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Saint Anselme

(1033, à Aost, dans le Piémont - 1109, à Cantorbéry)
Fêté le 21 avril
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Saint Anselme (1033-1109)      Saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, sous les règnes de Guillaume le Roux et de Henri Ier, était né à Aost, dans le Piémont, en 1033.

      Ayant été visiter plusieurs monastères de France, il fut attiré à celui du Bec, en Normandie, par la réputation de son compatriote Lanfranc, y prit l'habit de St-Benoît, et y devint successivement professeur, prieur et abbé. Il eut occasion d'aller plusieurs fois en Angleterre, où il acquit une telle réputation, que Guillaume le Roux, étant tombé malade, voulut être assisté par lui, et le nomma ensuite archevêque de Cantorbéry après la mort de Lanfranc. Anselme n'accepta cet honneur qu'à condition qu'on restituerait à cet archevêché toutes les terres dont il avait été dépouillé par Guillaume lui-même. Il n'était guère permis de compter sur une union durable entre un prélat étranger et un prince qui, marchant sur les traces de son père, ne voulait rien céder au pape ni au clergé. Anselme lui tint tête avec courage : il s'ensuivit entre eux un état de dissension continuelle. Cependant, le roi ayant besoin d'argent pour la guerre qu'il avait entreprise contre son frère Richard, duc de Normandie, l'archevêque lui offrit 500 livres sterling, somme considérable pour le temps, mais que Guillaume trouva trop modique, et refusa avec humeur.

      Ils eurent un sujet de mécontentement plus sérieux encore à l'époque où l'antipape Guibert, reconnu sous le nom de Clément III par le roi et par le plus grand nombre des prélats de son royaume, disputait la tiare à Urbain II. Anselme désirait établir l'autorité de ce dernier en Angleterre, et était bien résolu de se passer du consentement de Guillaume, qui, d'un autre côté, ne supportait pas l'idée que ses sujets promissent obéissance à un pape que lui-même n'avait pas reconnu. Il convoqua un synode pour faire déposer le prélat qui osait lui résister. L'affaire s'acommoda, moyennant quelques concessions mutuelles ; mais Anselme, ayant vainement demandé la restitution de tous les revenus de son siège, se décida, quoique ayant reçu défense expresse de s'éloigner, à aller appuyer lui-même l'appel qu'il avait fait à la cour de Rome, où il fut accueilli comme un zélé serviteur du saint-siège. Il suivit Urbain au concile de Bari, en 1098, y défendit la procession du St-Esprit contre les Grecs, et soutint avec vigueur le droit du clergé de nommer exclusivement aux dignités ecclésiastiques, sans prêter foi et hommage à aucun laïc ; mais la cour de Rome avait intérêt à faire la paix avec Guillaume ; elle ne tarda pas à abandonner Anselme, qui, rebuté, affligé, partit pour Lyon, et y resta jusqu'à la mort du roi, en 1100.

      Henri Ier, son successeur, parvenu au trône par une usurpation, ne négligeait rien pour s'y maintenir. Sachant à quel point l'archevêque de Cantorbéry s'était concilié l'affection du peuple, il lui envoya plusieurs messages pour le rappeler. Anselme céda à ces instances, et fut reçu avec les plus grands honneurs, ce qui n'empêcha pas qu'une contestation très vive ne s'élevât presque aussitôt entre le roi et le prélat. Celui-ci, qui avait déjà rendu hommage à Guillaume le Roux, refusait de le renouveler entre les mains du nouveau souverain. Malgré ce refus, quand le duc de Normandie menaça d'envahir l'Angleterre, non seulement Anselme fournit au roi des secours d'hommes considérables, mais il employa encore tout son crédit auprès des barons, et alla même jusqu'à parcourir à cheval les rangs de l'armée, pour exciter l'ardeur des soldats. Peu de temps après, il fut encore obligé de faire un voyage à Rome, avec le consentement de Henri Ier, et, après des lenteurs et des difficultés de toute espèce, il se retira une seconde fois à Lyon, puis à son abbaye du Bec, où il entretint une correspondance avec la cour de Rome, et finit par obtenir une convention en vertu de laquelle le pape conservait le droit spirituel de donner les investitures, et devait seul envoyer aux évêques la croix et l'anneau pastoral, tandis que le roi d'Angleterre recevrait d'eux le serment de fidélité pour leurs propriétés et privilèges temporels. Ce fut alors que Henri, voulant terminer tous les sujets de discussion, prit le parti de se rendre en personne à l'abbaye du Bec, où Anselme était malade, et le ramena dans ses Etats, où le prélat fut accueilli par les démonstrations de joie les plus vires.

      La vénération qu'Anselme sut inspirer au peuple doit être surtout attribuée à la sévérité de ses mœurs, et à l'énergie avec laquelle il lutta contre les abus de pouvoir. Il insista fortement sur la nécessité du célibat ecclésiastique, et fut le premier qui le prescrivit en Angleterre, où le synode national tenu à Westminster en 1102 en fit une loi religieuse. Anselme mourut en 1109. Nous ne rapporterons pas les miracles très extraordinaires qui lui ont été attribués, et dont un écrivain du XIème siècle (Jean de Salisbury ) a donné le récit. La bibliothèque de Lyon possède un très beau manuscrit de ses méditations et oraisons.

      Par la hauteur de son génie, la beauté de son caractère et l'éclat de ses vertus, saint Anselme s'est placé parmi les grands hommes du christianisme. Elevé sur le siège archiépiscopal de Cantorbéry pendant la lutte du sacerdoce et de la royauté au sujet des investitures, il favorisa de tout son pouvoir la régénération et l'affranchissement de l'Eglise, et remplit avec une courageuse constance la mission de faire exécuter en Angleterre les décrets de Grégoire VII et des papes continuateurs de son œuvre, sans se laisser jamais ni intimider ni séduire par ses souverains temporels. Mais quels que soient l'importance politique et les mérites de sa vie, sa gloire repose principalement sur ses écrits, qui le firent comparer à Platon et à saint Augustin, et lui valurent, disent les bénédictins de St-Maur, le titre du plus excellent métaphysicien qui eût paru dans le monde depuis l'évêque d'Hippone. Depuis la fondation des écoles carlovingiennes et la renaissance des études, aucun système nouveau de philosophie n'avait été mis au jour ; les théories de Raban Maur sur l'origine des idées, et les réminiscences néoplatoniciennes et panthéistes de Jean Scot Erigène avaient seules manifesté le réveil des intelligences, lorsque Anselme, remontant les degrés de la création, s'éleva, par l'effort de son génie, à l'une des plus hautes conceptions qui aient paru dans le monde philosophique.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 2 - Page 41-42)




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