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La Science des Mages

Et ses applications théoriques et pratiques
Papus
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CHAPITRE PREMIER
§ 3 - L'ARCHÉTYPE


      Lorsque nous voulons nous figurer l'homme, c'est toujours l'image de son corps physique qui se présente la premièreà notre esprit.

      Et cependant, un peu de réflexion suffit pour nous faire comprendre que ce corps physique ne fait que supporter et manifester l'homme véritable, l'Esprit qui le gouverne.

      On peut enlever des millions de cellules de ce corps physique en coupant un membre sans que pour cela l'unité de la Conscience subisse la moindre atteinte. L'homme intellectuel qui est en nous est indépendant en lui-même des organes qui ne sont que des supports et des moyens do communication.

      Il n'en est pas moins vrai cependant que, pour nous, dans notre état actuel, ces organes physiques sont des plus utiles, sont mêmes indispensables pour nous permettre de remonter à l'action de l'Esprit et de la comprendre. Sous cette base toute physique, nos déductions prendront le caractère vague et mystique des données exclusivement métaphysiques.

      Mais une analyse toute superficielle peut seule nous conduire à confondre l'homme intellectuel avec l'homme organique, ou à rendre la Volonté entièrement solidaire de la marche des organes.

      Or, quand il s'agit de traiter la question de Dieu, on tombe la plupart du temps dans un des excès que nous venons de signaler à propos de l'homme.

      L'ensemble des êtres et des choses existants supporte et manifeste la Divinité comme le corps physique de l'homme supporte et manifeste l'Esprit.

      Vouloir traiter de Dieu sans s'appuyer sur toutes ces manifestations physiques, c'est risquer de se perdre dans les nuages de la métaphysique, c'est demeurer incompréhensible pour la plupart des intelligences. C'est donc en nous appuyant sur la' constitution de l'homme d'une part et sur celle de l'Univers de l'autre que nous allons nous efforcer de nous faire une idée de Dieu.

      Dans l'homme, nous avons vu un être physique, ou plutôt organique, fonctionnant d'une façon machinale aussi bien durant la veille que pendant le sommeil. Au-dessus de cet être organique, nous en avons déterminé un autre : l'être intellectuel entrant en action dès le réveil et en manifestant presque exclusivement pendant l'état de veille.

      La partie organique de l'être humain répond à l'idée que nous nous sommes fait de la Nature. C'est la même loi fatale et régulière qui dirige la marche de l'homme organique, comme celle de l'Univers, ce dernier étant formé d'organes cosmiques au lieu d'être formé d'organes humains.

      L'être intellectuel dans. l'homme répondra par suite, mais d'une façon très élémentaire, à l'idée que nous pouvons nous faire de Dieu, Les rapports de l'homme physique à l'homme intellectuel nous éclaireront sur les rapports de la Nature et de Dieu, comme les rapports entre l'être physique et l'Esprit dans l'homme pouvant nous éclairer analogiquement sur les rapports de l'Homme avec Dieu.

      Par là, nous pouvons dès maintenant poser en principe que, si notre analogie est vraie, Dieu, quoique manifesté par l'Humanité et par la Nature, quoique agissant sur ces deux grands principes cosmiques, a cependant une existence propre et indépendante.

      Mais l'Unité Première ainsi conçue n'a pas plus à intervenir dans !a marche des lois naturelles que l'Esprit conscient de l'homme n'intervient, à l'état normal, dans la marche du cœur et dans celle du foie.

      L'homme est le seul créateur et le seul juge de sa destinée. Il est libre d'agir à sa guise dans le cercle de sa fatalité, autant qu'un voyageur peut, dans, un train ou dans un steamer, agir comme il lui plaît dans sa cabine ou dans son compartiment. Dieu ne peut pas plus être rendu complice des fautes humaines que le chef du train ou le capitaine du steamer ne sont responsables des fantaisies des voyageurs qu'ils conduisent en avant.

      Il faut donc, afin d'éviter toute erreur dans la suite, bien distinguer que Dieu, tel qu'il apparaît au premier abord, est l'ensemble de tout ce qui existe, de même que l'homme est l'ensemble de tous les organes et de toutes les facultés qui apparaissent en premier lieu.

      Mais l'homme véritable, l'Esprit, est distinct du corps physique, du corps astral et de l'être psychique, qu'il perçoit et qu'il domine. De même Dieu-Unité est distinct de la Nature et de l'Humanité qu'il perçoit et qu'il domine. A parler d'une façon grossière, la Nature est le corps de Dieu, et l'Humanité est la vie de Dieu, mais autant que le corps matériel est le corps de l'homme, et le corps astral et l'Etre psychique sont les principes vitaux de l'homme ; il s'agit là de l'homme organique et non de l'homme Esprit, qui, encore une fois, n'use de ces principes que comme moyen de manifestation. (18)

      Il n'en est pas moins vrai cependant que l'Esprit de l'homme est en relation par le sens interne avec la moindre parcelle de son organisme, parcelle sur laquelle il ne peut agir, mais qui, elle, peut se manifester à l'Esprit par la souffrance. De même, Dieu est présent médiatement ou immédiatement dans la moindre parcelle de la création, il est en chacun de nous ; comme la conscience humaine est présente à titre de réceptrice ou de motrice consciente dans chacune de nos cellules corporelles.
      La Nature et l'Homme agissent donc librement entourés de toutes parts par l'action divine circonférentielle, qui entraîne l'Univers vers le Progrès, sans intervenir despotiquement dans les lois naturelles ou dans les actions humaines. Ainsi le capitaine du steamer qui agit sur le gouvernail de son navire vogue vers le but du voyage sans intervenir dans le détail de la machinerie motrice (image de la Nature), ou dans les occupations des passagers. Le capitaine gouverne circonférentiellement le système général ; il n'a que faire de ce qui se passe à l'intérieur des cabines.

      Cependant l'action du capitaine s'exerce sinon immédiatement, du moins médiatement.
             Sur la machinerie par le porte-voix.
             Sur les voyageurs par les règlements de bord élaborés par le capitaine. (19)

      En Kabbale, on appelle Père le principe divin qui agit sur la marche générale de l'Univers (action sur la Barre), Fils le principe en action dans l'Humanité, et Saint-Esprit le principe en action dans la Nature. Ces termes mystiques indiquent les diverses applications de la force créatrice universelle.


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(18)  D'abord, Dieu n'existe qu'en puissance, dans l'unité ineffable : c'est la première personne de la Trinité ou Dieu le Père ; puis il se révèle à lui-même et se crée tout un monde intelligible ; il s'oppose comme la pensée, comme la raison universelle : c'est la seconde personne de la Trinité ou Dieu le Fils, enfin, il agit et il produit, sa volonté s'exerce et sa pensée se réalise hors de lui : c'est la troisième personne de la Trinité ou l'Esprit. Dieu, passant éternellement pas ces trois états, nous offre l'image d'un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. (Philosoph. mor., section I, livre II, chapitre IV) (Robert Fludd - XVIème siècle)

(19)  Le principe unique de l'univers, c'est le père de la triade intelligible. (Porphyre - IIIème siècle)




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