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Pape Pascal II

Rainieri (v. 1050, à Bieda, près de Ravenne - 11 janvier 1118, à Rome)
158ème pape - Pape de 1099 au 11 janvier 1118
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Pascal II, successeur du pape Urbain II, se nommait Rainieri ; né à Biede, en Toscane, et d'abord moine de Cluny, il fut envoyé à Rome à l'âge de vingt-trois ans pour régler les affaires de son monastère, et se fit connaître de Grégoire VII, qui, charmé de son mérite, le retint auprès de lui, l'honora bientôt de la pourpre, et le fit abbé de St-Paul hors de la ville. Elu au bout de quinze jours après la mort de son prédécesseur, il s'enfuit et se cacha ; il fallut employer une espèce de violence pour vaincre ses refus. C'était alors que Henri V, révolté contre son père, recherchait l'appui de Rome pour couronner ses desseins. Il trouva les dispositions les plus favorables dans le pape, car l'inimitié contre Henri IV était presque héréditaire dans la succession pontificale. Pascal excommunia ce père plus malheureux alors que coupable, l'obligea de se démettre de l'empire, et protégea hautement son rival. Cependant Pascal ne trouva point dans ce prince la docilité qu'il semblait devoir attendre de ses bienfaits. Henri V lui résista au sujet des investitures : aussi la division ne tarda pas à éclater entre eux. Henri voulait recevoir la couronne des mains du pape et ne lui rien céder. Celui-ci avait quitté Rome pour aller chercher en Allemagne d'abord, ensuite en France, des secours contre son ennemi. Ses démarches n'eurent pas des résultats très heureux ; il fut obligé de retourner en Italie, où Henri vint le trouver. Pascal résista ; Henri eut recours aux plus grandes violences. Il s'empara de la personne du pape : les Romains se révoltèrent, firent main-basse sur les Allemands, et faillirent à prendre le roi lui-même. Alors Henri redoubla de rigueur : par ses ordres, le pape fut dépouillé de ses ornements, et ensuite lié de cordes. Pascal II résistait encore ; mais il céda enfin, avec larmes, aux prières de ses amis. Il abandonna les investitures à Henri, auquel il donna la couronne, et fut délivré à ce prix des mauvais traitements et de la présence de son persécuteur.

      L'Eglise était partagée sur cette question des investitures, où il paraissait si difficile alors de tracer des limites convenables entre les deux puissances, dont l'une devait exercer le droit d'institution canonique, et l'autre celui de la mise en possession des biens temporels affectés au bénéfice, et qui toutes deux n'étaient que trop portées aux empiètements et aux usurpations. A Rome, le pape était blâmé par ceux qui avaient échappé à la persécution, et approuvé ou du moins excusé par ceux qui avaient été prisonniers avec lui. De Terracine, où il s'était retiré, le pape écrivit à ses détracteurs, rejetant sur la nécessité des circonstances tout ce qu'il pouvait y avoir d'irrégulier dans ses concessions, et promettant de corriger ce qu'il n'avait fait que pour éviter la ruine de Rome et de toute la province. Cependant deux conciles assemblés, l'un à Vienne et l'autre à Cologne, avaient excommunié Henri V, non seulement comme hérétique, à cause de l'usurpation des investitures, mais même pour avoir extorqué du pape, par trahison et par force, un décret aussi contraire aux saints canons et aux usages du saint-siège apostolique. Pascal II assembla lui-même un concile général dans l'église de Latran en 1117, où il exposa de nouveau toute sa conduite ; il reconnut ses fautes, si on voulait appeler ainsi ce que l'empire des circonstances avait exigé de lui, déclara nul le privilège qu'il avait accordé à Henri V, et renouvela la défense faite par Grégoire VII de donner ou de recevoir les investitures ; mais il ne prononça point d'excommunications, quoiqu'il approuvât celles qui avaient été lancées par d'autres conciles et d'autres évêques.

      Pascal II était réservé à de nouveaux chagrins. Le préfet de Rome venait de mourir. Des séditieux, sans doute partisans secrets de Henri V, élurent le fils à cette place, et voulurent forcer le pape d'approuver cette élection pendant qu'il célébrait la messe du jeudi saint. Le pape s'y refusa. Les mouvements séditieux continuèrent. Le lundi de Pâques, le pape fut assailli à coups de pierres par le jeune homme, à la tête de sa troupe. Le lendemain ils abattirent plusieurs maisons de ceux qui refusaient de le reconnaître ; et Pascal s'enfuit à Albano, et ensuite à Bénévent. Henri, contre lequel des évêques se déclaraient de nouveau, entre autres l'archevêque de Mayence, revint à Rome sous prétexte de négocier la paix avec le pape, mais en effet pour se faire couronner une seconde fois par l'archevêque de Prague (Voyez Bourdin), que Pascal excommunia pour cet acte de déloyauté, dans un concile tenu à Bénévent. Cependant Henri quitta Rome à cause des chaleurs de l'été, avec promesse d'y revenir dans une saison plus favorable. Le pape profita de cette absence pour y retourner lui-même. Sa présence intimída ses ennemis, et surtout le nouveau préfet, qui se cachèrent dans la ville.

      Le pape se préparait à les réduire par la force, lorsqu'une maladie de fatigue l'emporta le 11 janvier 1118. Il avait occupé le saint-siège pendant dix-huit ans cinq mois et cinq jours. On a de lui plusieurs lettres, entre autres une par laquelle il ordonne à l'abbé de Cluny de communier sous les deux espèces séparées, et de ne plus tremper le pain dans le vin, suivant l'usage de cette abbaye ; et une autre, adressée au clergé de Térouane, qui prouve que certains prêtres avaient de la peine à se conformer aux décisions des conciles qui leur défendaient le mariage (Collection des historiens de France, t. 15, p. 23). Pascal II eut pour successeur Gélase II.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 32 - Pages 192-193)




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