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Les Aides invisibles

Charles Webster Leadbeater
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CHAPITRE IV
Les aides

      L'assistance peut donc venir de plusieurs des nombreuses catégories d'habitants peuplant le plan astral : des dévas, d'esprits de la nature ou de ceux que nous appelons les morts, comme aussi de ceux qui, de leur vivant, vont et viennent consciemment sur le plan astral. Ce sont surtout les adeptes et leurs élèves. Mais un examen plus attentif nous montrera que, si toutes les catégories énumérées peuvent prendre, et prennent part, en effet, à cette tâche, c'est dans une mesure si inégale qu'en somme elle incombe presque entièrement à une seule classe.

      Le fait que cette oeuvre d'assistance doit s'accomplir si souvent sur le plan astral, ou de ce plan, en est à lui seul une explication presque suffisante. Il saute aux yeux, quand on a la moindre idée de ce que sont en réalité les pouvoirs dont dispose un adepte, que, pour lui, travailler sur le plan astral constituerait un gaspillage d'énergie bien plus considérable que ne serait pour nos médecins et nos savants les plus éminents, le fait de passer leur temps à casser des pierres sur les routes.

      Le travail de l'adepte a pour domaine des régions plus hautes, principalement les niveaux arûpa (1) du plan dévachanique ou monde céleste. Là, il peut employer ses énergies à influencer la véritable individualité humaine et non pas simplement la personnalité qui seule peut être atteinte dans les mondes astral et physique. Les forces qu'il met en jeu, dans ce milieu plus exalté, produisent des résultats plus considérables, plus importants par leurs conséquences et plus durables qu'aucun de ceux pouvant s'obtenir ici-bas, même en dépensant dix fois plus de force. D'autre part la tâche est, là-haut, d'une nature telle que l'adepte seul peut la remplir. Celle des plans inférieurs peut au contraire, du moins dans une certaine mesure, être accomplie par ceux dont les pieds sont encore sur les premières marches de l'immense escalier qui un jour leur permettra de rejoindre l'adepte là où il se tient maintenant.

      Ces observations s'appliquent également aux dévas. Appartenant à un règne naturel plus élevé que le nôtre, leur travail semble généralement tout à fait étranger à l'humanité. D'ailleurs, ceux d'entre eux – il y en a quelques-uns – qui répondent parfois à nos aspirations ou appels les plus élevés, le font plutôt sur le plan mental que sur les plans physique ou astral et, le plus souvent, dans les périodes comprises entre nos incarnations plutôt que pendant nos vies terrestres.

      Quelques exemples d'assistance ainsi donnée – le lecteur s'en souviendra peut être – furent notés au cours des études entreprises dans les différents départements du plan dévachanique, au moment où se préparait le manuel théosophique traitant ce sujet. Dans un de ces cas, un déva enseignait à un choriste la musique céleste la plus merveilleuse. Dans un autre, un déva d'une classe différente instruisait et guidait un astronome qui cherchait à comprendre la forme et la structure de l'univers.

      Ce ne sont là que deux exemples pris parmi des cas nombreux où l'on remarque l'aide donnée à l'évolution par le grand règne déva et la manière dont il répond après la mort aux aspirations humaines les plus hautes. Il existe des méthodes par lesquelles, même durant la vie terrestre, on peut se rapprocher de ces grands êtres et en recevoir infiniment d'instruction ; cependant, même dans ce cas, ces relations s'établissent plutôt en nous élevant jusqu'à leur plan qu'en leur demandant de descendre au nôtre.

      Le déva intervient rarement dans les événements ordinaires de notre vie physique, A vrai dire, il est si absorbé par la tâche infiniment plus grandiose, spéciale à son propre plan, qu'il est, sans doute, à peine conscient de notre existence et, bien qu'il puisse lui arriver parfois de remarquer une douleur ou des difficultés humaines qui émeuvent sa pitié et lui inspirent le désir de leur porter secours, sa vision plus vaste lui montre certainement qu'au point actuel de l'évolution des interventions semblables feraient, dans la très grande majorité des cas, beaucoup plus de mal que de bien.

      Il y a certainement eu dans le passé, quand l'humanité était dans l'enfance, une période où l'homme recevait du dehors beaucoup plus d'aide qu'aujourd'hui. A l'époque où tous ses Bouddhas et tous ses Manous, et même ses chefs et ses maîtres moins élevés, sortaient des rangs, soit de l'évolution déva, soit d'une humanité arrivée à la perfection et venant d'une planète plus avancée, le genre d'assistance envisagé dans cet ouvrage a dû incomber aussi à ces êtres exaltés. Mais, à mesure qu'il progresse, l'homme devient lui-même capable d'aider ses semblables, d'abord sur le plan physique, puis sur des plans supérieurs. Nous sommes actuellement arrivés à un stade où l'humanité devrait pouvoir fournir – et elle le fait dans une faible mesure – ses propres aides invisibles. Elle donnerait ainsi aux êtres qui en sont susceptibles la liberté de se consacrer à un travail plus utile encore et plus élevé.

      Il est donc évident que le genre de secours dont nous parlons ici peut parfaitement être donné par des hommes et par des femmes arrivés à un certain degré d'évolution. Il ne le sera ni par les adeptes – ils sont susceptibles de remplir une tâche bien plus haute et d'une utilité bien plus vaste – ni par les personnes ordinaires, sans développement spirituel suffisant et incapables de se rendre utiles. Comme ces considérations nous amèneraient à le supposer, le travail pour autrui, sur les plans astral et mental inférieur, revient principalement aux élèves des Maîtres, c'est-à-dire à des hommes, qui, bien éloignés encore du moment de devenir adeptes, se sont cependant suffisamment développés pour être capables d'agir consciemment sur les plans en question.

      Quelques-uns, faisant un pas de plus, ont rendu complète l'union entre la conscience physique et celle des niveaux supérieurs ; aussi ont-ils l'avantage incontestable de se rappeler, à l'état de veille, ce qu'ils ont fait et appris dans ces autres mondes. Beaucoup d'autres, encore incapables de conserver la continuité de leur conscience, sont loin cependant de perdre leur temps alors qu'ils croient dormir, car ils le consacrent à un travail généreux et désintéressé en faveur de leurs semblables.

      Nous allons voir maintenant en quoi consiste le travail mais, avant d'aborder cette partie de notre sujet, nous irons au-devant d'une objection qu'on oppose très souvent à ce genre de tâche. En même temps nous citerons, pour mémoire, les cas relativement rares où les agents sont, soit des esprits de la nature, soit des hommes ayant dépouillé leur corps physique.

      Certaines personnes, comprenant encore imparfaitement les idées théosophiques, se demandent souvent s'il leur est permis de chercher à aider les gens qu'elles voient affligés ou engagés dans des situations difficiles, craignant par là de mettre obstacle à l'accomplissement d'un décret prononcé, dans sa justice absolue, par la loi éternelle du Karma. Cet homme, disent-elles, en effet, se trouve dans sa situation présente parce qu'il l'a méritée ; il recueille maintenant les conséquences parfaitement naturelles de quelque mauvaise action commise dans le passé ; de quel droit entraverais-je l'action de la grande loi cosmique, en essayant d'améliorer sa condition, soit sur le plan astral, soit sur le plan physique ?

      Les braves gens qui entretiennent de pareilles idées font preuve en réalité, bien qu'à leur insu, de l'aplomb le plus colossal, car leur attitude implique deux sous-entendus renversants : le premier, qu'ils connaissent exactement la nature du Karma de leurs semblables et la durée qu'il assigne à leur souffrance ; le second, qu'eux-mêmes, insectes éphémères, sont capables d'influencer la loi cosmique et d'empêcher, par telle ou telle action, les conséquences régulières du Karma. Soyons-en bien assurés : les grandes divinités karmiques sont parfaitement capables de se tirer d'affaire sans nous. N'ayons aucune crainte ; quelles que soient nos démarches, jamais elles ne pourront leur causer la difficulté ni l'inquiétude la plus légère.

      La nature de son karma empêche-t-elle un homme d'être aidé, tous nos efforts et toute notre bonne volonté, déployés en sa faveur, resteront vains. Néanmoins notre intention nous aura valu, personnellement, un bon karma. La nature du karma de cet homme ne nous concerne pas. Notre devoir est d'assister les autres de toutes nos forces. Nous n'avons droit qu'à l'action. Le résultat incombe à d'autres plus élevés que nous. Comment nous serait-il possible de savoir où en est le « compte » d'un homme ? Qui sait ? Peut-être vient-il d'épuiser son mauvais karma et se trouve-t-il au point précis où il lui faut une main secourable pour le soulager et le faire sortir de ses peines on de son découragement. Pourquoi n'aurions-nous pas, aussi bien qu'un autre, le plaisir et le privilège de cette bonne action ? Pouvons-nous l'aider ? Le fait même indique qu'il le mérite. Impossible de le savoir sans avoir, essayé. En tout cas, la loi karmique saura ne pas en souffrir ; inutile de nous en préoccuper.

      Il est rare que l'assistance donnée à l'humanité lui vienne des esprits de la nature. La plupart de ces êtres fuient le séjour de l'homme et se retirent à son approche : ses émanations, l'inquiétude et l'agitation perpétuelles qu'il crée autour de lui leur sont antipathiques. D'autre part, à l'exception de quelques-unes des catégories les plus élevées, ils sont en général fantasques et étourdis et ressemblent beaucoup plus à des enfants prenant leurs ébats, dans des conditions physiques extrêmement favorables, qu'à des entités sérieuses et raisonnables. Il arrive bien, parfois, qu'un de ces esprits éprouve de l'attachement pour un homme et lui rende maint service, mais, au point actuellement atteint par son évolution, on ne peut compter sur ce royaume de la nature pour prêter à un travail d'assistance invisible rien qui ressemble à un concours régulier. Nous renvoyons le lecteur qui désirerait plus de détails sur les esprits de la nature au cinquième de nos manuels théosophiques (2).

      Il peut arriver aussi que l'aide soit donnée par des personnes récemment décédées, par celles qui, s'attardent sur l'astral et suivent de près les affaires terrestres. C'est ce qui est arrivé, probablement, dans le cas cité plus haut, où une mère sauva ses enfants en les empêchant de tomber dans un puits. Mais on le comprendra, ce genre d'assistance ne peut être donné que très rarement. Plus une personne est dévouée aux autres, plus elle leur est utile, et moins il est probable de la rencontrer après sa mort s'attardant, en y conservant sa pleine conscience, sur les niveaux inférieurs du plan astral, où l'on est le plus facilement à portée de la terre. En tout cas, à moins qu'il ne s'agisse d'une personne exceptionnellement mauvaise, son séjour dans la seule région d'où il est possible d'intervenir sera relativement court et, bien que du monde céleste elle puisse encore répandre une influence bienfaisante sur ceux qu'elle a aimés sur la terre, cette influence aura plutôt le caractère d'une bénédiction générale que celui d'une force capable d'amener un résultat défini dans un cas spécial, comme ceux dont nous nous sommes occupés.

      En outre, beaucoup de personnes décédées, désirant assister ceux qu'elles ont laissés derrière elles, se trouvent dans l'impossibilité de les influencer en rien, car, pour agir d'un plan donné sur une entité vivant sur un autre, il faut soit une très grande impressionnabilité chez cet autre, soit, chez l'opérateur, un certain degré d'expérience et d'adresse. Aussi, malgré la fréquence des apparitions de suite après la mort, est-il rare de relever un cas où le défunt se soit vraiment rendu utile ou ait réussi à faire comprendre son désir à l'ami ou au parent visité par lui. Evidemment il en existe des exemples, assez nombreux quand on vient à les réunir, mais ils sont rares, relativement à la grande quantité de « revenants » qui ont réussi à se rendre visibles. Les morts ne donnent donc généralement que peu d'assistance. Bien plus : comme nous l'expliquerons tout à l'heure, il est beaucoup plus fréquent pour eux d'avoir besoin de secours que d'être aptes à en prêter aux autres.

      Aussi, pour le moment, le travail à accomplir dans cet ordre d'idées incombe-t-il dans une très large mesure aux personnes « vivantes », capables de fonctionner consciemment sur le plan astral.


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(1)  Où la forme, telle que nous la connaissons, cesse d'exister. (N. D. T.)

(2)  Le Plan astral, par Charles Webster Leadbeater.




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