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Saint Denis, apôtre de la France

(? - 272)
Martyr - Fêté le 09 octobre
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      Saint Denis, apôtre de la France, et premier évêque de Paris, fut envoyé de Rome dans les Gaules vers le milieu du IIIème siècle. On atreibue à ce saint missionnaire ou à ses disciples (1) la fondation des églises de Chartres, de Senlis, de Meaux, de Cologne et quelques autres qui étaient déjà florissantes dans le IVème siècle. On lit dans les actes de St-Denis, que cet évêque convertit un grand nombre d'idolâtres, qu'il fit bâtir une église à Paris, où il avait fixé son siège, et qu'il termina sa carrière apostolique par le martyre en l'an 272, pendant la persécution de Valérien. Grégoire de Tours, Fortunat et les martyrologistes d'Occident qui suivent les actes de St-Denis (2) rapportent qu'il avait souffert une longue détention lorsqu'il périt par le glaive avec le prêtre Rustique et le diacre Eleuthère ses compagnons (3) ; que les corps des trois martyrs furent jetés dans la Seine ; mais qu'une chrétienne, nommée Catulla, les recueillit et les enterra auprès du lieu où ils avaient été décapités. Les chrétiens bâtirent une chapelle sur leur tombeau. On lit dans Grégoire de Tours que sainte Geneviève fit élever en 469 une église sur les ruines de cette chapelle ; que les fidèles la visitaient avec une grande dévotion, et qu'elle était située hors des murs de Paris, quoiqu'elle n'en fût pas éloignée. Il paraît, par une donation de Clotaire II, qu'à cette église était réunie une communauté religieuse gouvernée par un abbé.

      Suivant plusieurs auteurs, ce n'est pas à St-Denis, mais à Montmartre que l'apôtre de la France reçut la palme du martyre. Frédégaire appelle cette montagne Mons Mercore, et Hilduin, Mons Mercurii, d'un temple de Mercure dont on voyait encore les ruines en 1618. Cependant, Hilduin dit que cette montagne était aussi appelée Mons Martis, d'un temple de Mars, qui était situé un peu plus bas que celui de Mercure, et dont les restes furent détruits en 1590 pendant le siège de Paris. Mais cette même montagne est appelée Mons Martyrum dans l'histoire manuscrite des miracles de saint Denis, qui fut composée sous le règne de Charles le Chauve, et on croit que c'est là sa véritable étymologie. Flodoard, écrivain du Xème siècle, dit qu'en 944 il y avait sur la partie la plus basse de la montagne une ancienne église, et l'on conclut de ce passage que les corps de l'apôtre et de ses deux compagnons furent conservés dans une chapelle souterraine au bas de Montmartre jusqu'à ce qu'on les transférât à St-Denis. En creusant de nouvelles fondations pour agrandir les bâtiments de l'abbaye de Montmartre, on découvrit, en 1611, sous la chapelle dite des Sts Martyrs, une crypte ou catacombe de 32 pieds de longueur, ayant un autel et une croix de pierre à l'orient. On a cru que c'était l'ancienne chapelle de St-Denis, où les chrétiens s'assemblaient pour prier pendant les persécutions des premiers temps de l'Eglise. C'est sur la voûte de cette catacombe que fut bâtie avant l'an 700 une église en l'honneur de saint Denis. Louis le Gros et la reine Adélaïde fondèrent en cet endroit, en l'an 1134, un monastère de bénédictines, dont le pape Eugène III fit la dédicace en l'an 1147, étant assisté à l'autel de saint Bernard et de Pierre le Vénérable. Les religieux de St-Denis allaient tous les ans en procession à Montmartre, portant avec eux le chef du saint martyr. Mabillon et Félibien ont prétendu que l'apôtre des Gaules et ses compagnons avaient souffert le martyre à l'endroit même où fut bâtie l'abbaye de St-Denis ; mais leurs preuves manquent de solidité. Les corps des trois martyrs furent portés à St-Denis, où on les conservait dans trois châsses d'argent. De Marca attribue à Fortunat une Vie de saint Denys que Fr. Bosquet a recueillie dans son Hist. eccl. Gallicanæ. On a la Chronique de saint Denys, pasteur de France, in-4°, gothique, sans date, et une Vie de saint Denys en vers français, par Courtot, Paris, 1629, in-4°.


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(1)  Saint Materne de Cologne, saint Fuscien et saint Victorin, saint Crépin et saint Crépinien, saint Rufin et saint Valère, saint Lucien de Beauvais, saint Quentin, saint Piat, et saint Rieul de Senlis.

(2)  Ces actes, rédigés vers la fin du VIIème siècle, n'ont pas une grande autorité, ayant été composés sur des traditions et sur des bruits populaires. Bosquet les a recueillis dans son Hist. eccl. gall., et don félibien dans les preuves de son Histoire de l'abbaye de St-Denys. On n'a plus les actes qu'avait écrits Massus, évêque de Paris, sous Constance Chlore, et qui était presque contemporain de Denys.

(3)  Quelques auteurs modernes pensent que saint Denis ne fut mis à mort que sous Maximien Hercule, qui fit sa principale résidence dans les Gaules depuis l'an 286 jusqu'à l'an 292.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 10 - Page 437)




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