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Pape Clément VIII

Ippolito Aldobrandini (1536, à Fano - 03 ou 05 mars 1605, à Rome)
229ème pape - Pape du 30 janvier 1592 au 03 ou 05 mars 1605
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Clément VIII, élu pape le 30 janvier 1592, succéda à innocent V. Il s'appelait Hippolyte Aldobrandini, était fils du célèbre jurisconsulte Silvestre Aldobrandini, et né à Fano, d'une famille originaire de Florence. Il avait été d'abord auditeur de rote et référendaire de Sixte V, qui le fit cardinal en 1585. Il débuta en faisant poursuivre vigoureusement les bandits qui désolaient les terres de l'Eglise. La république de Venise ayant engagé à son service la dernière bande que les troupes pontificales avaient forcée de se réfugier dans les Abruzzes, Clément irrité menaça la république, et sur le refus du sénat de livrer Marco Sciarra, chef de ces brigands, le pape agit si vigoureusement que le gouvernement vénitien fit mettre à mort Sciana, et transporta ses gens à Candie. Ayant ensuite procuré aux Romains les grains dont ils manquaient, les plus grandes plaies du pays commencèrent à se cicatriser bientôt après son intronisation. Une autre mesure qui fut généralement approuvée, ce fut la confirmation par une bulle du décret du concile de Trente qui détend les duels, comme aussi contraires à la religion qu'à l'humanité.

      Quoiqu'il afffectât d'abord de grands égards pour la couronne d'Espagne, Clément VIII ne songeait en réalité qu'à remettre le saint-siège dans ses conditions de puissance médiatrice et prépondérante. Comme tous les gouvernements italiens, le pape était effrayé de la puissance de l'Espagne ; il désirait comme eux le triomphe de Henri IV, et ne demandait que la conversion de ce prince pour le reconnaître. Des négociations secrètes eurent d'abord lieu par l'intermédiaire du grand-duc de Toscane, et après s'être montré froid et sévère avec les envoyés du roi de France, pour ne pas soulever contre lui les Espagnols, Clément VIII reçut l'abjuration de ce souverain par le ministère des cardinaux d'Ossat et Duperron, et, le 08 septembre 1595, déclara Henri IV réconcilié avec l'Eglise catholique.

      L'événement le plus important de son pontificat fut le commencement de ces querelles sur les matières de la grâce, qui s'étendirent dans tout le cours du XVIIème siècle, et causèrent encore quelques troubles dans le suivant. (Voyez Jean Calvin et Molina.) Ce fut au milieu du XVIème siècle que l'orage éclata avec le schísme de la réforme. Le fougueux apôtre du calvinisme avait adopté pour base de sa doctrine le dogme désespérant de la prédestination absolue, ce qui était en contradiction complète avec l'opinion de Pélage, partisan déclaré du libre arbitre. Les jésuites espagnols ne se montrèrent pas les moins ardents à combattre le nouvel ennemi de l'Eglise romaine. Ils donnèrent dans leurs écoles de nouvelles explications de la doctrine de saint Augustin, à laquelle ils apporteront quelques modifications, en accordant quelque chose de plus au mérite qu'à la grâce. Molina, l'un d'eux, recueillit toutes ces propositions dans un livre intitulé : Concorde de la grâce et du libre arbitre, et peut-être les jésuites, de l'aveu même de leurs ennemis, eurent-ils alors seulement en vue le projet politique de former une salutaire opposition aux fureurs de Calvin. On ne jugea point leurs intentions d'une manière aussi bienveillante. Le dominicain Bannez réfuta le livre de Molina en l'accusant de pélagianisme. Un autre jésuite même, Henriquez, se déclara contre Molina. Toute l'Eglise d'Espagne se divisa en deux partis, et Clément VIII obtint de Philippe II que la contestation serait évoquée à Rome pour y être jugée. Le pape rassembla près de lui quelques docteurs romains et autres, sous la présidence du cardinal chef de la congrégation du saint-office. Ces assemblées commencèrent en 1598, et durèrent neuf années, sous les pontificats de Clément VIII et de Paul V, son successeur. Elles prirent le nom de congrégation de Auxiliis. Quelquefoís elles furent de simples conférences entre les arbitres nommés ; dans d'autres occasions, on entendit les parties pour soutenir et défendre leurs opinions réciproques. Les esprits s'échauffèrent, et la question s'obscurcit davantage. Au lieu de s'élever à la hauteur d'une théologie transcendante, on descendit à des arguties minutieuses ; on inventa des termes subtils pour expliquer des idées simples, tels furent ceux de grâce suffisante, grâce efficace, grâce versatile, grâce concomitante, grâce excitante, science moyenne, congruisme, pouvoir prochain, etc. Les jésuites accusaient leurs antagonistes de favoriser la révolte de Calvin, et ceux-ci, qui prirent quelques années après le nom de janséniste, reprochaient aux jésuites de renouveler les erreurs de Pélage. Il y eut cependant quelques apparences d'accommodement. Les jésuites proposèrent, à plusieurs reprises, de permettre à chacun de soutenir son opinion comme probable, ce qui a beaucoup d'analogie avec le sentiment de Bossuet. Ils parvinrent même à gagner les thomistes et à obtenir d'eux quelques concessions, que les jansénistes, par la suite, reprochèrent hautement à ceux-ci (Voyez les Provinciales) ; mais ce ne furent que des lueurs passagères de rapprochement. Il semblait, dans cette lutte opiniâtre, que chaque parti n'eût d'autre but que de se faire condamner mutuellement comme hérétique. Les écrivains ennemis des jésuites prétendent que l'opinion des congrégations fut en général opposée à la doctrine de Molina, et que Clément VIII était sur le point d'émettre la bulle de condamnation lorsque la mort le surprit. Rien ne vient à l'appui de cette conjecture. Il est très probable, au contraire, que, dans la crainte de ménager un sujet de triomphe aux réformes, on ne voulut pas joindre au scandale d'une discussion déjà trop prolongée, le scandale plus dangereux encore d'un jugement qui aurait occasionné une nouvelle scission dans l'Eglise. « Rome, a dit Turgot, eut la sagesse de ne rien prononcer. » (Voyez le t. 9des œuvres de Turgot.) Le pape Paul V garda la même neutralité. Il défendit que l'on imprimât rien sur ces matières sans la permission du saint-siège.

      Clément VIII fut occupé d'autres soins encore pendant son pontificat ; il reçut, en 1595, des députés du patriarche d'Alexandrie, qui abjura l'eutychianisme et se réunit à l'Eglise romaine ; il établit une commission pour examiner les nouveaux évêques en Italie ; il réprima le brigandage usuraire des juifs, en limitant les lieux où ils devaient habiter ; il contribua à la paix de Vervins, en 1598 ; il augmenta le domaine de l'Eglise du duché de Ferrare, dont le dernier descendant de la maison d'Este, nommé César, ne put garder la propriété, parce qu'il était bâtard.

      Clément VIII mourut le 03 ou le 05 mars 1605, dans la 14ème année de son pontificat. On loue avec raison sa piété, sa justice et sa bonté. Il a corrigé le Missel romain, le Pontifical romain, imprimé à Rome, 1595, 2 vol. in-fol., ainsi que le Cérémonínl des évêques, 1633, in-fol. Léon XI fut son successeur.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 8 - Pages 396-397)



Dictionnaire universel d'histoire et de géographie de Bouillet

       Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 20ème édition (1866), p. 427.




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