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Pape Benoît III

(? - 10 mars 858)
104ème pape - Pape du 1er septembre 855 au 10 mars 858
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      Benoît III, né Romain, fils de Pierre, fut élu pape le 1er septembre 855. Sa nomination ne fut pas exempte de troubles. Anastase, cardinal-prêtre du titre de St-Marcel, protégé par les empereurs Lothaire et Louis, lui disputa la tiare. Ce cardinal avait été excommunié par le pape Léon IV, prédécesseur de Benoît, et déposé dans un concile. Benoît ayant été élu par le clergé, les grands et le peuple, aussitôt après la mort de Léon, des députés furent envoyés auprès des empereurs pour obtenir le consentement accoutumé ; mais ils rencontrèrent en chemin Arsène, évêque d'Eugubio, qui venait dans l'intention de protéger Anastase. Ces députés, intimidés ou séduits, rendirent le décret d'élection de Benoît. Ce pape envoya d'autres députés qu'Anastase fit lier et jeter en prison. Une troisième députation n'eut pas plus de succès. Les envoyés de l'Empereur, accompagnés d'Anastase, entrèrent dans Rome à main armée, et l'intrus s'assit sur le trône pontifical, après en avoir fait ôter Benoît avec violence. Benoît, dépouillé de ses habits, chargé d'injures et de coups, fut donné en garde à deux prêtres déposés par le pape léon pour leurs crimes. Ces violences jetèrent la consternation dans Rome. Le clergé, le sénat et le peuple s'assemblèrent dans l'église, et les députés de l'Empereur y vinrent aussi. Ils présentaient aux évêques la pointe de leurs dards et de leurs épées, en disant avec fureur : « Rendez-vous et reconnaissez Anastase. » Ces menaces n'intimidèrent point les évêques, qui refusèrent constamment et de reconnaître et de sacrer Anastase. Tant de fermeté étonna les gens de l'Empereur. Ils cédèrent à la résistance des évêques, aux vœux de tous les Romains ; Anastase fut chassé à son tour, et Benoît, tiré de l'église où on le gardait prisonnier, fut ramené en triomphe au palais de Latran, au milieu des larmes de joie universelle et des cantiques de bénédictions. Benoît III n'occupa le saint-siège que 2 ans et demi, et mourut le 10 mars 858, laissant des souvenirs respectables de ses vertus religieuses (1).

      C'est entre Benoît III et son prédécesseur, Léon IV, que d'anciens chroniqueurs, aussi simples que peu instruits, ont placé la fable de la prétendue papesse Jeanne. Ils ont cru ou voulu faire croire à l'existence d'une jeune fille, qui serait parvenue au siège pontifical sous le nom de Jean VIII, et qui serait accouchée au milieu d'une procession, révélant ainsi le mystère de son sexe et l'audace de son imposture. Ce conte ridicule, qu'il suffit d'indiquer seulement dans un ouvrage sérieux, est détaillé fort au long, soit dans un sens, soit dans un autre, dans des ouvrages que les curieux peuvent consulter, et dont voici les principaux :

      1°  Eclaircissement de la question si une femme a été assise au siège de Rome entre Léon IV et Benoît III, par David Blondel, ministre protestant, et traduit en latin par Courcelles, sous ce titre : de Joanna Papissa, 1657, in-8°.

      2°  Amœnitates litterariæ, où l'on trouve , au tome 1er, une dissertation de Wagenseil, tendant à établir la vérité du fait.

      3°  Confutation fabulæ de Joanna Papissa, ex monumentis græcis, ouvrage d'Allatius ou Allacci, imprimé à partir de 1659, et inséré dans le Symmichta du même auteur, en 1655, in-8°. C'est la dix-neuvième pièce de ce recueil.

      4°  Histoire de la papesse Jeanne, 1694, par Lenfant, in-12 ; la seconde édition de 1720, en 2 volumes in-12, avec des additions que l'on prétend être de Desvignoles, réimpression en 1758.

       Un ouvrage de Leibnitz intitulé : Flores sparsi in tulmulum Papissæ, ouvrage manuscrit.

       La dissertation de Joseph Garampi, Rome, 1749, in-4°, intitulée : de Nummo argenteo Benedicti III, où il est prouvé sans réplique qu'entre la mort de Léon IV et la nomination de Benoît III, il n'y a pas eu l'intervalle nécessaire pour placer le pontificat de cette papesse prétendue.

      Quoi qu'il en soit, cette absurdité scandaleuse, qui a servi longtemps la haine des ennemis du saint-siège, ne mérite plus aujourd'hui aucune créance, puisque les protestants eux-mêmes ont pris soin de la démentir.


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(1)  La puissance pontificale s'accrut sous son règne par la piété d'Ethelulphe, roi d'Essex en Angleterre, qui vint à Rome, en 356, pour offrir à Benoît III une couronne du poids de quatre livres, et qui, à son retour dans ses Etats, établit, au profit de Rome, l'impôt connu sous le nom de denier de saint Pierre.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 3 - Pages 646-647)


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