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Sainte Françoise

(1384, à Rome - 1440, à Rome)
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      Sainte Françoise, dame romaine, institutrice de la congrégation des Oblates, auxquelles Baillet donne aussi le nom de Collatines (1), peut être proposée aux personnes de son sexe comme un admirable modèle, dans quelque état qu'elles se trouvent, soit de virginité, soit de mariage, de viduité, de vie religieuse, de bonne ou de mauvaise fortune ; car ayant passé par toutes ces situations, elle y a toujours fait ce qu'il y avait de mieux à faire. Née à Rome en 1381 de Paul Buro ou de Buxis et d'Isabelle ou Jaqueline Rofredeschi, d'une famille ancienne et illustre d'Italie, elle eut en naissant des inclinations vertueuses ; ces inclinations se développèrent et se perfectionnèrent par une éducation chrétienne. Aimant la retraite, les lectures pieuses et l'oraison, elle fuyait les amusements du monde, jeûnait et mortifiait son corps. A l'âge de onze ans Françoise sollicita ses parents pour qu'ils lui permissent d'entrer dans un monastère ; mais ils la destinaient à l'état du mariage. Elle soumit sa volonté à la leur et crut obéir à Dieu en leur obéissant. Ils lui donnèrent pour époux Laurent Ponzani, jeune homme riche, d'une naissance distinguée, et, ce qui valait mieux, d'une sagesse rare à son âge. Quoique mariée contre son gré, Françoise s'attacha à remplir avec la plus scrupuleuse exactitude ses obligations d'épouse. En conservant avec la permission de son mari le même esprit de retraite, le même éloignement pour le jeu, les spectacles, les festins, elle veilla avec soin sur sa maison, régla son domestique, évita tout ce qui pouvait déplaire à son mari, alla au-devant de tous ses désirs, épouse toujours tendre et toujours soumise. Elle exigeait de ses gens qu'ils remplissent les devoirs de la religion et leur en montrait l'exemple. Vêtue simplement, ne portant que des étoffes de laine, elle employait au soulagement des pauvres ce qu'elle retranchait de sa parure. Lorsqu'elle eut des enfants, elle fit de leur éducation son occupation principale et veilla de bonne heure à les former à la religion. En 1413, sa vertu fut éprouvée par l'adversité. Dans les troubles qui s'élevèrent en Italie lors du schisme de Jean XXIII et de l'invasion de Ladislas, roi de Naples, le mari de Françoise et Paulucci son beau-frère furent bannis et leurs biens confisqués. Françoise supporta ce malheur avec courage. Après l'abdication de Jean XXIII, les deux frères revinrent et furent réintégrés dans leurs biens. Il y avait à Rome une confrérie d'Oblats qui portait le nom et qui était sous la direction des Pères olivetains. On n'y contractait d'autre engagement que celui de pratiquer les devoirs de chrétien, et on y recevait des hommes et des femmes sans qu'ils changeassent de condition. Françoise s'y était agrégée. Elle pensa qu'une telle association pouvait se perfectionner ; et son mari lui ayant permis de disposer pour de bonnes œuvres d'une partie des biens qui leur avaient été rendus, elle résolut d'établir une congrégation de filles et de femmes veuves sous le nom d'Oblates, lesquelles vivraient en commun sous l'obéissance d'une supérieure. Ayant trouvé plusieurs personnes de son sexe disposées à embrasser ce genre de vit, elle les réunit le 25 mars 1433 dans une maison qu'on appelle encore Torre de' Specchi, qu'on parvint à agrandir en y joignant quelques bâtiments voisins lorsque le nombre des oblates augmenta. La fondatrice leur donna la règle de St-Benoît ; et Eugène IV, après avoir entendu le rapport de l'archevêque de Cosenza sur cet établissement, le confirma par une bulle du mois de juillet de la même année. Les oblates ne font point de vœux. Après une année de noviciat, elles sont admises à l'oblation et promettent seulement obéissance à la supérieure suivant la coutume ; elles peuvent rentrer dans le siècle et s'y marier. Françoise, ayant perdu son mari en 1436, mit ordre à ses affaires, se présenta à la communauté et demanda d'y être reçue. On la supplia d'en accepter le titre de supérieure ; elle refusa longtemps, et loin de vouloir y dominer elle y recherchait les offices les plus bas. Il fallut enfin céder aux vœux de ses filles. Elle fut pour elles pendant le reste de sa vie un modèle de toutes les vertus.

      Françoise mourut le 09 mars de l'an 1440, âgée de 56 ans. Le pape Paul V la canonisa en 1608. Les franciscains la réclament comme leur appartenant, parce qu'ils prétendent qu'avant de fonder les Oblates elle était de leur tiers ordre. Sa congrégation ne s'étendit point ; elle n'a, suivant le père Hélyot, que la maison de Ronce, où se trouvent environ cinquante dames de chœur et trente-quatre converses. Sa Vie, écrite en italien par Fr. Penia, a été traduite en français par Michel d'Eme, Douai, 1608, in-12, et par Charles Lambert, Rouen, 1609, in-8°.


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(1)  Baillet fait entendre que ce nom de Collatines leur vient du quartier de Rome où elles sont établies. Le père Hélyot, qui paraît avoir pris des renseignements sur les lieux, prétend que ce nom d'Oblatines est inconnu aux Oblates, encore établies aujourd'hui dans la première maison qu'elles ont occupée, rue des Cordiers, au pied du Capitole et au quartier Campitelli.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 14 - Page 689)


      Sainte Françoise, née à Rome, en 1384, fonda la confrérie des Oblates à Rome, et mourut en 1440.  M. Bescherelle, aîné, Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française - Volume I (A-F) (1856), page 1296.




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