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Pape Jean XXII

Jacques d'Euse (1245, à Cahors - 04 décembre 1334, à Avignon)
194ème pape et 2ème pape d'Avignon - Pape du 07 août 1316 au 04 décembre 1334
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Jean XXII, élu pape le 07 août 1316, succéda à Clément V, qui avait transféré le siège dans Avignon. Les cardinaux assemblés à Carpentras au nombre de vingt-trois ne purent s'accorder sur l'élection. Une sédition survint au milieu de ces débats ; des marchands furent pillés par les domestiques des cardinaux ; on mit le feu à la ville, qui fut brûlée en partie, et le conclave fut deux ans sans se rassembler : les Italiens voulaient qu'on allât à Rome, et d'autres ailleurs. Philippe le Bel, qui vivait encore, ému par les représentations du cardinal Napoléon des Ursins, ordonna enfin que la réunion se fît à Lyon ; mais, ce monarque étant mort, ce fut Louis le Hutin qui envoya le comte de Poitiers, son frère, pour exécuter ce projet. Le prince y travailla près de six mois, au bout desquels il parvint à rassembler vingt-trois cardinaux, qu'il enferma dans la maison des frères prêcheurs de Lyon, avec ordre de ne point sortir qu'ils n'eussent élu un pape. Il les filt environner de gardes, et revint à Paris. Au bout de quarante jours, les cardinaux élurent Jacques d'Euse, évêque de Porto.

      Né à Cahors de parents pauvres, mais honnêtes, il s'était rendu habile dans les sciences et surtout en droit. Il était de petite taille ; mais il avait de l'esprit et une certaine fermeté de caractère. Il avait été successivement évêque de Fréjus, puis d'Avignon ; et enfin Clément V l'avait fait cardinal-évêque de Porto. Il prit le nom de Jean XXII, et fut couronné à Lyon, d'où il écrivit aux rois et aux évêques qu'il avait beaucoup hésité avant d'accepter sa nomination.

      Quelque temps après, le pape se plaignit qu'on voulait l'empoisonner, ainsi que les cardinaux, et qu'on avait dressé contre eux des maléfices et des enchantements diaboliques. L'ignorance du temps était encore assez grande pour faire attribuer aux artifices du malin esprit des résultats très simples de phénomènes physiques. L'accusation fut dirigée principalement contre Géraud, évêque de Cahors. L'histoire ne dit point en quoi consistaient les faits de magie et les projets meurtriers dont il était chargé. Il paraît qu'íl était violemment suspect de simonie, très réellement déréglé dans ses mœurs, et coupable d'injustices dans son administration. Le pape fit informer contre lui, et le déposa de toutes ses dignités, avec les formalités les plus humiliantes. Il le livra ensuite au tribunal séculier, qui le condamna à être brûlé ; ce qui fut exécuté au mois de juillet 1318. Baluze dit que le juge qui prononça cette sentence était Arnaud de Trianne, neveu du pape et son maréchal.

      Vers ce même temps, les rois de France et d'Angleterre témoignaient l'envie de former une nouvelle croisade. Le pape leur écrivit pour les en détourner, en leur représentant que la paix n'était pas assez bien affermie chez eux pour leur permettre de songer à des entreprises lointaines. Le différend entre le pape et Louis de Bavière causa de grands troubles en Italie. L'empire était resté vacant pendant quatorze mois, après lesquels Louis de Bavière, frère de Rodolphe, venait d'être élu empereur par cinq électeurs. Ce prince avait pris le titre de roi des Romains, sans attendre l'approbation du pape, qui prétendait de son côté que l'administration de l'empire lui appartenait pendant la vacance. Il lança donc contre Louis de Bavière un monitoire, qui fut bientôt suivi d'un acte d'excommunication. Louis, à son tour, excommunia le pape, qu'íl appelait par dérision le Prêtre Jean.

      L'Italie, désolée par les fureurs des Guelphes et des Gibelins, qui tour à tour étaient vainqueurs et vaincus, offrait partout des divisions et des désordres, dont l'empereur sut profiter. Le pape ne pouvait revenir à Rome, où une députation de la ville l'avait rappelé. Louis de Bavière saisit ce moment pour lui susciter un rival dans la personne de Pierre de Corbière. Les villes, les contrées, se révoltaient contre le pape ou se soumettaient à lui, suivant les chances de fortune de l'empereur. Jean XXII ne gardait pas toujours la modération convenable ou nécessaire dans les circonstances. On peut en juger par la manière dont il se conduisit envers l'antipape, lors de sa résipiscence. Il ne profita pas non plus avec avantage de tous les moyens qui lui étaient offerts de rétablir la paix. Après le pardon accordé à Corbière, son protecteur consentait à l'abandonner, à révoquer tous les actes qu'íl avait publiés contre le pape, pourvu que celui-ci le reconnût comme empereur. Jean XXII rejeta tous ces accommodements.

      Il mourut le 04 décembre 1334, âgé de près de 90 ans, après un pontificat de dix-huit ans, trois mois et vingt-huit jours. Avant ses derniers moments, il assembla les cardinaux, révoqua toutes les réserves et expectatives qu'íl avait établies sur les bénéfices, et qui avaient grossi son trésor d'épargnes, où l'on trouva, dit Villani, en or monnayé, plus de dix-huit millions de florins. L'historien cite à ce sujet des ouï-dire qui peuvent encore être suspects d'exagération. Ce pape avait soutenu un système sur la vision béatifique, dont les principes avaient été condamnés, notamment par l'université de Paris. Il déclara en mourant qu'íl ne prétendait pas persister dans ces erreurs, si elles existaient. Ce fut Jean XXII qui fixa la fête de la Trinité au dimanche après la Pentecôte. Quelques écrivains assurent que ce fut lui qui ajouta la deuxième couronne à la tiare. Villani convient qu'íl avait des vertus, telles que la sobriété, un grand zèle à s'acquitter de ses devoirs religieux, et beaucoup d'économie dans ses dépenses particulières. Il se laissait aborder facilement, expédiait promptement les affaires ; il avait de la science, de la pénétration, et une sorte de grandeur : mais il était colère ; et, sans être cruel, sa conduite visà-vis de Corbière prouve qu'íl était vindicatif.

      On a de lui plus de trois cents lettres, et des bulles assez bien écrites pour le temps où il vivait. Il possédait aussi des connaissances en médecine, ainsi que l'attestent quelques ouvrages qui restent de lui : Thesaurus pauperum : c'est un recueil de remèdes imprimé à Lyon en 1525 ; un Traité des maladies des yeux ; Un autre sur La formation du fœtus ; Un autre sur La goutte ; 5° Des Conseils pour conserver la santé ; Enfin, on a imprimé sous son nom L'Elixir des philosophes, autrement, l'Art transmutaloire des métaux, traduit du latin en français, Lyon, Bonhomme, 1557, in-12.

      Il eut pour successeur Benoît XII.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 20 - Pages 609-610)


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