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Théodulfe

(Milieu du VIIème siècle - 18 septembre 821, à Angers)
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Théodulfe, évêque d'Orléans, l'un des premiers restaurateurs des lettres en France, était né vers le milieu du VIIIème siècle, dans la haute Italie, d'une famille distinguée parmi les Goths. Ses talents et son érudition l'ayant fait connaître, il fut appelé par Charlemagne à sa cour, vers l'an 781. Quelques auteurs prétendent qu'il était veuf : ils appuient cette opinion sur ce que, dans une pièce de vers dont il accompagna l'envoi d'un Psautier à Gisèle ou Gisla, Théodulfe l'engage à recevoir le présent que lui fait un père [Note de l'auteur : Quod tibi Theodulfus dat pater ecce tuus.]. Mais, comme le remarque Tirasboschi, rien ne prouve que le nom de père ne soit pas employé dans le sens spirituel.

      Théodulfe fut pourvu de l'abbaye de Fleury et ensuite de l'évêché d'Orléans. Les savants ne sont pas d'accord sur l'époque où il prit possession de ce siège. Son premier soin fut de rétablir dans son diocèse l'ancienne discipline et d'y faire fleurir les bonnes études. Il publia, dans ce double but, des Capitulaires qui servirent de modèles aux autres prélats. Il fonda plusieurs écoles ecclésiastiques, qui devinrent bientôt célèbres ; et il enjoignit à tous les pasteurs de distribuer gratuitement l'instruction au peuple. Le village de Germigni lui dut une église, bâtie sur le plan de celle d'Aix-la-Chapelle. D'autres églises fuent réparées, et des couvents dotés par ses libéralités. Théodulfe jouissait de toute la confiance de Charlemagne. Il fut avec Leidrade, archevêque de Lyon, revêtu du titre missus dominicus, et chargé de réformer l'administration de la justice dans les deux provinces narbonnaises. Partout où ils arrivaient, on s'empressait de leur offrir des présents pour se les rendre favorables. Théodulfe attaqua cet abus dans un poème d'environ 1000 vers, adressé aux juges, qu'il cherche à mettre en garde contre les moyens de séduction qu'on employait pour les corrompre. Il fut un des évêques qui signèrent le testament de Charlemagne.

      Louis le Débonnaire l'estima comme l'avait fait son père. Il le choisit, avec quelques autres prélats, pour aller à la rencontre du pape Etienne IV, et l'accompagner jusqu'à Reims. Théodulfe reçut du pontife le pallium et porta depuis le titre d'archevêque, mais, l'année suivante (817), Bernard, roi d'Italie, s'étant révolté contre Louis, son oncle, Théodulfe fut accusé d'avoir pris par à cette conjuration et banni de la cour. En vain, il protesta de son innocence, il fut dépouillé de ses bénéfices et exilé, en 818, à Angers, où il mourut, le 18 septembre 821.

      C'est un des plus grands prélats qu'ait eus jusqu'alors l'Eglise de France. Les ouvrages qu'on lui doit se ressentent du siècle où ils ont été composés ; mais ils n'en sont pas moins estimables. On a déjà parlé de ses Capitulaires, ou instructions à son clergé, en 46 articles. On en trouve un excellent abrégé dans l'Histoire ecclésiastique de Fleury, t. 9, pp. 502-508. L'auteur s'y plaint, comme d'un abus déjà ancien, de la coutume d'enterrer dans les églises. Ses autres ouvrages sont : un Traité sur les cérémonies du Baptême ; un sur le St-Esprit : c'est un recueil de passages des Pères grecs et latins ; des Homélies ; et enfin un Livre de poésies, parmi lesquelles on distingue, outre son Exhortation aux juges, l'hymne Gloria laus et honor, que l'Eglise chante à la procession le dimanche des Rameaux. Les écrits de Théodulfe font partie de la Bilbliothèque des Pères, et se trouvent dans différens recueils. Le Père Sirmond les a publiées séparément avec des notes, Paris, 1646, in-8° ; mais la meilleure édition est celle qu'on en a donnée dans la collection des Œuvres du même Père Sirmond, t. 2 pp. 915-1128. Depuis cette époque, Baluse, le Père Mabillon, dom Martène et dom Durand ont découvert divers fragments d'autres ouvrages de Théodulfe, et les ont mis au jour. On trouvera des détails à cet égard dans l'Histoire littéraire de la France qui contient une notice très étendue sur l'évêque d'Orléans, t. 4, pp. 459-474. On doit aussi consulter le Gallia christiana, t. 8, p. 1419, et la Storia della letteratura italiana de Tirasboschi, t. 3, pp. 201-209, où les points encore obscurs de la vie de Théodulfe, tels que son origine, son mariage, l'époque de sa nomination au siège épiscopal d'Orléans, etc., sont examinés et discutés avec beaucoup de soin.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 41 - Pages 286-287)



Dictionnaire M. Bescherelle

Théodulphe, évêque d'Orléans, dans le IXème siècle, se signala par la pratique de toutes les vertus. Bernard, roi d'Italie, s'étant révolté contre Louis le Débonnaire, Théodulphe fut accusé faussement d'avoir pris part à cette conspiration, et se vit déposé, puis relégué dans un monastère où il mourut en 821. On a de lui des capitulaires, des traités de théologie et des poésies.  M. Bescherelle, aîné, Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française - Volume II (G-Z) (1856), p. 1469.


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