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Saint Jean Cassien

(? - 433 / 434)
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      Jean, surnommé Cassien, fondateur du monastère de St-Victor, à Marseille, naquit au milieu du 4ème siècle, dans la Scythie, selon Gennade ; en Provence, selon d'autres. Cette dernière opinion est appuyée par divers endroits de ses écrits où il fait le tableau de la beauté et de la fertilité de son pays natal, ce qui ne saurait convenir aux déserts de la Scythie ; par l'élégance de son style en latin, qu'il n'aurait pu acquérir dans une contrée où la langue latine était inconnue ; par le désir qu'il témoigne de revoir ses parents en allant à Marseille. On ignore par quel événement il fut conduit dès sa plus tendre jeunesse dans le monastère de Bethléem, en Syrie, où il cultiva les sentiments de piété qu'il avait puisés dans la maison paternelle, et se forma aux exercices de la vie ascétique. La haute réputation des solitaires qui habitaient les déserts de l'Egypte lui inspira, vers l'an 390, l'idée d'aller les visiter, accompagné de son ami Germain. Le désir d'une plus grande perfection les conduisit dans la haute Thébaïde et ils passèrent plusieurs années dans le monastère de Scété où résidaient les plus parfaits de tous les moines du désert. Ils allaient nu-pieds comme les anachorètes du pays, étaient pauvrement vêtus, subsistaient du travail de leurs mains, menaient une vie austère, et mangeaient à peine, par jour, deux pains de six onces. Après sept ans de séjour dans le désert, Cassien revint à Bethléem, fit un second voyage à Scété, et se rendit, en 403, à Constantinople. Il y reçut instructions de St Jean Chrysostome, qui l'ordonna diacre et l'agrégea au clergé de son église. Lorsque le saint patriarche fut exilé, Cassien eut la commission de porter à Rome les lettres dans lesquelles le clergé de Constantinople prenait la défense de son pasteur persécuté. On ignore ce qu'il devint jusqu'en 414 ou 413, où il se retira à Marseille. Il y fonda deux monastères, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Le premier est la célèbre abbaye de St-Victor, où l'on assure qu'il eut sous sa discipline jusqu'à 5000 moines. Il y vivait encore en 433, selon la chronique de St Prosper. Dupin recule sa mort jusqu'en 440. Baillet la porte en 488 ; l'un et l'autre le font mourir à 97 ans. D. Rivet pense qu'il termina ses jours en 434 ou 433.

      Quelques églises, entre autres celle de St-Victor, l'honoraient, comme un saint, le 23 juillet. Son corps s'y conservait dans une chapelle souterraine. Urbain V avait autorisé cette église à exposer à la vénération publique sa tête et son bras droit, enfermés dans un reliquaire. Les ouvrages de Cassien rendirent son nom célèbre dans les Gaules ; mais ils excitèrent des troubles par les "erreurs" qu'ils contenaient sur la grâce. En reconnaissant, avec St Augustin, contre les pélagiens, l'existence du péché originel, et la nécessité d'une grâce intérieure pour tous les actes de piété, il s'écarta de la doctrine du saint docteur sur la distribution de cette grâce, qu'il attribua aux mérites de l'homme, ce qui en détruisait la gratuité. Ce fut pour combattre cette "erreur" que St Augustin composa les deux livres De la Prédestination et Du don de la persévérance, où il place la raison de l'inégale distribution de la grâce dans la volonté toute-puissante de Dieu, enveloppée d'un mystère impénétrable. La lecture de ces livres ne termina pas les disputes, qui se prolongèrent jusqu'au second concile d'Orange, en 529, où la doctrine de St Augustin fut consacrée ; et dès lors, le semi-pélagianisme s'éteignit insensiblement, sans avoir causé de schisme, parce que les personnages respectables qui l'avaient professé ne s'étaient jamais séparés de l'unité. Le premier ouvrage de Cassien est ses 12 livres des Institutions monastiques, composés en 420, et regardés comme le meilleur et le plus utile de ses écrits, par les Pères de la vie spirituelle, quoiqu'il y laisse déjà apercevoir le germe de ses "erreurs" sur la grâce. Elles contiennent les règles des monastères d'Orient adaptées aux pratiques reçues dans ceux des Gaules. Cet ouvrage fut suivi de ses Conférences, au nombre de 24. Elles diffèrent des Institutions en ce que, dans celles-ci, il n'avait guère décrit que la vie extérieure des moines, et que, dans celles-là, il s'attache à former leur intérieur, en les élevant à la sublimité de la vie contemplative. C'est dans la treizième de ces conférences, plus que dans aucun autre de ses ouvrages, qu'il expose et développe son semi-pélagianisme. Saint Léon, n'étant encore qu'archidiacre de l'Eglise Romaine, lui avait proposé d'écrire contre Nestorius. Cassien était très propre à remplir cette tâche. Il était théologien, savait parfaitement le grec, et avait été du clergé de Constantinople, où la nouvelle hérésie faisait des ravages. Peut-être aussi que St Léon, en le chargeant, dans cette occasion, de défendre la cause de l'Eglise, voulait faire voir aux Orientaux que, quoiqu'il y eût du rapport entre les erreurs de Nestorius et celles de Pélage, néanmoins ceux qui, en Occident, ne s'éloignaient pas entièrement de la doctrine de cet hérésiarque, ne laissaient pas d'être absolument opposés à Nestorius. Cassien composa donc son traité De l'Incarnation, divisé en 7 livres : ce fut le dernier et le mieux écrit de ses ouvrages. On lui attribue plusieurs autres, que les meilleurs critiques conviennent n'être pas de lui. Son style répond aux sujets qu'il traite. Sans être très pur, ni très élégant, il est clair, aisé, agréable, ingénieux un peu diffus, mais plein d'onction et persuasif. C'est dans ses écrits que les fondateurs des ordres monastiques ont puisé une partie de leurs règles. Ils en ont recommandé la lecture à leurs disciples. Plotius remarque que les monastères qui avaient observé ses Institutions jusqu'à son temps étaient encore florissants, tandis que ceux qui les avaient négligées languissaient. Le concile romain, sous Gélase, mit ses livres au rang des apocryphes, sinon pour en défendre absolument la lecture, du moins pour leur ôter l'autorité qu'ont les ouvrages irrépréhensibles des saints Pères, et pour annoncer qu'on doit les lire avec précaution ; d'autant plus qu'indépendamment des "erreurs" sur la grâce, on y trouve un levain d'origénisme sur la création des anges, qu'il met avant celle du monde ; sur la nature de l'âme, qu'il fait corporelle, etc. Ses Institutions et ses Conférences ont été traduites en français par Nicolas Fontaine, sous le nom de Saligny, purgées de tous les endroits qui favorisent le pélagianisme, Paris, 1663-1667 ; Lyon, 1685 et 87, 2 volumes in-8°. Le marquis de Créqui a publié en 1799, à Madrid, de l'imprimerie royale, in-18, Principes philosophiques des saints solitaires d'Egypte, extraits de St Cassien. La meilleure édition de ses œuvres est celle d'Alard Gazée, Douai, 1616, 2 volumes, in-8° ; Arras, 1628, in-folio ; avec des notes, considérablement augmentées, Paris, 1642, in-folio ; Francfort, 1722, in-folio.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 3 - Pages 635-636)




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