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Nécrologie d'Emile Senart

par Louis Finot
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Cette nécrologie d'Emile Senart, rédigée par Louis Finot, a paru en 1928 dans le Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, tome 28, N°1. pp. 335-347.

Emile Senart (1847-1928)      L'année 1928 a vu finir une belle et longue vie qui, par la fermeté de ses lignes et l'harmonie de ses nuances, évoque l'idée d'une œuvre d'art parfaite, à laquelle le temps aurait donné la dernière touche.

      Emile Senart était né à Reims le 26 mars 1847. Il appartenait à cette vieille bourgeoisie provinciale où se transmettaient, comme une règle héréditaire, le culte de l'honneur, le goût des choses de l'esprit et le dévouement au bien public. Il y joignait des dons personnels qui devaient faire de lui une des plus brillantes intelligences et un des plus nobles caractères de son époque.

      Après de solides études au lycée de sa ville natale, il se rendit en Allemagne, où il suivit, pendant trois ans, les cours des universités de Münich et de Goettingue. C'est à Goettingue que les leçons et les entretiens de Benfey décidèrent de sa vocation : dès ce moment il consacra sa vie à l'étude de l'Inde, comme l'avait fait, peu de temps avant lui, sur les conseils du même maître, son ami et son émule Georg Bühler.
      Son élection à la Société Asiatique, le 8 mai 1868, marque en quelque sorte son initiation à l'orientalisme : il devenait par là membre d'une famille intellectuelle, qui ne lui ménagea pas les marques de son affectueuse estime, le nommant membre du Conseil en 1872, vice-président en 1890, lui confiant enfin, en 1908, les fonctions de président qu'il exerça jusqu'à sa mort. Elle fut d'ailleurs largement payée de retour : l'honneur et la prospérité de la Société Asiatique furent l'objet constant des préoccupations de M. Senart. C'est à elle qu'il réserva la primeur de tous ses grands travaux, à commencer par son Kaccâyana, dont le manuscrit fut présenté à la Commission du Journal Asiatique au mois d'août 1870, juste à la veille de la déclaration de guerre. C'était une édition du célèbre grammairien, soigneusement établie sur les manuscrits singhalais et siamois de la Bibliothèque Nationale, et qui en eût été l'édition princeps, si le retard apporté à sa publication par les tristes événements de 1870 n'eût laissé la priorité à celle de F. Mason : elle parut dans le Journal Asiatique de 1871 (1). Comme l'indique son titre, elle formait la première partie d'un ouvrage plus étendu, dont la seconde était réservée, suivant les termes de l'introduction à un examen d'ensemble qui, « en replaçant la grammaire de Kaccâyana dans son cadre naturel, entre les sources sanscrites et les développements postérieurs de la littérature grammaticale du pâli, pourra en faire ressortir l'intérêt historique et le vrai caractère ». Il faut regretter que ce programme n'ait pas été exécuté dans son entier : la philologie indienne y a perdu un beau livre. Mais l'édition de Kaccâyana est une œuvre complète en elle-même, où le jeune savant montre déjà cette critique prudente et sagace qu'il devait porter ensuite dans ses autres travaux.
      La guerre interrompit pour un temps l'activité scientifique d'Emile Senart. Il servit dans un régiment de mobiles et fut ensuite attaché pendant quelques mois à l'ambassade de France à Berlin. Si la carrière diplomatique le tenta un instant, la tentation dura peu et il revint promptement à ses études indiennes. Sa rentrée fut un coup d'éclat : en 1873, le Journal Asiatique commençait la publication de son Essai sur la légende du Buddha, dont une seconde édition parut dix ans plus tard, en 1882 (2).

      Cet ouvrage marque l'orientation définitive de son œuvre scientifique. L'Inde est un champ d'études trop vaste pour qu'un esprit, si agile qu'il soit, puisse l'embrasser tout entier : quiconque veut faire œuvre personnelle et durable doit y choisir un point fixe autour duquel ordonner ses recherches et rassembler ses efforts. Ce point fut pour M. Senart le bouddhisme, considéré dans ses origines et ses premiers développements. Il l'aborda en historien, en philologue, en épigraphiste, et, de ce triple point de vue, il en a enrichi la connaissance d'aperçus nouveaux qui sont pour la science des gains définitifs.

      Avant lui, on considérait généralement la vie du Buddha comme une biographie réelle embellie de faits légendaires. Il suffisait donc, pensait-on, d'éliminer le merveilleux pour obtenir un témoignage digne de créance. M. Senart renversa de fond en comble cet évhémérisme facile. Sans nier la réalité historique du fondateur, il soutint que tout l'essentiel de sa biographie était une création mythologique, issue du naturalisme védique, organisée dans les types mythiques du Cakravartin et du Mahāpuruṣa, concrétisée finalement dans la personnalité divine de Viṣṇu-Kṛṣṇa et transférée en bloc par la conscience religieuse à la personne humaine du Buddha. Il n'a donc pas, comme on l'a souvent répété, fait du Buddha un mythe solaire. Il admet à l'origine de la religion bouddhique l'existence et l'action d'une forte personnalité, mais dont nous savons en somme peu de chose, et dont il n'a pu survivre qu'un très petit nombre de souvenirs authentiques. La légende qui les enveloppe n'est pas le résultat du travail graduel de l'imagination populaire : c'est la légende même de Viṣṇu qui, simplement adaptée aux exigences de son nouveau cadre, a constitué la physionomie traditionnelle du Buddha : « Le docteur humain, Çakyamuni ou quel qu'ait été son véritable nom, hérita du manteau légendaire qui tombait des épaules du dieu dépossédé. »

      Observant, en outre, que les traits principaux de cette légende étaient explicitement ou implicitement contenus dans les livres de toutes les écoles bouddhiques, M. Senart contesta au canon pâli la place privilégiée que plusieurs indianistes revendiquaient pour lui : au contraire, il reconnut dans la tradition dite du Nord un état relativement primitif, plus pur, plus spontané de la croyance populaire, et qui avait reçu dans le Tripiṭaka singhalais une couleur scolastique et monacale.
      Bien que ce système d'exégèse ait été l'objet de vives controverses, il est d'une construction si serrée et si habile qu'il forme, comme l'a dit A. Barth, « un tissu où les fils se croisent et se tiennent, où il est impossible d'en retirer un seul sans éprouver aussitôt la résistance qu'oppose la trame entière » (3). Certaines interprétations, certains rapprochements peuvent prêter à discussion ; mais les idées maîtresses de la thèse sont universellement admises aujourd'hui et il ne se trouverait plus personne, hormis les croyants, pour faire du canon pâli l'unique source authentique de l'histoire du Buddha et de sa doctrine.
      Mais d'où vient que ce soit précisément le mythe vishnouite qui ait eu le privilège exclusif de fournir, presque sans retouches, la trame de cette légende ? C'est ce que M. Senart expliqua plus tard en démontrant que le bouddhisme est sorti non du Sāmkhya, comme l'ont soutenu quelques savants, mais du Yoga, plus précisément « d'un Yoga qu'achevait en secte religieuse le culte de Vishnu-Krishna sous une forme dont les Bhāgavatas du Mahābhārata nous offrent un type voisin, quoique plus défini et plus avancé » (4).
      Les emprunts du bouddhisme au Yoga ne se sont pas bornés à la vie du fondateur ; ils se sont étendus à certaines théories fondamentales, telles que la formule des Douze Nidānas (5). En analysant cette séquence, où certains ont voulu voir le résultat d'une pensée réfléchie cherchant à s'expliquer l'origine de l'existence humaine, M. Senart y reconnaît une combinaison tardive, dont la doctrine des Quatre Vérités a fourni le noyau primitif, accru ensuite par un travail d'analyse et couronné de termes empruntés à des systèmes étrangers.
      Une leçon se dégage de ces recherches : c'est que les systèmes philosophiques ou religieux de l'Inde ne sont presque jamais l'œuvre exclusive de la réflexion, mais qu'ils se sont formés en dépendance de termes et de formules constitués antérieurement. C'est ainsi que le Sāṃkhya, qui considère l'univers comme un composé de trois éléments (guṇa), n'a fait que traduire en notions plus abstraites la vieille division du monde en trois parties : la terre, l'atmosphère et le ciel (6). Rien dans les productions de la pensée indienne ne résulte du développement logique d'une idée : tout y est composite, divers et souvent contradictoire. Un exemple fameux en est fourni par la Bhagavadgītā, dont les disparates sont manifestes : on a cru les éliminer en isolant, par une sorte de dissection, l'œuvre originelle conçue dans un système déterminé — le Vedānta pour les uns, le Sāṃkhya selon les autres — des remaniements qu'y aurait apportés ultérieurement une philosophie rivale. Dans la préface, riche en vues originales, dont il a fait précéder sa belle traduction de la Gītā (7), M. Senart a combattu cette exégèse arbitraire. A ses yeux, la Bhagavadgītā, comme d'autres morceaux didactiques du Mahābhārata, représente une période antérieure à celle des systèmes arrêtés et exclusifs, une période de fermentation, où l'esprit hindou cherche dans toutes les directions à s'ouvrir des voies d'accès au but universellement admis : la Délivrance. Œuvres, gnose, ascèse, extase, amour de Dieu, autant de méthodes qui, plus tard, s'ordonneront en çāstras, mais qui, pour l'instant, ne sont que des « tracés de pensée indépendants », dont on se préoccupe moins de comparer la valeur rationnelle que de multiplier l'efficacité en les complétant les uns par les autres.
      Cette préoccupation de rechercher sous les cadres consacrés la genèse réelle des systèmes idéologiques, M. Senart la porta avec le même succès dans l'histoire sociale, lorsqu'il aborda la question des castes (8). Si nous en croyons les textes brahmaniques, toute la population indienne se divise en quatre grandes castes (varna), dont les occupations sont nettement définies et les relations soumises aux règles impératives d'un jus connubii et d'un jus convivii très stricts. La violation de ces règles a engendré les « castes mêlées », qui sont à leur tour cataloguées et situées dans l'ensemble du système avec des devoirs précis. Telle est l'ordonnance établie par la spéculation brahmanique : M. Senart en a démontré clairement le caractère fictif. Les quatre varṇa ne sont pas des castes, mais des classes ; les castes existantes ne sauraient donc en être des démembrements. La caste n'a pas non plus pour racine unique, comme on l'a supposé, soit la profession, soit la race. Elle remonte au groupe familial (gotra) qui, dominé par la préoccupation de maintenir sa pureté en se protégeant contre toute contamination, a servi de modèle au groupe professionnel. La plus ou moins grande pureté de la descendance a engendré des subdivisions ; les tribus aborigènes, en s'agrégeant à l'organisation brahmanique, ont formé des sections nouvelles, et ainsi s'est constituée la caste, avec son exclusivisme farouche et ses diversités infinies. En dernier lieu est venu le brahmane, qui a donné à cet ensemble confus un ordre et une loi.
      Ainsi le passé de l'Inde nous présente partout le même aspect : une apparence régulière et comme cristallisée y masque les remous de la vie. Sous le Veda éternel fermentent les cultes populaires ; sous les çastras impérieux, les hérésies et les controverses ; sous la langue morte des grammairiens, les idiomes vivants du peuple. C'est cette vie profonde qui attira toujours la pensée de M. Senart et le dirigea vers des recherches assez ingrates. Reconnaissons dans ce choix une vertu héroïque. Le monde des apparences est si satisfaisant pour l'esprit et si commode pour la mémoire ! Les idées s'y succèdent avec tant de logique et y suivent une courbe si harmonieuse ! Il ne lui manque que d'être vrai, et M. Senart avait la passion inquiète de la vérité. C'est peut-être pourquoi ses livres n'ont pas obtenu, en dépit de leur forme parfaite, la grande popularité que d'autres ont si aisément conquise. Il y a dans son œuvre trop de scrupules, d'interrogations anxieuses, de réserves et de doutes pour qu'elle ait pu entraîner un public épris de formules nettes et catégoriques. Il ne fit rien d'ailleurs pour le séduire : à part sa Légende du Buddha et un petit nombre d'articles, de conférences ou de discours (9), ses travaux ne sont accessibles qu'à un cercle restreint de spécialistes.

      Guidé par ce goût de la réalité qui était la dominante de son esprit, il alla droit aux quelques points solides qui émergent de cette mer de brouillards qu'est l'histoire de l'Inde. Au sanskrit, langue artificielle, il préféra les prâkrits qui, s'ils ne représentent pas exactement les langues jadis parlées, en sont néanmoins le reflet ; aux œuvres littéraires, fictions de poètes asservis aux préceptes des théoriciens, il n'accorda que l'attention polie de l'homme de goût, pour se tourner vers les inscriptions qui, écrites, dans un but pratique, doivent nécessairement tenir compte des faits. Et parmi les inscriptions, il élut tout d'abord celles qui tiennent le premier rang par leur date comme par leur importance : les fameuses ordonnances d'Açoka Piyadasi, petit-fils de Candragupta qui connut Alexandre. Rédigées dans un prâkrit qui subit l'influence des idiomes locaux, elles sont un précieux document linguistique ; tracées en deux écritures — au Nord-Ouest, la kharoṣṭhī, ailleurs la brāhmī, — elles ouvrent, l'histoire de l'écriture dans l'Inde et l'Asie centrale. Rien n'est comparable à ces extraordinaires sermons où le puissant souverain bouddhiste, dans une langue simple et pauvre, sans rhétorique et presque sans syntaxe, exhorte ses sujets, confesse ses fautes passées, raconte sa conversion et ses bonnes œuvres avec des détails familiers et des précisions inattendues.
      Signalés dès 1801, déchiffrés pour la première fois par James Prinsep (1837), rapportés presque aussitôt à leur auteur Açoka par Turnour, complétés de nouvelles versions par Norris, Dowson et Cunningham, partiellement interprétés par Wilson, Lassen, Burnouf, Kern et Bühler, les célèbres édits venaient enfin d'être publiés intégralement en facsimile, texte et traduction, par Cunningham dans le tome Ier du Corpus inscriptionum indicarum. C'est à cette occasion que M. Senart en reprit l'examen (10).

      Il s'était fixé le programme suivant : « Grouper et condenser les résultats acquis jusqu'à ce jour... ; les rectifier dans l'occasion ; tenter l'analyse des parties qu'ils n'ont pas interprétées ; étendre à toutes les versions parallèles, quand il en existe plusieurs, un examen circonscrit jusqu'à présent à une ou deux d'entre elles ; préparer de la sorte et présenter dans un tableau d'ensemble les conclusions que, sous le double point de vue de la grammaire et de l'histoire, promettent des documents si authentiques, et leur rapprochement des monuments littéraires. »

      Ce programme a été rempli avec une incomparable maîtrise. Jamais une critique plus pénétrante et plus sûre n'a été appliquée à un texte incertain avec des résultats plus décisifs. Le travail de M. Senart a pu être complété sur quelques points, plus rarement rectifié : il reste le fondement de toute étude sur ce grand sujet. L'épigraphie maurya fut dès lors son domaine incontesté : à chaque découverte nouvelle, tous les yeux se tournaient vers lui, attendant son déchiffrement et son interprétation.
      Tout d'abord, le voyage qu'il fit dans l'Inde en 1887-1888 lui offrit l'occasion de relever au Panjab de nouveaux textes : l'un retrouvé à Shabaz Garhi par le capitaine Deane, l'autre signalé, trois ans auparavant, à Mansera, par le général Cunningham, mais resté inédit. Il commenta aussitôt ces trouvailles dans une conférence faite à la Société Asiatique de Bombay le 15 mars 1888 et les utilisa ensuite pour soumettre à un nouveau contrôle ses anciennes interprétations, qui se trouvèrent en général confirmées (11).
      Comme conclusion de ces études, il donna à La Revue des Deux Mondes un article où il dégageait des inscriptions d'Açoka la figure attachante de ce grand roi (12).
      Depuis cette époque, de nouveaux textes ont été trouvés et il n'en est pas un que M. Senart n'ait soumis à une analyse minutieuse, et qui n'en soit sorti plus correct, plus intelligible, mieux préparé à être utilisé par la philologie et l'histoire. Ainsi furent successivement édités et commentés : les trois textes identiques du Mysore (Brahmagiri, Siddāpura, Rameçvara), publiés peu auparavant (1892), avec un médiocre facsimile, par Lewis Rice (13) ; deux fragments détachés du rocher de Girnar et trouvés à Junagadh par Rhys Davids en 1900 (14) ; l'inscription fragmentaire gravée sur le fût d'une colonne exhumée à Sarnath, par Œrtel, en 1904-1905 (15) ; enfin l'édit sur roc rencontré par un chercheur d'or à Maski (Hyderabad ), en janvier 1915, et où, pour la première fois, le nom de Piyadasi fait place à celui d'Açoka (16).
      L'étude des édits d'Açoka conduisit tout naturellement M. Senart à celle des inscriptions qui leur font suite dans la série épigraphique et qui se groupent autour du commencement de l'ère chrétienne, spécialement à celles écrites dans le caractère appelé naguère « indo-bactrien » et maintenant « kharoṣṭhī ». Parmi les documents qu'il a ainsi passés au crible de sa critique, il faut citer : trois inscriptions rapportées du pays des Yusufzai au Musée de Lahore, dont le conservateur, M. Kipling, père de l'illustre écrivain, lui avait envoyé des estampages (17) ; l'inscription du stupa de Manikyâla, conservée au Cabinet des Médailles à Paris, où elle avait été envoyée par le général Court (18) ; deux épigraphes du Svat, relevées en 1896 par Al. E. Caddy et le col. Maisey (19) ; l'inscription du vase de Wardak exhumé en 1834-1837 par Mason, d'un stupa d'Afghanistan (20) ; l'inscription gravée sur le fameux reliquaire trouvé dans un stupa de Kani?ka à Peshawar, et où il se refusa à reconnaître dans le mot agiçala le nom d'un Grec appelé Agésilas (21).

      Dans toutes ces « Notes d'épigraphie indienne », la méthode du savant épigraphiste est invariable : le texte est d'abord établi par une scrupuleuse analyse graphique ; ensuite les mots prâkrits, que l'usure de la langue a rendus si souvent ambigus, sont rapportés à leur forme sanskrite la plus probable ; l'épigraphe est enfin fidèlement traduite et largement commentée. Au bout de ces opérations conduites avec une merveilleuse sûreté, le document apparaît raffermi, éclairci, transformé. Si la solution définitive n'a pas toujours récompensé cette critique impeccable, c'est généralement parce qu'elle était alors inaccessible ; et si elle a été trouvée ensuite, il en faut faire honneur à de nouvelles découvertes plutôt qu'à un examen plus serré ou plus pénétrant des documents connus.
      En ce qui concerne notamment la chronologie des inscriptions scytho-parthes et des sculptures gandhâriennes, les recherches de M. Senart ont contribué dans une large mesure à l'élucidation relative de faits qui demeurent encore partiellement énigmatiques. Dans le domaine de l'archéologie bouddhique, on peut citer notamment ses considérations sur les statues de Sikhri (22) et son explication du type de Vajrapāṇi (23).
      Bien que son principal effort ait porté sur les inscriptions en kharosthī et qu'il leur ait consacré ses dernières forces en déchiffrant, avec E. J. Rapson et A.-M. Boyer, les tablettes rapportées par Aurel Stein de l'Asie centrale (24), M. Senart ne s'est pas confiné dans ce seul canton de l'épigraphie indienne. Il a étudié également quelques sanciennes inscriptions en brāhmī, telles que l'épigraphe gravée sur le reliquaire de Piprāwā, et l'inscription de la colonne de Besnagar, où se lit le nom du Bhāgavata Héliodore, envoyé du roi Antalikita (Antialcidas) (25). Cette dernière, en prouvant que, dès le IIème siècle avant notre ère, Viṣṇu-Kṛṣṇa était le dieu suprême adoré par les Bhāgavatas, confirmait brillamment la théorie de M. Senart, qui considère « le bouddhisme naissant comme une sorte de branchement d'un yoga bhâgavatiste ».
      On lui doit également une nouvelle édition des inscriptions votives de Karle et de Nasik (26). Il a encore publié une série d'inscriptions découvertes par le major Deane dans le massif du Mahaban, les unes, en devanāgarī, du XIème siècle, quelques autres en kharoṣṭhī, les dernières en caractères inconnus (27). Enfin, il a expliqué une suite de peintures bouddhiques avec inscriptions en brāhmī, trouvées en 1898 par MM. Munck et Donner dans des grottes situées à 50 kilomètres de Turfan (28), et qui figurent les mansions lunaires avec le nom de chaque constellation.
      Les inscriptions ne sont pas les seuls documents prâkrits que nous ait légués le bouddhisme indien : plusieurs textes canoniques sont écrits dans cette langue incertaine, et là aussi M. Senart a exercé avec succès sa patiente ingéniosité. On lui doit notamment de pouvoir lire avec facilité un des plus intéressants, mais aussi des plus indigestes livres bouddhiques, le Mahāvastu, dont l'édition, enrichie d'un ample commentaire, est un chef-d'œuvre de critique (29). Il a édité avec la même sûreté un manuscrit du Dharmapada, trouvé en 1892 par Dutreuil de Rhins dans la région de Khotan et qui fut comme le présage de la riche moisson scientifique que devaient bientôt livrer les sables du Turkestan (30).
      Le champ des études pâlies, où les ouvriers abondaient, ne le retint pas après son travail de début, bien que là aussi il ait laissé sa marque (31) et témoigné de son intérêt, en occupant, aux côtés de Rhys Davids, une place de vice-président dans le bureau de la Pâli Text Society.

      Telle est, dans ses grandes lignes, l'œuvre scientifique d'Emile Senart. Elle occupa, sans la remplir, une vie infiniment riche, dont une grande part fut réservée à l'action.

      Il n'y a pas lieu d'insister ici sur ses interventions dans le domaine de la politique : elles lui furent imposées sans doute, moins par ses goûts que par la conscience de son devoir social. Ce devoir rempli, il se consola aisément de son insuccès et borna son ambition au mandat de conseiller général de la Sarthe, qui lui permit de se rendre utile sans être absorbé.
      Par contre, il exerça une influence prépondérante sur les relations extérieures de l'orientalisme français et sur nos entreprises scientifiques en Asie. L'Académie des Inscriptions, dont il était membre ordinaire depuis 1882, le choisit à plusieurs reprises pour la représenter à diverses solennités internationales : c'est en cette qualité qu'il prit part aux cérémonies du bi-centenaire de l'Académie de Berlin en 1900, et à la réunion de l'Association internationale des Académies qui se tint à Rome en 1910. Il donna son plus cordial appui à deux associations internationales, créées en 1900, l'une pour l'exploration archéologique de l'Inde, l'autre pour l'exploration archéologique et linguistique de l'Asie centrale et de l'Extrême-Orient, qui par malheur ne réussirent pas à vaincre les préjugés nationaux et n'eurent aucun résultat pratique (32).
      Après la guerre, préoccupé de renouer peu à peu les liens de la collaboration scientifique rompus par le bouleversement mondial, M. Senart conçut et réalisa l'idée de ces conférences des sociétés orientales interalliées qui préparèrent la reprise des congrès généraux, dont le premier s'est tenu à Oxford en 1928. Car c'est un trait remarquable du caractère de ce grand savant, si français par son esprit, par son humeur et par sa flamme patriotique, que, sans rien sacrifier de ce qui devait être sauvegardé, il n'hésita jamais à prêter son concours à toutes les œuvres qui se proposaient d'unir, dans un but scientifique, les forces intellectuelles du monde civilisé. Il avait des amis dans tous les pays ; il aimait à paraître parmi eux comme ambassadeur des orientalistes français et à offrir, de son côté, aux savants étrangers qui visitaient Paris, la plus gracieuse hospitalité. Il fit même un pas hors du monde savant : en 1913, il acceptait, en sa qualité de président du Comité de l'Asie française, l'invitation de la Deutsch-asiatische Gesellschaft à son banquet annuel et il répondait au toast du maréchal Von der Goltz par un discours qui est un modèle de courtoisie, de tact et de dignité (33).
      Quelque intérêt qu'il portât aux relations internationales, c'était naturellement aux œuvres françaises qu'il consacrait le meilleur de lui-même. Son désir profond et inlassable était que notre pays gardât dans l'étude de l'Asie une place digne de son glorieux passé. Lorsque le voyage d'Aurel Stein eut révélé les richesses archéologiques que recelait le Turkestan chinois, il affirma avec décision que la France ne pouvait rester absente du grand travail d'exploration auquel se préparaient l'Angleterre, l'Allemagne et la Russie ; et il fit si bien qu'après avoir éloquemment proclamé, à la séance annuelle des Cinq Académies du 25 octobre 1905, le puissant intérêt de ce « nouveau champ archéologique », il pouvait annoncer le prochain départ d'une mission française pour prendre sa part de cette pacifique conquête (34). Ce qu'il ne dit pas, mais ce que personne n'ignorait, c'est à qui était due la réalisation de cette grande pensée ainsi que le choix du jeune savant qui devait la mener à bonne fin. Le brillant succès de la mission Pelliot lui fut une douce récompense.

      Une autre tentative non moins importante l'occupa après la guerre. L'Afghanistan, si longtemps fermé, s'ouvrait enfin à la science européenne. Un traité avantageux nous réservait le privilège d'une vaste exploration archéologique. Mais les temps étaient difficiles : on sait trop que la France n'est pas au nombre des nations que la guerre a enrichies. La Délégation archéologique française en Afghanistan connut des heures inquiètes. M. Senart se dépensa sans compter ; l'Ecole Française d'Extrême-Orient apporta son obole. Finalement le cap fut doublé et, si les événements politiques n'y mettent pas obstacle, nous pouvons espérer beaucoup de ces régions semées d'anciens monuments bouddhiques.

      M. Senart intervint non moins utilement dans la réorganisation de la Délégation archéologique française en Perse, qui continue dignement aujourd'hui la tradition des Dieulafoy et des Morgan.

      Pour que les grandes œuvres qui nous réclament en Orient trouvent des ouvriers capables de les exécuter, il importe que toutes les branches de l'orientalisme soient cultivées en France par de jeunes savants prêts à se porter sur les points où s'annoncent des découvertes nouvelles. Et la condition de ce recrutement, c'est une large organisation de l'enseignement oriental dans les universités. Personne n'ignore combien nous sommes loin de ce but. Dès 1897 (séance du 10 décembre), la Société Asiatique, préoccupée de cette fâcheuse lacune de notre enseignement supérieur, émettait un vœu pour demander la création d'un certain nombre de chaires de philologie, d'histoire et d'archéologie orientales. Quelques jours après, l'Académie des Inscriptions (séance du 17 décembre) s'associait à ce vœu après avoir entendu la lecture d'une lettre éloquente de M. Senart : « Trop souvent jusqu'ici, disait-il, on a cru avoir assez fait en instituant de loin en loin, pour tel chercheur brillant qui avait percé, telle chaire d'orientalisme plus ou moins éphémère, qui apparaissait moins comme un organe d'enseignement que comme le couronnement d'une carrière personnelle. L'expédient a pu rendre des services ; la méthode est visiblement mauvaise. Ce qu'il faut avant tout, ce sont des cadres permanents qui ouvrent aux spécialistes jeunes une carrière assez large à leur émulation active et l'espérance d'un avenir décemment rémunéré. Il n'est nullement exagéré de dire, dans les conditions où se poursuivent maintenant les investigations savantes, que c'est à ce prix qu'est parmi nous l'avenir d'études vis-à-vis desquelles on ne saurait s'acquitter par de bonnes paroles et qui ont jeté dans notre pays un éclat un peu intermittent sans doute, mais assez vif à coup sûr pour que l'honneur national paraisse engagé à leur faire une place légitime dans les allocations budgétaires. »
      Mais c'est surtout en Indochine que s'est fait sentir l'heureuse influence de M. Senart. Il s'était jadis intéressé à la mission Aymonier et au déchiffrement des inscriptions sanskrites rapportées par ce voyageur (35). Lorsque M. Doumer résolut de créer l'Ecole Française d'Extrême-Orient, M. Senart fut le premier à qui il s'ouvrit de son dessein et qui eut, avec ses amis Auguste Barth et Michel Bréal, la charge de le réaliser. Il resta depuis lors le fidèle ami de notre institution, ne lui ménageant ni les conseils, ni les encouragements, s'associant à ses deuils comme à ses succès, toujours prêt à mettre en lumière ses efforts et à excuser ses inévitables lacunes. En lui dédiant le VIIIème volume de son Bulletin, l'Ecole lui donnait un témoignage public de sa gratitude, qu'elle lui renouvelle aujourd'hui en consacrant celui-ci à sa mémoire. On n'a pas oublié la belle lettre qu'il nous écrivait pour les débuts de notre revue et où il traçait avec tant de largeur et de justesse le programme qu'il envisageait pour la nouvelle institution. Après vingt-cinq ans écoulés depuis la fondation, il accepta de présenter au public le recueil d'Etudes Asiatiques destiné à commémorer cet anniversaire et il en prit occasion d'évoquer avec satisfaction un passé où il avait joué un rôle essentiel : « Lors des conversations préliminaires d'il y a vingt-cinq ans, le rôle d'agent de liaison m'était plus particulièrement échu. M'en voudra-t-on de me souvenir de la promptitude aisée et joyeuse avec laquelle, grâce à la rare largeur d'esprit et à l'activité sans rivale de M. Paul Doumer, se fixa la charte de l'Ecole sous le contrôle scientifique de l'Académie des Inscriptions ? Le Gouvernement de l'Indochine n'a pas eu, moins que l'Académie, à se féliciter d'un accord qui a servi également le bon renom du pays et les intérêts de la science. Ce que, dans cette première période d'activité, l'Ecole a fait non seulement pour accumuler des documents, mais pour dégager des horizons nouveaux, pour éclairer de vues méthodiques et solides des domaines naguère inexplorés, il serait bien superflu d'y insister. »

      Il s'en est même fallu de peu que M. Senart ne vînt constater de ses yeux l'œuvre à laquelle il portait un si vif intérêt. L'Académie l'avait désigné comme son délégué au Congrès de Hanoi en 1902 ; il est infiniment regrettable que les circonstances ne lui aient pas permis de donner suite à son intention. Il voulut au moins exprimer publiquement, dans un rapport à l'Académie sur les travaux de l'Ecole Française en 1902, les sentiments d'estime et de sympathie qu'il portait à la jeune institution :
      « L'unanimité avec laquelle, au Congrès international de Hambourg, les représentants les plus autorisés de l'orientalisme ont rendu solennellement hommage à la création de l'Ecole et à ses féconds débuts ; l'empressement avec lequel, au Congrès de Hanoi, les délégués de plusieurs gouvernements d'Europe et des principales institutions savantes de l'Extrême-Orient se sont groupés autour de l'Ecole comme en un foyer commun, — de pareilles manifestations ne sauraient être indifférentes pour ce bon renom, pour cet ascendant intellectuel qui, en Indochine comme par tous pays, constitue une force, force de sentiment sans doute et d'opinion, mais force précieuse... N'y a-t-il pas un gage pour la colonie en même temps qu'une force pour la science française dans un pareil échange, la métropole et son établissement lointain associant leur effort sur ce terrain de la haute culture dont c'est plus que jamais pour nous un intérêt supérieur de ne pas laisser la tradition défaillir entre nos mains ? Nous remercions l'Indochine et son Gouvernement d'en savoir comprendre toute l'importance... Quant à nous, Messieurs, nous ne pouvons résumer notre impression sur le rapport dont s'inspirent ces remarques qu'en proclamant notre satisfaction la plus sincère. L'œuvre à laquelle vous avez dès le début accordé un patronage si cordial, vit et se développe pour l'honneur de l'Indochine et de la France. Nous ne pouvons embrasser ses progrès sans éprouver une reconnaissance joyeuse pour les travailleurs consciencieux qui s'en sont faits les ouvriers persévérants. » (36)

      Telles sont les principales œuvres auxquelles M. Senart avait voué une sollicitude particulièrement active. Mais comment énumérer toutes celles à qui il a accordé le privilège de son bienveillant appui et de son puissant patronage : le Conseil du Musée Guimet, la Société d'Angkor, l'Association des amis de l'Orient, la Commission archéologique de l'Indochine ? Il n'était pas un nouvel esquif qui, au moment de prendre la mer et de cingler vers l'Orient, ne réclamât l'honneur de porter son pavillon et qui, pour peu que son but fût honorable et utile, ne l'obtînt sans beaucoup de peine.

      Parmi tous les groupements dont M. Senart fut le président ou l'animateur, il en est un qui occupait une place de premier rang dans ses pensées : c'était le Comité de l'Asie française. Fondé en 1901 pour soutenir les intérêts de la France en Asie, il eut pour premier président Eugène Etienne, que M. Senart assistait comme vice-président et à qui il succéda en 1906. On sait quel rôle actif et souvent décisif a joué cet organisme dans la défense des droits traditionnels de notre pays en Orient, comment par ses conférences, ses discussions, ses interventions auprès des pouvoirs publics, son Bulletin si remarquablement documenté et si largement répandu, le Comité de l'Asie Française a su constituer autour de nos positions toujours menacées et souvent si mal défendues la protection d'une opinion publique vigilante et avertie. M. Senart ne cessa d'exercer sur cette œuvre un contrôle plein de tact et de vigueur, grâce auquel elle put atteindre une grande partie des buts pour lesquels elle avait été instituée.

      Ceux qui n'ont connu M. Senart que dans le rôle de président ou d'orateur gardent de lui le souvenir d'un grand gentleman, de manières affables et distinguées, de langage mesuré et choisi. Dans l'intimité, il laissait paraître une autre face de son caractère : la familiarité amicale, la gaîté spirituelle et par dessus tout la plus exquise bonté. Il accueillait volontiers tous ceux qui méritaient accueil, mais surtout les jeunes gens en qui il voyait les ouvriers d'un avenir dont la préoccupation ne le quittait pas. Ses sympathies n'étaient point exclusives. Très ferme dans ses convictions religieuses et politiques, il mettait un soin extrême à ne jamais blesser celles des autres. Mais toutes ces qualités séduisantes n'étaient en quelque sorte que la parure d'une âme parfaitement noble, où rien d'égoïste ou de mesquin ne pénétra jamais. Il n'eut que deux fortes passions : la science et la patrie. Pour servir les intérêts de l'une et de l'autre, il n'épargna ni son temps, ni sa peine ; et que de fois sa généreuse intervention sauva des situations compromises ! C'était un air pur et salubre qu'on respirait autour de lui, soit dans son vaste cabinet de travail de la rue François Ier, dont les larges fenêtres recevaient toute la lumière du ciel parisien, soit sous les beaux ombrages de son château de la Pelice, retraite préférée de ses étés studieux. Que de chers souvenirs ont laissé à ses amis ces accueillantes demeures qu'anima longtemps de sa grâce spirituelle la fière et radieuse compagne de sa vie ! Puis la mort passa et il connut la tristesse d'un foyer solitaire. C'est alors qu'il se révéla tout entier. Voilant son inconsolable regret d'une sérénité stoïque, il reprit avec la même conscience et la même exactitude l'accomplissement de tous les devoirs qu'il avait assumés. Rien ne parut changé : on devina seulement en lui un plus héroïque effort, comme il sentit autour de lui un plus profond respect et une plus chaude sympathie.

      Ainsi les années passèrent, courbant sa haute stature, mais laissant intacte sa merveilleuse intelligence. Le jour où il atteignit ses quatre-vingts ans, la mort venait de l'effleurer. Quand l'angoisse fut passée et qu'il se retrouva debout, la Société Asiatique et le Comité de l'Asie française vinrent ensemble fêter le glorieux octogénaire. Ce jour-là, Emile Senart sentit monter vers lui un tel hommage de gratitude et d'affection qu'il s'estima payé des labeurs de sa longue vie. Les souhaits qui lui furent offerts avec une si fervente sincérité en cette belle journée du 18 mai 1927 ne devaient pas être exaucés : il expira quelques mois après, le 21 février 1928. Il dort son dernier sommeil au milieu des siens, dans son petit cimetière de Cherreau, ayant accompli dans toute leur étendue les devoirs que lui dictait sa haute conscience et laissant aux générations qui montent l'exemple d'une grande âme consacrée sans réserve au service du vrai et du bien.

Louis FINOT



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(1)   Kaccâyana et la littérature grammaticale du pâli, 1ère partie. Grammaire pâlie de Kaccâyana, sûtras et commentaire, publiés avec une traduction et des notes par M. E. Senart. Paris, 1871 (Extrait n° 1 de l'année 1871 du Journal Asiatique).

(2)  Essai sur la légende du Buddha, son caractère et ses origines. (Journal Asiatique, août-septembre 1873 à août-septembre 1875.) Id. Seconde édition. Paris, 1882, in-8°.

(3)  Auguste Barth, Œuvres, I, 285.

(4)  Emile Senart, Origines bouddhiques. (Annales du Musée Guimet, Bibl. de vulg., t. XXV, 1907, p. 156.) Cf. Bouddhisme et Yoga, mémoire présenté par M. Emile Senart à la séance générale du 4 septembre du Congrès international de l'histoire des religions à la Sorbonne. Paris, 1900. (Revue de l'histoire des religions, 1900, II, pp. 345-364.)

(5)  Emile Senart. A propos de la théorie bouddhique des Douce Nidānas. (Mélanges Charles de Harlez, Leyde, 1896, pp. 280-297.)

(6)  Emile Senart Senart. Rajas et la théorie indienne des trois gunas (Journal Asiatique, juillet-août 1915, pp. 151-164) ; La théorie des gunas et la Chandogya-Upanisad (Etudes Asiatiques, Paris. 1925, T. II, pp. 285-292). Il a appliqué la même méthode à l'interprétation de deux termes difficiles de la doctrine bouddhique : tathāgata (JRAS., 1898, pp. 865-868) et nirvāṇa (Album Kern, pp. 101-104).

(7)  La Bhagavadgītā, traduite du sanscrit avec une introduction, par Emile Senart. Paris, Editions Bossard, 1922, in-8°. (Les Classiques de l'Orient, vol. VI.)

(8)  Emile Senart. Les castes dans l'Inde. (Revue des Deux Mondes, 1894.) Publié en volume dans les Annales du Musée Guimet, Bibliothèque de vulgarisation, X. Paris, 1896, in-12. Nouvelle édition, Paris, 1927, gr. in-8e. Traduction anglaise par A. Hegglin (IA., t. XLI).

(9)  Un roi de l'Inde au IIIème siècle avant notre ère. Açoka et le bouddhisme. (Revue des Deux Mondes, 1er mars 1889) ; Le théâtre indien (Id., 1er mai 1891) ; Les castes dans l'Inde (Id., 1894) ; Origines bouddhiques (Conférences faites au Musée Guimet, dans : Bibliothèque de vulgarisation, t. XXV, pp. 115-158), Paris, 1907 ; Un nouveau champ archéologique, le Turkestan chinois. Lu dans la séance publique des Cinq Académies du 25 octobre 1905. Paris, 1905.

(10)  Emile Senart. Etude sur les inscriptions de Piyadasi. (JA., 1880-1881.) — Les Inscriptions de Piyadasi, Paris, 1881-1886, 2 vol. in-8°. Traduction anglaise par Grierson, IA., vol. IX-XXI.

(11)  CRA.I., 1888, p. 78. Lettre de Senart à Bergaigne, datée de Lahore, 5 février 1888. — La conférence de Bombay fut analysée dans le Times of India du 16 mars 1888 et publiée in extenso dans le Journal of the Bombay Branch of the Royal Asiatic Society, XVII, p. 11, sous le titre : A New Edict of Aṩoka. L'étude définitive de ces inscriptions se trouve dans le JA., avril-juin 1888, pp. 504-533, et septembre-octobre 1888, pp. 311-330 : Notes d'épigraphie indienne. I. A Shabaç Garhi, à Mansera et à Girnar. (Avec facsimile de l'inscription de Mansera.)

(12)  Emile Senart. Un roi de l'Inde au IIIème siècle avant notre ère. Açoka et le bouddhisme. (Revue des Deux Mondes, 1er mars 1889.)

(13)  Emile Senart. Notes d'épigraphie indienne. IV. Trois nouvelles inscriptions d'Açoka Piyadasi. (JA., mai-juin 1892, pp. 472-498.)

(14)  Emile Senart. A new Fragment of the thirteenth Edict of Piyadasi at Girnar. (JRAS., 1900, pp. 335-342.)

(15)  Emile Senart. Une nouvelle inscription d'Açoka. (CRAI., 1907, pp. 25-26.)

(16)  Emile Senart. Notes d'épigraphie indienne. Un nouvel édit dAçoka à Maski. (JA., mai-juin 1916, pp. 425-442.)

(17)  Emile Senart. Notes d'épigraphie. III. De quelques monuments indo-bactriens. (JA., février-mars 1890, pp. 113-163.)

(18)  Notes d'épigraphie indienne. VI. L'inscription du stūpa de Manikyāla. (JA., janvier-février 1896, pp. 1-25.)

(19)  Notes d'épigraphie indienne. VII. Deux épigraphes du Svāt. (JA., mai-juin 1899, pp. 526-537).

(20)  Notes d'épigraphie indienne. L'inscription du vase de Wardak. (JA., novembre-décembre 1914. pp. 569-585). Mentionnons aussi, en passant, un article « sur quelques pierres gravées provenant de Caboul » (Notes d'épigraphie indienne, II, dans JA., avril-juin 1889, pp. 364-375). Il s'agit de cornalines portant chacune un nom propre : l'un, Suṭheudamasa, est ingénieusement interprété comme signifiant « du Syrien Theodamas ».

(21)  CRAI., 1909, pp. 784-790.

(22)  Emile Senart. Notes d'épigraphie. III. De quelques monuments indo-bactriens. A. Inscriptions. B. Les statues de Sikhri. (JA., février-mars 1890, pp. 113-163.)

(23)  Emile Senart. Vajrapāni dans les sculptures du Gandhāra. Paris, 1906. (Actes du XIVème Congrès international des orientalistes. Alger, 1905. I, pp. 121-131.)

(24)  Une tablette kharoṣṭhī-sanskrite de la collection de Sir A. Stein (JA., septembre-octobre 1918, pp. 319-327). — Kharoṣṭhī Inscriptions discovered by Sir A. Stein in Chinese Turkestan. Part I-II. Transcribed and edited by A. M. Boyer, E-J. Rapson and E. Senart. Oxford, 1920-1927, 2 vol. in-4°.

(25)  Note sur l'inscription de Piprāwā (JA., janvier-février 1906, pp. 132-136) ; CRAI., 1909. Cf. aussi : Une bague indienne (JA., 1917, II, p. 534).

(26)  The Inscriptions of the Caves at Karle. (EI., VII, 1902-1903, pp. 47-74). — The Inscriptions of the Caves at Nasik. (Id., VIII, 1905-1906, pp. 59-96.)

(27)  Notes d'épigraphie indienne. V. Les récentes découvertes du major Deane. (JA., septembre-octobre et novembre-décembre 1894, pp. 332-353 et 504-518.)

(28)  Notes sur quelques fragments d'inscriptions de Turfan (JA., mars-avril 1900, p. 343).

(29)  Le Mahāvastu. Texte sanscrit publié pour la première fois et accompagné d'introduction et d'un commentaire. Paris, 1882-1897, 3 vol. in-8°. (Société Asiatique, Collection d'ouvrages orientaux.)

(30)  Le manuscrit kharosthī du Dhammapada. Les fragments Dutreuil de Rhins (JA., septembre-octobre 1898, pp. 193-308, et novembre-décembre 1898, pp. 545-548). Ce manuscrit, envoyé à l'Institut avec les autres documents de la mission Dutreuil de Rhins, ne fut signalé qu'en 1897, par F. Grenard, à l'attention des indianistes. M. Senart, à qui il fut remis, l'identifia aussitôt comme une recension du Dhammapada en prâkrit et en écriture kharosthi. (CRAI., 1897, p. 251 ; JA., mai-juin 1897, p. 502.) On apprit ensuite que le ms. n'avait pas été livré tout entier au voyageur français et qu'une moitié était parvenue à Pétersbourg par l'entremise de M. Petrovski, consul de Russie à Khotan. Le « manuscrit Petrovski » n'a pas encore été publié.

(31)  Les Abhisambuddhagāthās dans le Jātaka pâli. (JA., mai-juin 1901, pp. 385-409.)

(32)  Voir JRAS., 1900, pp. 184-185 : vœux du XIIème Congrès international des orientalistes.

(33)  Asie française, 1913, p. 150.

(34)  Un nouveau champ archéologique : le Turkestan chinois. Lu dans la séance publique des Cinq Académies, du 25 octobre 1905. Paris, 1905.

(35)  Voir notamment son étude sur la stèle de Vat Sithor dans la Revue archéologique de mars-avril 1883, p. 182 : Une inscription bouddhique du Cambodge.

(36)  CRAI., 1904, p. 6.




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