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Sainte Roseline

(1263 - 17 janvier 1329)
Fêtée le 17 janvier
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      Rossoline ou Roseline de Villeneuve, sœur d'Hélion de Villeneuve, naquit au château des Arcs, vers l'an 1263, et dut le jour à Arnaud II, sire des Arcs et de Trans, et à Burgole, ou Sibylle d'Uzès, de la maison de Sabran. De nombreux prodiges signalèrent, dit-on, sa naissance, et firent pressentir la future destinée de la fille d'un des plus illustres barons provençaux qui entouraient le trône du dernier des Bérenger. Aussi, par un contraste non moins singulier qu'honorable our la religion, ce fut du sein de la cour chevaleresque et brillante des successeurs des rois d'Aragon, comtes de Provence, qu'on vit la jeune Roseline, annonçant dès l'âge le plus tendre sa vocation pour la retraite, les bonnes œuvres et la piété, se dérober aux séductions du monde, ensevelir sa beauté et ses charmes dans le silence d'un cloître. Cousine germaine de saint Elzéar de Sabran et de sainte Delphine de Signe, dame de Puymichel, son épouse, qu'elle précéda dans la carrière de la vie, et à qui sans doute elle servit d'exemple, Roseline reçut au milieu de sa famille une éducation toute chrétienne. Elle fut élevée jusqu'à l'âge de dix-sept ans dans l'innocence la plus pure et dans une foi fervente, qui se manifestait sans cesse par un penchant irrésistible vers la retraite.

      Combattus entre leur tendresse et leur piété, ses parents finirent cependant par ne plus s'opposer à une vocation qui semblait surnaturelle. Roseline entra, de leur aveu, dans le monastère de la Celle-Roubaud, fondé par Diane de Villeneuve, sa tante, et enrichi des bienfaits de sa maison. Ce couvent, soumis à la règle des Chartreux, et situé à deux lieues de Draguignan, diocèse de Fréjus, prenait son nom d'un solitaire appelé Roubaud, qui y avait bâti une cellule peu d'années auparavant. Les chroniques et les légendes de Provence ne tarissent pas en éloges sur les exemples angéliques données par la novice religieuse, et surtout de cette inépuisable charité dont elle avait en quelque sorte contracté le besoin avant de quitter la demeure de ses aïeux. Dans l'intérêt de sa santé, son père se crut obligé de lui défendre de porter elle-même ses aumônes aux indigents. Suivant la tradition répétée d'âge en âge, le sire de Trans ayant rencontré sa fille un soir qu'elle allait distribuer du pain aux malheureux : « Roseline, lui dit-il, qu'avez-vous dans votre tablier ? – Mon père, ce sont des fleurs, » répondit la vierge, et elle lui montra en effet plusieurs touffes de roses épanouies, et répandant un suave parfum. Emerveillé de ce miracle, le baron de Trans se prosterna aux genoux de sa fille ; et on croit que dès cette époque il ne s'opposa plus au désir qu'elle témoignait de prendre le voile.

      Roseline fut nommée, en 1288, à l'âge de 25 ans, diaconesse du monastère de la Celle-Roubaud, et à la mort de sa tante, en 1310, Béson, général de l'ordre des Chartreux, l'éleva à la dignité de prieure. Placée à la tête du monastère, elle redoubla de zèle pour la religion, et édifia par sa conduite la Provence entière. D'une indulgence à toute épreuve envers les autres, elle était pour elle d'une rigueur qui la tenait continuellement dans le jeûne, les prières et les austérités. Elle se consacra spécialement à soigner les pauvres malades, et l'on invoquait de toutes parts le secours de ses prières dans les grandes calamités. On attribua entre autres à son intercession l'extinction de l'hérésie des Albigeois et la délivrance de son frère Hélion, prisonnier des infidèles.

      Enfin, après une vie pleine de bonnes œuvres, elle mourut le 17 janvier 1329. Elle était âgée de 66 ans. Afin de satisfaire aux vœux des innombrables fidèles qui affluaient pour voir encore une fois Roseline, baiser ses mains, et invoquer sa protection, l'inhumation de son corps fut retardée de trente jours, sans qu'on y remarquât le moindre signe de décomposition. Une foule de miracles éclatèrent durant cette époque, et continuèrent dans le cimetière claustral, lorsque les restes de la sainte y furent transférés. Cinq ans après, elle en fut retirée pour être ensevelie dans le tombeau de sa famille, érigé dans l'église du monastère. Son corps se retrouva alors tout entier et sans altération. Cette translation eut lieu le 11 juin 1336, en présence d'Elzéar de Villeneuve, évêque de Digne, frère de Roseline. Dix ans plus tard, elle fut exhumée une seconde fois, et l'on admira encore la conservation surnaturelle de son corps. Enfin, en 1360, Hugues d'Arpajon, évêque de , assista à une troisième translation de ces précieux restes, qu'on exposa à la vénération publique dans une châsse d'argent. Ses yeux en furent séparés plus tard, et renfermés dans un reliquaire d'or. On rapporte que Louis XIV, parcourant la Provence en 1660, les trouva si bien conservés, qu'il voulut s'assurer de la réalité d'une chose aussi extraordinaire, et qu'il les fit piquer avec une aiguille par Valot, son médecin. L'ordre général des Chartreux avait reconnu le culte de la bienheureuse Roseline, qu'il regardait comme l'une de ses patronnes, et dont il faisait célébrer la fête le 16 octobre de chaque année. On l'observait le même jour dans le diocèse de Fréjus, et le bréviaire contenait la vie et l'histoire des bonnes œuvres de la sainte, dans l'ancien monastère, possédé pendant cent trente ans par les religieux de St-François, et dont il n'existe plus que l'église. Elle est située dans un endroit solitaire, entouré de collines boisées, et arrosé de sources limpides qui y entretiennent la verdure et la fraîcheur. Le souvenir de Roseline y attire encore beaucoup de fidèles qui viennent y célébrer sa fête le second jour de la Pentecôte.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 43 - Page 472)


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