importante question, au-dessus de ceux que les deux partis regardaient comme leurs maîtres, et condamner également les deux opinions, Calvin fixa de plus en plus l'attention sur lui-même. Du reste, il abandonna dans la suite cette doctrine de son Traité sur la sainte cène, et, dans une conférence qu'il eut avec les ministres de Zurich, en 1549, il déclara qu'il n'avait sur l'eucharistie d'autre opinion que celle de Zwingle et des sacramentaires ou partisans du sens figuré. La relation de cette conférence a été imprimée en latin, à Zurich, en 1549, et à Genève, en 1554.

      Calvin était regretté à Genève. L'influence du parti qui l'en avait fait bannir s'était affaiblie, et ses amis obtinrent enfin qu'on lui écrivit pour l'engager à revenir. Calvin opposa les engagements qu'il avait pris avec la ville de Strasbourg. Le conseil de Genève envoya des députés aux magistrats de cette ville, pour les prier de rendre Calvin a son ancien troupeau ; l'arrêt de bannissement fut unanimement révoqué dans l'assemblée générale des citoyens du mois de mai 1541 ; mais quoiqu'il n'existât plus aucun obstacle au retour de Calvin, il ne put se rendre au vœu des Genevois qu'après la tenue de la diète de Francfort, où il avait été député par la ville de Strasbourg : il fut même obligé, après la diète, d'assister à la conférence de Ratisbonne. Ce ne fut donc qu'au mois de septembre qu'il rentra à Genève. On peut juger, par toutes les circonstances qui avaient préparé son retour, quelle dut être dans cette ville l'autorité d'un homme qu'on y avait si vivement désiré. Peu de temps après son arrivée, Calvin présenta au conseil le projet de ses ordonnances sur la discipline ecclésiastique. Elles furent adoptées et publiées au mois de novembre suivant. D'après une de leurs dispositions, un tribunal se forma sous le nom de consistoire. C'était une commission mi-partie de laïques et d'ecclésiastiques chargés de veiller « à la conservation de la saine doctrine › et à la pratique des bonnes mœurs. Sa censure s'exerçait sur les moindres actions et sur les moindres discours. Aucun citoyen n'en était exempt par l'importance de ses fonctions ; aucun n'était à l'abri des réprimandes de ce tribunal, ni de l'affront de les voir perpétuées sur les registres. Le consistoire n'avait pas, il est vrai, le pouvoir d'infliger des peines corporelles ; mais il devait renvoyer au conseil les « cas les plus graves » avec son avis. Les ministres avaient aussi l'obligation de déférer au magistrat civil « les incorrigibles qui méprisent les peines spirituelles et ceux qui professent de nouveaux dogmes. » Cette forme nouvelle de police rendit Calvin maître de toutes les habitudes, comme de toutes les opinions des Genevois. Son esprit régnait exclusivement dans le conseil comme dans le consistoire, et les juges ne balancèrent jamais à punir quiconque lui était opposé. Ainsi un magistrat fut privé de ses emplois, et condamné à deux mois de prison, parce que sa vie était déréglée, et qu'il était lié avec les ennemis de Calvin ; ainsi Jacques Gruet eut la tête tranchée pour avoir écrit des lettres impies et des vers libertins, et pour avoir travaillé à renverser les ordonnances ecclésiastiques. La sévérité n'était pas moins grande pour maintenir l'uniformité de la doctrine que pour empêcher la corruption des mœurs, et les opinions étaient jugées comme des délits. Tout le monde sait comment Michel Servet fut arrêté en passant à Genève, et brulé vif, en 1555, sur l'accusation même de Calvin, pour avoir attaqué le mystère de la Trinité, dans un livre qui n'avait été ni composé ni publié à Genève. Nous ne parlerons ni du procès fait à Bolsec, pour avoir eu sur la prédestination d'autres idées que celles de Calvin, ni de la condamnation à mort de Valentin Gentilis, « pour hérésie volontaire, » et de sa rétractation, au moyen de laquelle la peine fut commuée en une amende honorable. Trop d'exemples déjà ont dû faire connaître quel usage Calvin fit de son influence. Tel fut l'effet de ce zèle aveugle et fanatique qu'il avait inspiré aux magistrats de Genève pour la conservation des bonnes mœurs et de ce qu'il appelait la saine doctrine.

      Dans les premiers temps qui suivirent la rentrée de Calvin à Genève, quelques citoyens avaient voulu se soustraire au joug des ordonnances ecclésiastiques, et conserver dans leur conduite privée la liberté dont ils jouissaient auparavant ; Calvin ne cessa d'écrire et de prêcher contre eux, et de poursuivre cette faction, connue alors sous le nom de libertins, jusqu'à ce que la rigueur des censures et la terreur des supplices eurent fait disparaître entièrement les moindres restes d'opposition. C'est ainsi qu'il parvint à donner à ses sectateurs des mœurs austères et irréprochables, à arrêter le progrés des innovations, et à prescrire des bornes à l'esprit d'examen. Après avoir réglé les mœurs et la doctrine, et donné à son Eglise une nouvelle liturgie et de nouvelles prières, ses soins se portèrent à améliorer la législation civile des Genevois et les formes de leur gouvernement. ll fut aidé dans l'exécution de ce projet par quelques réfugiés français, et surtout Germain Colladon, jurisconsulte très éclairé qu'il avait autrefois connu à Bourges. Il chercha aussi à faire fleurir les bonnes études à Genève, et c'est à lui qu'est dû l'établissement de cette académie si heureusement dirigée par son ami Théodore de Bèze.

      Pour mieux répandre sa doctrine en France, soit par la lecture des livres, soit par la prédication et l'enseignement des ministres qu'il y envoyait, il n'avait pas seulement besoin d'excellentes écoles pour y former de nombreux disciples, il fallait encore qu'il eût à sa disposition un grand nombre de presses et de libraires. Il encouragea beaucoup de réfugiés français qui avaient besoin, pour vivre, de se livrer à quelque industrie, à embrasser la profession de libraire ou d'imprimeur. Genève, en devenant la métropole du culte réformé, devint ainsi le centre d'un commerce immense de librairie, et l'un des lieux de toute l'Europe où l'enseignement des lettres et des sciences eut le plus de succès. En lisant le détail de tout ce qu'a fait Calvin pendant son séjour à Genève, on ne peut comprendre comment il put suffire à tant de travaux. Il préchait presque tous les jours, donnait trois leçons de théologie par semaine, assistait à toutes les délibérations du consistoire, à toutes les assemblées de la compagnie des pasteurs, était l'âme de tous les conseils. Consulté presque aussi souvent comme jurisconsulte que comme théologien, il répondait également à tous. Il contenait ou apaisait les troubles inséparables d'un gouvernement naissant, et trouvait encore le temps de suivre des négociations politiques au nom de la république de Genève. Tant d'occupations ne ralentirent jamais la correspondance qu'il entretenait dans toute l'Europe, et principalement en France, ou, il ne cessa de travailler, par toutes sortes de moyens, â étendre les progrès de la réforme. Il n'en publiait pas moins chaque année des ouvrages pour l'intérêt de son parti, ou pour la défense de ses opinions, et ces livres de controverse on de circonstance ne forment pourtant que la moindre partie de ses écrits. Les plus considérables de tous sont ses commentaires sur l'Ecriture sainte. Il les publia successivement par parties séparées, mais presque toujours en latin et en français tout à la fois. Outre ses sermons imprimés, qui sont en très grand nombre, la bibliothèque de Genève en possède 2025 en manuscrit. On y garde aussi plusieurs traités de théologie qui ne sont pas imprimés. D'autres sont conservés même dans la bibliothèque de Berne. Ce sont, à ce qu'il paraît, des copies faites par quelques-uns de ses écoliers, qui écrivaient tout ce que Calvin prononçait à l'église ou dans son auditoire de théologie.

      Quoique l'Eglise de Genève eût adopté, presque aussitôt après le retour de Calvin, une discipline particulière et une autre liturgie que celle des Eglises luthériennes, et qu'elle en différât sur plusieurs points essentiels de doctrine, ce ne fut cependant que fort tard qu'on regarda les protestants de Genève et ceux de France qui leur étaient unis, comme formant une secte distincte de celle de Luther. Ils sont nommés luthéríens dans presque tous les édits de François Ier et de Henri II, et même dans l'édit d'Ecouen, en 1559. Calvin était bien considéré par ses sectateurs comme chef d'un nouveau parti ; mais ils ne parurent séparés formellement de ceux de Luther qu'après le colloque de Poissy, en 1561. Calvin n'assista point à cette conférence solennelle ; mais on voit par sa correspondance avec Bèze, et avec quelques autres députés des réformes de France, que rien ne fut fait ni accordé de leur part que d'après les instructions et la volonté expresse de Calvin. Le cardinal de Lorraine ayant demandé aux représentants des Eglises réformées s'ils adoptaient la confession d'Augsbourg, rédigée, comme on sait, en 1530, au nom des luthériens, Béze et les autres députés, pressés par cette interpellation, qu“ils ne purent éluder, rejetèrent expressément l'art. 10, qui est relatif a la cène. La crainte de s'affaiblir, en cessant de faire cause commune avec les protestants d'Allemagne leur fit d'abord ajouter qu'ils étaient prêts à signer tout le reste ; mais ils se montrèrent ensuite, sur d'autres articles, si éloignés de la doctrine des luthériens, qu'à dater de cette époque ils ne sont plus confondus avec eux et forment une secte absolument distincte, sous le nom de calvinistes.

      Calvin, après avoir ainsi de son vivant donné son nom à un nouveau parti de la réforme, mourut à Genève le 27 mai 1564 ; Il n'avait pas encore 55 ans ; il était d'une constitution très faible, et avait été tourmenté pendant toute sa vie par diverses maladies. La migraine et la fièvre quarte étaient pour lui des maux habituels. Il fut sujet aussi à de fréquents accès de goutte, et, quelque temps avant sa mort, des douleurs atroces de gravelle s'étaient jointes à tant de maux.

      Il avait épousé à Strasbourg, en 1559, une veuve nommée Idelette de Bures ; il en eut un fils qui mourut jeune ; il n'eut jamais d'autres enfants. Il perdit sa femme en 1549, et ne se remaria pas. L'année suivante, dans son traité de Scandalís, parlant du reproche adresse avec assez de justice aux principaux personnages de la réforme, il disait que ce n'était pas à lui qu'on pouvait imputer d'avoir fait la guerre contre Rome, comme les Grecs celle de Troie, pour l'amour des femmes : Fingunt nos murlíerum causa quasi bellum Trojanum movisse ; me sallem ab hoc probo immunem esse concedant necesse est. Erasme avait remarqué très plaisamment que cette grande pièce de la réforme se dénouait par des mariages comme les comédies, et aboutissait la plus souvent à défroquer des moines et à leur faire épouser des religieuses. Rien de tel ne fut applicable à Calvin, qui jamais n'avait été engagé dans les ordres ni lié par aucun vœu religieux. Libre, il épousa une femme libre comme lui, et ne songea point, quand il l'eut perdue, à former un autre mariage. Il fut sobre et austère dans ses mœurs, mais d'une humeur triste et inflexible. Il ne connut jamais les douceurs de l'amitié, et n'eut d'autre passion que le besoin de dominer et de faire triompher ses opinions.

      Il y a peu d'exemples d'un désintéressement égal au sien. Son traitement annuel était de 150 francs en argent, quinze quintaux de blé et deux tonneaux de vin, et jamais il ne reçut rien au delà. La valeur entière de sa succession. en livres, meubles, argent, etc., n'excéda pas 125 écus, d'après l'inventaire fait après sa mort (Histoire littéraire de Genève, t. Ier, p. 235). Il sollicita plus d'une fois pour les autres, et son crédit auprès des princes d'Allemagne procura des secours d'argent aux réformés de France, aux Vaudois du Piémont, aux malheureux échappés des massacres de Cabrières et Mérindol ; mais jamais il ne demanda ni n'accepta rien pour lui ou pour sa famille. Son rère, qu'il avait attiré à Genève, y gagnait sa vie en faisant le métier de relieur. Calvin n'eut jamais, dans l'église de Genève, d'autre titre que celui de pasteur, et ne fut admis à la bourgeoisie qu'après un assez grand nombre d'années de séjour.
      Son caractère était impatient et ennemi de toute contradiction. « Je n'ai pas, écrivait-il à Bucer, de plus grands combats contre mes vices qui sont grands et nombreux, que ceux que j'ai contra mon impatience. Je n'ai pu vaincre encore cette bête féroce. » Aussi le ton de ses écrits polémiques est-il presque toujours dur et insultant ; partout s'y montre un dédain amer contre ses adversaires, et bien souvent le titre seul est une grossière injure (1). Il cherche en vain à cacher le sentiment qu'il a de sa supériorité. Son orgueil, habituellement contenu, s'échappe de temps en temps comme par force, et lui faire écrire sur lui-même des choses qui n'ont pas de mesure.

      Comme théologien, Calvin fut au premier rang des hommes de son siècle par ses profondes connaissances, par sa sagacité, et comme il s'en vanlait, par l'art de presser un argument. Comme écrivain, il mérite de grands éloges. Ses ouvrages latins sont écrits avec beaucoup de méthode, de noblesse et de correction. Plusieurs de ceux qu'il publia en français ont précédé de sept ou huit ans les premières traductions d'Amyot : il n'est donc pas étonnant qu'on les trouve bien inférieurs.

      Calvin fut aussi un grand jurisconsulte et un politique très habile. Nos meilleurs publicistes ont vanté les ordonnances ecclésiastiques et les édits civils de Genève ; mais ce n'est pas à tous ces titres qu'il doit sa plus grande célébrité : il est surtout connu comme chef d'un parti de la réforme. Ses décisions seules sur des points de doctrine n'auraient peut-être pas suffi pour en faire le chef d'une secte distincte, sans la hardiesse avec laquelle il rejeta dans la pratique toute espèce de cérémonies. Les luthériens avaient retenu celles qui n'étaient pas formellement en opposition avec leurs nouveaux dogmes ; mais Calvin les proscrivit toutes comme une idolâtrie. Son culte, nu et dépouillé, parut, aux yeux de plusieurs, avoir élevé la religion au-dessus du vulgaire, en lui ôtant tout ce qui n'a pour objet que de frapper les sens. Ce motif lui concilia un grand nombre d'hommes d'un esprit distingué, tandis qu'une portion considérable des gens du peuple, entraînée par l'amour des nouveautés et par l'esprit de parti, trouva précisément dans cette absence de toute cérémonie le moyen le plus commode de marquer sa séparation d'avec le parti opposé. Il était en effet bien plus aisé d'appeler idolâtres ceux qui vont à la messe ou qui placent des images dans leurs temples, que de disputer avec eux sur la foi justifiante ou sur la présence réelle. Ainsi Calvin rendit l'hérésie plus facile et plus populaire que son prédécesseur.

      On a souvent comparé Luther et Calvin ; nous nous contenterons de rappeler ici les principaux traits du parallèle que Bossuet a fait de ces deux hommes : « Luther eut quelque chose de plus original et de plus vif ; Calvin, inférieur par le génie, semble l'emporter par l'étude. Luther triomphait de vive voix ; mais la plume de Calvin était plus correcte ; son style plus triste est plus suivi et plus châtié. Ils excellaient tous deux à parler la langue de leur pays ; ils étaient l'un et l'autre d'une véhémence extraordinaire. Luther, s'abandonnant à son humeur impétueuse, sans jamais se modérer, se louait lui-même comme un emporté ; les louanges que se donnait Calvin sortaient du fond de son cœur, malgré les lois de modération qu'il s'était prescrites... Le génie de Calvin eût été moins propre que celui de Luther à échauffer les esprits et émouvoir les peuples ; mais après les mouvements excités, il a pu s'élever au-dessus de lui. » On a vu en effet, par tout ce que nous avons rapporté, comment Calvin, en suivant une autre route, marchant constamment à son but sans être détourné par aucun événement ni par aucun obstacle, surmontant toutes les difficultés par la persévérance et par le travail, parvint à des résultats semblables à ceux qu'avait obtenus Luther, et s'est fait un nom égal au sien.
      La liste de ses ouvrages, dont nous avons fait connaître les plus importants, et de leurs diverses éditions, occuperait ici trop de place. On peut, sur ce point, consulter l'Histoire littéraire de Genève, t. 1er, p. 248 et suivantes. Calvin fut souvent obligé, en les publiant, de prendre un autre nom que le sien, et ses adversaires lui ont amèrement reproché ces déguisements : ces pseudonymes sont depuis longtemps connus et rectifiés. La meilleure édition du recueil complet de ses œuvres est celle d'Amsterdam, 1661, et ann. suiv., 9 vol. in-fol. On y trouve, dans le t. 8, un grand nombre de lettres de Calvin, qui sont utiles à consulter pour l'histoire de sa vie, et quelquefois pour celle de son temps. Il en a été publié séparément plusieurs recueils, soit français, soit latins. On voit à la bibliothèque de Genève une collection considérable de lettres originales qui n'ont pas été imprimées. La bibliothèque royale (n° 8585 et 8586) et la plupart des grandes bibliothèques en possèdent aussi. La vie de Calvin fut publiée en français, en 1564, par Théodore de Bèze, qui la traduisit en latin, et y fit plusieurs additions l'année suivante. Cet ouvrage manque absolument d'impartialité, et n'est pas exact même dans les faits indifférents, lorsqu'ils sont antérieurs à l'époque où Bèze fit connaissance avec Calvin, en 1549. Une foule d'autres écrivains ont depuis ce temps parlé avec beaucoup d'étendue de la vie, des ouvrages et de la doctrine de Calvin ; mais il y en a bien peu qui dans leurs jugements, ou même dans le simple récit, se soient montrés exempts de faveur ou de haine. L'éloge de Calvin, imprimé parmi les Eloges et sous le nom de Papire Masson, n'est pas de cet auteur, mais de Jacques Gillot, conseiller-clerc au parlement (2).


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(1)  En voici quelques exemples : Réformations pour imposer silence à un certain bélitre, 1536 ; Contre la secte fanatique et furieuse des libertins qui se disent spirituels, 1544.

(2)  On a sur Calvin une biographie de M. Guizot, dans le Musée des Protestants célèbres ; une Histoire de la vie, des ouvrages et des doctrines de Calvin, par M. Audin, Paris, 1841, in-12. – On peut consulter encore sur ce réformateur l'Histoire de l'éloquence politiue et religieuse en France, 11ème, 12ème, 13ème, 14ème et 15ème leçons du cours professé à la faculté de lettres de Paris par M. Géruzet, suppléant de M. Villemain. Calvin, dans ces leçons remarquables, est apprécié avec une haute impartialité, et considéré sous des rapports qui jusqu'alors avaient entièrement échappé à la critique. Nous citerons encore une notice sur la vie et les travaux de Calvin par Bretscheider, traduite de l'allemand par G. de Félice sous ce titre : Calvin et l'Eglise de Genève, Genève et Paris, 1822, in-8°, et un Mémoire sur l'établissement de la réforme à Genève, lu en 1834 par M. Mignet à l'académie des sciences morales et politiques. Des nombreux ouvrages du réformateur de Genève, on n'a réimprimé, depuis le commencement du XVIIIème siècle, que le Traité des reliques inséré par M. Collin de Plancy dans Dictionnaire critique des reliques, et l'Institution de la religion chrétienne, traduction de Ch. Icard, pasteur, imprimée à Brême en 1713, réimprimée, à Genève et Paris, 1816, 3 vol. in-8°.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 6 - Pages 434-440)




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