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Sainte Elisabeth de Hongrie

(1207 - 19 novembre 1231, à Marburg)
Patronne du tiers-ordre de saint François - Fêtée le 19 novembre
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      Sainte Elisabeth de Hongrie, fille du roi André II, naquit en 1207, et épousa, en 1221, le landgrave de Thuringe, Louis IV, dit le Saint, avec lequel elle avait été élevée, d'après l'arrangement fait par leurs parents, qui avaient arrêté ce mariage lorsqu'ils étaient encore au berceau. La cour de Marbourg, où résidait le landgrave, offrit alors à l'Allemagne le spectacle de la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Le pieux Louis laissait à son épouse la plus grande liberté de se livrer à son goût pour la retraite, la prière et les mortifications, au point que son directeur, Conrad de Marbourg, était quelquefois obligé de modérer son zèle pour les austérités. Elle avait des heures réglées pour le travail des mains, qu'elle employait ordinairement à carder ou filer de la laine pour habiller les pauvres. Son revenu était, à la lettre, leur patrimoine. Tous les jours, on distribuait à sa porte des provisions à tous ceux qui se présentaient, dont le nombre s'élevait quelquefois jusqu'à neuf cents ; et comme les plus infirmes ne pouvaient gravir le roc escarpé sur lequel est situé le château de Marbourg, elle fit bâtir au pied de ce rocher un hôpital pour les recevoir. Elle fonda d'autres hôpitaux et des maisons de travail, et faisait élever un grand nombre d'orphelins et d'enfants abandonnés.

      L'austérité de sa vie et surtout son humilité, portée à un point qui semblait peu compatible avec son rang, faisaient la censure du faste de la cour. Aussi, son mari, mort à Otrante en 1227, au moment où il s'embarquait pour la croisade avec l'empereur Frédéric II, l'ayant laissée veuve avec trois enfants au berceau, une cabale violente se forma contre elle à la cour pour la priver de la régence, sous prétexte qu'elle aurait dissipé en aumônes tout le domaine de l'Etat. Henri Raspon, frère de Louis, fut nommé régent, et poussa la dureté jusqu'à chasser la princesse du château avec ses enfants, en lui refusant les choses les plus nécessaires, et défendant à toutes les personnes de la ville de les recevoir, sous peine d'encourir son indignation. Elle supporta ce mauvais traitement avec une patience admirable, se rendit dans une église où elle fit chanter un Te Deum en actions de grâces de ce qu'elle avait jugée digne de souffrir. Après avoir erré quelques jours sans pouvoir trouver d'asile convenable, elle se retira vers l'évêque de Bamberg, son oncle, qui lui donna une maison commode auprès de son palais.

      L'année suivante, le corps du landgrave Louis ayant été rapporté en Thuringe, lorsque la pompe funèbre passa à Bamberg, les principaux barons qui l'accompagnaient furent touchés de la vertu et des malheurs d'Elisabeth, et de la dureté de son beau-frère. Ils promirent à la pieuse veuve d'agir en sa faveur et de lui faire rendre justice, la régence lui appartenant de droit, suivant la coutume du pays. Mais elle renonça de bon cœur au gouvernement, et ne demanda que son douaire et la conservation des droits de son fils au landgraviat. Elle retourna donc à Marbourg, et quoique sa tranquillité y fût encore troublée par de nouvelles persécutions, elle y passa le reste de ses jours dans la pratique des vertus chrétiennes et religieuses. Elle y mourut à l'âge de vingt-quatre ans, le 19 novembre 1231, laissant un fils (Herman II, landgrave de Thuringe, mort sans postérité en 1241) et deux filles, dont l'aînée (Sophie) épousa, en 1239, Henri II, duc de Brabant ; et l'autre (Gertrude), abbesse d'Aldenberg, ordre de Prémontré, mourut en 1297, et fut canonisée par le pape Clément VI.

      La vie de sainte Elisabeth de Hongrie, par Thierri de Thuringe (que l'on croit être le même que Thierri d'Apolda, biographe de saint Dominique), se trouve dans les Lectiones antiquæ de Canisius. Il faut y joindre un fragment publié par Lambecius, dans le tome 2 du Catalogue de la bibliothèque de Vienne. Le détail de ses vertus et de ses miracles a aussi été écrit par son confesseur (Voyez Conrad de Marpurg). Dans nos temps modernes, M. le comte de Montalembert a publié une Histoire de sainte Elisabeth de Hongrie, Paris, 1836. Elle a été canonisée en 1235, par le pape Grégoire IX, et l'Eglise célèbre sa fête le 19 novembre. Les femmes du tiers-ordre de saint François, érigé en ordre religieux longtemps après la mort de sa sainte, l'ont choisie pour patronne, et on leur a quelquefois donné le nom de religieuses de sainte Elisabeth.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 12 - Pages 362-363)


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