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Vie du cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen – T. 1

Mgr Besson
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CHAPITRE IV
(2/3)

Comment Henri de Bonnechose fut nommé avocat général à Besançon. – Ses relations avec Mgr de Rohan. – Influence décisive de ce prélat sur sa destinée. – Les desseins de la Providence commencent à se découvrir. – Premières lectures pieuses de Henri de Bonnechose. – Etude du traité de la grâce. – Voyage à Ensiedeln. – Nouveau projet de mariage. – Mlle Eulalie Durand de Gevigney refuse sa main. – Henri de Bonnechose cherche à quitter Besançon. – M. l'abbé Cart, vicaire général, devient son directeur. – Pratiques ferventes de piété. – Ses relations avec le jeune comte de Montalembert. – Fêtes données à Besançon à l'occasion de la promotion cardinalice de Mgr de Rohan. – Sentiments de Henri de Bonnechose. – Il requiert aux assises du Doubs trois condamnations à mort. – Il va se reposer au château de Rozet. – Il prend la résolution de se faire prêtre. – Révolution de juillet. – Efforts pour le retenir dans la magistrature. – Sa démission. – Acte solennel de consécration au service de l'Eglise.


1829-1830

      Sur ces entrefaites, arriva à Besançon Charles de Montalembert, à peine âgé de dix-neuf ans. II ramenait de Stockholm, où son père était ministre plénipotentiaire du roi Charles X, sa mère et sa sœur Elise. La charmante enfant se mourait de consomption sous le ciel brumeux du Nord, et on lui avait ordonné l'air et le ciel d'Italie. Elle partit au commencement d'août, traversa la Baltique, l'Allemagne, le grand-duché de Bade, et entra en France par la route de Strasbourg. Mais, arrivée à Besançon, il lui fallut s'arrêter, tant la faiblesse était grande. Les voyageurs descendirent à l'hôtel de France. Ni la tendresse de sa mère ni les soins affectueux de Charles ne purent sauver la jeune malade. Elle mourut le 03 octobre 1829.


      Ce jour-là, Charles de Montalembert écrit à un de ses amis : « Aujourd'hui, à midi, mon Elise, ma sœur unique, est montée au ciel après une agonie de trois heures. C'est le duc de Rohan qui lui a administré hier, par une prévoyance miraculeuse, le sacrement de pénitence. C'est lui qui a lu les prières des agonisants à côté de son lit, et qui a placé le crucifix entre ses mains mourantes... Elle n'a donc traversé l'Europe, bravé tous les climats, survécu àmille accidents, que pour toucher le sol de la patrie et pour y mourir. » Le surlendemain eut lieu l'enterrement dans le cimetière de Besançon. Au milieu de la foule indifférente qui regardait enterrer cette étrangère et pleurer ce jeune homme, Henri de Bonnechose était venu mener ce deuil et apporter ses consolations et ses secours aux voyageurs. Sur l'invitation de l'archevêque de Besançon, Mme de Montalembert et son fils quittèrent l'hôtel et allèrent cacher, dans l'intimité de son palais, leur inconsolable tristesse. Là, vint s'asseoir à leur chevet le jeune avocat général dont ils avaient fait connaissance. Montalembert lui donne autant de louanges qu'il leur avait prodigué de soins. Il écrit à son ami Cornudet : « Dieu nous a envoyé un véritable consolateur dans la personne d'un jeune homme, Henri de Bonnechose, avocat général à la cour de Besançon, que nous n'avions jamais vu de notre vie, et qui, depuis notre malheur, nous dévoue la sienne. Depuis huit heures du matin jusqu'à dix heures du soir, il est auprès de ma mère ; et aloi, il m'a soutenu pendant tout le temps de cet affreux service, pendant que j'étais agenouillé devant la fosse de ma sœur. C'est un jeune homme admirable sous tous les rapports. Je lui ai promis une longue et sincère amitié (46). »

      Ces sentiments étaient réciproques, comme l'attestent ces lignes écrites par Henri de Bonnechose : « Durant dix ou douze jours je ne les quittai presque pas, et je pouvais le faire, car la cour était en vacances. Je leur rendis tous les services qu'il était en mon pouvoir de leur rendre, et je conçus pour Charles de Montalembert une tendre et profonde affection que rien n'a pu déraciner de mon cœur. Mme Montalembert ne pouvait se résoudre à faire le voyage de Paris seule avec son fils. Elle me pria instamment de l'accompagner. Je le fis très volontiers, heureux de continuer jusqu'au bout ce rôle de consolateur auprès des affligés (47). »

      Le souvenir de cet épisode demeura douloureusement cher au cœur de Montalembert. Trente ans après, dans tout l'éclat de sa gloire oratoire et littéraire, il pleurait encore cette petite sœur dont il avait reçu le dernier soupir. Il lui avait fait élever un monument, et s'il passait à quelque distance de Besançon, il se détournait de sa route pour revoir cette tombe où il avait versé tant de larmes. Il y portait des fleurs et des prières, et, en sortant du cimetière, il allait demander des messes au curé de la paroisse pour le repos de l'âme de sa chère Elise.

            En visitant le monument, il aimait à rappeler comment il avait connu, auprès du lit de mort de sa sœur, le cardinal de Bonnechose. La correspondance qu'il a échangée avec lui est toute pleine de ce premier souvenir. Citons-en quelques lignes :

      « Je reviens de Besançon, écrivait-il le 05 octobre 1849, c'est assez vous dire à quel point le souvenir de votre ancienne et précieuse amitié pour moi et les miens doit fortifier l'affectueuse reconnaissance dont me pénètrent vos bontés actuelles. »

      Plus tard, le 29 janvier 1860, il écrivait de la Roche en Breny :

      « Monseigneur, plusieurs crises successives du mal qui m'a conduit à Evian m'ont empêché de répondre plus tôt à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire il y a quelque temps. J'ai été profondément touché de votre bon souvenir et de la sympathie que vous voulez bien m'exprimer au sujet de la mort de mon frère (48). Cette perte a été très cruelle pour moi : il était mon seul proche parent, et, malgré l'extrême diversité de nos carrières, il était resté pour moi un ami fidèle et dévoué. Il laisse une jeune veuve et cinq pauvres petits enfants, dont l'avenir ajoute une sollicitude très lourde et très poignante à toutes celles qui pèsent déjà sur moi. Il est mort au moment où il pouvait espérer, pour lui et pour les siens, recueillir les fruits d'une carrière aussi laborieuse qu'ingrate, et sa mort a été accompagnée des circonstances les plus douloureuses. Il a beaucoup et longtemps souffert ; il a été très mal soigné ; il n'avait auprès de lui ni ami ni même un serviteur de confiance. Il n'a pas pu revoir le prêtre auquel il s'était confessé neuf jours avant de succomber. Mais nous avons pleine confiance dans la miséricorde de Dieu envers lui. Il était toujours resté profondément chrétien, et le jour même où il s'est senti frappé à mort, il écrivait à sa femme : J'accepte mon sort en expiation de mes péchés.

      Je crois me rappeler qu'il avait eu pour camarade, aux pages, ce jeune frère qui vous a été enlevé, Monseigneur, d'une façon si cruelle, il y a bien des années. Ce souvenir doit encore vous intéresser à sa mémoire, tout comme celui des consolations que vous avez si généreusement prodiguées à ma mère et à moi, lors de la mort de ma sœur à Besançon. Ce sont là de ces liens que ne sauraient briser ni les vicissitudes du temps ni les différences d'opinion et de position. Soyez convaincu, Monseigneur, que mon cœur est fidèle à la respectueuse reconnaissance que je vous dois (49). »

      Ainsi s'était écoulé pour Henri de Bonnechose l'automne de 1829, partagé, pendant les vacances de la cour, entre le voyage d'Ensiedeln et les charitables services rendus à la famille de Montalembert. C'était pour lui le présage d'une autre vie, toute différente de la vie du monde. Rien n'indiquait cependant un changement si profond. L'hiver qui suivit offrit à M. de Bonnechose les plaisirs de la haute société, auxquels il prit part sans s'abandonner à leurs illusions. Son cœur n'était pas là. Il croyait alors avoir trouvé sa satisfaction et son repos dans un projet de mariage. Ce projet trompa encore son attente mais il acheva de l'éclairer sur sa véritable vocation.

      Quand l'influence du cardinal de appelé à Rohan l'avait appelé à Besançon, une de ses premières pensées avait été pour ses amis de l'Ecole de droit qui appartenaient à l'ancienne noblesse de la Comté : « C'est le pays des Circourt, se disait-il, et j'y serai bien reçu. » Il avait trouvé, en effet, tous les salons ouverts sur cette recommandation, mais nulle maison ne lui avait été aussi agréable que le petit château de Serre-les-Sapins, près de Besançon. Là, achevait sa brillante carrière le baron Durand de Gevigney, lieutenant général des armées du roi. D'une bravoure à toute épreuve, ses services militaires dataient de Louis XV ; il s'était distingué dans l'armée de Condé et avait commandé, en 1814, la place de Besançon. Marié à Marie-Thérèse-Françoise Mareschal de Sauvagney, tante de MM. de Circourt, il accueillit l'ami de ses neveux dans son modeste château avec la plus flatteuse distinction. Mais la mort l'enleva le 21 octobre 1829, et Henri de Bonnechose n'en fut que plus attaché à la veuve de ce général, qui venait de mourir couvert d'honneur et de blessures. Une fille unique, née de ce mariage, embellissait cette retraite par les attraits de sa figure, les agréments de son esprit et l'exquise douceur de son caractère. Mlle Eulalie Durand était citée, dans toute la contrée, pour sa haute piété aussi bien que pour le charme de sa conversation. La fortune seule était médiocre. D'une constitution frêle et délicate, mais d'une grande distinction de manières, et d'une noblesse de sentiments au-dessus de tout éloge, elle avait tout ce qu'il fallait pour plaire à M. de Bonnechose et pour le rendre heureux. La demande qu'il fit de sa main fut doucement repoussée. Elle se borna à répondre à ses premieres ouvertures : « Vous épouserez une plus grande dame que moi ; vous épouserez l'Eglise.

      C'était une prédiction autant qu'un refus. Cette parole ne mit pas fin aux visites que l'avocat général faisait à Serre-les-Sapins. Mais quand il se retrouvait seul, en remontant le cours du Doubs ou en se promenant dans les bois du voisinage, il se demandait si Mlle Eulalie Durand avait deviné sa vocation et s'il fallait renoncer aux mariages de ce monde. Ses mélancoliques pensées cherchaient la solitude et s'y mûrissaient. Souvent aussi, il gravissait les montagnes qui dominent la ville de Besançon, comme s'il eût voulu échapper à la société des hommes et se rapprocher du ciel. Il lui échappait des soupirs sur l'incertitude de sa destinée ; mais la pensée de Dieu devenait chaque jour plus forte et plus vive. Il l'appelait à son secours, il le suppliait de l'éclairer, il se plaignait des attachements qui le retenaient dans le monde, et il n'avait pas la force de les rompre encore.

      Cette cruelle inquiétude le détermina à faire, pour échapper à lui-même, une démarche qui demeura ignorée de ses collègues. C'était aux environs de Pâques de l'année 1830. Il avait pris le parti d'aller solliciter son changement, espérant obtenir un siège à Paris. M. Jean-Jacques Ordinaire avait reçu la confidence de son dessein, il l'approuvait et il lui avait donné des lettres pour son ami, M. Courvoisier. Le garde des sceaux, qui voyait venir les fatales ordonnances, songeait déjà à sa retraite ; mais il se serait reproché de quitter le ministère après avoir depouillé la cour de sa ville natale d'un jeune magistrat qui lui faisait tant d'honneur par l'éclat de sa parole et par la dignité de sa vie. Il le reçut avec une grande distinction et le congédia sans lui donner la moindre espérance. Voici comment M. de Bonnechose fit part à J.-J. Ordinaire du résultat de sa démarche :

      Monsieur, j'ai tardé longtemps à vous écrire. Je me le reproche. Mais j'espère que vous me pardonnerez ce délai, car ayant habité Paris, vous savez que c'est le lieu du monde où l'on est le moins maître de ses moments. La vie y est vraiment au pillage. De plus, les circonstances politiques ont été si graves, si critiques, qu'elles ont absorbé toute l'attention des hommes lui portent un véritable intérêt à leur pays. Maintenant, retiré tranquillement à Versailles auprès de ma mère, j'ai recouvré mon entière liberté d'esprit et je m'en sers pour vous rendre compte de l'affaire qui m'avait amené à Paris. Elle est manquée. M. Droz (50) a déployé pour moi toute la bonne volonté que vous pouviez attendre de lui. Plusieurs autres personnes ont agi dans le même sens. Les recommandations les plus chaudes se sont multipliées en ma faveur auprès de M. Courvoisier ; il n'en est pas moins demeuré inflexible. Il m'a expliqué ses motifs. Je les ai trouvés raisonnables, et par conséquent je me suis abstenu d'insister. Après avoir examiné de nouveau ma position à Besançon et l'avenir qu'elle me permet d'espérer, je me suis complètement réconcilié avec elle ; et grâce à ce petit retour sur moi-même, j'avoue que je m'estime en quelque sorte heureux d'avoir échoué dans mes démarches. Je devais les faire dans l'intérêt de ma famille, je les ai faites ; elles n'ont pas réussi : je suis content de moi et de l'ordre de la Providence. Ce sera avec une véritable satisfaction que je retournerai en Franche-Comté. Le plaisir que j'aurai à vous revoir pour ne point vous quitter n'altérera en rien ma reconnaissance de l'empressement affectueux que vous avez bien voulu mettre à seconder mes efforts pour atteindre un autre but. J'y ai vu la preuve d'une bienveillance à laquelle j'ai été profondément sensible et que je n'oublierai jamais. Mon frère vous remercie de votre bon souvenir et vous prie de le lui conserver. Sa famille et lui sont en parfaite santé. Je compte partir pour Besançon le lendemain da Pâques. Dans notre premier entretien, je vous donnerai de vive voix tous les détails qui ne peuvent trouver place dans ma lettre (51). »

      Dieu le ramena ainsi à Besançon, mais c'était pour achever de lui faire connaître la vanité des choses humaines et pour l'obliger à les quitter en se mettant, après tant d'hésitations, au service de son Eglise. Il croyait, une fois rentré dans cette ville, continuer sa carrière de magistrat, et c'était justement là que Dieu l'attendait, c'était là qu'il allait lui parler.

      Les assises venaient de s'ouvrir à Besançon, au commencement de juillet. Elles imposèrent au premier avocat général les plus redoutables devoirs qu'un magistrat puisse remplir ici-bas ; elles précipitèrent la décision de sa vocation ecclésiastique. Il faut l'entendre raconter lui-même la scène qui se passait dans son âme, pendant qu'il était lui-même l'objet de tous les regards. « Je tins les assises ; j'eus trois condamnations à mort à requérir. Je me rappelle que durant l'audition des témoins et les débats j'avais de la peine à détacher mes regards du grand crucifix suspendu au-dessus de la tête du président, et je ne sais quelle voix secrète semblait me dire : Tu as assez servi Dieu dans sa justice, il est temps de le servir dans sa miséricorde. J'étais fort combattu. La perspective du monde m'enchantait encore ; le prestige attaché aux hautes fonctions publiques et politiques que je touchais pour ainsi dire de la main, la gloire humaine, les douces et tendres affections, me retenaient, m'enchaînaient. Je cachais ce qui se passait en moi à tous les membres de ma famille et à tous mes anciens amis, parce que j'étais certain que tous s'opposeraient à un changement d'état. Mgr de Rohan était retourné de nouveau à Paris ; je faisais aux environs de Besançon de longues et solitaires promenades, où je roulais dans mon esprit les raisons pour et contre le grand parti de tout quitter. Mille objections se présentaient... et cependant la motion intérieure devenait de plus en plus forte (52). »

      Pendant ce temps-là, de grandes fêtes avaient été célébrées au palais archiépiscopal de Besançon. Mgr de Rohan, créé cardinal dans le consistoire du 05 juillet, avait reçu, quelques jours après, le garde-noble qui lui apportait la calotte. La réception de l'envoyé pontifical, les visites de toutes les autorités, la grande soirée donnée à cette occasion, les promenades du prélat, en voiture découverte, dans les rues de la ville, avec les premiers insignes de sa dignité cardinalice, les magnifiques aumônes qu'il répandait sur son passage, tout avait fait de cette fête religieuse une fête populaire. Besançon était tout en joie. M. de Bonnechose jouissait plus que personne de la gloire de son protecteur, mais un secret pressentiment l'avertissait qu'un orage grondait à l'horizon et que cette belle journée aurait un affreux lendemain. Il sortit du palais avant la fin du jour, ne pouvant plus supporter l'éclat de la fête, et il alla chercher, le long des bords du Doubs, dans une promenade solitaire, quelque diversion aux vives inquiétudes dont il était tourmenté. Le nouveau cardinal partait avec le garde-noble pour aller, recevoir la barrette à Paris. Il ne devait rentrer à Besançon que vingt mois après, au milieu des cris, des injures, des calomnies de la populace, ameutée contre son bienfaiteur.

      Ce départ, mêlé de tristes pressentiments, laissait M. de Bonnechose sans confident au milieu des perplexités de son âme. Déjà il avait consulté M. Cart sur sa vocation ; mais, en le consultant, il souhaitait, il espérait une réponse négative, tant il était encore épris du monde et de ses vanités. Il se trompa : « Venez avec nous, répondit l'abbé Cart, vous serez heureux. » Son trouble augmente au lieu de se dissiper ; il hésite encore ; la lutte intérieure était trop vive et l'obscurité trop grande ; il profite du repos que l'on a coutume de donner aux magistrats qui ont tenu les assises, et il va chercher à la campagne quelque diversion à ses ennuis.


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(46)  Lettre à un ami de collège.

(47)  Histoire personnelle, manuscr.

(48)  Le comte Arthur de Montalembert, page du roi Charles X en 1829, entra au service militaire en 1831 ; fait colonel du 1er régiment de chasseurs d'Afrique après la bataille de Solférino, il est mort pendant la campagne du Maroc, en novembre 1859.

(49)  Lettres de Charles de Montalembert à Mgr de Bonnechose.

(50)  M. Joseph Droz, de l'Académie française.

(51)  Lettre de Henri de Bonnechose, avocat général, à M. Jean-Jacques Ordinaire.

(52)  Histoire personnelle, manuscr.




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