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Lélio Socin / Lélius Socin / Lelio Sozzini

(1525, à Sienne - 16 mai 1562, à Zürich)
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      Lélius Socin, hérésiarque, est regardé comme le fondateur de la secte des antitrinitaires, qui, de son nom et de celui de son neveu, furent appelés Sociniens. Né à Sienne en 1525, il était fils de Marianus Socin le jeune, habile jurisconsulte, et comptait dans sa famille un grand nombre de savants (Cf. Taisand).

      Destiné à la carrière du droit, il en rechercha les fondements dans les Livres saints, dont il fit une étude approfondie, ayant appris pour cela le grec, l'arabe et l'hébreu. Les principes de Luther pénétraient, quoique lentement, en Italie, et ce réformateur acquérait de jour en jour de nouveaux partisans. En 1546, quarante personnes de plus distinguées par leur rang, par leurs emplois et par leurs titres établirent une espèce d'académie dans les environs de Vicence, pour discuter entre elles les questions religieuses qui commençaient alors à agiter les esprits. Quoique très jeune, Socin y fut admis. Les nouveaux académiciens soumirent les livres de l'Ecriture aux règles de critiques qu'ils s'étaient faites, et repoussant tout ce qui choquait leur manière de voir, ils réduisirent leur symbole à un petit nombre d'articles. Le dogme de la Trinité, celui de la consubstantialité du Verbe, la divinité de Jésus-Christ n'étant pas appuyés, suivant eux de la révélation, leur parurent empruntés aux opinions des philosophes grecs. Ils renouvelaient ainsi toutes les erreurs d'Arius et de ses disciples. Le secret de ces assemblées fut bientôt découvert. Quelques-uns de ceux qui les fréquentaient furent arrêtés et punis de mort. Les autres, tels que Blandrata, J.-P. Alciati, Valent, Gentilis n'échappèrent au supplice qu'en prenant la fuite. Socin erra pendant quatre ans en France, en Angleterre, dans les Pays-Bas et l'Allemagne, et finit par trouver un asile à Zürich. Dans ses voyages, il avait acquis par son érudition et ses qualités personnelles l'estime d'un certain nombre de savants des différents pays qu'il avait parcourus, et il continua d'entretenir avec eux une correspondance active. Les nouveaux ariens n'étaient pas moins odieux aux protestants qu'aux catholiques. Socin, averti par Calvin et surtout effrayé du supplice de Servet, se conduisit avec tant de prudence qu'il passa plusieurs années au milieu de ses adversaires sans être inquiété. Ce n'était qu'à quelques-uns de ses compatriotes, exilés comme lui, qu'il se permettait de confier en secret ses opinions ; mais il se dédommageait de cette contrainte dans les écrits qu'il adressait à ses parents. En 1557 ou 1558, il se rendit en Pologne, où les principes de l'académie vicentine avaient trouvé de nombreux sectateurs. Ses talents l'y firent accueillir avec distinction par les seigneurs polonais, presque tous ennemis du clergé, dont ils jalousaient l'influence et les richesses. Le roi Sigismond-Auguste, qui voyait sans peine cette disposition des esprits, admit Socin à sa cour et lui donna des lettres de recommandation pour empêcher qu'il fût inquiété pendant son séjour en Italie, où il allait recueillir la succession de son père. Socin revint à Zürich dès qu'il eut fini ses affaires, et il mourut dans cette ville le 16 mai 1562, à l'âge de 36 ans.

      Doué d'une rare éloquence, savant dans les langues et critiques habile, il aurait, dit Pluquet (Dictionnaire des hérésies), rendu sans doute de grands services au nouvel arianisme, s'il eût vécu plus longtemps. On l'a regardé comme l'auteur d'une réfutation des principes de Calvin sur le droit qu'il attribue aux magistrats de faire mourir les hérétiques ; mais cet ouvrage est de Minos Celsus (CF. Celse). On lui attribue une paraphrase des premiers versets du premier chapitre de l'Evangile de Saint Jean ; mais aucun bibliographe ne l'a jamais vue. Dans une collection de traités théologiques, imprimée en 1654, in-16, sous la rubrique : Eleutheropoli, mais à Racow ou en Hollande, on trouve sous son nom : Disseratio ad Tigurinos et Genevaes de Sacramentis ; mais la Biblioth. Fratrum Polonarum, recueil de tous les écrits des antitrinaitaires, n'en contient aucun de Lélius Socin; Voyez Vogt, Catalog. Libror. Rarior. Il en a publié à Leipzig, en 1814, 1 vol. in-8°, Vita L. Socini, et en 1824, in-4°, une Commentatio theologico-historica sur la vie et la doctrine de ce sectaire.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 39 - Pages 512-513)




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