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Saint Marc l'Evangéliste

(?, dans la Cyrénaïque (?) - v. 68, à Bucoles, près d'Alexandrie)
Apôtre et martyr - Fêté le 25 avril - Patron de Venise - Emblème : le lion ailé
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Biographie universelle ancienne et moderne

     Marc,
évangéliste, que l'on a souvent identifié à Jean Marc, disciple de saint Paul, dont il est question dans les Actes des apôtres et les Epîtres de saint Paul. Quelques auteurs l'ont cru Juif d'origine, parce que son style est rempli d'hébraïsmes. Papias, évoque d'Hiéropolis, qui avait été auditeur de saint Jean, et que cite Eusèbe, nous apprend que Marc avait été interprète de saint Pierre, ce que répètent Origène et saint Jérôme. D'après la tradition, il accompagna cet apôtre dans ses voyages ; il annonca l'Evangile avec lui aux Israélites ; il le suivit à Rome, et, quand les Juifs furent chassés de cette capitale sous le règne de Claude, il retourna en Orient. Après avoir prêché dans la Pentapole et l'Egypte, où il avait fait beaucoup de prosélytes parmi les païens, il alla fonder, au dire d'Eusèbe, l'Eglise d'Alexandrie. L'abbé Renaudot s'est appuyé, pour établir l'authenticité de cette tradition, sur les témoignages de Sévère, d'Eutychius, d'Elmacin, d'Abulfarage, d'Enassal, et de plusieurs Orientaux, tant chrétiens que musulmans (Historia Patr. Alexand.). Mais, si Marc a été le premier patriarche d'Alexandrie, il faut admettre qu'il n'occupa ce siège que peu d'années.
      Saint Jérôme dit que Marc mourut la huitième année du règne de Néron, et fut enterré à Alexandrie. La tradition la plus générale rapporte que, en l'an 68 de J.-C., les païens le saisirent un jour consacré à Sérapis, et l'ayant traîné en un lieu plein de rochers et de précipices, ils le maltraitèrent si cruellement qu'il en mourut. On célèbre sa fête le 25 avril. La procession générale qu'on fait tous les ans, le jour de sa fête, remonte jusqu'à saint Grégoire le Grand, qui l'institua en mémoire de la cessation d'une peste cruelle obtenue ce jour-là ; elle fut reçue en France dans le VIIIème siècle, comme nous l'apprenons du concile d'Aix-la-Chapelle, en 836. Les reliques de saint Marc, conservées religieusement au village de Bucoles, où il souffrit, dit-on, le martyre, s'y voyaient encore au VIIIème siècle dans un oratoire élevé sur son tombeau. Les Vénitiens, qui ont pris saint Marc pour patron, prétendent que son corps fut transporté dans leur ville en 815, et qu'il s'y trouve encore aujourd'hui en un lieu secret de la magnifique chapelle du ci-devant doge, où l'on ne permettait à personne de pénétrer dans la crainte qu'on n'enlevât ce précieux dépôt (1) ; ce qui n'a pas empêché plusieurs autres villes, et notamment le monastère de Reichenau, en Souabe, de croire posséder de ses reliques.

      Papias dit que Marc avait consigné de souvenir, par écrit, les discours et les actions du Christ, mais sans s'astreindre à un ordre. Cette circonstance ne saurait convenir à l'évangile que nous possédons sous le nom de l'évangéliste, et qui n'est évidemment, ainsi que l'a reconnu saint Augustin, qu'un abrégé de celui de saint Matthieu disposé suivant un autre ordre, dans lequel la succession chronologique est généralement observée ; ce qui a fait supposer au théologien Credner que l'évangile selon saint Marc a été rédigé par un auteur anonyme qui mit à contribution le livre dont parle Papias. Quoi qu'il en soit, cet évangile a été placé par les orthodoxes dans leur canon, et il y tient le second rang selon les Pères de l'Eglise. Il a été donné comme figuré par le lion dans la vision d'Ezéchiel, parce qu'il s'attache à relever la royauté du Christ. Plusieurs anciens docteurs ont pensé que l'évangile de saint Marc n'est qu'un recueil des prédications de saint Pierre, et que ce recueil a été fait à Rome, à la prière des chrétiens de cette ville, avec l'approbation de l'apôtre. Quelques Pères cependant ont eu des opinions diffrentes : saint Chrysostome était d'avís que saint Marc avait écrit son évangile en Egypte ; saint Augustin, qu'il n'avait fait qu'abréger saint Matthieu. Toute l'antiquité s'accorde à croire que saint Marc a écrit en grec. Les explications qui sont données, dans cet évangile, des mots araméens, indiquent en effet qu'il était composé pour des personnes ignorant l'idiome de la Palestine. Quelques théologiens, notamment Baronius, s'appuyant sur un passage de Clément d'Alexandrie rapporté par Eusèbe, ont prétendu que saint Marc avait écrit en latin pour les Romains, et Abulbircat a soutenu qu'il avait écrit en copte pour les Egyptiens. Son style n'a rien de remarquable ; comme tout les écrivains du Nouveau Testament, il abonde en hébraïsmes et même en latinismes ; ce qui n'a pas peu contribué à autoriser l'opinion de Baronius.

      Saint Marc n'a pas eu d'autres commentateurs que ceux des autres évangélistes (Voyez Rosenmüller, Hist. interpretata librorum sacr., 1795, 5 vol. in-8° ; Scholia in Evang. Marci, in-8°, Jahn ; Enchiridion hermeneuticæ generalis, Richard Simon, Histoire des commentateurs du Nouveau Testament, in-4°, et les commentaires exégétiques d'Eichhorn, de Fritzsche, Credner, Schleiermacher et Kuinœl). Au point de vue purement rationaliste, on devra consulter les travaux de de Wette, Strauss et Bruno Bauer. Sain Jérome, dans sa lettre à Hedibia, témoigne quelques doutes sur l'authenticité des douze derniers versets de l'évangile de saint Marc. Toutefois, on n'y retrouve rien qui soit en désaccord avec les doctrines des premiers chrétiens.
      Certains critiques ont cru que l'évangile selon saint Marc peut nous fournir le véritable texte évangélique primitif, sauf quelques additions et interpolations d'une date plus récente, l'évangile selon saint Matthieu, qui en a été le guide, ayant subi, selon eux, tel qu'il nous est parvenu, de nombreux remaniements. Il existe un exemplaire de cet évangile, prétendu autographe, en sept cahiers, dont cinq se conservent à Venise : les deux autres, autrefois distraits par Charles IV, qui avait, dit-on, trouvé le tout à Aquilée en 1355, sont vraisemblablement dans la bibliothèque de l'empereur d'Autriche. Les cinq cahiers, enfermés dans une cassette au trésor de St-Marc, à Venise, ont été plusieurs fois examinés attentivement par des connaisseurs ; mais tel est l'état de destruction où ils se trouvent, qu'ils sont devenus à peu près illisibles. Le baron François de la Tour, écrivant à l'archiduc Ferdinand, le 18 juin 1561, lui disait qu'ils étaient de parchemin. Montfaucon (Diarium italicum, cap. 4, p. 55), prétend qu'ils sont de papyrus d'Egypte. Scipion Maffei, de son côté, assure qu'ils sont de papier fait de coton (Istoria diplomatica, Mantoue, 1427, in-4°). Cornélius à Lapide, et quelques autres, les croient en grec ; mais Montfaucon est persuadé, par quelques lettres qu'il a pu déchiffrer, qu'ils sont en latin : du reste, tous s'accordent à dire que c'est un des plus anciens manuscrits qu'ils aient vus (2).

      On attribue à saint Marc une liturgie qui, de temps immémorial, a été en usage dans l'Eglise d'Alexandrie ; Joseph de Ste-Marie en donna une édition grecque et latine, sur un manuscrit que lui avait procuré le cardinal Sirlet, Paris, 1583, in-8°. Eusèbe Renaudot la reproduisit dans le tome 1er de sa Collection des liturgies orientales, Paris, 1716, in-4° ; et J.-A. Fabricíus, dans la 3ème partie du Codex apocryphus N. T., Hambourg, 1719, in-8°. Enfin Louis-Joseph Assemani l'a insérée dans le tome 7ème du Codex liturgicus, Rome, 1754, in-4°. Ce savant orientaliste ne doute point que cette liturgie ne soit de saint Marc, et il s'efforce de le prouver, tout en reconnaissant néanmoins qu'elle a subi des changements, comme il est facile de s'en convaincre en comparant les différentes éditions qui en ont été données, les missels des Coptes, des Maronites et des autres chrétiens orientaux, et même la version que l'abbé Renaudot a faite sur le syriaque, et qui se trouve dans le tome 2 de sa collection. Quant à la Passion de saint Barnabé, attribuée à saint Marc par Sigebert et quelques écrivains du moyen-âge, dont Papebroch a inséré la traduction latine du cardinal Sirlet dans le tome 2 des Acta Sanctorum, il n'est personne, dit Fabricius, qui, à la simple lecture, n'en découvre la fausseté et ne la juge indigne du saint évangéliste.


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(1)  La châsse où il est renfermé fut encore reconnue en mai 1810. Agostino Carli Bubbi a donné à ce sujet de curieux détails dans sa Dissertatione sopra il copo di san Marco, Venise, 1811, in-8°.

(2)  Il est reconnu aujourd'hui que ces cinq cahiers sont un fragment d'Evangéliaire, écrit sur parchemin, au VIème siècle, dans le monastère de St-Jean du Timave, et apporté d'Aquilée à Venise avant l'an 1323. Le reste du volume s'est conservé jusqu'à nos jours dans le trésor du chapitre de Cividale (Agostino Carli Bubbi, loc. cit., p. 129).  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 26 - Pages 435-436)



Dictionnaire universel d'histoire et de géographie de Bouillet

      Saint Marc, un des quatre évangélistes, né, à ce qu'on croit, dans la Cyrénaïque, s'attacha de bonne heure à saint Pierre, l'accompagna dans ses travaux, le suivit à Rome, où il lui servit d'interprète ; alla prêcher l'Evangile dans la Pentapole de Cyrénaïque et en Egypte, où il fonda, vers l'an 52, l'Eglise d'Alexandrie. Il fut pris et mis à mort dans cette ville par les idolâtres pendant les fêtes de Sérapis (vers 68).

      Cet évangéliste a pour emblème le lion. On célèbre sa fête le 25 avril. Saint Marc écrivit son Evangile en grec ; il le rédigea dix ans après l'Ascension de Jésus-Christ, à l'aide des conversations qu'il avait eues avec saint Pierre : cet Evangile n'est souvent qu'un abrégé de celui de saint Matthieu. On attribue à saint Marc une liturgie particulère, qui est en usage dans l'Eglise d'Alexandrie.

      Les Vénitiens croient posséder le corps de ce saint, qui aurait été transporté chez eux en 815 ; ils lui vouent un culte particulier.  Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 20ème édition (1866), p. 1181.


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