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Pape Sixte IV

Francesco Della Rovere (22 juillet 1414, près de Savone - 13 août 1484, à Rome)
210ème pape - Pape du 09 août 1471 au 13 août 1484
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      Sixte IV (François d'Albescola de la Rovère) succéda à Paul II, le 09 août 1471. Les historiens sont divisés sur son origine. Les uns lui donnent pour père un pêcheur de Celles, près de Savone, nommé Leonaro Rovère ; d'autres prétendent que l'illustre famille des Rovère l'adopta pour parent en voyant son élévation [Note : Les familles des Rovère en Piémont et Beauvoir du Roure dans le Gévaudan, rattachent aussi leur origine à celle de la famille des papes Sixte IV et Jules II.]. Tous conviennent qu'il était né le 22 juillet 1414 ; qu'élevé dans sa jeunesse par le cardinal Bessarion, il montra des dispositions heureuses ; qu'il fut général de l'ordre des Frères Mineurs, où il était entré au sortir de ses études ; que Paul II, instruit de son mérite, lui donna la pourpre, et que sa vie était alors si régulière et si édifiante que son palais ressemblait plutôt à un monastère qu'à l'habitation d'un prince de l'Eglise.

      Deux objets principaux l'occupèrent dans les premiers moments de son exaltation : la réforme ecclésiastique et la guerre contre les Turcs. Ce second point exerça principalement son activité. Il leva partout des décimes ; il exhorta, mais infructueusement, toutes les puissances à se joindre à lui. Les Vénitiens et le roi de Naples fournirent seuls quelques secours. Le cardinal Caraffa eut le commandement des galères de l'Etat romain qui se rassemblèrent à l'embouchure du Tibre et que le pape bénit en personne. Les opérations n'eurent pas un grand succès. Tout se borna à la prise d'une petite ville dans la Pamphylie et au pillage de Smyrne, où le butin fut assez considérable. Le légat rentra en triomphe à Rome, et la guerre n'en fut que plus animée, ainsi que la demande des subsides dans toute la chrétienté. Louis XI profita de la difficulté des affaires pour demander à la cour de Rome des réformes utiles, telles que des règles plus justes dans la collation des bénéfices, la réduction des taxes, le rétablissement de la juridiction des juges ordinaires dans l'instruction des procès contre les évêques, l'abolition de la nouvelle levée des décimes, enfin la convocation d'un concile général à Lyon. Le pape fut sourd à toutes ces demandes. On se plaignait de sa facilité pour accorder des grâces extraordinaires, surtout à ses parents ; on voyait avec peine élevé au cardinalat un de ses neveux nommé Riario, sujet extrêmement dépravé dans ses mœurs et vivant avec un faste scandaleux. Sixte IV ne savait rien refuser ; souvent il accordait la même grâce à deux personnes qui l'importunaient par leurs prières. II rétablit à Rome les chanoines réguliers de St-Jean de Latran ; il institua le rite du jubilé tous les vingt-cinq ans ; il donna l'évêché de Saragosse en commande perpétuelle à un bâtard de don Juan d'Autriche, qui était encore enfant, malgré l'opposition du cardinal de Pavie. Il convertit le tribut que Naples payait à la cour de Rome comme redevance féodale, en l'hommage d'une haquenée blanche, qui a subsisté jusqu'en 1789 ; mais l'événement le plus remarquable de ce pontificat, ce furent les troubles de Florence, lors de l'assassinat de Julien de Médicis et du meurtre tenté contre la personne de son frère Laurent. On sait que, par suite de ces attentats, le peuple se mutina, mit en prison Riario et pendit l'archevêque de Pise aux fenêtres du palais (Voyez Pazzi). Sixte IV, irrité de ces vengeances, mit la ville de Florence en interdit et demanda des indemnités exorbitantes. Les puissances se divisèrent. Le roi de France, le duc de Milan, les Vénitiens soutenaient le parti de Florence. Les autres princes, surtout ceux d'Italie, embrassaient la défense du pape. Au bout de deux ans de négociations, la colère du pontife s'apaisa. Les Florentins furent reçus en grâce ; leurs députés vinrent faire la soumission à Rome et furent absous avec les cérémonies usitées en pareil cas. Ce qui est plus difficile à décider, c'est de savoir quelle part le pape prit à l'horrible attentat commis contre la personne des deux Médicis. Il ne parait pas aisé d'en justifier Riario. II obtint de son oncle la permission de venir à Florence, sous un prétexte assez frivole, avec le cardinal de St-Georges, autre neveu ou petit-neveu du pontife ; mais il avait pu cacher son perfide dessein, en supposant même qu'il en fût coupable. Sixte IV, quoique entêté dans ses volontés, n'était point un caractère sombre et porté à de telles noirceurs. Son neveu avait pu le tromper. Il ne pouvait guère s'empêcher de sévir contre les excès sacrilèges des Florentins ; enfin il pardonna, et son indulgence sollicite du moins l'hésitation dans une matière si grave. Les historiens modérés ont pesé mûre­ment toutes les raisons des deux partis. Beyle n'ose rien affirmer et paraît embrasser l'avis de Platine. L'auteur de l'Histoire des papes, Alletz, dit simplement que Sixte IV avait donné indirectement l'occasion à un si grand crime. Le continuateur de Fleury est resté dans un doute complet. L'abbé Racine, dans son Abrégé de l'histoire ecclésiastique, dit expressément que le pape ignorait le projet de ses neveux. On sait que tous ces écrivains sont bien loin d'être favorables aux papes. C'est une raison pour ne pas dédaigner des opinions contraires et pour ne pas prononcer un jugement qui ne peut résulter que d'une dé­monstration évidente. Louis XI, qui appuyait l'absolution des Florentins, menaça la cour de Rome de la pragmatique sanction, suivant son usage toutes les fois qu'il voulait en obtenir quelque concession. Le pape fléchit sur ce qui intéressait Florence et d'ailleurs demeura ferme dans tous les principes appelés ultramontains, que les papes ne cessaient d'opposer aux demandes des diverses puissances.

      Des malheurs d'une autre espèce troublèrent les dernières années du pontificat de Sixte IV. Les Turcs prirent la ville d'Otrante, et ils y égorgèrent ou firent prisonniers 12.000 chrétiens ; mais ils se retirèrent à l'apparition d'une flotte envoyée contre eux. Le pape protégea d'abord les Vénitiens, contre lesquels s'était formée une ligue de souverains alarmés de leur trop grande puissance. Il les abandonna ensuite, et, pour se venger, ils en appelèrent au futur concile. Tous ces flux et reflux d'événements fâcheux et de déterminations contradictoires épuisèrent le trésor public et forcèrent à multiplier les impôts et les charges. On reprochait au pontife ses prodigalités envers sa famille et ses dépenses en bâtiments magnifiques. Il est resté de lui, à Rome, deux monuments remarquables : un pont sur le Tibre, qui porte son nom, et la chapelle Sixtine, au Vatican. Sixte IV, en l'an 1476, avait établi la fête de la Conception, à laquelle il attacha les mêmes indulgences que les papes Urbain IV et Martin V avaient accordées à la fête du St-Sacrement.Sixte IV mourut le 13 août 1484, dans la 71ème année de son âge et dans la quatorzième de son pontificat. II était oncle de Jules II. On a de lui quelques écrits estimés sur divers sujets :

      1°  De sanguine Christi, Rome, 1473, in-fol., rare ;

      De futuris cotingentibus ;

      De potentia Dei ;

      De conceptione beatæ Virginis ;

      plusieurs lettres, décrets, etc. insérés dans divers recueils (Voyez le Catalog. bibl. Imperial.).

      II eut pour successeur Innocent VIII.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 39 - Pages 426-428)




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