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Inquisition

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Dictionnaire universel d'histoire et de géographie de Bouillet

      Institution qui avait pour but de rechercher et de punir l'hérésie. On la fait dater de l'an 1204, époque à laquelle Innocent III envoya des missionnaires dans le midi de la France pour y convertir les Albigeois. Pierre de Castelnau et les autres moines de Cîteaux qui l'accompagnaient furent les premiers inquisiteurs de fait ; mais ce n'est que plus tard, en 1229, que l'Inquisition reçut une organisation précise : c'est alors que Grégoire IX l'éleva au rang des tribunaux réguliers. A partir de 1232, les fonctions inquisitoriales furent exclusivement confiées aux Dominicains. Essayée en France, où elle fut organisée en 1255 par Alexandre III, de concert avec saint Louis, l'Inquisition ne put s'y maintenir. C'est en Espagne qu'elle obtint le plus de puissance : elle fut dans ce pays une institution politique autant que religieuse. Introduite en Catalogne en 1232, elle ne tarda pas à se répandre sur toute la Péninsule ; elle y poursuivit surtout les Juifs et les Maures relaps. En 1481, sous Ferdinand et Isabelle, l'Inquisition reçut une nouvelle organisation et obtint un nouvel accroissement de pouvoir ; elle reçut alors le nom de Saint-Office ; on créa un grand inquisiteur général (ce fut le cardinal Torquemada), et on lui adjoignit un conseil, connu sous le nom de la Suprême, et 45 inquisiteurs généraux. Ce nouveau tribunal, établi malgré Sixte IV, qui en trouvait les règlements trop sévères, procéda avec plus de rigueur encore que l'ancien. Il étendit sous Philippe II son action sur les Pays-Bas, et fut une des principales causes de l'insurrection de ces riches provinces, qui furent à jamais perdues pour l'Espagne. Le pouvoir de l'Inquisition s'affaiblit avec les progrès des lumières et de la tolérance. Cependant ce tribunal existait encore en Espagne lorsque les Français entrèrent dans ce pays, en 1808 ; ils s'empressèrent de l'abolir. Rétabli par Ferdinand VII en 1814, il fut définitivement aboli par les Cortès en 1820.

      L'Inquisition devait d'abord employer contre les coupables les peines spirituelles : si ce moyen ne suffisait pas, elle les livrait au bras séculier. Les coupables étaient, selon la gravité des cas, plongés dans les cachots, appliqués à la torture ou livrés aux flammes ; on appelait auto-da-fé (acte de foi) ce genre d'exécution.

      L'Histoire de l'Inquisition a été écrite par Limborch, Amsterdam, 1692, par le P. Marsollier, Paris, 1693, et par A. Llorente, Paris, 1815-1817. On peut lire aussi les Lettres sur l'Inquisiton espagnole, par le comte Joseph de Maistre, et le livre intitulé : Le Cardinal Ximenez et l'Eglise d'Espagne, par le docteur Héfélé, traduit en français.  Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 20ème édition (1866), pp. 924-925.




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