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La vraie langue celtique et Le Cromleck de Rennes-les-Bains

Henri Boudet
© France-Spiritualités™






CHAPITRE VI
LES VOLKES TECTOSAGES ET LE LANGUEDOC

III - Les Franks - Leur origine

      Les Franks formaient sur la rive droite du Rhin une confédération de tribus, se confondant dans une dénomination générale, qui était pour eux comme un signe de ralliement. Ils se faisaient gloire d'un caractère généreux et sincère, – frank, sincère, – et avaient renoncé à l'ancien titre de pillards conservé seulement dans une de leurs tribus. Leurs sentiments de pudeur et de réserve étaient gravés dans le nom des Chamaves, – shame (shème), pudeur, – to have, posséder, – compris dans cette confédération. Voici un portrait des Franks fait par un poète latin, à peu près dans le temps où ils commençaient à s'établir dans les Gaules : « Ils ont, dit il, la taille haute, la peau fort blanche, les yeux bleus ; [202] leur visage est entièrement rasé, à l'exception de la lèvre supérieure, où ils laissent croître deux petites moustaches. Leurs cheveux, coupés par derrière, longs par devant, sont d'un blond admirable. Leur habit est si serré, qu'il laisse voir toute la forme de leur corps. Ils portent une large ceinture où pend une épée lourde, mais extrêmement tranchante. C'est, de tous les peuples connus, celui qui entend le mieux les mouvements et les évolutions militaires. Ils sont d'une adresse si singulière, qu'ils frappent toujours où ils visent ; d'une légèreté si prodigieuse, qu'ils tombent sur l'ennemi aussi tôt que le trait qu'ils ont lancé ; enfin d'une intrépidité si grande, que rien ne les étonne, ni le nombre des ennemis, ni le désavantage des lieux, ni la mort même avec toute ses horreurs ; ils peuvent perdre la vie, jamais ils ne perdent courage. » (85)

      C'est le portrait fidèle des Volkes, renfermés d'ailleurs dans leur nom – to vault, – voltiger, – to cow, effrayer –.

      La contrée occupée par les Franks était une partie du pays dont les Volkes Tectosages s'étaient emparés sur les Germains. Leur présence dans cette région est une indication sûre de leur [203] origine ; car aucun peuple n'a jamais réussi à déposséder les Tectosages de leurs conquêtes. Les Jutes, les Angles, les Saxons ; les Frisons – free (fri) indépendant, – son, fils, descendant –, appartenaient à la famille des Tectosages, et les Franks, séparés par leur générosité de leurs frères les pillards Saxons, accusent aussi par leur position sur la rive droite du Rhin, par leurs mœurs, leur constitution et leurs croyances, la même origine.

      L'extérieur des Franks ne différait point de l'extérieur des Gaulois, leur religion présentait une analogie frappante avec le druidisme : elle avait pour fondement l'immortalité de l'âme, et, disent les historiens, leurs autels ne furent jamais souillés de sang humain. Ce dernier trait de leurs mœurs nous fait connaître qu'au temps de la migration des Tectosages de Toulouse, les sacrifices humains n'existaient point dans la Gaule. La tactique guerrière des Franks les décèle surtout comme étant la vraie lignée des Volkes Tectosages et Arécomiques.

      Ils avaient eu singulièrement raison ces Cimmériens du vieux temps de prendre le nom de Volkes, puisque, d'après le poète latin cité plus haut, aucun peuple n'entendait mieux les mouvements et les évolutions militaires que leurs descendans, les guerriers Franks. [204]

      La confédération Franke était composée de tribus réputées germaines et connues comme telles par les historiens latins. Tacite parle des Cherusci, des Chatti, des Bructeri, dans l'histoire de l'expédition de Germanicus au delà du Rhin. Les Chatti, les Chauci, les Bructeri, les Cherusci et d'autres encore étaient compris parmi les Franks. Ces appellations diverses sont presque synonymes et présente la même pensée. Ainsi les guerriers Chatti brisaient tout sur leur passage, – to shatter, fracasser – ; les Chauci aimaient les attaques, les heurts violents, – to shock, attaquer ; les Bructeri, dans leurs mouvements et leurs évolutions légères, taillaient en pièce les ennemisto brush (breuch), passer brusquement, – to tear (tér), mettre en pièces, et les Cherusci accueillaient par des clameurs d'enthousiasme le partage du butin – to share (shère), partager, – to huzza (houzzé), accueillir par des cris d'acclamation –. Tous ces titres portés avec orgueil par les diverses tribus se réduisent en résumé au titre de Volkes Tectosages ou de dévastateurs à l'allure rapide. C'est toujours le même peuple recherchant la guerre avec ses aventures, ses dangers glorieux et attendant le partage égal du butin entre les guerriers de l'expédition.

      L'histoire du vase de Soissons, témoigne de ce droit incontesté au partage des dépouilles, entre [205] les soldats. « Clovis, » dit Em. Lefranc, (86), « désirant entretenir les bonnes dispositions du clergé gaulois, évita de passer avec son armée dans les grandes villes dont il avait reçu la soumission. C'était le seul moyen de sauver du pillage les couvents et les basiliques qui renfermaient beaucoup de richesses. Cependant une des églises de Reims ne put échapper à la rapacité d'une bande de maraudeurs franks. Dans leur butin se trouvait un vase sacré d'une grandeur et d'une beauté singulières.

      L'évêque, instruit de ce fait, députa vers Clovis pour réclamer ce vase. Charmé d'être agréable au prélat, le roi dit aux envoyés : Venez avec moi à Soissons et si parmi le butin je trouve l'objet ravi, je vous le rendrai. Tout le butin était mis en commun après la campagne, et le sort réglait le partage entre tous. On ne tarda pas à découvrir le vase précieux parmi les dépouilles rassemblées, sous une tente, au milieu de la place publique de Soissons. Mes braves compagnons, dit alors Clovis aux Franks, il ne vous sera pas désagréable que je prenne le vase, et que je le rende aux gens qui le réclament ? Les officiers et les soldats y consentirent. Non, certes, dit un guerrier brutal et jaloux, [206] « vous ne prendrez ce vase que si le sort vous le donne ; et d'un coup de sa francisque il le brisa. Clovis garda le silence, prit le vase et le rendit. Un an après, comme il passait en revue les Franks dans un champ de Mars, il reconnut le soldat dont l'audace grossière avait invoqué la loi du partage : Il n'est pas, dans toute l'armée, d'armes plus mal tenues que les tiennes, lui dit-il ; ta framée, ton épée, ta francisque accusent ta négligence et ta lâcheté : et lui arrachant sa hache, il la jette à terre. Le soldat se baisse pour la ramasser ; mais Clovis lève soudain la sienne et lui fend la tête : Voilà, s'écrie-t-il, ce que tu as fait au vase de Soissons. »

      Cet avide soldat appartenait sans doute à la tribu des Cherusci et méconnaissait en ce moment son titre de Frank.

      La répartition exacte du butin conquis sur l'ennemi était aussi en usage chez les Germani. Le Germain n'est point, comme le dit l'interprétation commune, l'homme de guerre, le warman – war (ouâur), guerre, – man, homme –, mais plutôt l'homme possédant un droit rigoureux à partager les dépouilles des ennemis : c'est le Sherméan – to share (chère), partager, – may (), pouvoir, – to hand, donner avec la main –. Cette expression était applicable aux premiers Germains, et aussi aux Volkes Tectosages qui s'é- [207] taient emparés des terres les plus fécondes de la Germanie, et avaient adopté les mœurs, la manière de vivre des Germains vaincus et refoulés dans les terres moins fertiles (87) ; et quand Tacite et les historiens latins parlent des expéditions conduites au-delà du Rhin contre les Germains, il faut entendre contre les Volkes Tectosages enveloppés par les Romains dans l'appellation générale de Germains.

      La confédération des Franks n'existait point encore sous ce titre lorsque les Cherusci, les Chatti et les autres tribus exterminèrent les légions romaines commandées par Varus, dix années après Jésus-Christ. Le nom des Franks retentit pour la première fois dans une bataille où périt l'empereur Dèce, 251 ans après Jésus-Christ. Leurs attaques sans cesse renouvelées contre les frontières de l'empire romain dans les Gaules furent peu à peu couronnées de succès, et, chose étonnante, ces descendans des anciens Tolosates, après mille années de séjour au-delà du Rhin, s'emparèrent de la Gaule, et Toulouse, leur berceau, les reçut (507 après Jésus-Christ) comme vainqueurs et étrangers. [208]

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(85)  Histoire de France, par Emile Lefranc.

(86)  Histoire de France, par Emile Lefranc.

(87)  César, de Bell. gall., lib. VI. 24.




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