Vous êtes ici : Religions, fois & philosophie | CHRISTIANISME | Dictionnaire | J | Jésuite

Jésuite

© France-Spiritualités™



Dictionnaire M. Bescherelle

Substantif masculin [Du nom d'une église de Rome qui s'appelait il Giesu, et qui fut donnée à cette institution dans le principe]
Membre d'un ordre religieux fondé en 1534 par Ignace de Loyola et approuvé en 1540 par le pape Paul III. Cet ordre, dit aussi Compagnie de Jésus ou Société de Jésus, se consacra dès le principe à la propagation de la foi et à la conversion des infidèles et des hérétiques, à l'éducation de la jeunesse, et faisait le vœu particulier d'un entier dévouement aux ordres du pape. Cette compagnie, qui a joué un si grand rôle dans l'histoire moderne, est surtout remarquable par sa constitution. Son général résidait à Rome, et de là il exerçait un empire absolu sur les membres répandus dans toute la chrétienté. La société n'avait pas adopté de costume particulier, afin de s'introduire plus facilement partout ; elle admettait, sous le nom de coadjuteurs temporels, des membres laïques, qui, inconnus pour la plupart, ne travaillaient que plus activement à augmenter son pouvoir. Avant d'être admis dans la société, tous les membres étaient soumis à de nombreuses épreuves, et chacun était ensuite employé selon sa capacité.

      C'est à Paris que l'ordre prit naissance, il eut pour premiers apôtres avec Ignace de Loyola, l'instituteur, quatre Espagnols, Laynez, Salmeron, Bobadilla, Rodriguez, et des Français, Pierre Fabre et François Xavier. D'abord ils se nommèrent Clercs de la compagnie de Jésus, et furent vulgairement connus sous le nom de jésuites, à cause de la circonstance que nous avons indiquée en donnant l'étymologie. La société fit de rapides progrès en Italie, en Espagne, en Portugal ; mais elle ne fut admise qu'après de longs débats, à Paris, son berceau. Elle éprouva surtout une vive résistance de la part du Parlement et de l'Université, et n'obtint que fort tard la permission d'enseigner (1562).

      Les jésuites ont rendu des services incontestables ; ils ont obtenu de grands succès dans l'éducation de la jeunesse, dans la prédication, et par leurs courageuses missions, ils ont porté la foi jusque dans les contrées les plus reculées, chez les peuples les plus barbares ; mais aussi ils ont toujours cherché à s'immiscer dans les affaires, et ils ont en effet réussi à capter la confiance des princes et à dominer. Partout on les a accusés de professer des doctrines ultramontaines, d'enseigner une morale relâchée, pleine de restrictions mentales et de distinctions subiles, morale exposée surtout par Pascal d'une manière fort spirituelle. On les accusa même d'encourager le régicide lorsque les rois s'opposaient à leurs projets. On les a soupçonnés d'avoir pris part à la conspiration des poudres en Angleterre, à la Ligue, aux assassinats commis sur Henri IV, sur Louis XV, et ils se sont vus bannis successivement des Etats qui les avaient reçus, de France en 1594, 1762 ; de Portugal, 1759 ; d'Espagne, 1767 ; de Russie, 1719. Enfin, la compagnie tout entière fut supprimée par un bref de Clément XIV, le 21 juillet 1773, pour cause d'abus et de désobéissance au saint-siège. La Russie leur donna un asile, où, dès l'an 1801, Pie VII reconnut son vicaire général. En l'an 1804, il rétablit l'ordre pour la Sicile ; en l'an 1814 (14 août), pour toute la chrétienté, et avec ses droits, ses statuts. Ils furent de nouveau accueillis avec empressement dans plusieurs Etats.

      Sous la Restauration, ils rentrèrent en France sous le nom de Pères de la Foi, et ont eu pendant quelques années des collèges florissants. Depuis 1830, on a exécuté avec plus de rigueur les lois qui les concernent. En 1845, ils ont voulu se montrer dans la querelle touchant le projet de réforme sur l'instruction publique, et se sont vus obligés de quitter le pays ou du moins de ne plus s'y montrer en corps. Ils ont été aussi expulsés de nouveau de la Russie en 1817 et 1823, d'Espagne en 1820.

      Cet ordre a toujours modifié ses statuts, car leur devise est : Sint ut sunt, aut non sint (qu'ils soient comme ils sont, ou qu'ils ne soient pas).

Jésuite de robe courte :
Laïque affilié à la Société de Jésus.

Jésuite :
Ce nom est devenu dans le langage vulgaire une sorte d'outrage et synonyme d'hyprocrite, intrigant, roué, déloyal. C'est surtout depuis que Pascal dans ses Lettres provinciales eut attaqué la morale de l'ordre et eut vulgarisé ses attaques, que cette expression est devenue populaire dans ce sens.

Jésuite :
Comme on doit l'importation du dindon aux jésuites, le peuple a donné à cet animal, en plusieurs provinces, le nom de ses importateurs.  M. Bescherelle, aîné, Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française - Volume II (G-Z) (1856), p. 289.




Site et boutique déposés auprès de Copyrightfrance.com - Toute reproduction interdite
© 2000-2019  LB
Tous droits réservés - Reproduction intégrale ou partielle interdite

Taille des
caractères

Interlignes

Cambria


Mot de passe oublié
Créer un compte BIBLE CHRISTIANISME JUDAÏSME & KABBALE RELIGIONS & PHILOSOPHIES ORIENTALES DICTIONNAIRE RELIGIEUX GÉNÉRAL PHILOSOPHIE & HUMANISME