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Pape Adrien IV

Nicholas Breakspear (v. 1100, à Langley, dans le Hertfordshire - 1er septembre 1159, à Anagni)
167ème pape - Pape du 03 décembre 1154 au 1er septembre 1159
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      Adrien IV, élu pape le 03 décembre 1154, était né vers la fin du siècle précédent, à Langley, près de St-Albans, dans le Hertfordshire. C'est le seul Anglais qui soit mort sur le siège pontifical. Il se nommait Brekspeare ou Brise-lance. Son père était mendiant, puis serviteur, puis religieux dans le monastère de St-Albans. Le fils ne fut pas jugé digne d'y être admis à cause du défaut absolu d'éducation dont son extrême pauvreté était cause. Obligé de mendier son pain, et d'aller chercher fortune sous un ciel étranger, après avoir traversé la France, il parvint à se faire recevoir domestique dans le monastère de St-Ruf, près d'Avignon. Ce fut là qu'il s'initia aux lettres et aux sciences, dans lesquelles il fit des progrès aussi rapides que brillants. Sa conduite officieuse, son application au travail le rendirent agréables aux religieux, qui l'admirent parmi eux ; et, après la mort de l'abbé, en 1137, son mérite le fit choisir pour supérieur, d'une voix unanime. Mais l'envie ne tarda pas à lui susciter des querelles ; les moines l'accusèrent auprès du pape Eugène III, qui lui donna gain de cause, et dit à ses adversaires, en les renvoyant : « Allez, faites choix d'un supérieur avec lequel vous puissiez, ou plutôt, avec lequel vous vouliez vivre en paix : celui-ci ne vous sera pas longtemps à charge. » En effet, Eugène le retint près de lui, le fit, en 1146, cardinal-évêque d'Albano, et l'envoya ensuite, en qualité de légat, au Danemark et en Norvège. A son retour, il fut traité avec beaucoup de distinction par le pape Anastase IV, auquel il succéda. Henry II, roi d'Angleterre, l'envoya féliciter, et les moines de St-Albans accompagnèrent les ambassadeurs du roi, apportant au pape de riches présents. Adrien n'en accepta qu'une partie, en rappelant à ces religieux, mais sans aigreur, et même avec une espèce de gaieté, qu'autrefois ils lui avaient refusé un habit.

      Le nouveau pape signala d'abord son zèle contre Arnaud de Bresse, disciple d'Abailard, enthousiaste séditieux et turbulent, dont les sectateurs avaient attaqué et blessé le cardinal Gérard, dans la rue Sacrée. Adrien mit la ville de Rome en interdit, jusqu'à ce que cet attentat fût puni. Il eut ensuite quelques contestations avec l'empereur Frédéric Barberousse, d'abord au sujet du cérémonial qui devait être observé pour l'onction impériale que ce prince reçut du pape. Frédéric se trouva ensuite choqué qu'Adrien le traitât comme un vassal, dans une lettre sur laquelle le pape donna des explications qui adoucirent le prince, et la paix se rétablit entre eux. Elle fut encore troublée au sujet de la nomination à l'archevêché de Ravenne, qu'Adrien refusait de confirmer. Cette querelle embrasse les questions les plus importantes ; elle se prolongea bien au delà du pontificat d'Adrien. Nous la suivrons sous le gouvernement de ses successeurs. Dans les intervalles de paix et de bonne intelligence entre Frédéric et Adrien, celui-ci, avec le consentement de l'empereur, voulut soumettre Guillaume, roi de Sicile, qui lui refusait l'hommage de ses Etats, et quelques restitutions. Adrien marcha lui-même à la tête d'une armée contre Guillaume. Le succès répondit d'abord aux espérances du pape, qui refusa des conditions avantageuses ; mais la fortune le trahit à son tour ; et Guillaume l'ayant enfermé dans Bénévent, obtint qu'aucun appel de ses tribunaux ne serait porté à la cour de Rome ; que le pape n'enverrait point chez lui de légat sans son consentement ; et que les élections ecclésiastiques seraient entièrement libres. Il se soumit néanmoins à un tribut annuel. Henry II, méditant alors la conquête de l'Irlande, en demanda l'investiture au pape, sous prétexte d'arracher ces peuples à l'idolâtrie. Adrien accorda au roi d'Angleterre ce qu'il désirait ; et c'est ainsi que les souverains eux-mêmes se soumettaient volontairement à une autoité que, dans d'autres circonstances, ils se faisaient un devoir de méconnaître et de combattre.

      Ici se terminent les principaux événements politiques du pontificat d'Adrien. Sa vie privée offre des particularités qui ne sont pas dénuées d'intérêt. Il aimait la vérité et la cherchait avec ardeur. Jean de Salisbury, son ami et son compatriote, l'étant venu voir tandis qu'il était dans la Pouille, Adrien lui ouvrit son cœur, et lui dit qu'il voyait l'Eglise accablée de tant de maux, qu'il aurait voulu n'être jamais sorti d'Angleterre. Lui ayant ensuite demandé ce qu'on disait de lui et de l'Eglise de Rome, Salisbury répondit avec une admirable liberté : « On dit qu'on y voit des gens qui dominent sur le clergé, sans se rendre l'exemple du troupeau. Ils sont avares et insensibles aux misères des pauvres ; ils semblent faire consister toute leur religion à s'enrichir... » C'est dans les historiens, et surtout dans Fleury, qu'il faut lire tout entière cette conversation, dont l'esprit et l'objet peuvent servir d'exemple aux princes qui préfèrent les leçons de la bonne foi à l'encens des flatteurs. On ne sait ce qu'on doit admirer le plus, ou de la douceur d'Adrien, ou de la franchise de son ami. Cependant on peut observer que les reproches d'avarice et de cupidité que celui-ci se permet n'étaient nullement applicables à Adrien, dont la générosité et le désintéressement étaient avoués par tout le monde. Il augmenta le patrimoine de saint Pierre de plusieurs acquisitions ; mais il était, dit Fleury, si éloigné d'enrichir ses parents, qu'il ne laissa pour subsistance à sa mère, qui lui survécut, que les charités de l'église de Canterbury.

      Adrien mourut à Anagni, le 1er septembre 1159, avec une grande réputation d'habileté et de vertu. Ce n'était pas un homme ordinaire, celui qui s'était élevé, de la mendicité et de l'état de domestique, à la première dignité de l'Eglise. Il eut du savoir, de l'éloquence et de la générosité, et joignit à ces qualités un caractère plein de constance et de fermeté : digne successeur de Grégoire VII, il sut continuer l'œuvre de ce grand pape et défendre contre l'Empire les prérogatives et les droits de l'Eglise.

      On trouve des lettres d'Adrien IV dans la Collection des conciles. Il avait, en outre, écrit l'histoire de sa légation dans le Nord, un traité de la Conception de la Vierge, et des Homélies, dont il est fait mention dans la Bibliothèque pontificale. Adrien IV eut pour successeur Alexandre III.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 1 - Pages 197-18)




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